Romney joue son honneur au Michigan

Donné largement favori jusqu’au début du mois, Mitt Romney va finalement devoir batailler ferme pour sauver la mise dans son état natal. Son adversaire principal, Rick Santorum, compte bien lui voler la vedette, en l’humiliant au passage.

Après une brève période d’accalmie, le ballet des primaires reprend ce mardi 28 février avec des suffrages dans deux états : l’Arizona et le Michigan. Si le nombre de délégués en jeu dans les deux scrutins est presque identique, c’est surtout le Michigan qui focalise l’attention médiatique.

Sur les traces de Papa

C’est dans cet état de la région des grands lacs que Mitt Romney a passé sa jeunesse, avant de rejoindre le Massachusetts pour se lancer dans une carrière économique puis politique. Le jeune mormon a parfaitement suivi la voie tracée en son temps par son père. Businessman à succès dans le secteur automobile, George Romney est ensuite devenu gouverneur du Michigan de 1963 à 1969. Avant de se lancer, lui aussi, dans une campagne présidentielle…

Mitt Romney espère que la ressemblance entre son parcours et celui de son illustre paternel s’arrêtera là. Car en 1968, la campagne des primaires de Romney Senior avait fait un flop total. Mais pour sa défense, il faisait face à deux poids lourds du parti républicain : les futurs présidents Nixon et Reagan !

Romney Senior, candidat républicain en 1968

Un duel qui s’annonce très serré

Avec un passé pareil, Mitt Romney devrait en temps normal survoler l’élection, comme c’était le cas en 2008. A l’époque, l’ « enfant de Détroit » avait raflé près des 40% des suffrages, loin devant John Mc Cain et ses autres poursuivants. Mais cette année la primaire du Michigan ne se déroule pas du tout dans les mêmes conditions.

Romney est dans un duel très tendu face à Santorum, qui lui a volé la victoire lors des derniers scrutins. En outre, le vote du Michigan pourrait être influencé par les « Républicains bleus ». Ces militants démocrates qui participent aux primaires du parti adverse ont pour objectif de barrer la route à Romney et pourraient plébisciter massivement le candidat ultra-conservateur. (voir l’article « Je suis démocrate donc je vote républicain » ) Les autres rivaux, Newt Gingrich et Ron Paul, sont quant à eux relégués à des rôles de figuration.

Hasard du calendrier, les suffrages au Michigan et en Arizona serviront de répétition générale avant le « Super Tuesday » du 6 mars. Ce mardi-là, les électeurs de dix états voteront simultanément, distribuant d’un seul coup plus de délégués que tous ceux répartis jusqu’alors. Le candidat qui prendra l’ascendant aujourd’hui se présentera en position de force avant cette journée capitale…

Opération "Stop Mitt" ( http://mittromney.com )

L’enfant de Détroit

A en croire les derniers sondages, l’écart entre Romney et Santorum est inférieur à la marge d’erreur. Conclusion : à quelques heures du scrutin, il est tout simplement impossible de départager les deux favoris. Un suspense qui doit peser lourd sur les épaules du mormon, qui joue gros dans la primaire du Michigan.

S’il remporte l’élection dans son état natal, sa victoire semblera somme toute assez naturelle. Par contre, un échec porterait un coup sérieux à sa campagne qui n’enflamme déjà pas les foules. Comme il l’annonce lui-même dans ce spot où il parcourt l’ « état de l’automobile » au volant d’une berline : « Le Michigan était mon foyer, cette élection est personnelle ».

Millionnaire et collectionneur

Mitt Romney a toujours aimé les belles cylindrées et ce n’est un secret pour personne, il a les moyens de s’offrir ce dont il rêve. Mais sans doute a-t-il écouté les (mauvais) conseils de son conseiller en communication : « Dans le bastion de l’industrie automobile, c’est toujours bien de causer bagnole… ».

Le hic, c’est que lorsque le candidat millionnaire commence à détailler le parc automobile familial, il n’y va pas dans la dentelle. Mustang, Cadillac, Dodge,… toute une série de véhicules bien évidement « made in usa » (posséder une voiture asiatique équivaudrait à se tirer une balle dans le pied) mais des modèles hors de prix pour le commun des mortels. C’est sûr que « Joe le plombier » ( l’Américain moyen) n’a pas toujours les moyens de s’offrir un modèle à 50.000$. Un étalage de richesse qui n’est pas du meilleur gout, dans cet état industriel touché de plein fouet par la crise économique.

Pourtant, Romney sait bien qu’il doit dissimuler son train de vie de golden-boy de la finance, après les nombreuses bourdes de début de campagne.  « J’aime virer les gens », « Moi aussi je suis au chômage« , « Je ne me préoccupe pas des pauvres » , « Les sociétés sont des gens » et son désastreux « Pari à 10.000$ » lancé en direct à Rick Perry dans un débat télévisé», …

Autant de répliques, qui utilisées hors de leur contexte et mises bout à bout dans un spot de campagne, peuvent sérieusement nuire à son image et à sa candidature!

Santorum & Romney au Michigan (Ed Murawinski-New York Daily News)

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4 Commentaires

  1. LOL ça faisait longtemps que je voyais plus de « positive ad » !! Avec un beau « I approve this message » à la fin, ce que les super-PAC ne peuvent pas faire. 😀

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  2. Encore bien que c’est une proportionnelle, sinon le vote des blue republicans auraient un poids démesuré. Ils pourraient peser sur l’attribution de beaucoup plus de délégués avec le système du winner Takes All.

    Réponse
  1. Pour suivre les primaires en Arizona et au Michigan : «

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