Obama pris « en flagrant délit »

« Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité ». La petite phrase prononcée par le président américain à son homologue russe, lors d’un sommet en Corée du Sud, a provoqué un mini-séisme dans la presse américaine.

A l’occasion du sommet mondial sur la sécurité nucléaire qui se tenait à Séoul, le président démocrate a débattu pendant 90 minutes avec Dmitri Medvedev, qui est pour quelques semaines encore, le président de la Fédération de Russie.

Selon RFI, les propos de l’échange entre les deux chefs de l’état portaient sur l’amélioration des relations économiques entre les deux géants. Ainsi que sur d’autres sujets plus délicats concernant la géopolitique mondiale : le désaccord sur le cas syrien, la menace de la Corée du Nord, la situation en Afghanistan ou encore la menace d’une nucléarisation de l’Iran….

Mais ce qui a surtout marqué la presse américaine, à l’issue de ce long entretien, ce sont les quelques phrases échangées par les deux dirigeants alors qu’ils pensaient que leurs micros étaient déjà coupés.

Obama - Medvedev (RIA Novosti-Ekaterina Shtukina)

Abordant le dossier épineux du bouclier antimissile européen, éternelle pomme de discorde entre les anciens adversaires de la guerre froide, Obama précise à Medvedev :

«  Sur tous ces sujets, mais particulièrement sur celui du bouclier antimissile, cela peut être résolu mais c’est important qu’il (Vladimir Poutine a été réélu président de Russie ce 4 mars, il entre en fonction le 7 mai) me laisse de l’espace ».

Son homologue russe lui répond : « Oui je comprends. Je comprends votre message à propos de l’espace. Vous avez besoin d’espace pour vous… »

– Obama : « C’est ma dernière élection. Après ma réélection, j’aurai plus de flexibilité ».

– Medvedev « Je comprends, je transmettrai cette information à Vladimir… ».

(Version originale depuis ABCNews)

Obama: l’épine nucléaire

Ce bref échange a déjà fait réagir nombre d’observateurs, qui dénoncent un excès de confiance du président en place, qui semble assuré de sa réélection à la tête du pays alors qu’aucun électeur n’a encore voté.

Deuxièmement,  l’annonce d’une  plus grande « flexibilité » envers la Russie, qui reste quand même toujours un ennemi potentiel, apporte de l’eau au moulin des faucons conservateurs qui estiment qu’Obama passe pour un faible sur la scène internationale. Un adepte de la politique de la main tendue avec l’Iran ou une carpette devant la Russie et la Chine.

Un des pouvoirs du président américain, à l’instar d’une poignée de chefs d’états à travers le monde, réside dans sa capacité à décider d’une frappe atomique envers tout ennemi potentiel. Une menace qu’il faut toujours garder dans son jeu, à des fins dissuasives.

Obama avait par le passé fait l’erreur de dévoiler qu’il n’autoriserait pas un tel recours à la force avec l’Iran. Un aveu d’impuissance qui avait été fort décrié à travers le pays.

"Tellement préoccupé par le prompteur qu'il n'a rien remarqué" - Michael Ramirez

Semaine compliquée pour Obama

Juste après l’incident, un responsable de l’administration d’Obama répondant à un journaliste d’ABC News a relativisé la nature des propos du président.

« C’est une année électorale dans laquelle les Russes viennent d’avoir une élection. Nous allons nous aussi avoir une élection présidentielle et au Congrès, ce n’est pas le genre d’année où l’on peut résoudre des enjeux aussi compliqués que ceux-ci ».

Ce nouveau couac du président démocrate survient dans une période déjà bien chargée au niveau politique. C’est en effet cette semaine que les neuf juges de la Cour suprême américaine doivent décider si la fameuse réforme de la santé « Obamacare », votée il y a deux ans, est bien en accord avec la Constitution. Un dossier très polémique qui déchire l’échiquier politique entre partisans et détracteurs.

La petite phrase d’Obama: erreur technique, acte manqué ou manœuvre de détournement? Difficile à dire. En tout cas, elle va faire couler beaucoup d’encre. Et les images du « président trop confiant » vont inévitablement rejoindre les prochains spots anti-Obama…

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État de l’Union: Obama en mode « auto promo »

Pour la troisième fois, Barack Obama a prononcé le discours de l’état de l’Union devant le Congrès, une tradition annuelle qui détermine les grands axes de la politique américaine à venir. L’occasion idéale pour le président en exercice, de souligner les points forts de son premier mandat et de se présenter comme le candidat idéal à sa propre succession…

Si au niveau international, le retrait d’Irak et l’assassinat de Ben Laden sont évidemment soulignés comme des victoires majeures, la majorité du discours a concerné l’économie,  véritable enjeu déterminant de la prochaine campagne présidentielle.

Obama a appelé à produire plus sur le sol américain, afin de contrer les importations croissantes de la Chine. Il s’est également attaqué à son futur opposant Mitt Romney, probable vainqueur des primaires républicaines, en demandant une réforme fiscale plus dure avec les « super-riches ».

Romney trop riche?

L’ancien gouverneur du Massachussetts a récemment fait jaser, en refusant de dévoiler publiquement  ses anciennes déclarations fiscales, comme il est de coutume pour un candidat à la présidence. Suite au tollé médiatique il s’est finalement exécuté, révélant sur la scène publique des revenus records : 21,7 millions de dollars en 2010 et 20,9 millions en 2011, des gains découlant essentiellement de ses investissements financiers.

Le candidat mormon a finalement payé 3,2 millions d’impôts l’année dernière, soit 15,4% de ses revenus imposables, un taux inférieur à celui que paye la plupart des citoyens américains, les revenus d’investissements étant beaucoup moins imposés que les revenus du travail.
Une anomalie décriée par les militants d’ « Occupy Wall Street » ainsi que par le milliardaire  Warren Buffett, qui milite en faveur d’une taxe supplémentaire chez les Américains aux revenus supérieurs au million de dollars.
Outre des questions de fiscalité, le président américain a également abordé le thème des énergies renouvelables, son cheval de bataille de la relance économique. Suite à son discours de l’état de l’Union,  Obama se rendra dans cinq états clés de la campagne : l’Iowa, le Michigan, l’Arizona, le Nevada et le Colorado. Avec seulement 46% d’opinions favorables, contre 65% au début de son mandat, Barack Obama a moins de dix mois pour inverser la tendance, sous peine de passer à la trappe…

§ Le discours de l’État de l’Union ( en vidéo )

§ Le discours de l’État de l’Union ( version texte )

§ Quelques phrases clés reprises par le Nouvel Observateur:

•    État de l’Amérique
« Les Etats-Unis sont de plus en plus forts. Nous avons trop progressé pour revenir en arrière. Tant que je serai président, je travaillerai avec quiconque dans cet hémicycle pour capitaliser sur cet élan »

•    Fiscalité
« Nous devons modifier notre code des impôts de sorte que des gens comme moi, ou comme énormément d’élus du Congrès, s’acquittent de leur part au fisc »
« La réforme fiscale doit suivre la règle Buffet: si vous gagnez plus d’un million de dollars par an, vous ne devez pas payer moins de 30% d’impôt »
« Aujourd’hui, les entreprises obtiennent des réductions d’impôt lorsqu’elles délocalisent les emplois et les profits à l’étranger. Dans le même temps, celles qui choisissent de rester en Amérique sont frappées par l’un des taux d’imposition les plus forts au monde. Cela n’a aucun sens […] alors changeons cela »

•    Énergies renouvelables
« Les clivages dans ce Congrès sont sans doute trop forts maintenant pour faire voter un plan complet pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais il n’y a pas de raison que le Congrès ne fixe pas au moins des critères en matière d’énergies vertes qui créent un marché pour l’innovation »
« Je ne vais pas céder les industries solaires, éoliennes et des batteries électriques à la Chine ou à l’Allemagne sous prétexte que nous refusons de nous engager dans le même sens »

•    Oussama Ben Laden
« Pour la première fois en deux décennies, Oussama Ben Laden n’est plus une menace pour ce pays »
« La plupart des principaux responsables d’Al-Qaïda ont été vaincus »
« L’une des choses que je possède et dont je suis le plus fier est le drapeau des forces spéciales du raid contre Ben Laden. Sur ce drapeau, le nom de chacun des membres de l’équipe. Certains sont peut être démocrates. D’autres républicains. Mais cela n’a pas d’importance. La seule chose qui comptait ce jour-là, c’était la mission. (…) A chaque fois que je regarde ce drapeau, je me rappelle que notre destin est cousu ensemble comme ces 50 étoiles et ces 13 bandes »

•    Guerre en Irak
« Pour la première fois en neuf ans, il n’y a pas d’Américains qui combattent en Irak »

•    Iran
« Qu’il n’y ait pas de doute: l’Amérique est déterminée à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et je garde toutes les options sur la table pour atteindre ce but. Mais une résolution pacifique de cette question est encore possible »

•    Printemps arabe
« Au moment où le flux de la guerre se retire, une vague de changement déferle sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, de Tunis au Caire, de Sanaa à Tripoli »
« Il y a un an, Kadhafi, un meurtrier avec le sang d’Américains sur les mains, était l’un des plus anciens dictateurs de la planète. Aujourd’hui, il n’est plus là »
« Et en Syrie, il ne fait pour moi pas de doute que le régime d’Assad découvrira bientôt que la force du changement est irrésistible et qu’on ne peut écraser la dignité des gens »
« Nous ne savons pas exactement comment s’achèvera cette incroyable transformation. Nous soutiendrons les politiques qui favorisent l’émergence de démocraties fortes et stables ainsi que des marchés ouverts, car la tyrannie ne fait pas le poids face à la liberté »

•    Chine
« Plus d’un millier d’Américains ont du travail aujourd’hui parce que nous avons stoppé une flambée d’importations de pneus chinois. Mais nous devons agir davantage. Il n’est pas juste qu’un pays laisse pirater nos films, nos disques et nos logiciels »
« Je ne resterai pas les bras croisés si nos concurrents ne respectent pas les règles du jeu »

Spot de Jon Huntsman « Only one »

Dernier clip de campagne du candidat Jon Huntsman, destiné aux électeurs du New Hampshire, deuxième état à organiser sa primaire, le 10 janvier prochain.

L’ancien gouverneur de l’Utah mise beaucoup sur cet état de la côte Est pour véritablement lancer sa campagne qui stagne quelque peu.           Seul candidat républicain à ne pas avoir connu de « momentum » dans les derniers mois, l’ancien ambassadeur des États-Unis en Chine espère atteindre le podium au New Hampshire, vraisemblablement derrière Mitt Romney et Ron Paul.

Lanterne rouge en Iowa, état dans lequel il n’avait pas fait campagne, Huntsman a besoin d’urgence d’un succès pour se présenter comme une alternative crédible à Romney. Candidat assez modéré, sérieux, Jon Huntsma a été jusqu’ici épargné par les attaques du fait de son mauvais classement dans les sondages.

Relativement ignoré par les médias jusqu’à présent, Huntsman sera peut être la révélation du New Hampshire…

Jon Huntsman - http://jon2012.com

Jon Huntsman parle mandarin dans le Colbert Report

Jon Huntsman, qui stagne autour des 2% d’intentions de vote dans les sondages, s’est rendu chez Stephen Colbert, le présentateur vedette du « Colbert Report », une émission à succès diffusée sur « Comedy Central ».

Une belle occasion de promotion pour l’ancien Ambassadeur en Chine, qui s’est d’ailleurs brièvement exprimé en mandarin sur le plateau.

L’ ancien gouverneur de l’Utah possède un CV impressionnant mais qui ne suffira sans doute pas à convaincre les conservateurs du parti. Républicain très modéré, en poste dans l’administration Obama et mormon comme Mitt Romney, sans doute un peu trop de points faibles pour gagner l’investiture du parti…

L’intégrale de l’interview dans le Colbert Report (6’38)

Jon Huntsman ( http://www.jon2012.com )

Jon Huntsman ( http://www.jon2012.com )

Spot de Jon Huntsman « Foreign Policy Experience Matters »

A travers sa nouvelle vidéo de campagne, Jon Huntsman met en avant son point fort: son expérience dans les affaires internationales.

Ancien ambassadeur à Singapour sous Bush Senior puis en Chine sous l’administration Obama, le candidat a appris le mandarin lors d’un premier voyage à Taïwan en tant que missionnaire mormon.

Au niveau national, Jon Huntsman a travaillé comme assistant pour Reagan et Bush Senior avant de devenir gouverneur de l’Utah en 2004 où il a réalisé un bon bilan économique.

Père de famille nombreuse (7 enfants dont deux adoptés), ce mormon « modéré »  (il adhère quand même à la théorie scientifique de l’évolution) se présente comme un « conservateur authentique », c’est à dire contre l’avortement et  le mariage homosexuel.

Avec un début de campagne pour le moins discret, Jon Huntsman stagne dans les sondages sous la barre des 2%. Il doit absolument  marquer des points lors des premiers scrutins de l’Iowa et du New Hampshire sous peine de disparaitre complètement des écrans radars…

Jon Huntsman en Chine ( http://www.jon2012.com )

Jon Huntsman Jr

Sites de campagne: http://www.jonhuntsmanjr.com   http://www.jon2012.com/

– Jon Meade Huntsman Jr est candidat depuis le 21 juin 2011

– 51 ans (26 mars 1960)

– Ancien gouverneur de l’Utah (2005-2009)

– Ex ambassadeur des USA en Chine sous la présidence Obama (août 2009-avril 2011)