Santorum jette l’éponge!

Surprise en cette fin de Week-end Pascal: Rick Santorum vient d’annoncer son retrait de la course à l’investiture républicaine. S’il déclare suspendre sa campagne pour des raisons personnelles, l’issue était de toute façon inéluctable.

Alors que la presse américaine s’attendait plutôt à un abandon imminent de Newt Gingrich, Rick Santorum a pris tout le monde de court en annonçant son retrait des primaires suite à l’hospitalisation de sa fille Bella atteinte d’une pneumonie. L’outsider de la course sort la tête haute, fort de ses onze victoires et fidèle à ses principes de « candidat des valeurs familiales »…

L’ancien sénateur de Pennsylvanie évite du même coup le scrutin du 24 avril prochain, dans l’état qu’il a représenté douze ans au Congrès. Selon les derniers sondages, Romney le devançait et perdre sur « ses terres » aurait probablement sonné le glas de sa campagne. Avec une humiliation cinglante au passage.

Santorum entouré de ses proches dans son fief de Gettysburg

Dans son fief électoral de Gettysburg, le candidat entouré de ses proches a prononcé un discours d’une quinzaine de minutes, annonçant son retrait immédiat de la campagne mais ne fermant pas la porte à un éventuel retour en 2016.

 

« Même si cette campagne présidentielle est terminée pour moi, nous n’abandonnons pas le combat » a affirmé le candidat. Après avoir remercié toute son équipe de campagne et les nombreux sympathisants, Santorum a également rendu hommage à son grand-père qui avait émigré d’Italie jusqu’aux États-Unis afin d’y travailler comme mineur. Un véritable symbole du rêve américain.

Pour conclure, Santorum a rappelé que l’objectif principal du camp républicain était de battre Obama lors de l’élection de novembre mais sans préciser s’il allait officiellement apporter son soutien à Mitt Romney.

Avec le retrait de son rival principal et New Gingrich qui  devrait aussi jeter l’éponge dans les jours à venir, Mitt Romney a désormais le champ totalement libre pour se consacrer à l’élection générale face au président démocrate. L’ancien gouverneur du Massachusetts sera également le premier candidat de confession mormone à dépasser le stade des primaires. Maintenant, la prochaine question qui va démanger la presse américaine sera de découvrir qui l’accompagnera comme vice-président sur le ticket présidentiel. Beaucoup de noms circulent déjà…

Santorum en plein recueillement (Christopher Gregory-Getty Images)

Romney : le candidat « effaçable »

Le grand favori des primaires républicaines traîne depuis longtemps une réputation de « girouette politique ». Mais la récente déclaration de son porte-parole qui l’a comparé à une « ardoise magique » qu’on peut réinitialiser à loisir, ne va certainement  pas arranger les choses…

Depuis quelques jours, le jargon politique américain possède un nouveau terme pour qualifier les candidats qui changent d’opinions : « Etch a sketch ». Si l’appellation est un peu barbare, c’est avant tout la marque déposée d’un jouet pour enfants, connu en Europe comme l’ardoise magique. Très populaire depuis les années 60, le but de ce jeu est de dessiner quelque chose puis de secouer l’appareil afin que l’écran devienne à nouveau vierge. Il est donc possible de « dessiner à l’infini pour un plaisir sans limites », comme l’affirme le slogan publicitaire.

Cartoon de Bob Gorrell

Mais depuis la déclaration d’Eric Fehrnstrom, principal porte-parole de Mitt Romney, le jeu enfantin a pris un sens bien moins innocent.         Dans une apparition sur CNN, il explique que son poulain n’aura aucun mal à faire oublier ses prises de position les plus conservatrices, une fois la période des primaires terminée: « Romney possède un bouton reset pour l’élection générale où tout change. C’est en quelque sorte un etch-a-sketch, vous le secouez et vous recommencez tout à zéro… »

Romney la girouette

Au niveau du suicide politique, il est difficile de faire mieux. Un « expert » en communication qui avoue à l’antenne que son candidat change d’idées comme de chemises, c’est vraiment lui donner la pire publicité possible !

La petite phrase a été reprise en un instant par tous les médias américains et s’est transformée en une arme de campagne pour tous ses rivaux républicains. L’ancien gouverneur du Massachusetts trainait déjà une mauvaise réputation de « robot », qui dit ce que les électeurs veulent entendre mais pas ce qu’il pense et de ‘girouette politique’ (flip-floper). Mais avec cette erreur colossale de communication, sa réputation ne va pas vraiment s’améliorer.

Cartoon de Pat Bagley

La comparaison d’Eric Fehrnstrom est un véritable cadeau pour les adversaires  du mormon. Depuis cet incident, les parodies de « Romney l’ardoise magique » pleuvent sur la toile et il y a fort à parier que l’effet perdure jusqu’en novembre prochain.

Premier à saisir la balle au bond, Rick Santorum fait allusion au « etch a sketch » le jour même dans un discours de campagne. Le rival principal de Romney joue à fond sur les valeurs religieuses et conservatrices et se demande si une fois au pouvoir Romney ne réécrira pas la Constitution…

Avec une campagne en perte de vitesse, Newt Gingrich profite de l’aubaine pour casser un peu de sucre sur le dos de Romney, le « modéré du Massachusetts ». Une animation permet sur son site de secouer Romney à la manière de l’ardoise magique, afin d’obtenir un candidat plus ou moins conservateur!

Dans un spot sans concession, le favori républicain est confronté à son passé de candidat modéré, à l’époque où il faisait campagne pour devenir le gouverneur du Massachusetts. Des images d’archives qui parlent d’elles-mêmes…

L’une des nombreuses parodies qui circulent en ligne…

Sans doute le candidat le plus stable au niveau des valeurs qu’il défend, le libertarien Ron Paul s’en prend à tous ses rivaux d’un seul coup!

Primaires à droite, générale au centre

Si la réflexion du porte-parole de Romney s’avère être une terrible erreur de communication, tous les stratèges de campagne pensent plus ou moins la même chose, il ne faut juste pas en parler ouvertement à l’antenne. Dans le cadre des primaires républicaines, l’élection se joue très à droite et particulièrement cette année. Les prétendants à l’investiture ont tendance à mettre en avant leur côté conservateur afin de séduire l’électorat  le plus radical du parti. Dans cette optique, le « candidat républicain standard » se déclarera hostile à l’avortement, au mariage homosexuel mais en revanche très pieux et puritain.

Une fois qu’il a remporté les primaires de son parti, le « candidat officiel républicain» devra adapter son message politique au cadre de l’élection générale, face au rival démocrate.  S’il veut séduire les électeurs du centre de l’échiquier politique et les indépendants, le candidat devra alors défendre des positions moins tranchées et notamment sur les question sociales.

C’est pourquoi un conservateur dans les primaires peut parfois se transformer en un « conservateur relativement modéré » quelques mois plus tard, durant l’élection générale. Et ce sera sans doute le cas cette année avec Mitt Romney, qui a pour l’instant passé autant de temps à discuter d’avortement que d’économie, un thème qui sera pourtant son cheval de bataille face à Obama.

Une publicité inespérée

L’ancien gouverneur du Massachusetts est reconnu pour ses talents de businessman.  Il a amassé une colossale fortune personnelle grâce aux investissements de sa société Bain Capital. L’homme d’affaires aurait-il racheté en sous main la société qui produit « etch a sketch »?                   C’est l’hypothèse farfelue soulevée par l’humoriste Stephen Colbert.

Depuis la gaffe de son conseiller en communication, le jeu des années 60 fait son grand comeback dans les magasins américains. Depuis une semaine, les ventes du jouet ont augmenté de 3000% et il est même en rupture de stock un peut partout dans le pays. Voilà l’impact que Romney a sur l’économie!

(AP Ohio Art and Melina Mara -The Washington Post)

Primaires de Louisiane : Santorum prince du bayou

L’ultra-conservateur Rick Santorum a triomphé lors des primaires de « l’état du pélican », en remportant près de la moitié des suffrages. Une 11e victoire qui prouve que son message axé sur des valeurs chrétiennes et puritaines séduit une certaine branche de l’électorat républicain.

Dernier scrutin du mois de mars, la primaire de Louisiane était clairement un objectif de campagne de l’ancien sénateur de Pennsylvanie. Alors que le dépouillement touche à sa fin, Santorum est déjà assuré de gagner haut la main, avec près de 50% des votes. Inconnu au niveau national jusqu’à sa victoire surprise en Iowa début janvier,  le candidat anonyme s’est mué en un challenger solide face au favori Mitt Romney.

Si au final, le mormon va très probablement remporter l’investiture du parti, Santorum va tout faire pour freiner ses ambitions en tentant de l’empêcher d’obtenir le total de 1.144 délégués, sésame pour gagner les primaires. « La course est longue et loin d’être finie » a déclaré le champion des valeurs familiales, en commentant ses derniers résultats électoraux. Santorum annonce la couleur, il ne jettera pas l’éponge et cette campagne des primaires risque de tirer en longueur. Jusqu’en mai, voire jusqu’en juin avec le scrutin en Californie, l’état le plus peuplé du pays.

Santorum: le champion des valeurs

Gingrich: la fin de l’espoir

Un autre constat de ces résultats en Louisiane est l’échec cuisant de Newt Gingrich, qui misait pourtant beaucoup cet état du sud pour revenir sur le devant de la scène. Avec seulement deux victoires au compteur (la Caroline du Sud et la Géorgie) après une trentaine de scrutins, l’ancien président de la Chambre continue sa descente aux enfers. Avec l’ascension de Santorum comme porte-drapeau des valeurs ultra-conservatrices, Gingrich a perdu son vivier électoral et ses espoirs de succès.

Politiquement, médiatiquement et mathématiquement hors course, le bouillonnant candidat de Géorgie ne doit sa survie qu’à la perfusion financière du milliardaire Sheldon Adelson,  « empereur des casinos » qui soutient sa campagne pour ses positions pro-israéliennes.Gingrich ne va probablement plus remporter aucune victoire dans ces primaires et s’il reste officiellement candidat à l’investiture républicaine, la course s’est depuis longtemps transformée en un duel Romney-Santorum, modérés contre conservateurs.

(Lire à ce sujet: Le chant du cygne de GingrichGingrich:toujours plus proche de la voie de garage)

Ron Paul au finish

Lanterne rouge de la course, Ron Paul n’a lui aussi plus aucun espoir de remporter l’investiture, comme il le reconnait d’ailleurs ouvertement.   La stratégie du texan repose uniquement sur la collecte maximale de délégués afin d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti qui se déroulera fin août à Tampa Bay en Floride. Dans son baroud d’honneur, le doyen de la course profitera de cette tribune de premier plan pour diffuser ses idées libertariennes en tentant d’influer sur les lignes directrices du parti.

La révolution selon Ron Paul (B.Vokar)

Printemps favorable à Romney

Le mois d’avril devrait normalement sourire à Mitt Romney, même si les 329 délégués en jeu ne suffiront pas à atteindre le seuil des 1.144 délégués, synonyme de victoire. Largement en tête dans la course aux délégués, le mormon en a déjà collecté 568 selon les projections d’Associated Press, soit plus que ses trois poursuivants réunis: 273 pour Santorum, 135 pour Gingrich et 50 pour Paul.

L’ancien gouverneur du Massachusetts devrait logiquement dominer la plupart des scrutins de la côte-Est. Des états plus modérés que ceux du Sud ou du Midwest, qui sont eux plus favorables aux idées de Santorum.

Romney: le favori mal aimé

Le mardi 3 avril, les primaires se dérouleront au Maryland (37 délégués), dans le région des grands lac au Wisconsin (42) ainsi que dans la capitale, Washington D.C. (19).

Après trois semaines sans scrutin, les affaires reprendront le 24 avril avec des primaires dans cinq états de la côte-Est : Connecticut (28 délégués), Delaware (17), Rhode Island (19), Pennsylvanie (72) et New York (95).

En avril, Santorum continuera sa « stratégie du boulet » en empêchant Romney de s’emparer de l’intégralité des délégués. Il sauvera probablement aussi l’honneur en remportant la Pennsylvanie, l’état qu’il a représenté au Sénat.

Louisiane - l'état du pélican

§ Résultats de la primaire de Louisiane : (46 délégués)

1° RICK SANTORUM

> 49,2%  / 88.042 votes de préférence

2° MITT ROMNEY

> 26,5%  / 47.495 votes de préférence

3° NEWT GINGRICH

> 15,9%  / 28.505 votes de préférence

4° RON PAUL

> 6,1%  / 10.971 votes de préférence

(Sources des résultats: Washington Post)

Speech de Rick Santorum après sa victoire en Louisiane

Romney (se) rassure avant le « Super Tuesday »

Mitt Romney a confirmé son statut de favori des primaires républicaines, en remportant les scrutins en Arizona et au Michigan. Un bon signal pour le candidat, qui s’est vraiment donné du mal pour arracher la victoire dans son état natal.

A moins d’une semaine du « Super Tuesday » du 6 mars, où les militants de dix états voteront simultanément, Romney a remis les pendules à l’heure face à son rival ultra-conservateur Rick Santorum.

En Arizona, le mormon a remporté une victoire nette et sans bavure,  en raflant près de la moitié des suffrages. Seul candidat a réellement faire campagne dans l’ « état du grand canyon », il bénéficiait en plus du soutien de ses coreligionnaires et du populaire sénateur local, John McCain.

Romney peut donc rajouter à son compteur l’ensemble des 29 délégués mis en jeu dans ce scrutin où seule la première place compte, car il utilise le système du « Winner take all ».  A noter qu’un candidat doit récolter la bagatelle de 1.144 délégués avant de remporter l’investiture du parti…

Romney prend un bain de foule

En deuxième position, Rick Santorum confirme son statut d’ « alternative à Romney ». Au détriment de Newt Gingrich, qui continue scrutin après scrutin sa courbe descendante. L’ancien président de la Chambre annonce à grands bruits qu’il va faire un comeback fracassant mardi prochain ! Mais si sa campagne ne rebondit pas très vite elle pourrait s’achever d’ici peu. Au lendemain du Super Tuesday par exemple…

(voir l’article: Gingrich: toujours plus proche de la voie de garage)

L’atypique Ron Paul clôture la marche en obtenant 8,4% des voix, soit le double de son score de 2008. Même s’il est à la traine derrière les favoris, le texan améliore systématiquement ses  résultats et il est déterminé à poursuivre sa campagne jusqu’au bout.

§ Résultats définitifs de l’ Arizona

1° MITT ROMNEY

> 47,3%   /   216.805 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 26,6%   /   122.088 votes de préférence

3° NEWT GINGRICH

>16,2%   /   74.110 votes de préférence

4° RON PAUL

>8,4%   /   38.753 votes de préférence

(Source des résultats: Washington Post)

Si Mitt Romney a remporté une victoire sans ombrage en Arizona, le résultat du scrutin au Michigan est loin d’être aussi idyllique. Certes, le candidat a gagné dans son état natal mais il vraiment dû batailler ferme face la montée en puissance de son rival Santorum. Au final, l’ « enfant du pays » sauve les meubles et évite surtout une défaite qui aurait été très néfaste pour la suite de campagne.

Au niveau des chiffres, à peine 3% séparent le mormon de son rival catholique. Preuve que si Romney marque des points et remporte des états, il est loin de faire l’unanimité dans un camp républicain vraiment très éclaté.

Vu que la primaire dans l’ « état des grands lacs » utilise le système proportionnel,  les 30 délégués mis en jeu seront équitablement partagés entre les deux adversaires. Ce qui fait dire au directeur de campagne de Santorum que le scrutin au Michigan ressemble moins à une victoire de Romney qu’à un match nul…

Ron Paul vole la troisième place à un Gingrich en déroute et fidèle à son habitude double presque son score de 2OO8, où il n’avait obtenu que 6,3%. A ce rythme-là, le doyen de la course pourrait devenir le favori du parti en 2016 voire 2020. Plus sérieusement, il est très probable que son fils Rand Paul, déjà sénateur du Kentucky, prenne un jour la relève dans son combat libertarien…

§ Résultats définitifs du Michigan

1° MITT ROMNEY

41,1%   /   410.517 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 37,9%   /   378.124 votes de préférence

3° RON PAUL

> 11,6%   /   115.956 votes de préférence

4° NEWT GINGRICH 

> 6,5%   /   65.093 votes de préférence

(Source des résultats: Washington Post)

Suite à cette double victoire, Romney calme les ardeurs de Santorum et retrouve du même coup sa position de favori dans les sondages au niveau national. Maintenant qu’il a remporté le scrutin dans son état natal, la pression est retombée et Romney peut se permettre de railler son rival sur sa « stratégie d’encouragement au vote démocrate ».

Si certains « faux républicains » ont reconnu avoir voté pour Santorum, il est impossible de connaitre leur nombre exact. Une seule certitude : l’ « opération Hilarity » qui avait pour objectif de faire trébucher Romney n’a pas fonctionné…
Du coup, le favori reprend à son compte l’analyse des stratèges démocrates: « Oui, je suis bien le candidat le plus dangereux face à Obama… »

(voir l’article: Je suis démocrate donc je vote républicain)

Gingrich: toujours plus proche de la voie de garage

Depuis un mois et son unique victoire en Caroline du Sud, Newt Gingrich continue sa longue traversée du désert. Débordé par son rival ultra-conservateur Rick Santorum, le « candidat yo-yo » de ces primaires à rebondissements table toujours sur un énième comeback de plus en plus improbable…

Début janvier, juste avant le lancement des primaires républicaines, le bouillonnant Newt Gingrich dominait les intentions de vote au niveau national. Discret lors des deux premiers scrutins, en Iowa et au New Hampshire, l’ancien président de la Chambre marqua les esprits en remportant l’état de la Caroline du Sud, avec une avance confortable sur Mitt Romney. Le « candidat de l’expérience» s’affirmait alors comme la seule alternative au mormon du Massachusetts.

Mais ce succès ne dura pas longtemps, dès lors que l’équipe de campagne de Romney a commencé son travail de sape. A coups de millions dépensés en publicités négatives, la réputation déjà sulfureuse de Gingrich a vite été mise à jour et sa cote de popularité a chuté aussi vite qu’elle était montée.

Lors des scrutins suivants, en Floride et au Nevada, Romney a triomphé et confirmé du même coup son statut de favori des primaires. Ensuite est venu le tour de Santorum de focaliser l’attention des médias. Et pendant ce temps, Newt Gingrich, le « candidat qui rêve de coloniser la lune » ronge son frein, espérant toujours revenir sur le devant de la scène.

Un mauvais sens du timing

Le plus gros problème de Gingrich, c’est le temps. Sa stratégie électorale repose essentiellement sur les états du sud du pays, qui lui sont en principe favorables. Mais entre le scrutin en Caroline du Sud, qu’il a remporté le 21 janvier dernier, et les autres primaires où il espère avoir du succès,  il y a plus de six semaines d’écart! Soit une éternité en politique…

L’ancien président de la Chambre mise tout sur le « Super Tuesday » du 6 mars, journée cruciale où les militants de dix états attribueront d’un seul coup plus de délégués que tous ceux distribués jusqu’à présent. Ce mardi-là, quatre « états du sud » tiendront des élections: la Virginie, le Tennessee, l’Oklahoma et la Géorgie, véritable bastion électoral de Gingrich.

Si les scrutins se déroulaient fin janvier, Gingrich aurait sans nul doute remporté quelques victoires et serait resté dans la course à l’investiture républicaine. Mais vu la tournure que prennent les événements, il a de plus en plus de chances de rater son coup et de finir tout simplement hors-jeu. S’il ne rebondit pas lors du « Super Tuesday », Gingrich n’aura d’autre choix que de jeter l’éponge.

L’art de la campagne de proximité

Optant pour une stratégie très différente, Rick Santorum s’est concentré sur quelques états de petites tailles, où il a mené une véritable campagne de terrain. S’il a créé la surprise en remportant le caucus de l’Iowa, ce n’est pas sans raison. Très motivé, le candidat a parcouru les 99 comtés de l’état à bord d’un pick-up, en allant à chaque fois à la rencontre de ses habitants ! Une tactique de proximité qui n’est possible que dans un état à taille réduite (à moins de passer vingt ans sur les routes) qui s’est finalement avérée payante.

Fort de ce succès initial en Iowa, qui lui a apporté soutien médiatique et financier, Santorum a ensuite boycotté quelques étapes afin de se concentrer sur les scrutins du 7 février. Ce jour-là, il remporte simultanément les caucus du Colorado et du Minnesota ainsi que le « concours de beauté » du Missouri, auquel Gingrich ne participe même pas.

Rick Santorum - le rival conservateur

Un rival dérangeant

Jusqu’à ce trio de victoires, l’ancien sénateur de Pennsylvanie a habilement fait profil bas. Évitant les coups, il a assisté au « duel Romney-Gingrich », laissant le mormon éroder peu à peu la réputation de l’ancien président de la Chambre.

Jouant sur la même corde religieuse et ultra-conservatrice, Rick Santorum est le véritable adversaire de Newt Gingrich. Ron Paul surfe sur la vague libertarienne et anti-gouvernementale, avec des militants déjà tout acquis à sa cause tandis que les autres candidats  conservateurs (Cain, Bachmann et Perry) ont déjà abandonnés la course.

Résultat : Santorum et Gingrich se partagent le vivier électoral des ultra-conservateurs, des évangélistes et des militants indécis du mouvement Tea Party. Un ensemble hétéroclite d’électeurs mais qui ont en commun d’être tous farouchement hostiles à Barack Obama et qui estiment que Mitt Romney est beaucoup trop modéré pour représenter le parti face à lui.

Le dernier carré républicain: Santorum - Gingrich - Romney - Paul

Gingrich, populaire chez les pandas

Tel Moise, l’ancien président de la Chambre continue sa traversée du désert. A mesure que passe les semaines, il continue son errance et semble de plus en plus boudé par les médias (toute proportion gardée), qui lui préfère Santorum.  Désireux de combler son déficit d’image, Gingrich essaie inexorablement de faire parler de lui. Mais les dernières vidéos qu’il diffuse sont symptomatiques d’une campagne en perte de vitesse.

Dans celle-ci, Gingrich s’offre un break, avec une visite VIP au zoo de San Diego, en Californie. Après avoir donné à manger à un éléphant, l’animal symbole du parti républicain, le candidat nourrira également un panda. Une bien curieuse stratégie électorale…

Le début de la fin

Même si Gingrich assure le contraire, il y a fort à parier que le transfert de voix de ses partisans vers Santorum va continuer. Le 28 février se tiendront deux primaires essentielles pour observer ce phénomène: en Arizona et dans le Michigan, l’état natal de Romney. Si les sondages actuels se vérifient dans les urnes, Gingrich terminera à chaque fois loin derrière Romney et Santorum, se disputant plutôt la troisième place avec Ron Paul. Et même dans les états du sud des États-Unis, il semble perdre du terrain. Encore un signe inquiétant pour sa campagne…

Un autre désaveu cinglant pour le candidat vient de la part de la « National Review », sans doute le magazine le plus conservateur du pays.
Dans un éditorial sans équivoque, son auteur demande à Gingrich de faire un part de côté. C’est à dire abandonner sa campagne pour soutenir celle de Santorum. Une humiliation de plus pour celui qui donnait le ton après sa victoire en Caroline du Sud. Plus personne n’est dupe, la candidature de Gingrich est brulée et il ne sera plus jamais favori dans ces primaires. Même son riche soutien financier, l’empereur des casinos Sheldon Adelson, n’a pas exclu de soutenir à terme un autre candidat…

Avec ce pari risqué de tout miser sur le « Super Tuesday », Gingrich semble avoir raté le coche au bénéfice de Santorum, qui se profile aujourd’hui comme le véritable adversaire de Romney. Gingrich affirme qu’il n’a pas encore tiré toutes ses cartouches et promet que le meilleur reste à venir dans ces primaires à rebondissements. Il répète sans cesse qu’il va bientôt faire un comeback fracassant…comme pour mieux s’en convaincre.

La chute de Newt

Le nouveau duel des primaires : Santorum vs « Rambo-Romney »

Depuis qu’il a acquis le statut d’adversaire principal de Romney, Rick Santorum est à son tour victime d’attaques en règles de la part des supporters du mormon. Mais la diffusion de publicités négatives s’avère parfois à double tranchant…

L’équipe de campagne de l’ancien sénateur de Pennsylvanie devait s’y attendre. Après son triplé de victoires, qui relance complètement la course à l’investiture républicaine, Rick Santorum est devenu la cible de choix des (riches) sponsors de Mitt Romney.  Fidèle à son habitude, le « Super-Pac » du mormon « Restore our future »  a décidé d’appliquer à nouveau la « méthode Gingrich », qui a déjà fait ses preuves en Floride.

Via des achats massifs d’espace publicitaire (déjà plus de 12 millions de dollars dépensés!) ce « comité d’action politique » avait inondé les écrans télévisés de publicités négatives, dans le but de détruire l’image du rival gênant. Et vu le nombre de casseroles trainées par l’ancien président de la Chambre, c’était somme toute assez facile de nuire à sa réputation.

Rick Santorum - le nouveau challenger de Romney

C’est bien connu, le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Tandis que la cote de popularité de Gingrich s’est effondrée, l’outsider Santorum est devenu la nouvelle alternative au « modéré du Massachusetts », le surnom dont est affublé Romney. Mais le porte-drapeau des ultra-conservateurs a cette fois pris les devants, en désamorçant la vague de publicités négatives.

Avec un spot de campagne inédit, il ridiculise la stratégie de Romney qui vise à dénigrer les candidats du même parti. En bon chrétien qu’il est, Santorum tend l’autre joue et souligne le fait que son rival a beau dépenser des millions de dollars, il se trompe de cible…

Santorum : le candidat anti-gay

Dans ce clip tout simplement impensable en Europe, Romney est comparé à Rambo, la bête de guerre, qui tire sur tout ce qui bouge…                 Mais l’utilisation des publicités négatives s’avère parfois délicate et à la fin du spot, le pseudo-sosie de Romney devient lui même la victime de ces attaques. Le jet de boue n’est pas sans rappeler ce que Santorum appelait pudiquement « son problème Google ». En effet, lorsqu’on cherche « Santorum » sur Internet, l’un des premiers liens indiqué par le moteur de recherche est le blog de Dan Savage, un militant pour les droits des homosexuels. ( http://blog.spreadingsantorum.com )

En réponse aux propos homophobes de l’ancien sénateur de Pennsylvanie, qui  a notamment comparé l’homosexualité à la bestialité ou à la pédophilie,  Dan Savage a lancé en 2003 une campagne pour ridiculiser le nom Santorum.  Après avoir lancé un concours sur la toile, il a décidé d’associer Santorum avec un terme scatophile assez explicite (voir ci-dessous) avec pour objectif  « que ses grandes dents blanches tombent hors de sa grande tête bien vide » !

A l’époque, Rick Santorum est seulement sénateur de Pennsylvanie mais à présent il est candidat à l’élection présidentielle. Son nom n’a jamais été autant recherché sur Google, d’où un nombre record de visites sur le blog de Dan Savage !

Pour l’instant le moteur de recherche est resté sourd aux demandes du candidat de supprimer le lien vers ce site mais à terme ce blog pourrait ne plus être référencé.  Dan Savage a néanmoins proposé en 2010 de retirer son site, si Santorum consentait à verser 5 millions de dollars à  « Freedom to Marry », une association qui milite pour la légalisation du mariage gay…  Bref, pour le plus grand plaisir des satires politiques, Santorum n’est pas prêt de régler son problème Google !

Santorum : la nouvelle cible

Comme c’était prévisible, le « Super-Pac » de Romney a lancé les hostilités à l’encontre de Rick Santorum. Dans ces premières publicités négatives, il est surtout accusé d’être un «initié» de Washington doublé d’un politicien dépensier.
Lorsqu’il était sénateur de Pennsylvanie, Santorum a apparemment donné son aval au financement de projets assez farfelus. Notamment le « musée de la théière » ou encore le « pont qui mène vers nulle part »…

Dans le même genre, voici un spot qui compare le bilan économique des deux candidats: Romney le redresseur d’entreprises qui a sauvé les JO de Salt Lake City il y a tout juste dix ans, contre Santorum le sénateur qui n’a fait que creuser la dette…

Barack Obama, le véritable adversaire

Dopé par son triplé de victoires, Santorum commence à sérieusement compliquer la campagne du mormon. Selon la dernière moyenne de sondages établie par RCP, Rick Santorum semble prend le large au niveau national avec une avance de 5,8% (33,8) devant Mitt Romney (28) Newt Gingrich (14) et Ron Paul (12,2).                                                                                                                                                                                 Symboliquement, c’est surtout la première fois depuis le début des primaires que Santorum prend l’avantage sur Romney!

Capitalisant sur cette ascension, l’ancien sénateur de Pennsylvanie se projette déjà comme le champion républicain, futur adversaire d’Obama. Une stratégie jusqu’alors employée par Mitt Romney…


Nevada : des milliardaires, des mormons et des cafouillages

Sans surprise, l’ancien gouverneur du Massachusetts a emporté haut la main les caucus du Nevada, soutenu massivement par ses coreligionnaires mormons. Une victoire remportée sans réel combat, ses adversaires n’ont pas perdu de temps à faire campagne dans cet état déjà tout acquis à sa cause.

Mitt Romney confirme avec cette troisième victoire son statut de favori dans la course à l’investiture républicaine. Après le New Hampshire et la Floride, ce succès dans l’état d’argent renforce encore sa crédibilité comme futur opposant d’Obama. Dans son discours de victoire, il n’a même pas cité ses rivaux des primaires, se projetant déjà dans la bataille de novembre face au président démocrate.

« Le président a commencé sa présidence en s’excusant au nom de l’Amérique. Il devrait à présent s’excuser à l’Amérique (…) Il y a quatre ans vous avez fait beaucoup de promesses ici, aujourd’hui le Nevada en a assez de votre aide Monsieur le Président ».

L’équipe de campagne de Romney continue son travail de sape : accumuler les victoires état après état, garder le devant de la scène, récolter un maximum de délégués et encourager les trois derniers poursuivants à jeter l’éponge au plus vite. L’objectif final étant de convaincre les électeurs du parti que Mitt Romney est  le seul choix possible face à Barack Obama.

Balade de santé au Nevada

Avec un score fleuve qui frôle les 50%, l’ancien businessman a presque égalé  son succès obtenu lors des primaires de 2008, où il avait battu le Sénateur de l’Arizona John McCain. Romney a remporté autant de voix que ses trois adversaires réunis, même s’il n’y a pas eu de suspens dans cet état largement peuplé de mormons. Selon les sondages à la sortie des urnes : 26% des participants au scrutin se disaient de confession mormone et parmi eux 91% ont soutenu Romney.

Devant un tel plébiscite, Newt Gingrich n’a pas voulu gaspiller le moindre dollar en publicité et se contente d’une seconde place avec 21,4%. Le libertarien Ron Paul termine troisième avec 18,6% et continue sa collecte de délégués en vue de la convention républicaine. Dernier avec 10,4% Rick Santorum ne s’est même pas donné la peine de faire campagne dans l’état d’argent, et a préféré se concentrer sur les prochains scrutins : au Colorado et au Minnesota.

Soutien des ultra-riches

Difficile de quantifier l’impact réel des sponsors milliardaires dans ces primaires. Romney a reçu à Las Vegas le soutien du magnat de l’immobilier Donald Trump tandis que Gingrich est soutenu financièrement par « l’empereur des casinos » Sheldon Adelson, qui a versé 10 millions de dollars à son Super-Pac hostile à Romney.

« Nous avons l’intention d’être présents dans chaque état du pays, et je pense que vous pouvez compter sur nous pour nous battre », a affirmé l’enfant terrible du parti républicain dans son dernier discours. Newt Gingrich est déterminé à rester dans la course jusqu’au bout:  « Même si nous n’avons pas les mêmes moyens financiers, nous pensons que nous pourrons nous faire entendre dans ce désordre » (…) « La vaste majorité des républicains de ce pays veulent une alternative à un modéré du Massachusetts« .

Confusion électorale

Dernier enseignement des caucus au Nevada : le système de dépouillement pose plus que jamais problème et le parti républicain doit d’urgence prendre des mesures. Si cette victoire de Romney ne fait aucun doute, au vu de son avance colossale sur ses poursuivants, le dépouillement complet des bulletins n’est pas encore terminé deux jours après le scrutin!  Si de tels couacs se représentent lors d’une élection plus disputée, cela donnera lieu à nettement plus de tensions.

Êtes-vous conservateur, libéral ou libertarien?

En l’espace de 5 minutes, ce mini-quizz  déjà utilisé par plus de 18 millions de personnes peut vous éclairer sur vos positions politiques….

Juste le temps de répondre à dix questions sur le rôle du gouvernement fédéral, dans la sphère économique et dans la vie privée.

Une méthode de promotion originale pour le parti des libertés civiques, qui fait campagne en marge des deux géants.

Rick Santorum : chrétien parfait, mari aimant et père idéal

Avec cette nouvelle vidéo, le candidat républicain Rick Santorum décroche sans doute la palme de la présentation familiale la plus stéréotypée de la campagne.

Lecture sous un arbre avec les enfants, balade romantique avec sa femme, session de football dans le jardin, une « touche d’humour » avec le chien,…bref le clip parfait pour encenser les valeurs familiales du candidat ultra-conservateur. Avec une mention spéciale pour l’effet « pop-up » aquarium.

Avec sa femme Karen, Rick Santorum est l’heureux parent de sept enfants ce qui fait de lui le champion républicain de la famille, en concurrence directe avec sa rivale Michele Bachmann qui a élevé 23 enfants placés en famille d’accueil, en plus de ses cinq enfants légitimes!

Soutenu par les anciens candidats de 2008 Mike Huckabee et Sarah Palin, Rick Santorum vise l’électorat le plus conservateur du pays mais peine à séduire au delà de sa base de partisans.