La messe est dite chez les républicains

Les stratèges du parti de l’éléphant et les analystes politiques des différents médias américains sont désormais unanimes. Mitt Romney remportera à terme l’investiture républicaine et affrontera Barack Obama dans l’élection générale de novembre.

Quatre candidats sont toujours en course mais le suspense est déjà retombé. Même si techniquement la campagne des primaires pourrait durer jusque juin, les jeux sont faits et rien ne pourra plus arrêter Mitt Romney.  A chaque scrutin, le favori creuse l’écart sur ses poursuivants et se rapproche toujours plus du fameux « nombre magique » des 1.144 délégués, ligne d’arrivée symbolique de la course à l’investiture.

Depuis les derniers succès de l’ancien gouverneur du Massachusetts, plusieurs indices viennent encore confirmer sa victoire inéluctable. A l’image d’Obama, qui l’a pour la première fois attaqué nommément lors d’une conférence de presse. La consigne est donnée et le camp démocrate décoche ses premières flèches avec des spots ouvertement hostiles à Romney.

(Caricature de Bosch Fawstin)

Romney recrute du soutien

Côté républicain, le rythme est également en train de s’accélérer et de nombreux poids lourds du parti se rallient à la candidature du mormon. Car si le parti est profondément divisé entre une aile plus modérée et une autre plus conservatrice, un projet commun fédère l’ensemble des militants: empêcher un deuxième mandat du président démocrate. Romney est souvent considéré comme le « candidat par défaut » ou le « favori mal aimé » mais il reste néanmoins le seul espoir pour reprendre le contrôle de la Maison Blanche!

Parmi les « nouvelles recrues » de la cause Romney, se trouve tout d’abord Jeb Bush.  A la fois frère de l’ancien président et très populaire ex-gouverneur de Floride, il représente un atout de taille dans cet état qui se révèle souvent décisif. Membre de la vieille garde républicaine, son père Georges H.W. Bush, 41e président des États-Unis et héritier de Reagan est également un allié intéressant au niveau symbolique.

Le sénateur de Floride Marco Rubio a également rejoint la campagne du favori. Étoile montante du parti, le politicien d’origine cubaine est un point fort pour séduire l’électorat latino et il est d’ailleurs souvent cité comme candidat potentiel à la vice-présidence sur le ticket républicain.     A l’instar de l’ambitieux Paul Ryan, président de la commission budgétaire de la chambre des représentants et opposant affirmé d’Obama. Des jeunes loups qui risquent de faire beaucoup parler d’eux à l’avenir.

Depuis le début des primaires, Romney avait également gagné le soutien du sénateur de l’Arizona John McCain. Même si l’ancien adversaire d’Obama s’était quelque peu  emmêlé les pinceaux en déclarant soutenir le président démocrate!

Le favori mal aimé

La consigne des cadres du parti républicain est claire : faire bloc autour de Romney afin d’organiser au plus vite la campagne de novembre face au président démocrate. Il faut mettre un terme à cette campagne des primaires qui tire en longueur et qui s’avère désastreuse pour l’image du favori. Attaqué sans cesse par ses rivaux,  la côté de popularité de Romney en a réellement pris un coup et le candidat a perdu pas mal  de terrain au profit d’Obama.

Selon un récent sondage d’ABC News et du Washington Post,la moitié des électeurs américains ont déjà une opinion négative du favori républicain.  Un record qui date de 1984! Et cela avant même que la machine démocrate et ses publicités négatives ne se mette en marche…

C’est pourquoi Karl Rove, stratège par excellence du parti appelle les rivaux de Romney à jeter l’éponge au plus vite.
Dans un édito du Wall Street Journal, l’éminence grise de la famille Bush a littéralement détruit la candidature de Rick Santorum, estimant qu’elle était vouée à l’échec et que « sa stratégie de faire trainer les primaires relevait d’une tentative désespérée« . Un constat sans appel.

Karl Rove, l'éminence grise de Georges W. Bush

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Obama 007: Opération « micro brûlant »

La petite phrase échangée entre le président démocrate et son homologue russe lors du sommet à Séoul, soulève une volée de critiques dans le camp républicain. Un nouveau spot inspiré des films de James Bond ridiculise le « président flexible »,

« My name is Obama…Barack Obama« . La réplique ne sort pas du dernier volet des aventures du héros de Ian Fleming, mais bien d’une vidéo financée par le Super-Pac « American Crossroads », un groupe farouchement hostile au président démocrate.

Dans ce clip assez original, le spectateur est plongé dans une ambiance de guerre froide, où les ogives nucléaires défilent sur la place rouge et où la troisième guerre mondiale est aux portes de l’Amérique ! Obama y est présenté comme un agent plus ou moins secret, dont l’unique mission est de remporter l’élection du 6 novembre, afin d’obtenir une flexibilité sans limite qui doit servir d’obscurs intérêts…

De retour en pleine guerre froide...

Si l’objectif final du « président flexible » n’est pas très clair, ses noirs desseins servent les intérêts de la Russie, la rivale éternelle.  L’agent Obama, qui ne serait en réalité que le valet de Poutine, devrait à terme permettre l’avènement d’un nouvel ordre mondial. Bref, un pur moment de cinéma!

Au cas où l’électeur n’aurait pas bien entendu l’échange entre les deux présidents (révélé à cause d’un micro resté allumé) le clip le diffuse quatre fois en moins de 90 secondes : « Après mon élection, je serais plus flexible… ». Obama risque de payer longtemps cette petite indiscrétion.

L’entretien entre les deux chefs d’états concernait différents sujets géopolitiques mais essentiellement le projet de bouclier antimissile européen, éternelle pomme de discorde entre les deux pays.

(Voir articles sur le sujet: Obama pris en « en flagrant délit »Spot anti-Obama « Après mon élection… » )

La petite phrase polémique

Suite à cette gaffe, Mitt Romney a vivement critiqué la politique étrangère de Barack Obama, qu’il ne trouve pas assez ferme. Le favori républicain tente de s’imposer dans ce domaine, où il n’a pourtant aucune expérience par rapport au président en exercice. Un désavantage certain en vue de l’élection de novembre.

Romney relance la guerre froide

Le candidat qui domine les primaires est monté sur ses grands chevaux avant de s’enfoncer dans les sables mouvants, en estimant que la « Russie reste l’ennemi géopolitique N°1 des États-Unis« . Interrogé ensuite par un journaliste, sur la menace que représente des pays comme l’Iran ou la Corée du Nord, le probable futur adversaire d’Obama ne savait plus trop que répondre. En voulant marquer des points suite à la bourde d’Obama, il s’est finalement tiré une balle dans le pied!

En réaction, le président russe Dmitri Medvev (en poste jusqu’au 7 mai) a répondu au candidat « Aujourd’hui nous sommes en 2012 et non pas au milieu des années 1970. Peu importe le parti auquel il appartient, il doit tenir compte des réalités existantes ». Une remarque cinglante qui souligne l’inexpérience de Romney dans le monde de la diplomatie internationale. C’est ce qu’on appelle l’effet Boomerang.

Vladimir Poutine, l’homme fort de Russie


O’bama joue la carte irlandaise

En pleine période électorale, Barack Obama ne rate pas une occasion de redorer son blason. Redevenu depuis peu le « cool président de campagne », l’occupant de la Maison Blanche enchaîne les sorties médiatiques.  Les festivités de la Saint Patrick, un moyen facile de marquer quelques points…

Pendant que les prétendants républicains se déchirent dans une campagne de primaire à couteaux tirés, le candidat démocrate se préoccupe plutôt de sa cote de popularité. Le président terne et grisonnant a disparu, pour céder la place au Barack à succès de 2008.

Quelques jours après la diffusion de son « film promotionnel« , Obama profite de la Saint Patrick pour rappeler ses origines irlandaises. Car s’il est plus connu comme « l’enfant de Hawaï » au cœur du Pacifique, le président a également des racines outre-atlantiques.

Son aïeul,  fils de cordonnier, a passé son enfance dans un petit village irlandais, avant d’émigrer en 1850 vers les États-Unis, à l’instar de milliers de ses compatriotes chassés par la famine. Et voilà pourquoi quelques générations plus tard, son illustre héritier peut légitimement se la jouer Irish, en sirotant une pinte de Guinness dans un pub…

Plus sérieusement, le soutien des électeurs de souche irlandaise à son importance dans l’arithmétique politique américaine, surtout en vue d’un affrontement face à Mitt Romney, l’ancien gouverneur du Massachusetts.

Dans le berceau originel des États-Unis, les premières colonies de la côte-Est, la proportion de descendants d’émigrés irlandais dans la population est assez colossale . Aujourd’hui, le pays compte près de 34 millions d’Américains avec des origines irlandaises!

Lors de son voyage en Europe en mai dernier, le président démocrate n’a pas manqué de rendre visite à la terre de ses ancêtres. O’bama, comme le  surnommait alors la presse, a une fois encore souligné ses origines locales lors d’un discours à Dublin, devant un parterre de milliers de sympathisants.

Comme à chaque célébration de la Saint Patrick, il est de bon de descendre quelques pintes de bières colorées en vert dans des pubs bondés. La Maison Blanche a suivi la tradition en incorporant un liquide verdâtre dans le circuit de distribution d’eau de la fontaine. Une présidence très irlandaise cette année…

La Maison Blanche célèbre la Saint Patrick

Encore un exemple de la frénésie irlandaise qui règne aux États-Unis, avec un joli timelapse de la rivière Chicago le jour de la Saint-Patrick!

Le chant du cygne de Gingrich?

Sans doute inspiré par le film promotionnel de Barack Obama, Newt Gingrich a décidé de s’offrir lui aussi un « documentaire de campagne ». L’ancien président de la Chambre a toujours aimé faire son cinéma mais peut être aurait-il dû cette fois s’abstenir d’imiter le président démocrate.

En mauvaise position dans ces primaires républicaines, où il n’a remporté que deux états sur 23, Newt Gingrich essaye par tous les moyens de se remettre en selle. Dernière idée du candidat: un documentaire autobiographique de longue durée, diffusé juste quelques jours avant celui d’Obama.

Délicatement intitulé « Rebuilding the America We Love » (reconstruire l’Amérique que l’on aime), cette vidéo revient sur la vie de Gingrich, depuis son enfance jusqu’à sa décision de devenir candidat à la présidence des États-Unis…

Grâce aux talents de réalisatrice de Callista, sa dernière épouse, cette vidéo poignante révèle des informations cruciales sur l’ancien président de la Chambre. Enfant, il aimait courir dans les champs, jouer avec ses chiens et manger des cookies. Adolescent, il rêvait de devenir gardien de zoo avant de finalement s’intéresser à l’histoire.

Si le sectateur s’accroche jusqu’au bout des 15 minutes, il découvrira des photos inédites du champion de Géorgie et pourra peu à peu suivre l’ascension politique de Newt jusqu’au Congrès. Mais il faut bien avouer qu’à moins d’être passionné par la vie du candidat conservateur, le film souffre de certains longueurs et gagnerait vraiment à être raccourci au montage…

Gingrich, père idéal

Ce pseudo-documentaire alterne entre le diaporama animé, le mélodrame raté et le film publicitaire. Naturellement, il n’y a aucune trace des scandales qui ont jalonné la sulfureuse carrière du candidat mais étonnamment par contre il y a très peu de contenu réellement politique. Gingrich est-il encore candidat à la présidentielle?

Callista, toute pimpante, semble toujours garder l’espoir de devenir un jour First Lady mais ses chances s’amenuisent de jour en jour.
Après sa victoire dans son fief de Géorgie, Gingrich espère revenir aujourd’hui dans la course avec les primaires en Alabama et au Mississippi, où il a  beaucoup de partisans. Mais hormis ses états du sud, il y a très peu d’espoir pour la suite de sa campagne.

Troisième dans la récolte des délégués, loin derrière Romney et Santorum, Gingrich stagne en bas des sondages, au coude à coude avec Ron Paul. Dernier dans la moitié des états lors du Super Tuesday, l’ancien Président de la Chambre s’acharne et renonce à jeter l’éponge. Reste à savoir si ce film de campagne sera le dernier…

Newt Gingrich, l'ancien Président de la Chambre des représentants

Un « Super Tuesday » tout sauf décisif

Après deux mois de scrutins au compte-gouttes,  les primaires s’accélèrent avec le « Super Tuesday », où les militants de dix états votent simultanément. Mais si la course à l’investiture républicaine avance d’un grand pas, il faudra encore attendre longtemps avant qu’un candidat ne soit déclaré vainqueur.

Depuis son coup d’envoi en Iowa, le 3 janvier dernier, le ballet des primaires républicaines est dominé par Mitt Romney. Si le mormon millionnaire est incontestablement le grand favori, il ne peut que ronger son frein avant d’affronter officiellement Barack Obama, dans l’élection présidentielle de novembre. Pour comprendre pourquoi ces primaires durent plus longtemps que par la passé, il faut avant tout analyser les chiffres…

La pêche aux 1.144 délégués

Jusqu’à présent, seulement onze états sur les cinquante que compte le pays ont participé au vote, répartissant à peine 355 délégués entre les quatre rivaux. Si Romney caracole en tête avec un peu plus de 200 délégués au compteur, il est encore très loin du compte. Car pour gagner l’investiture du parti, un candidat doit en récolter 1.144 !

Avec le « Super scrutin » d’aujourd’hui, les militants de dix autres états voteront à leur tour, rajoutant dans la balance quelques 437 délégués. Mais même si un candidat gagnait partout avec un score stalinien, cela ne lui permettrait pas d’atteindre le montant nécessaire.

Une course de longue haleine

L’investiture du parti républicain se complexifie aussi suite aux changements dans les règles électorales. De plus en plus d’états abandonnent le système du  « Winner take all », où le premier dans les urnes rafle l’intégralité des délégués de l’état, au profit d’un scrutin de type « proportionnel ».

Ce changement de méthode est certainement plus représentatif du choix des électeurs mais il prolonge sensiblement la durée des primaires. Par la passé, une fois que le favori avait gagné quelques grands états, il devenait très vite impossible à rattraper.

John McCain - Champion républicain en 2008

En 2008 par exemple, John McCain avait remporté les états poids lourds des primaires (Californie, New  York, Illinois,…) après ce fameux « Tsunami Tuesday », où les républicains de 21 états votaient le même jour!  Avec plusieurs centaines de délégués d’avance, McCain était tout simplement irrattrapable et Romney jetait l’éponge à peine deux jours plus tard.

Du côté démocrate, les primaires de 2008 furent beaucoup plus disputées, avec Hillary Clinton et Barack Obama au coude à coude. Impossible à départager, le duel se prolongea jusqu’au mois de juin, où l’ancien sénateur de l’Illinois a finalement atteint le seuil nécessaire de délégués !

Si ces primaires à rallonge prolongent le suspense et focalisent l’attention médiatique sur les candidats en lice, elles ont également des travers. Une telle campagne coûte une fortune aux candidats et divise le parti à seulement quelques mois de la présidentielle. Si un duel acharné entre républicains devait perdurer jusqu’à l’été, il y a beaucoup de chance que le rescapé soit finalement écrasé par la machine démocrate en novembre.

(Crédit photo: Charles Dharapak/AP)

Romney : champion républicain ?

Si ce « méga scrutin » s’annonce moins décisif que par le passé, il pourrait néanmoins s’avérer riche en renseignements sur l’état de forme des différents candidats. Romney a beau être le grand favori, il est loin de faire l’unanimité dans un parti véritablement coupé en deux. L’aile dure des républicains, composée de militants ultra-conservateurs, lui reproche d’être un candidat trop timoré et trop modéré sur des questions sociales.

L’ancien gouverneur du Massachusetts est aussi critiqué du fait d’être mormon, trop riche, d’accumuler les gaffes et de changer d’idées comme de costumes. Selon un sondage récent du « Wall Street Journal », près de 40% des Américains ont une opinion négative de Romney, contre seulement 28% qui en ont une opinion positive.  Un très mauvais score pour un favori ! Peut-il séduire au niveau national et au-delà de sa base de partisans ? C’est l’une des questions de ce scrutin exposant dix.

Gingrich – Santorum : le duel conservateur

Ce « Super Tuesday » sera peut-être aussi  l’occasion de départager Rick Santorum et Newt Gingrich, deux candidats qui puisent dans le même vivier électoral ultra-conservateur. Santorum a besoin de nouvelles victoires pour confirmer sa crédibilité électorale et son rôle de « candidat alternative à Romney ».

Gingrich a quant à lui besoin d’urgence d’un succès, ailleurs que dans son fief de Géorgie, pour relancer sa campagne qui part complètement à la dérive. Un désaveu dans les urnes pourrait pousser l’ancien président de la Chambre vers la sortie, au bénéfice de Santorum qui récupérerait illico les voix de son rival. Un transfert de voix qui relancerait totalement l’issue de ces primaires à rebondissements.

Ron Paul, la force tranquille

Peu importe ce qu’il advient de ses rivaux, Ron Paul continuera de toute façon les primaires jusqu’ au finish. Remporter l’un ou l’autre état serait un très bon signal pour sa campagne mais de toute façon le texan a peu de chance de l’emporter, du fait de ses idées trop radicales et anti-establishment. Sa stratégie repose plutôt sur une course de fond, où il grappille délégué après délégué. Son but étant d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti, tribune de choix où il pourra diffuser ses idées. Si cette campagne présidentielle est assurément son baroud d’honneur, le doyen de la course a déjà un successeur dans son combat libertarien. Actuellement sénateur du Kentucky, son fils Rand Paul incarne déjà le futur du mouvement. A suivre en 2016…

Obama 2012 : le retour du roi de la Com’

A neuf mois de l’élection présidentielle, Barack Obama  sort le grand jeu pour tenter de se faire à nouveau aimer des électeurs. Sans aucun doute, l’occupant actuel de la Maison Blanche ne projette pas de déménager de sitôt et il utilise les vieilles recettes pour faire remonter sa cote de popularité.

Au lendemain de son élection comme 44ième président des États-Unis, en novembre 2008, Obama était au sommet de sa gloire. Battant des records de popularité, l’ancien sénateur de l’Illinois était tout simplement intouchable.  Mais depuis lors, le conte de fée a cédé la place à une réalité bien plus terne et il faut bien l’avouer,  l’ « enfant star d’Honolulu » ne fait plus vraiment rêver. L’emballement médiatique est retombé et les pancartes arborant le slogan gagnant  « Yes We Can » prennent la poussière dans les placards des bureaux de campagne.

C’est bien connu, l’exercice du pouvoir use et le fringuant candidat de 2008 n’a plus grand-chose à voir avec sa version de 2012 aux cheveux gris. Le dynamique outsider qui ruait dans les brancards a laissé place au président du compromis, qui vise surtout  à rester en place afin de pouvoir prester un second mandat. Avant d’être élu, Obama jouait au basket, à présent il pratique surtout le golf, parfois même avec ses adversaires républicains du Congrès…

Obama sur le green en compagnie de John Boehner, chef de file des républicains à la Chambre

Obamania  version 2012

L’homme qui enthousiasmait les foules a-t-il disparu à jamais ? Ou fera-t-il à nouveau surface à mesure que se rapproche l’élection ?
A en croire cette toute nouvelle vidéo concoctée par son équipe de campagne, les conseillers marketing du président ont décidé de dépoussiérer à fond l’image du « héros de l’Illinois ». Avec un spot de 4 minutes 30, destiné à une diffusion virale sur la toile, l’idée est de faire revire la « success story » d’Obama, depuis l’annonce officielle de sa candidature. Au fond, Obama aujourd’hui c’est le même qu’en 2008, avec juste 4 ans d’expérience en plus…

Jeune, sportif, décontracté, proche de sa famille, à l’aise en société, décidé, dynamique,… Bref, tous les éléments de la formule gagnante en 2008 se trouvent dans ce spot, véritable concentré de l’image que doit refléter Obama en 2012 !

Évidemment, pas de traces dans cette vidéo des nombreuses promesses non tenues! Seuls comptent ici les succès du président: la réforme de la santé, l’exécution d’Oussama Ben Laden, le sauvetage de l’industrie automobile, le retrait des troupes d’Iraq,…Obama dispensé des primaires

Toujours coincé sous la barre des 50% d’opinions favorables, à l’exception de la période qui a suivi l’exécution de l’ennemi public N°1, Barack Obama sait qu’il doit séduire à nouveau les foules pour assurer sa réélection.  Tandis que l’attention médiatique se tourne essentiellement du côté républicain où les candidats se livrent une lutte sans merci, le président démocrate est dispensé de l’exercice périlleux (et surtout très couteux) des primaires. Son équipe peut donc se consacrer à organiser la campagne sur le terrain, dans les 50 états du pays et aussi tenter de récolter un maximum d’argent. A l’heure actuelle, le président en exercice a déjà accumulé plus de dons financiers que tous ses opposants réunis, d’autant qu’eux le dépensent à un rythme effréné, afin de rester en course dans ces primaires disputées.   ( article sur le sujet prochainement )

L’art de la cool-attitude

Si depuis quelques semaines, les apparitions d’Obama sont plus fréquentes, elles montrent surtout que l’heure de la campagne de réélection a bel et bien sonné. Ainsi dernièrement, à l’occasion de la fête de la science à la Maison Blanche, le « président qui garde une âme d’enfant », s’émerveille devant un canon à marshmallow…

Quelques jours plus tard, le « président proche du peuple » est surpris (par un photographe qui trainait dans le coin!) en train de toper le poing d’un manutentionnaire du Congrès. Très classe.

Discours de l’état de l’Union, Super Bowl, événements internationaux, l’occupant de la Maison Blanche ne rate pas une seule occasion de faire sa promotion. Privilège de la fonction présidentielle, c’est toujours de la publicité gratuite.
Lorsqu’il est face à un bataillon de journalistes, le « président de la répartie » n’en rate pas une : « Obama le Ninja« « Obama le roi lion», « Obama qui calme les bébés« , « Obama qui taquine son pote Sarkozy », … La liste est longue et il y a fort à parier que quelques perles se rajoutent d’ici au mois de novembre.

Plus country que hip-hop

Si Obama le showman est connu du grand public, son côté crooner l’était moins jusqu’à ce discours, où il s’est permis de pousser la chansonnette. La vidéo d' »Obama roi de la soul » a provoqué un buzz sur internet…avec à la clé un pic de vente pour le titre d’Al Green!

Toujours à la page, un conseiller 2.0 d’Obama a récemment diffusé sur internet sa « playlist de campagne » sur le site de streaming musical Spotify . Des titres populaires, qui seront joués lors des différents rassemblements jusqu’en novembre. Soucieux de séduire l’électorat du Midwest, Obama le mélomane se révèle soudain être un grand amateur de musique country…

Michelle, une alliée de poids

Il ne faut jamais l’oublier, Michelle Obama est le premier soutien du président. Et elle semble déterminée à rester 4 ans de plus la première dame des États-Unis.  En ce moment, la First Lady parcourt le pays, pour célébrer le troisième anniversaire de la campagne anti-obésité « Let’s Move » dont elle est le fer de lance. Et avec sa tournée nationale, elle ne manquera pas de visiter quelques états clés de l’élection présidentielle…
Joignant le geste à la parole, la dynamique occupante de la Maison Blanche ne recule devant rien pour « pousser les enfants à se remuer »  et améliorer du même coup l’image du couple présidentiel. Des pompages sur un plateau TV  ou encore une course  en « un sac à patates » suite à un défi lancé par le comédien à succès Jimmy Fallon. Des images peu banales pour une First Lady, reprises instantanément dans les médias…

Des républicains tout sauf cool

Quand la machine Obama se met en marche, elle a beaucoup de chance de gagner la bataille de la « cool attitude » car du côté républicain ce n’est pas la joie. Parmi les quatre candidats encore en lice, Rick Santorum est sans doute le plus à l’aise en société et le « plus en phase » avec son vivier électoral ultra-conservateur. Ron Paul place parfois quelques bons mots entre des coups de gueule mais il n’a jamais l’air totalement à l’aise, flottant toujours dans des costumes trop grands pour lui. Newt Gingrich est quant à lui un candidat qui fait beaucoup rire mais c’est plus le souvent à ses dépens.

Rick Santorum - Le challenger

Mais celui qui fait assurément le plus de de peine c’est Mitt Romney. Grand favori des primaires, c’est aussi le candidat qui se donne le plus de mal pour ressembler à une personne normale.  Il a beau retourner des saucisses sur les BBQ en jouant au voisin sympa, la sauce ne prend pas. En campagne, il porte des jeans en permanence mais il n’arrive pas à endosser le rôle de l’Américain moyen, à  la manière d’un acteur dont on sent qu’il s’efforce sans succès de rentrer dans un rôle. Avec son brushing inamovible et ses costumes hors de prix, le mormon n’arrive pas à se dépêtrer de son image de millionnaire de Wall Street. Et quand il arrive à placer quelques blagues, cela manque toujours cruellement de spontanéité. A ce jeu là, il n’a tout simplement aucune chance face à Obama…

Urgent: bon parti cherche candidat rassembleur en vue d’élections présidentielles (poste à pourvoir rapidement)

La course à l’investiture républicaine est plus indécise que jamais. Après 7 scrutins, aucun des candidats n’arrive à fédérer le parti. Après le triplé gagnant de Santorum qui rattrape Romney, la campagne des primaires continue avec trois autres échéances en février. Ce sera bientôt au tour des habitants du Maine, de l’Arizona et du Michigan de déterminer quel sera le futur adversaire d’Obama…

Situé à l’extrême Nord-Est du pays, en bordure du Québec, le Maine est la prochaine étape dans ces primaires à rebondissements. Ce samedi 11 févier, les militants républicains de cet état peu peuplé d’1,3 millions d’habitants devront voter pour l’un des quatre candidats encore en lice : Mitt Romney, Newt Gingrich, Rick Santorum ou Ron Paul.

Si l’ « état du pin » a longtemps été ancré dans le camp républicain, il a basculé du côté démocrate depuis le doublé de Clinton en 1992 et 1996. Depuis lors, le Maine a apporté à chaque fois ses suffrages aux candidats démocrates : Al Gore en 2000, John Kerry en 2004 et Barack Obama en 2008. Au niveau politique, l’ état frontalier est également teinté de vert. C’est en effet dans le Maine que le parti écologiste américain (Geen Party USA) compte proportionnellement le plus d’adhérents !

7 scrutins – 3 gagnants

Si l’intérêt du caucus du Maine et ses 24 délégués est en temps normal relativement limité,  il sera cette fois surtout l’occasion de jauger l’état des candidatures, après la razzia de Santorum. Après 7 scrutins, ces primaires s’annoncent vraiment disputées. Romney a triomphé au New Hampshire, en Floride ainsi qu’au Nevada mais Santorum vient d’égaliser en raflant le Colorado et le Minnesota après son succès initial en Iowa (le Missouri ne compte pas vraiment). Gingrich a pour sa part remporté la Caroline du Sud tandis que Ron Paul attend encore son heure de gloire.

Cap sur le Maine

Précédé par l’un de ses fils, déjà en campagne sur le terrain, Mitt Romney débarquera demain à Portland, la ville la peuplée du Maine. Points positifs pour sa candidature : il a le soutien de la plupart des élus locaux et il possède une solide équipe de campagne sur place. De plus, son mandat de gouverneur au Massachusetts, un état voisin, est également un avantage.  En l’absence de sondages récents, Mitt Romney reste donc le grand favori du scrutin. Même s’il lui sera très difficile d’égaler son résultat lors des primaires de 2008, où il avait terminé premier avec 51,7% ( devant McCain 21,4% – Paul 18,2% et Huckabee 5,8%).

Selon le Washington Post, Ron Paul est le candidat le plus présent dans l’ « état du pin ». Si le libertarien continue à dépasser ses résultats de 2008 (comme c’est à chaque fois le cas jusqu’à présent) il pourrait réaliser une bonne performance lors du caucus. Et pourquoi pas un premier succès, histoire de compliquer la course à l’investiture!

No one but Paul!

La confirmation Santorum ?

Depuis son tiercé gagnant, Rick Santorum est sur un nuage. Il vient de recevoir plus d’un million de dollars en une seule journée et son site de campagne est même devenu inaccessible suite à afflux trop massif de visiteurs !
Vu qu’il n’a pas fait campagne dans l’état du Maine, à l’instar de Newt Gingrich, leurs scores respectifs est la grande question de ce caucus. Sans investir d’argent et sans même se rendre sur place, Santorum va-t-il être porté par ses récents succès ?

L’ancien Sénateur de Pennsylvanie va sans doute dépasser son rival Newt Gingrich et pourquoi pas, une fois encore, déjouer les pronostics.            Une chose est sure, Santorum est en pleine confiance. Il vient d’ailleurs de communiquer à ses partisans un message dans lequel il compare sa situation actuelle à celle qu’a connu Reagan. Pour résumer: tout le monde riait de lui au début de sa campagne mais il a finalement remporté l’investiture du parti… avant de devenir le président favori des américains. Excusez du peu !

Break électoral

Après le scrutin du Maine ce samedi, aucun vote n’aura lieu pendant deux semaines. Avec un seul débat prévu le 22 février en Arizona, les candidats auront un peu de temps pour se réorganiser et tenter de récolter un maximum de soutien financier. Car si l’équipe de campagne de Mitt Romney possède de solides réserves de trésorerie, les autres candidats sont à la traîne. A titre d’exemple : Romney a amassé 56 millions de dollars de dons en 2011 alors que Santorum n’ en a récolté « que » 2,2. Et vu les prix des droits de diffusion TV, une campagne nationale ne peut réussir sans argent. (Article à venir sur le sujet)

Arizona et Michigan : avantage pour Romney

Les votes reprendront le 28 février, avec la tenue de primaires simultanées en Arizona et au Michigan. Pour l’instant, selon des sondages qui datent un peu, ces deux états semblent plutôt favorables à Mitt Romney. En Arizona, le mormon pourra bénéficier de la présence de ses coreligionnaires et du soutien de l’ancien gouverneur de l’état John McCain, qui l’avait devancé lors des primaires de 2008 (47% contre 34,5% ). A titre de comparaison, Ron Paul n’avait récolté à l’époque que  4% des voix.

Le favori sur le papier a également de nombreux sympathisants au Michigan, un état dans lequel il est né et dont son père a été un businessman influent avant de devenir gouverneur de 1963 à 1969 ! Victorieux en 2008 avec un score confortable de 39%, Romney espère réitérer ce succès. Bref, l’ancien candidat du Massachusetts est sérieusement avantagé mais cela ajoute une pression supplémentaire au scrutin. Une victoire dans son état natal semblera logique, un échec par contre serait désastreux pour son image de favori du parti.

Romney prend le large en Floride

Mitt Romney n’a pas fait mentir les sondages et s’est finalement imposé loin devant son rival direct Newt Gingrich. Avec les délégués de Floride en poche, le millionnaire mormon confirme sa position de favori du parti et se concentre déjà sur le futur affrontement face à Barack Obama.

Romney savoure sa victoire de Floride...

Avec près de 15% d’avance, l’équipe de campagne de Romney peut se féliciter de la solide campagne réalisée dans le « Sunshine state ». La stratégie de diffusion massive de publicités négatives envers Newt Gingrich s’est finalement avérée payante, l’ancien gouverneur du Massachusetts a creusé l’écart face à son rival, pour finalement récolter 46,4% des voix!

L’ancien président de la chambre des représentants frôle la barre des 32%, une seconde place assez terne qui dénote avec sa victoire fracassante en Caroline du Sud. L’ultra chrétien Rick Santorum complète le podium avec 13,4%, peinant toujours à séduire dans d’autres états que l’Iowa, son unique succès qui remonte au début du mois. Le champion libertarien Ron Paul termine comme prévu 4ième du scrutin avec 7%, un score somme toute honorable (le double de son résultat en 2008) pour quelqu’un qui n’a pas daigné faire campagne dans l’état.

Tout bénéfice pour Romney

Avec cette victoire en Floride, Romney a gagné sur tous les tableaux. La primaire utilisant le système du « Winner take all », il a remporté d’un seul coup les 50 délégués de l’état, creusant encore son avance, avec 87 délégués contre seulement 26 pour Gingrich (14 pour Santorum et 4 pour Paul). Au niveau psychologique, il a repris l’ascendant sur son rival direct en assurant une deuxième victoire après celle du New Hampshire, un succès qui rassure ses partisans, une réponse claire aux observateurs qui doutaient de sa position de favori après sa défaite en Caroline du Sud.  Et enfin, il a vengé son échec face à John McCain en 2008, en progressant de 31% à 46% et en raflant 170.000 voix de préférence supplémentaires!

Mitt Romney et son fils John scrutent les résultats - Tampa, Floride (AFP PHOTO/Emmanuel Dunand)

Horizon dégagé

Après un mois de janvier très disputé, avec 3 gagnants différents pour seulement 4 scrutins, février devrait sans doute apporter une certaine stabilité à la campagne de Romney. Avec son équipe à pied d’œuvre sur le terrain, il devrait normalement survoler sans encombre les prochaines étapes des primaires qui se dérouleront au Nevada, au Colorado et au Minnesota. A moins d’une surprise, le temps qui passe joue en sa faveur, il va récolter de plus en plus de délégués et confirmer du même coup son statut de favori. S’il ne commet pas un impair impardonnable dans un débat ou si un nouveau scandale ne fait pas jour, peu de choses peuvent encore barrer la route de l’ancien gouverneur du Massachusetts. Et normalement d’ici au lendemain du « Super Tuesday »  qui se déroulera le 6 mars, Romney devrait être sacré comme le candidat républicain officiel dans la course à la Maison Blanche.

Un front anti-Romney

Mais avec son image de favori, le mormon cristallise aussi les attaques. Si peu de choses peuvent vraiment gêner sa candidature, un risque subsiste cependant: une alliance entre ses rivaux. Dans le cas où Santorum abandonne la course et demande à ses partisans de rallier la cause de Gingrich, cela pourrait sérieusement redistribuer les cartes. Pour l’instant, Romney bénéficie de l’éclatement de l’électorat plus radical du parti, des électeurs qui ne veulent pas de lui mais qui hésitent encore entre Gingrich et Santorum. Si l’ancien sénateur de Pennsylvanie jette l’éponge et rallie le camp des sympathisants de Gingrich, comme Herman Cain et Rick Perry l’ont déjà fait, l’enjeu des primaires serait vraiment relancé…

Un œil sur la Maison Blanche

En attendant la suite des primaires républicaines, Mitt Romney se positionne déjà clairement comme le favori du parti et toise son réel adversaire: Barack Obama. Avec son nouveau spot de campagne, il affirme son ambition de reprendre à son compte le poste du président et de l’envoyer au chômage d’ici la fin de l’année…

 

L’État délabré de l’Union – la version de Romney

Suite au discours officiel du président Obama, Mitt Romney dévoile sa méthode pour remettre l’Amérique sur les rails…

 

Beaucoup de vidéos du même acabit se trouvent sur le site officiel « Obama ne fonctionne pas » http://obamaisntworking.com

Avec une mention spéciale pour le décompte seconde par seconde jusqu’au 6 novembre!