O’bama joue la carte irlandaise

En pleine période électorale, Barack Obama ne rate pas une occasion de redorer son blason. Redevenu depuis peu le « cool président de campagne », l’occupant de la Maison Blanche enchaîne les sorties médiatiques.  Les festivités de la Saint Patrick, un moyen facile de marquer quelques points…

Pendant que les prétendants républicains se déchirent dans une campagne de primaire à couteaux tirés, le candidat démocrate se préoccupe plutôt de sa cote de popularité. Le président terne et grisonnant a disparu, pour céder la place au Barack à succès de 2008.

Quelques jours après la diffusion de son « film promotionnel« , Obama profite de la Saint Patrick pour rappeler ses origines irlandaises. Car s’il est plus connu comme « l’enfant de Hawaï » au cœur du Pacifique, le président a également des racines outre-atlantiques.

Son aïeul,  fils de cordonnier, a passé son enfance dans un petit village irlandais, avant d’émigrer en 1850 vers les États-Unis, à l’instar de milliers de ses compatriotes chassés par la famine. Et voilà pourquoi quelques générations plus tard, son illustre héritier peut légitimement se la jouer Irish, en sirotant une pinte de Guinness dans un pub…

Plus sérieusement, le soutien des électeurs de souche irlandaise à son importance dans l’arithmétique politique américaine, surtout en vue d’un affrontement face à Mitt Romney, l’ancien gouverneur du Massachusetts.

Dans le berceau originel des États-Unis, les premières colonies de la côte-Est, la proportion de descendants d’émigrés irlandais dans la population est assez colossale . Aujourd’hui, le pays compte près de 34 millions d’Américains avec des origines irlandaises!

Lors de son voyage en Europe en mai dernier, le président démocrate n’a pas manqué de rendre visite à la terre de ses ancêtres. O’bama, comme le  surnommait alors la presse, a une fois encore souligné ses origines locales lors d’un discours à Dublin, devant un parterre de milliers de sympathisants.

Comme à chaque célébration de la Saint Patrick, il est de bon de descendre quelques pintes de bières colorées en vert dans des pubs bondés. La Maison Blanche a suivi la tradition en incorporant un liquide verdâtre dans le circuit de distribution d’eau de la fontaine. Une présidence très irlandaise cette année…

La Maison Blanche célèbre la Saint Patrick

Encore un exemple de la frénésie irlandaise qui règne aux États-Unis, avec un joli timelapse de la rivière Chicago le jour de la Saint-Patrick!

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« The Road We’ve Traveled »: le film dont Obama est le héros

Annoncé depuis plusieurs semaines, le film promotionnel de la campagne de réélection du président démocrate est enfin dévoilé aux sympathisants. Dans cette vidéo publicitaire réalisée à la manière d’un documentaire, le premier mandat d’Obama est revisité à la sauce hollywoodienne. Résultat:  un clip parfait de 17 minutes où le spectateur ne peut qu’apprécier le travail de l’occupant actuel de la Maison Blanche, avant de le supplier de bien vouloir rester 4 ans de plus…

Le trailer diffusé il y a une dizaine de jours, donnait déjà le ton (lire Obama sur la route des oscars): l’équipe de campagne de Barack Obama se donne les moyens de lui assurer un deuxième mandat. Tom Hanks  pour la voix-off, David Guggenheim à la réalisation, une bande son accrocheuse, des images parfaites et un montage chirurgical. Avec l’ intervention des poids lourds du parti démocrate: le couple Clinton, la First Lady, Joe Biden, David Axelrod… Rien n’est laissé au hasard dans ce concentré de l’Amérique qui gagne: les États-Unis d’ Obama.

Le film commence avec l’élection d’Obama en novembre 2008, une période qui coïncide avec la profonde crise économique que traverse alors les États-Unis. Avant sa prise de fonction, l’ancien sénateur de l’Illinois se rend compte que la situation est véritablement catastrophique et qu’il va falloir sauver le pays de la banqueroute…

Le décor est planté. Installez vous confortablement dans le canapé, avec une boisson sucrée et un seau de pop-corn. Voici « The Road We’ve Traveled », le film où vous ne pourrez qu’aimer Barack Obama…

La scénarisation du film est assez limpide. Dans la première partie, le président fraichement élu doit se retrousser les manches pour sortir l’Amérique de la crise. Gouverner c’est toujours choisir et Obama prend parfois des décisions controversées pour assurer le salut du pays: comme ses nombreux plans de relance économiques de plusieurs centaines de milliards de dollars…

Dans la deuxième partie, le spectateur réalise que le pari risqué d’Obama s’avère finalement payant, à l’image du sauvetage des « géants » de l’industrie automobile. Petite pique au passage pour le rival républicain Mitt Romney, qui proposait à l’époque de laisser couler General Motor, dans sa chronique devenue très célèbre « Let Detroit Go Bankrupt ». L’économie redécolle petit à petit, les chiffres du chômage s’améliorent, bref l’avenir s’annonce radieux si les électeurs gardent le même capitaine à la barre bien entendu!

Un autre chapitre est consacré à la réforme des soins de santé, un dossier épineux sur lesquels plumiers administrations se sont déjà cassées les dents. Mais ici encore, seul face à une opposition républicaine sans précédent, Obama garde le cap et impose finalement son projet.

Après la séquence « Obama le visionnaire », le clip se concentre sur les faits d’armes du président démocrate. Comme il l’avait promis, les troupes sont de retour d’Iraq, juste à temps pour célébrer Thanksgiving. Certes, il n’y aura plus de pertes américains sur le sol irakien mais la situation sur place ne s’améliore pas pour autant.

En ce qui concerne l’autre grand théâtre d’opération, le conflit afghan s’éternise depuis plus d’une décennie et personne ne sait comment mettre un terme à ce gouffre humain et financier. Constant identique pour la fermeture du camp de Guantánamo, une autre promesse tombée aux oubliettes. Mais ces remarques des mauvaises langues n’ont pas leurs places pas dans ce film dédié uniquement aux succès d’Obama.

Le retour des troupes, un autre succès d'Obama

Bref, après la sortie du bourbier irakien, le président démocrate a également réussit l’exploit de mettre un terme à la cavale sans fin de l’ennemi public N°1. L’opération Geronimo qui mena à l’exécution d’Oussama Ben Laden est un succès majeur de son mandat, une autre preuve qu’Obama a toutes les qualités requises par un chef. Un autre point fort pour l’élection  de novembre, face à Mitt Romney qui a échappé au service militaire et n’a donc aucune expérience dans ce domaine.

L’administration Obama semble réussir sur tous les fronts et le spectateur peut se rendre compte de l’ampleur de la tâche effectuée en moins d’un mandat: reprise de l’étude sur les cellules souches, abolition de la doctrine « Don’t ask, don’t tell » (concernant la discrimination des homosexuels dans l’armée), augmentions des  bourses étudiants, succès diplomatiques à l’étranger, réforme de Wall Street, développement des énergies renouvelables,…

Il y a fort à parier qu’en ce moment même des mains républicaines réalisent une nouvelle mouture de ce « documentaire » mais en y rajoutant quelques remarques moins obligeantes envers le président démocrate. En abordant par exemple l’ affaire Solyndra, du nom de la société de panneaux solaires qui avait bénéficié de large subventions de l’administration Obama avant de finalement déposer le bilan. Un scandale qui avait éclaboussé la Maison Blanche en septembre dernier.

Et Tom Hanks de conclure : « Il a changé la façon dont le monde nous regarde« .  Obama et les États-Unis deviennent indissociables. Au cas ou ce n’est pas clair, l’électeur doit absolument voter pour le président-candidat le 6 novembre prochain. Histoire de lui offrir un seconde mandat et d’assurer une happy end à ce film de campagne.

Moment Zen: Obama partage une tasse de thé avec le Dalaï-Lama

Obama sur la route des Oscars

En pleine campagne électorale, Barack Obama a décidé de s’offrir un véritable film promotionnel. Beaucoup plus élaborée que les spots télévisés habituels de 30 secondes, cette vidéo de 17 minutes est entièrement dédiée à la gloire de l’occupant actuel de la Maison Blanche.

Intitulé « The Road We’ve Traveled », ce documentaire d’un nouveau genre revient sur les trois premières années de mandat du président démocrate. S’il faudra attendre le jeudi 15 mars avant de pouvoir le visionner dans son intégralité, le teaser est d’ores et déjà diffusé sur la toile…

Un casting de choc

A la tête d’un trésor de guerre colossal, l’équipe de campagne d’Obama s’est permis le luxe d’engager la crème de la crème pour réaliser cette « superproduction démocrate ».

Pour la bande son : Tom Hanks, qui reste quand même l’un des acteurs américains les plus populaires. Au niveau de la réalisation : David Guggenheim, qui avait déjà concocté par le passé « An Inconvenient truth » (une vérité qui dérange).

C’est d’ailleurs grâce à ce documentaire consacré au réchauffement climatique dont il était le narrateur, qu’ Al Gore, l’ancien Vice-Président de Clinton, a remporté le prix Nobel de la paix en 2007.

Barack Obama, qui a déjà reçu cette distinction en 2009, « Pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples » (sic) vise plutôt sa réélection comme président des États-Unis. Mais gagner à nouveau la course à la Maison Blanche sera loin d’être une sinécure pour le président en exercice qui est au plus mal dans les sondages.

Avec seulement 47% d’opinions favorables,  la cote de popularité d’Obama n’est pas très enviable, à moins de huit mois de l’élection. S’il veut susciter l’engouement comme en 2008, l’ancien sénateur de l’Illinois devra à nouveau séduire les électeurs. Et quoi de mieux pour convaincre l’opinion qu’une belle fresque hollywoodienne?

Un « documentaire publicitaire »

Dans ce film forcément très subjectif, Obama jouera son propre rôle. Celui d’un président au centre du bureau ovale, confronté quotidiennement à des choix difficiles. Une récession économique sans précédent, le secteur automobile au bord de la faillite, la réforme du système des soins de santé,… Et force est de constater que durant ses trois premières années de mandat, les défis à relever n’ont pas manqués.

Autant de crises évoquées par les acteurs clés de son administration, son ancien chef de cabinet Emanuel Rahm, le Vice-Président Joe Biden, ou encore la secrétaire d’État Hillary Clinton.

Obama chef de guerre

Dans un rôle taillé sur mesure pour Denzel Washington, Obama joue également au chef des armées. Avec deux guerres qui n’en finissent pas sur les bras, le président doit limiter les pertes et évacuer les troupes hors des bourbiers irakien et afghan. L’échec de la fermeture de Guantánamo ou la gestion catastrophique de la marée noire en Louisiane seront-t-ils au menu du film? le mystère reste entier. Par contre le climax de cette superproduction est déjà connu: l' »opération Geronimo » qui doit mener à la capture d’Oussama Ben Laden!

S’il n’y a plus vraiment de suspense, l’ennemi public N°1 repose au fond de l’océan depuis mai 2011, la scène filmée en direct depuis la « situation room » plaira certainement aux amateurs de film d’action. Un bon point pour renforcer l’image d’Obama « leader des troupes », lui qui manquait  cruellement d’expérience militaire lorsqu’il était candidat en 2008, face à McCain, le héros du Vietnam!


Politique et Show Business

Depuis toujours, l’exercice de la politique a réclamé des talents d’acteurs. Mais depuis les joutes verbales de l’Antiquité, les médias ont quelques peu évolués. A présent, à l’heure de la campagne 2.0, quelques vidéos bricolés à la va-vite et diffusées sur les postes de télévisions ne suffisent plus.

Avec ce film de promotion,  l’objectif est de montrer qu’Obama a beaucoup plus d’expérience qu’en 2008 et que s’il n’a pas tenu toutes ses promesses c’est à cause de circonstances économiques exceptionnelles. Aujourd’hui, il n’est plus juste un simple candidat à la Maison Blanche mais bien le 44ième président des États-Unis qui brigue un second mandat!

Le film sera diffusé massivement dans les QG de campagne des 50 États afin de mobiliser les partisans démocrates. Il connaitra probablement aussi une diffusion virale sur la toile, où Obama reste le leader incontesté face à des candidats républicains qui ressemblent parfois à des amateurs.

L’ équipe de campagne du président démocrate utilise au maximum les réseaux sociaux depuis les primaires démocrates de 2007, pour propager ses idées et pour récolter des dons. Aujourd’hui, passé maître dans l’art du Storytelling, le président en exercice a « 25 millions d’amis » sur Facebook, est suivi par  13 millions de personnes sur Twitter et a plus de 2.000 vidéos postées sur Youtube! Un réseau colossal pour diffuser ses messages en temps réel et à moindres coûts, qui aura son importance au fur et à mesure que se rapproche l’élection du 6 novembre…

Un « Super Tuesday » tout sauf décisif

Après deux mois de scrutins au compte-gouttes,  les primaires s’accélèrent avec le « Super Tuesday », où les militants de dix états votent simultanément. Mais si la course à l’investiture républicaine avance d’un grand pas, il faudra encore attendre longtemps avant qu’un candidat ne soit déclaré vainqueur.

Depuis son coup d’envoi en Iowa, le 3 janvier dernier, le ballet des primaires républicaines est dominé par Mitt Romney. Si le mormon millionnaire est incontestablement le grand favori, il ne peut que ronger son frein avant d’affronter officiellement Barack Obama, dans l’élection présidentielle de novembre. Pour comprendre pourquoi ces primaires durent plus longtemps que par la passé, il faut avant tout analyser les chiffres…

La pêche aux 1.144 délégués

Jusqu’à présent, seulement onze états sur les cinquante que compte le pays ont participé au vote, répartissant à peine 355 délégués entre les quatre rivaux. Si Romney caracole en tête avec un peu plus de 200 délégués au compteur, il est encore très loin du compte. Car pour gagner l’investiture du parti, un candidat doit en récolter 1.144 !

Avec le « Super scrutin » d’aujourd’hui, les militants de dix autres états voteront à leur tour, rajoutant dans la balance quelques 437 délégués. Mais même si un candidat gagnait partout avec un score stalinien, cela ne lui permettrait pas d’atteindre le montant nécessaire.

Une course de longue haleine

L’investiture du parti républicain se complexifie aussi suite aux changements dans les règles électorales. De plus en plus d’états abandonnent le système du  « Winner take all », où le premier dans les urnes rafle l’intégralité des délégués de l’état, au profit d’un scrutin de type « proportionnel ».

Ce changement de méthode est certainement plus représentatif du choix des électeurs mais il prolonge sensiblement la durée des primaires. Par la passé, une fois que le favori avait gagné quelques grands états, il devenait très vite impossible à rattraper.

John McCain - Champion républicain en 2008

En 2008 par exemple, John McCain avait remporté les états poids lourds des primaires (Californie, New  York, Illinois,…) après ce fameux « Tsunami Tuesday », où les républicains de 21 états votaient le même jour!  Avec plusieurs centaines de délégués d’avance, McCain était tout simplement irrattrapable et Romney jetait l’éponge à peine deux jours plus tard.

Du côté démocrate, les primaires de 2008 furent beaucoup plus disputées, avec Hillary Clinton et Barack Obama au coude à coude. Impossible à départager, le duel se prolongea jusqu’au mois de juin, où l’ancien sénateur de l’Illinois a finalement atteint le seuil nécessaire de délégués !

Si ces primaires à rallonge prolongent le suspense et focalisent l’attention médiatique sur les candidats en lice, elles ont également des travers. Une telle campagne coûte une fortune aux candidats et divise le parti à seulement quelques mois de la présidentielle. Si un duel acharné entre républicains devait perdurer jusqu’à l’été, il y a beaucoup de chance que le rescapé soit finalement écrasé par la machine démocrate en novembre.

(Crédit photo: Charles Dharapak/AP)

Romney : champion républicain ?

Si ce « méga scrutin » s’annonce moins décisif que par le passé, il pourrait néanmoins s’avérer riche en renseignements sur l’état de forme des différents candidats. Romney a beau être le grand favori, il est loin de faire l’unanimité dans un parti véritablement coupé en deux. L’aile dure des républicains, composée de militants ultra-conservateurs, lui reproche d’être un candidat trop timoré et trop modéré sur des questions sociales.

L’ancien gouverneur du Massachusetts est aussi critiqué du fait d’être mormon, trop riche, d’accumuler les gaffes et de changer d’idées comme de costumes. Selon un sondage récent du « Wall Street Journal », près de 40% des Américains ont une opinion négative de Romney, contre seulement 28% qui en ont une opinion positive.  Un très mauvais score pour un favori ! Peut-il séduire au niveau national et au-delà de sa base de partisans ? C’est l’une des questions de ce scrutin exposant dix.

Gingrich – Santorum : le duel conservateur

Ce « Super Tuesday » sera peut-être aussi  l’occasion de départager Rick Santorum et Newt Gingrich, deux candidats qui puisent dans le même vivier électoral ultra-conservateur. Santorum a besoin de nouvelles victoires pour confirmer sa crédibilité électorale et son rôle de « candidat alternative à Romney ».

Gingrich a quant à lui besoin d’urgence d’un succès, ailleurs que dans son fief de Géorgie, pour relancer sa campagne qui part complètement à la dérive. Un désaveu dans les urnes pourrait pousser l’ancien président de la Chambre vers la sortie, au bénéfice de Santorum qui récupérerait illico les voix de son rival. Un transfert de voix qui relancerait totalement l’issue de ces primaires à rebondissements.

Ron Paul, la force tranquille

Peu importe ce qu’il advient de ses rivaux, Ron Paul continuera de toute façon les primaires jusqu’ au finish. Remporter l’un ou l’autre état serait un très bon signal pour sa campagne mais de toute façon le texan a peu de chance de l’emporter, du fait de ses idées trop radicales et anti-establishment. Sa stratégie repose plutôt sur une course de fond, où il grappille délégué après délégué. Son but étant d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti, tribune de choix où il pourra diffuser ses idées. Si cette campagne présidentielle est assurément son baroud d’honneur, le doyen de la course a déjà un successeur dans son combat libertarien. Actuellement sénateur du Kentucky, son fils Rand Paul incarne déjà le futur du mouvement. A suivre en 2016…

Romney (se) rassure avant le « Super Tuesday »

Mitt Romney a confirmé son statut de favori des primaires républicaines, en remportant les scrutins en Arizona et au Michigan. Un bon signal pour le candidat, qui s’est vraiment donné du mal pour arracher la victoire dans son état natal.

A moins d’une semaine du « Super Tuesday » du 6 mars, où les militants de dix états voteront simultanément, Romney a remis les pendules à l’heure face à son rival ultra-conservateur Rick Santorum.

En Arizona, le mormon a remporté une victoire nette et sans bavure,  en raflant près de la moitié des suffrages. Seul candidat a réellement faire campagne dans l’ « état du grand canyon », il bénéficiait en plus du soutien de ses coreligionnaires et du populaire sénateur local, John McCain.

Romney peut donc rajouter à son compteur l’ensemble des 29 délégués mis en jeu dans ce scrutin où seule la première place compte, car il utilise le système du « Winner take all ».  A noter qu’un candidat doit récolter la bagatelle de 1.144 délégués avant de remporter l’investiture du parti…

Romney prend un bain de foule

En deuxième position, Rick Santorum confirme son statut d’ « alternative à Romney ». Au détriment de Newt Gingrich, qui continue scrutin après scrutin sa courbe descendante. L’ancien président de la Chambre annonce à grands bruits qu’il va faire un comeback fracassant mardi prochain ! Mais si sa campagne ne rebondit pas très vite elle pourrait s’achever d’ici peu. Au lendemain du Super Tuesday par exemple…

(voir l’article: Gingrich: toujours plus proche de la voie de garage)

L’atypique Ron Paul clôture la marche en obtenant 8,4% des voix, soit le double de son score de 2008. Même s’il est à la traine derrière les favoris, le texan améliore systématiquement ses  résultats et il est déterminé à poursuivre sa campagne jusqu’au bout.

§ Résultats définitifs de l’ Arizona

1° MITT ROMNEY

> 47,3%   /   216.805 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 26,6%   /   122.088 votes de préférence

3° NEWT GINGRICH

>16,2%   /   74.110 votes de préférence

4° RON PAUL

>8,4%   /   38.753 votes de préférence

(Source des résultats: Washington Post)

Si Mitt Romney a remporté une victoire sans ombrage en Arizona, le résultat du scrutin au Michigan est loin d’être aussi idyllique. Certes, le candidat a gagné dans son état natal mais il vraiment dû batailler ferme face la montée en puissance de son rival Santorum. Au final, l’ « enfant du pays » sauve les meubles et évite surtout une défaite qui aurait été très néfaste pour la suite de campagne.

Au niveau des chiffres, à peine 3% séparent le mormon de son rival catholique. Preuve que si Romney marque des points et remporte des états, il est loin de faire l’unanimité dans un camp républicain vraiment très éclaté.

Vu que la primaire dans l’ « état des grands lacs » utilise le système proportionnel,  les 30 délégués mis en jeu seront équitablement partagés entre les deux adversaires. Ce qui fait dire au directeur de campagne de Santorum que le scrutin au Michigan ressemble moins à une victoire de Romney qu’à un match nul…

Ron Paul vole la troisième place à un Gingrich en déroute et fidèle à son habitude double presque son score de 2OO8, où il n’avait obtenu que 6,3%. A ce rythme-là, le doyen de la course pourrait devenir le favori du parti en 2016 voire 2020. Plus sérieusement, il est très probable que son fils Rand Paul, déjà sénateur du Kentucky, prenne un jour la relève dans son combat libertarien…

§ Résultats définitifs du Michigan

1° MITT ROMNEY

41,1%   /   410.517 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 37,9%   /   378.124 votes de préférence

3° RON PAUL

> 11,6%   /   115.956 votes de préférence

4° NEWT GINGRICH 

> 6,5%   /   65.093 votes de préférence

(Source des résultats: Washington Post)

Suite à cette double victoire, Romney calme les ardeurs de Santorum et retrouve du même coup sa position de favori dans les sondages au niveau national. Maintenant qu’il a remporté le scrutin dans son état natal, la pression est retombée et Romney peut se permettre de railler son rival sur sa « stratégie d’encouragement au vote démocrate ».

Si certains « faux républicains » ont reconnu avoir voté pour Santorum, il est impossible de connaitre leur nombre exact. Une seule certitude : l’ « opération Hilarity » qui avait pour objectif de faire trébucher Romney n’a pas fonctionné…
Du coup, le favori reprend à son compte l’analyse des stratèges démocrates: « Oui, je suis bien le candidat le plus dangereux face à Obama… »

(voir l’article: Je suis démocrate donc je vote républicain)

Romney joue son honneur au Michigan

Donné largement favori jusqu’au début du mois, Mitt Romney va finalement devoir batailler ferme pour sauver la mise dans son état natal. Son adversaire principal, Rick Santorum, compte bien lui voler la vedette, en l’humiliant au passage.

Après une brève période d’accalmie, le ballet des primaires reprend ce mardi 28 février avec des suffrages dans deux états : l’Arizona et le Michigan. Si le nombre de délégués en jeu dans les deux scrutins est presque identique, c’est surtout le Michigan qui focalise l’attention médiatique.

Sur les traces de Papa

C’est dans cet état de la région des grands lacs que Mitt Romney a passé sa jeunesse, avant de rejoindre le Massachusetts pour se lancer dans une carrière économique puis politique. Le jeune mormon a parfaitement suivi la voie tracée en son temps par son père. Businessman à succès dans le secteur automobile, George Romney est ensuite devenu gouverneur du Michigan de 1963 à 1969. Avant de se lancer, lui aussi, dans une campagne présidentielle…

Mitt Romney espère que la ressemblance entre son parcours et celui de son illustre paternel s’arrêtera là. Car en 1968, la campagne des primaires de Romney Senior avait fait un flop total. Mais pour sa défense, il faisait face à deux poids lourds du parti républicain : les futurs présidents Nixon et Reagan !

Romney Senior, candidat républicain en 1968

Un duel qui s’annonce très serré

Avec un passé pareil, Mitt Romney devrait en temps normal survoler l’élection, comme c’était le cas en 2008. A l’époque, l’ « enfant de Détroit » avait raflé près des 40% des suffrages, loin devant John Mc Cain et ses autres poursuivants. Mais cette année la primaire du Michigan ne se déroule pas du tout dans les mêmes conditions.

Romney est dans un duel très tendu face à Santorum, qui lui a volé la victoire lors des derniers scrutins. En outre, le vote du Michigan pourrait être influencé par les « Républicains bleus ». Ces militants démocrates qui participent aux primaires du parti adverse ont pour objectif de barrer la route à Romney et pourraient plébisciter massivement le candidat ultra-conservateur. (voir l’article « Je suis démocrate donc je vote républicain » ) Les autres rivaux, Newt Gingrich et Ron Paul, sont quant à eux relégués à des rôles de figuration.

Hasard du calendrier, les suffrages au Michigan et en Arizona serviront de répétition générale avant le « Super Tuesday » du 6 mars. Ce mardi-là, les électeurs de dix états voteront simultanément, distribuant d’un seul coup plus de délégués que tous ceux répartis jusqu’alors. Le candidat qui prendra l’ascendant aujourd’hui se présentera en position de force avant cette journée capitale…

Opération "Stop Mitt" ( http://mittromney.com )

L’enfant de Détroit

A en croire les derniers sondages, l’écart entre Romney et Santorum est inférieur à la marge d’erreur. Conclusion : à quelques heures du scrutin, il est tout simplement impossible de départager les deux favoris. Un suspense qui doit peser lourd sur les épaules du mormon, qui joue gros dans la primaire du Michigan.

S’il remporte l’élection dans son état natal, sa victoire semblera somme toute assez naturelle. Par contre, un échec porterait un coup sérieux à sa campagne qui n’enflamme déjà pas les foules. Comme il l’annonce lui-même dans ce spot où il parcourt l’ « état de l’automobile » au volant d’une berline : « Le Michigan était mon foyer, cette élection est personnelle ».

Millionnaire et collectionneur

Mitt Romney a toujours aimé les belles cylindrées et ce n’est un secret pour personne, il a les moyens de s’offrir ce dont il rêve. Mais sans doute a-t-il écouté les (mauvais) conseils de son conseiller en communication : « Dans le bastion de l’industrie automobile, c’est toujours bien de causer bagnole… ».

Le hic, c’est que lorsque le candidat millionnaire commence à détailler le parc automobile familial, il n’y va pas dans la dentelle. Mustang, Cadillac, Dodge,… toute une série de véhicules bien évidement « made in usa » (posséder une voiture asiatique équivaudrait à se tirer une balle dans le pied) mais des modèles hors de prix pour le commun des mortels. C’est sûr que « Joe le plombier » ( l’Américain moyen) n’a pas toujours les moyens de s’offrir un modèle à 50.000$. Un étalage de richesse qui n’est pas du meilleur gout, dans cet état industriel touché de plein fouet par la crise économique.

Pourtant, Romney sait bien qu’il doit dissimuler son train de vie de golden-boy de la finance, après les nombreuses bourdes de début de campagne.  « J’aime virer les gens », « Moi aussi je suis au chômage« , « Je ne me préoccupe pas des pauvres » , « Les sociétés sont des gens » et son désastreux « Pari à 10.000$ » lancé en direct à Rick Perry dans un débat télévisé», …

Autant de répliques, qui utilisées hors de leur contexte et mises bout à bout dans un spot de campagne, peuvent sérieusement nuire à son image et à sa candidature!

Santorum & Romney au Michigan (Ed Murawinski-New York Daily News)

Je suis démocrate donc je vote républicain!

A la veille des primaires du Michigan, certains analystes redoutent qu’une vague de militants démocrates influencent le scrutin. Surnommés les « républicains bleus », ces faux membres du parti pourraient voter massivement pour Santorum, dans l’espoir de voler la victoire à Romney.

Au Michigan, l’électeur est vraiment roi. Durant les primaires, les militants d’un parti sont autorisés à voter pour un candidat du camp adverse!  Un système assez laxiste qui diffère de la plupart des autres états, où celui qui souhaite participer à l’élection doit s’inscrire au préalable sur la liste d’un parti.  Mais alors, comment reconnaitre un vrai républicain d’un démocrate déguisé ? C’est tout simplement impossible, sauf si un sticker « Obama-Biden 2012» trône à l’arrière de son pick-up…

Piraterie politique

Voter tactiquement pour un candidat du parti adverse afin d’influencer le résultat des primaires n’est pas un phénomène nouveau. Au Michigan, ce genre de manœuvres stratégiques est même presque devenu une tradition locale.  Lors des primaires républicaines en 2000 par exemple, les démocrates du coin avaient soutenu massivement John Mc Cain face à Georges W. Bush.

Après dépouillement des votes, le sénateur d’Arizona avait finalement battu son rival texan, avec une avance confortable (50% contre 43%). De nombreux « faux républicains » avaient reconnu avoir participé au scrutin même s’il est impossible de quantifier leur influence. Selon les articles de l’époque, l’équipe de campagne du futur président criait au scandale et estimait que l’influence des votes démocrates dans la primaire du parti républicain relevait de la piraterie politique !

Au final, la victoire de McCain au Michigan n’aura été qu’un petit accident sur le parcours gagnant de Georges W. Bush. En grand favori, le candidat texan a raflé la plupart des autres états du pays (43 sur 50) avant d’affronter Al Gore dans l’élection générale. La fin de l’histoire est connue. Douze ans après son illustre paternel, Bush Junior frotta à son tour ses bottes sur le paillasson du bureau ovale.

Primaires républicaines en 2000 (Bush en rouge – McCain en jaune)

« Opération Hilarity »: l’assaut démocrate

Donné largement vainqueur par les sondages locaux du mois dernier, Mitt Romney doit à présent composer avec Santorum, qui rassemble autour de lui l’aile dure du parti. Si  le champion des valeurs conservatrices a perdu du terrain suite à une vague de publicités négatives et un dernier débat télévisé difficile, il n’en reste pas moins le seul candidat qui puisse faire trébucher le mormon.

Alors que le duel s’annonce très serré, chaque voix a son importance, à l’image des résultats disputés en Iowa et dans le Maine. Les militants démocrates du Michigan l’ont bien compris et leur participation à la primaire républicaine pourrait bien faire la différence. D’où l’attention croissante portée à ces « républicains bleus », un surnom qui provient de la couleur attribuée par convention aux démocrates. A l’approche du scrutin, des consignes de vote commencent à circuler via les réseaux sociaux et notamment sur le blog DailyKos.

L’opération « Hilarity » appelle les militants démocrates de l’état à soutenir massivement Rick Santorum dans les urnes. Officiellement, ces actions ne sont ni soutenues ni découragées par les instances du parti démocrate. Mais si le « vote inter-parti» pose des question au niveau éthique, ce procédé n’en reste pas moins légal, en vertu des lois électorales du Michigan. « Si les votes de démocrates influencent les résultats des primaires républicaines, les républicains ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes » précise Mark Brewer, président du parti démocrate dans l’ « état des grands lacs ».

L'éléphant républicain contre l'âne démocrate...

Santorum : le favori des démocrates

L’ironie de cette stratégie électorale est que les militants démocrates votent pour le candidat qu’ils apprécient sûrement le moins (ou détestent le plus), parmi les quatre républicains encore en lice. Mais ce calcul politique est basé sur un constat: Santorum est plus facile à battre que Romney, dans le cadre de l’élection présidentielle de novembre.

Si les primaires républicaines se jouent toujours très à droite, avec des candidats qui semblent participer au « concours du plus conservateur » , l’élection générale se joue plutôt au centre. Pour gagner une élection nationale, il faut pouvoir séduire les centristes, les indécis et pas seulement les militants purs et durs de son parti. Et à ce jeu-là, Romney le « modéré de la côte-Est » est bien plus dangereux que l’ultra-conservateur Santorum et ses gros sabots.

Si l’ancien sénateur de Pennsylvanie parvient à remporter l’investiture du parti républicain,  il y a fort à parier qu’il se fasse véritablement lyncher face au président démocrate. Beaucoup trop radical, ce catholique intégriste ouvertement homophobe est beaucoup trop extrême pour la majorité des électeurs. Il est facile d’imaginer des spots télévisés reprenant quelques-uns de ses discours fumeux: Santorum qui cite le diable, qui doute du réchauffement climatique, qui compare homosexualité et polygamie, qui refuse l’avortement même en cas de viol ou d’inceste, qui veut en découdre avec l’Iran, …

Bref, si Santorum remporte les primaires républicaines, il risque de très vite casser ses belles dents blanches dans sa croisade pour la Maison Blanche. Tout bénéfice pour la réélection d’Obama.

Romney Vs Santorum

Les cigales républicaines contre la fourmi Obama

Cartoon de Mike Luckovich / http://cartoonbox.slate.com

Voilà un dessin qui résume bien l’état de la course à l’investiture républicaine…

Tandis que les quatre candidats encore en lice s’affrontent à coups de publicités négatives très couteuses, l’équipe d’Obama collecte son trésor de guerre afin d’assurer sa réélection. Durant le mois de janvier, il a reçu de la part de ses partisans la coquette somme de 29 millions de dollars, soit presque un million par jour!

Selon son staff de campagne: 98% des dons étaient inférieurs ou équivalents à 250$ (le don maximum légal à la campagne directe d’un candidat est plafonné à 2500$ par personne) ce qui prouve qu’Obama est encore très populaire.

Pendant que les cigales républicaines monopolisent l’attention des médias, le président-fourmi prépare tranquillement le terrain…

Stratégie de campagne « Obama 2012 »

Jim Messina, directeur de campagne pour la réélection d’Obama, développe ses stratégies pour assurer la victoire le 6 novembre 2012.

Par convention, depuis l’élection de 2000, on représente les états favorables aux démocrates en bleu et ceux qui penchent vers les républicains en rouge. En marge de ces « blue states » et « red states », les états ne favorisant aucune formation en particulier sont parfois qualifiés d’états violets (purple states).

Ces états indécis (swing states) reçoivent le plus d’attention des stratèges de campagne qui ne peuvent, pour des questions de ressources, investir massivement dans les 50 états américains.

Même si les résultats varient d’une élection à l’autre, il y a certaines grandes tendances de vote, des traditions de soutien pour tel ou tel parti qui permettent de parler d’un certain déterminisme géographique.

– Les côtes des États-Unis (ouest et nord-est) votent le plus souvent pour les démocrates

– Le centre et le sud du pays restent majoritairement républicains.

A noter que l’évolution démographique modifie la donne: l’électorat blanc du Midwest, vivier républicain par excellence, est en baisse à la différence de l’électorat latino, généralement pro-démocrate, qui augmente un peu partout dans le pays.

En 2012, les états les plus courtisés, surnommés les « battleground states » seront sans doute les suivants:

– A l’ouest: le Nevada, peut être aussi l’Arizona, le Nouveau Mexique et le Colorado

– Au « centre »: l‘Iowa et l’Ohio

– Au sud-est: la Virginie et la Caroline du Nord et aussi la Floride, un état très disputé, souvent décisif pour remporter la présidentielle

La présidentielle se gagne état par état et peu importe la stratégie, au final il faut remporter 270 voix au collège électoral (sur un total de 538 grands électeurs à travers le pays). L’élection est encore loin mais les équipes sont déjà à pied d’œuvre sur le terrain pour enregistrer des électeurs, récolter des fonds et courtiser les nombreux indécis…

Tendances de vote - Moyenne des 4 dernières élections (1996-2008)

>> Carte représentant les tendances de vote sur base des quatre dernières élections, gagnées deux fois par des démocrates (1996 Clinton & 2008 Obama) et deux fois par des républicains (2000-2004 Bush ):

– En rouge: états gagnés par les républicains les quatre fois

– En rose: états gagnés par les républicains trois fois sur quatre

– En violet: états disputés, swing states, battleground states

– En bleu clair: états gagnés par les démocrates trois fois sur quatre

– En bleu foncé: états gagnés par les démocrates les quatre fois