Rick Perry: un candidat à la dérive ou l’art du suicide politique

Campagne anti-Perry

En septembre dernier, Rick Perry était le numéro un. Omniprésent sur les plateaux TV et les couvertures de magazine, caracolant à plus de 30% d’intention de vote dans les sondages, les pontes du parti  et les grands médias voyaient déjà en lui le nouveau champion républicain. Le futur adversaire d’Obama.

Comment-est il possible qu’à peine trois mois plus tard, Rick Perry se retrouve aussi bas dans les sondages, loin derrière Romney, Gingrich et même Ron Paul? Au même niveau que Bachmann ou Santorum?

L’étoile montante du parti qui semblait avoir tout pour réussir s’est admirablement auto-sabordé, devenant presque un cas d’école de ce qu’il ne faut absolument pas faire pour gagner une élection!

Avec de puissants soutiens financiers et l’aval de membres influents du parti,Rick Perry se profilait comme le digne héritier de George W. Bush, auquel il a succédé au poste de gouverneur du Texas.  Un visage télégénique, un parcours idéal avec un passage comme pilote dans l’US Air Force, un bilan exemplaire en matière de création d’emploi, bref le CV parfait pour prendre d’assaut la Maison Blanche.

Retour sur un fiasco

Le premier scandale de taille arrive en une du Washington Post avec l’inscription « tête de nègre » (nigger head) qui orne un rocher à l’entrée du camp de chasse de la famille Perry. Le candidat affirme qu’il avait recouvert ce terme raciste d’une couche de peinture dans les années 80, ce que démentent plusieurs visiteurs du ranch. Une polémique très vite exploitée par Herman Cain pour attaquer de front le candidat texan.

Quelques semaines plus tard, Rick Perry provoque un véritable buzz sur la toile à l’issue d’un speech de campagne donné dans le New Hampshire. Ce ne sont pas tant les propos du candidat texan qui font sensation mais plutôt son état général, qui semble pour le moins décontracté. Perry était-il sous l’emprise d’alcool? de drogue? Les théories fleurissent sur le net tandis que les humoristes américains se régalent et en redemandent.

Généralement assez insipide dans les débats télévisés, Rick Perry frappe fort avec son désormais célèbre blackout en direct sur CNBC. Un trou de mémoire en plein débat face aux autres candidats républicains! Alors qu’il évoque une mesure-phare de son programme, avec la suppression de trois agences gouvernementales, il bloque complètement sur la troisième. Le présentateur tente de le relancer mais malgré ses notes, Rick Perry ne retrouvera jamais la mémoire. Sa prise de parole s’achève devant une salle hilare avec un « Ouuups » dans lequel certains observateurs voient déjà l’enterrement de sa campagne.

Son manager tentera de rattraper le coup, soulignant « un moment humain » mais c’est trop tard, la vidéo fait déjà fureur sur internet. « Il est rare qu’un homme politique inspire de la pitié, mais pendant 55 secondes, lors du débat présidentiel de mercredi soir (9 novembre), Rick Perry y est parvenu« , souligne ainsi le Huffington Post suite à la gaffe du candidat.

A force de changer d’avis sur différents sujets de société et de défendre un plan de relance économique irréalisable (sur ces deux points il n’est clairement pas le seul), Rick Perry continuera à s’enfoncer dans les sondages, très vite remplacé en tête de peloton par Herman Cain, qui connaitra lui aussi son momentum avant une chute tout aussi rapide.

Dans l’espoir de sauver sa campagne qui part complètement à la dérive, Rick Perry tente alors un virage très à droite en tentant de séduire les plus conservateurs du parti. Il serre la vis sur les questions d’avortement, se disant désormais opposé à l’interruption des grossesses dans toutes les circonstances, y compris le viol, l’inceste et même dans les cas où la santé de la mère est en danger!

Décidé à durcir son message, son équipe de campagne lui concocte un nouveau clip le présentant comme un homme « qui n’a pas peur de parler de la foi », un chrétien qui « une fois président mettra un terme à la guerre de religion d’Obama » (sic).

Rick Perry touche vraiment le fond lorsqu’il fait remarquer que les États-Unis tournent mal « quand les gays peuvent servir ouvertement dans l’armée mais que nos enfants ne peuvent pas célébrer ouvertement Noël ou prier à l’école ».

Mise en ligne le 6 décembre, la courte vidéo a connu un succès viral sur le web. Visionnée par des millions d’internautes, le clip de campagne est devenu en quelques jours la vidéo la plus détestée sur la plateforme youtube, avec plus de 700.000 appréciations négatives!

A présent, des dizaines de parodies critiquent le candidat sur la toile. Florilège en images…

Réponse en images de Fred Karger, candidat républicain aux primaires et ouvertement homosexuel

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Stratégie de campagne « Obama 2012 »

Jim Messina, directeur de campagne pour la réélection d’Obama, développe ses stratégies pour assurer la victoire le 6 novembre 2012.

Par convention, depuis l’élection de 2000, on représente les états favorables aux démocrates en bleu et ceux qui penchent vers les républicains en rouge. En marge de ces « blue states » et « red states », les états ne favorisant aucune formation en particulier sont parfois qualifiés d’états violets (purple states).

Ces états indécis (swing states) reçoivent le plus d’attention des stratèges de campagne qui ne peuvent, pour des questions de ressources, investir massivement dans les 50 états américains.

Même si les résultats varient d’une élection à l’autre, il y a certaines grandes tendances de vote, des traditions de soutien pour tel ou tel parti qui permettent de parler d’un certain déterminisme géographique.

– Les côtes des États-Unis (ouest et nord-est) votent le plus souvent pour les démocrates

– Le centre et le sud du pays restent majoritairement républicains.

A noter que l’évolution démographique modifie la donne: l’électorat blanc du Midwest, vivier républicain par excellence, est en baisse à la différence de l’électorat latino, généralement pro-démocrate, qui augmente un peu partout dans le pays.

En 2012, les états les plus courtisés, surnommés les « battleground states » seront sans doute les suivants:

– A l’ouest: le Nevada, peut être aussi l’Arizona, le Nouveau Mexique et le Colorado

– Au « centre »: l‘Iowa et l’Ohio

– Au sud-est: la Virginie et la Caroline du Nord et aussi la Floride, un état très disputé, souvent décisif pour remporter la présidentielle

La présidentielle se gagne état par état et peu importe la stratégie, au final il faut remporter 270 voix au collège électoral (sur un total de 538 grands électeurs à travers le pays). L’élection est encore loin mais les équipes sont déjà à pied d’œuvre sur le terrain pour enregistrer des électeurs, récolter des fonds et courtiser les nombreux indécis…

Tendances de vote - Moyenne des 4 dernières élections (1996-2008)

>> Carte représentant les tendances de vote sur base des quatre dernières élections, gagnées deux fois par des démocrates (1996 Clinton & 2008 Obama) et deux fois par des républicains (2000-2004 Bush ):

– En rouge: états gagnés par les républicains les quatre fois

– En rose: états gagnés par les républicains trois fois sur quatre

– En violet: états disputés, swing states, battleground states

– En bleu clair: états gagnés par les démocrates trois fois sur quatre

– En bleu foncé: états gagnés par les démocrates les quatre fois


Mutinerie dans l’équipe Bachmann

Kent Sorenson, sénateur de l’Iowa et président de campagne de Michele Bachmann pour cet état, quitte le navire moins d’une semaine avant le scrutin.

Lors d’un meeting à Des Moines, la capitale, Kent Sorenson a annoncé à la foule rejoindre l’équipe de Ron Paul « plus à même de battre Romney et de remporter l’investiture du parti ».          « Nous allons emmener Ron Paul jusqu’à la Maison Blanche » a-t-il ajouté, à peine quelques heures après avoir prévenu Bachmann qu’il abandonnait le train en marche.

Un coup dur pour l’égérie du Tea Party qui a beaucoup misé sur ce vote inaugural des primaires dans l’Iowa, l’état dans lequel elle a grandi et où elle avait annoncé sa candidature en juin dernier.
L’héritière de Sarah Palin espère toujours créer la surprise et faire redécoller sa campagne. Mais à en croire les sondages actuels, elle ne réalisera pas mieux qu’une quatrième place (en étant optimiste), derrière les favoris du parti que sont Romney, Gingrich et Paul. Toute la question est de savoir dans quel ordre!
Sans grand espoir d’atteindre le podium lors d’une des quatre primaires de janvier, la plus grande chance de Michele Bachmann serait d’être  repêchée sur un ticket présidentiel par le champion républicain…

Michele Bachmann – http://www.michelebachmann.com

Rick Santorum : chrétien parfait, mari aimant et père idéal

Avec cette nouvelle vidéo, le candidat républicain Rick Santorum décroche sans doute la palme de la présentation familiale la plus stéréotypée de la campagne.

Lecture sous un arbre avec les enfants, balade romantique avec sa femme, session de football dans le jardin, une « touche d’humour » avec le chien,…bref le clip parfait pour encenser les valeurs familiales du candidat ultra-conservateur. Avec une mention spéciale pour l’effet « pop-up » aquarium.

Avec sa femme Karen, Rick Santorum est l’heureux parent de sept enfants ce qui fait de lui le champion républicain de la famille, en concurrence directe avec sa rivale Michele Bachmann qui a élevé 23 enfants placés en famille d’accueil, en plus de ses cinq enfants légitimes!

Soutenu par les anciens candidats de 2008 Mike Huckabee et Sarah Palin, Rick Santorum vise l’électorat le plus conservateur du pays mais peine à séduire au delà de sa base de partisans.

Gary Johnson passe dans le camp libertarien

Gary Johnson

Gary Johnson

Changement de stratégie pour l’ancien gouverneur du Nouveau Mexique. Gary Johnson a annoncé aujourd’hui qu’il renonçait à l’investiture du parti républicain, pour rejoindre le camp libertarien dans l’élection présidentielle de 2012.

Déçu du manque de soutien de son parti et de l’attitude des grands médias qui ne l’ont pas invité lors des  débats télévisés, il a décidé de rejoindre le troisième parti du pays…

Gary Johnson étant rarement repris dans les sondages officiels, il est très difficile de connaitre le poids réel de ses partisans. Très ouvert pour un républicain (sans doute trop), son programme de campagne cadre sans doute plus avec celui du parti libertarien dont le slogan est « Un minimum de gouvernement, un maximum de liberté« .

S’il est conservateur au niveau fiscal (il projette notamment diminuer les dépenses fédérales de 43%!), le candidat défend des positions très libres sur de nombreux sujets de société. Militant pour la légalisation de la marijuana, en faveur des droits des homosexuels et du port d’arme, pro-choice sur les question d’avortement, Gary Johnson va tenter de séduire un électorat déçu par les deux partis.

Janvier 2012: 4 scrutins, 3 favoris

GOP Race - Mark Marturello

Alors que 2011 se termine avec le retrait des dernières troupes d’Irak, 2012 arrive déjà en force avec des primaires républicaines nettement en avance par rapport aux élections précédentes.

Pas moins de quatre scrutins se tiendront dans le camp républicain pour le seul mois de janvier alors que le « Super Tuesday » ne se déroulera que le 6 mars et l’Utah clôturera la vague des primaires le 26 juin.

Barack Obama se présentant sans rival sérieux, tous les regards se tournent du côté républicain où la campagne fait rage depuis plusieurs mois, avec déjà plusieurs candidats « hors course ».

Avec l’abandon du télégénique Herman Cain (en raison de trop nombreuses plaintes pour harcèlements sexuels) et un Rick Perry recordmen de bourdes, en chute libre dans les sondages, seuls trois candidats sortent du lot pour ces scrutins précoces.

Même si son avance se tasse un peu, Newt Gingrich se présente toujours en tête dans les sondages, au coude à coude avec Mitt Romney. L’ancien gouverneur du Massachusetts est sans sans aucun doute le candidat le plus stable dans cette campagne hors norme, où le favori du parti a changé tous les mois depuis septembre!  ( Michele Bachmann – Rick Perry – Herman Cain – Newt Gingrich )                                                              

Ron Paul complète le podium des favoris, tandis que les autres prétendants du parti sont rassemblés en bas de tableau, dans l’attente d’un miracle.

Scrutins de janvier 2012:

>> 3 janvier caucus de l’Iowa

>> 10 janvier primaire du New Hampshire

>> 21 janvier primaire de Caroline du Sud

>> 31 janvier primaire de Floride

3 minutes pour comprendre les primaires républicaines…

>> Infographie du Monde.fr qui illustre le fonctionnement des primaires républicaines…

Infographie du Monde.fr

Herman Cain jette l’éponge

Herman Cain, candidat républicain à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2012, a annoncé, samedi 3 décembre, à ses soutiens qu’il suspendait sa campagne en raison des accusations de harcèlement sexuel et d’adultère qui brouillent sa candidature.

« Je suspends ma campagne présidentielle à cause des incessantes diversions qui ne cessent de me blesser ainsi que ma famille », a-t-il déclaré à ses soutiens réunis à Atlanta devant ce qui devait être son siège de campagne. Le candidat noir-américain, auprès de qui se trouvait sa femme Gloria, a affirmé que les accusations portées contre lui étaient « fausses et non prouvées » et qu’il était « en paix » avec sa conscience.
En lice face à sept autres candidats à l’investiture républicaine, il a ajouté qu’il ferait connaître le nom du candidat ayant sa préférence pour la présidentielle de 2012 mais que celui-ci ne pouvait pas être Barack Obama. En ce qui le concerne, il a annoncé cependant qu’il briguerait de nouvelles responsabilités politiques dans le futur, sans pour autant préciser lesquelles.

Cette annonce met fin à une campagne inédite qui a amené cet ancien entrepreneur aux origines modestes du Sud des Etats-Unis dans la course finale pour la présidentielle américaine.
Lundi, une femme a déclaré à la télévision avoir été pendant treize ans la maîtresse de M. Cain, ancien directeur d’une chaîne de pizzerias, déjà accusé par quatre femmes de harcèlement sexuel alors qu’il caracolait en tête des sondages en compagnie du favori Mitt Romney. Il a depuis été distancé par l’ancien président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich.
Ces accusations explosives combinées à des interview à la presse ayant mis au jour d’importantes lacunes sur plusieurs grandes questions d’affaires étrangères, ont jeté un froid parmi ses soutiens républicains.

>> Suite à son abandon, Herman Cain a décidé d’apporter son soutien à Newt Gingrich.