Économie d’échelle ou stratégie délibérée, l’équipe de campagne de Ron Paul s’en prend à ses trois opposants en un seul spot!
Cultivant sa différence dans le carré final, "Docteur Paul" se présente comme le seul véritable libéral. A la différence de ses rivaux, on peut difficilement le qualifier de girouette. En effet, le doyen de la campagne défend la même ligne politique depuis plus de 35 ans…
Peu présent en Floride où il a très peu de chance de créer l’événement, Ron Paul concentre ses efforts, humains et financiers, sur des états stratégiques qui utilisent le système proportionnel dans leurs élections. Dans des états comme le Nevada, le Maine, le Colorado ou la Géorgie chaque candidat gagne un certain nombre de délégués en fonction de son résultat électoral.
A l’inverse, dans le prochain scrutin en Floride où prévaut le système du "Winner take all", seul le gagnant de la primaire remportera tous les délégués de l’état. Peu importe de finir deuxième ou quatrième, il n’y aura pas de miettes à se partager…
L’équipe de campagne de Ron Paul a clairement opté pour une stratégie à long terme. Avec des candidats qui abandonnent en cours de route (Cain, Bachmann, Perry, Huntsman,…) Ron Paul s’est déjà hissé sans effort dans le quatuor de tête. Et pour peu que Santorum jette l’éponge, il serait déjà assuré de terminer sur le podium.
L’objectif du texan est de grappiller un maximum de délégués afin d’arriver en position de force à la convention républicaine, qui se tiendra fin août à Tampa en Floride. Si le docteur Paul a peu de chance de remporter l’investiture à lui seul, il pourrait avoir suffisamment de poids politique pour diffuser ses idées libérales au sein du parti, qui rassemble beaucoup de courants différents. Et pourquoi pas éventuellement, monnayer son soutien ou sa présence sur un ticket présidentiel?
Une autre issue possible: basculer dans le troisième parti du pays, les indépendants. A l’image de sa campagne de 1988, où en tant que candidat libertarien, il avait terminé troisième derrière le président Bush (senior) et le démocrate Michael Dukakis. Néanmoins ce changement de stratégie est peu probable. Si Ron Paul fait cavalier seul, il attirera à lui des voix essentiellement républicaines… au bénéfice d’ Obama.

