Avril, le printemps de Romney ?

Après une courte pause, le ballet des primaires républicaines reprend aujourd’hui avec trois scrutins : au Wisconsin, au Maryland ainsi que dans la capitale américaine. Si les sondages se confirment dans les urnes, Mitt Romney devrait normalement s’imposer partout et creuser l’écart sur ses poursuivants.

Le 3 janvier dernier l’Iowa donnait le coup d’envoi des primaires, avec pas moins de sept prétendants républicains en lice. Trois mois plus tard,  la course à l’investiture s’est nettement resserrée et n’est plus aujourd’hui qu’un duel entre le grand favori Mitt Romney et l’outsider Rick Santorum.

L’ultra-conservateur est l’unique candidat qui fasse encore obstacle au sacre du « modéré du Massachusetts », le sobriquet dont est affublé Romney. Newt Gingrich et Ron Paul sont toujours officiellement candidats mais sont désormais mathématiquement hors course et relégués au second plan.

Après des scrutins dans pas moins de 29 états (sur les 50 que compte le pays), le mormon a confirmé son statut de grand favori avec 16 états à son compteur (en orange), contre 11 pour son rival catholique (en vert) . Gingrich n’a quant à lui remporté que deux victoires (en mauve) et Paul rêve encore de son premier succès.  (Voir : Bilan des primaires)

Bilan des primaires républicaines au 2 avril

Du 100% Romney ?

Les suffrages du mois d’avril, qui se déroulent essentiellement dans les états plus modérés de la côte-Est s’annoncent très favorables pour Mitt Romney. L’ancien gouverneur du Massachusetts continuera donc probablement à creuser l’écart sur ses poursuivants, jusqu’au moment où il parviendra à atteindre le total des 1.144 délégués, seuil nécessaire pour remporter l’investiture du parti.

Ce 3 avril, près d’une centaine de délégués seront mis en jeu à travers trois scrutins simultanés : au Wisconsin (42), au Maryland (37) ainsi qu’à Washington D.C. (19). Pour une fois, les primaires n’utiliseront pas le système proportionnel mais plutôt la méthode du « Winner Take All », où le premier dans les urnes rafle l’intégralité des délégués. Bref, si Romney termine premier partout, il peut faire carton plein sans laisser la moindre miette à ses rivaux républicains !

Romney, plus que jamais favori

Le cœur politique américain

Romney part clairement favori dans la capitale américaine, où beaucoup de militants républicains travaillent au sein des institutions du parti.  La situation sera nettement plus compliquée pour lui dans l’élection générale de novembre car la ville de Washington, peuplée aux 2/3 par des Afro-américains, a toujours représenté un véritable bastion démocrate. Si mathématiquement la primaire ne rapporte que peu de délégués au candidat, remporter la victoire dans le cœur politique de la nation a quand même son importance sur le plan symbolique.

Paradoxalement, les habitants du « bastion de la démocratie » sont quelques peu lésés au niveau de leurs droits électoraux. En effet, le « District de Columbia », qui se trouve entre la Virginie et le Maryland, ne bénéficie pas du même statut qu’un état classique.
Ce n’est que depuis 1961 et le 23e amendement de la Constitution, que les citoyens de Washington peuvent participer à l’élection présidentielle. Et encore aujourd’hui,  ce sont les seuls Américains qui ne peuvent pas élire de représentants au Congrès !

Maryland  sans concurrence

Dans la primaire du Maryland, le favori républicain règnera sans doute sans partage. Santorum a délaissé cet état de la « vieille Amérique», à l’électorat assez modéré, pour se concentrer sur le scrutin du Wisconsin. Largement en tête dans tous les sondages, Romney va sans doute rafler les 37 délégués mis en jeu.

Santorum mise sur le Wisconsin

Le véritable duel républicain du jour se situera dans la région des grands lacs, lors de la primaire au Wisconsin. Scrutin le plus important avec ses 42 délégués en jeu, c’est surtout le seul où Santorum a une chance de rivaliser avec Romney.  Si le candidat conservateur échoue, cela signifie que Romney va faire carton plein en remportant tous les suffrages et l’intégralité des délégués. Un beau coup pour faire taire ses détracteurs et pour confirmer plus encore son statut de chef de file républicain.

Si les derniers sondages sont tous favorables au mormon, 7,5% d’avance selon la moyenne établie par Real Clear Politics, le candidat ultra-conservateur espère toujours créer la surprise.
Sa botte secrète : un spot qui associe la politique de Mitt Romney à celle de Barack Obama. L’insulte suprême pour un républicain !

Les étapes suivantes

Après les scrutins d’aujourd’hui, la campagne connaitra une pause de trois semaines jusqu’au mardi 24 avril. Ce jour-là, les militants républicains de cinq états  de la côte-Est voteront à leur tour, répartissant pas moins de 231 délégués.
Trois anciennes « colonies originelles » des États-Unis : Delaware (17) , Rhode Island (19) et Connecticut (28) ainsi que deux états-clés des primaires : la Pennsylvanie (72) et l’état de New York (95).

Primaires républicaines - Avril

Là encore, l’ancien gouverneur du Massachusetts part favori dans la plupart des scrutins. A l’exception de la Pennsylvanie, l’état que Santorum a représenté au Sénat pendant douze ans. Le candidat ultra-conservateur sera dans l’obligation de gagner sur ses terres et devra tenter de limiter la casse jusqu’au mois de mai, qui lui sera plus favorable avec des états plus conservateurs.

Le 8 mai en Virginie-Occidentale, en Indiana ainsi qu’en Caroline du Nord. La semaine suivante au Nebraska et en Oregon. Le 22 en Arkansas ainsi qu’au Kentucky. Jusqu’au 29 où votera enfin le Texas, un autre poids lourd des primaires.

Bref, même si Romney semble impossible à rattraper, le marathon des primaires est encore loin d’être terminé…

Bilan des primaires républicaines: déjà 29 états sur 50

Après la Louisiane, dernier scrutin du mois de mars, c’est le moment idéal pour dresser un « instantané » de la course à l’investiture républicaine.

A l’heure actuelle, 29 états sur les 50 que compte le pays ont déjà organisé des élections, sous forme de caucus ou de primaires. Quatre candidats sont toujours en lice: Mitt Romney, Rick Santorum, Newt Gingrich et Ron Paul.

Au niveau de la « course aux délégués », Mitt Romney reste clairement le grand favori avec plus de délégués que ses trois poursuivants réunis.    Selon les dernières projections d’Associated Press, reprises par le New York Times:

D’ici le 26 juin et l’Utah, qui termine le bal des primaires républicaines, 1.258 délégués devront encore être départagés entre les candidats.

Le premier qui atteindra le seuil de 1.144 délégués sera automatiquement déclaré vainqueur et affrontera Barack Obama dans l’élection générale de novembre.

(Pour mieux comprendre le processus d’attribution des délégués: Romney à la poursuite du chiffre magique)

GOP Madness - Bob Gorrell

29 états – 34 scrutins

Au niveau géographique, les militants de 29 états américains ont déjà voté, ainsi que les électeurs de plusieurs « territoires non-incorporés », qui participent aux primaires mais pas à l’élection présidentielle de novembre. Ces territoires ne sont pas considérés comme des états à part entière et leur poids électoral est relativement limité.

Romney a remporté les suffrages dans toutes les îles: Samoa américaines, Guam, Mariannes du Nord et Porto Rico à l’exception des iles Vierges où Ron Paul s’est imposé.

Bilan primaires républicaines (25 mars)

MITT ROMNEY (16 états/20 victoires)

L’ancien gouverneur du Massachusetts est incontestablement le grand favori des primaires avec 16 victoires à son compteur. Candidat le plus modéré, il a surtout du succès dans les zones urbaines et sur les côtes. Par contre il est plus à la peine dans les régions agricoles et dans le centre du pays, par essence plus conservateur. D’obédience mormone, Romney est aussi soutenu par ses coreligionnaires dans quelques états de l’Ouest américain (Utah, Nevada, Idaho, Arizona…)

New Hampshire et Floride (10-31 janvier)

Nevada, Maine, Arizona, Michigan et Wyoming (février)

Washington (3 mars)

Alaska, Idaho, Ohio, Virginie*, Massachusetts et Vermont (Super Tuesday du 6 mars)

Hawaï (13 mars)  +Porto Rico (18 mars)

Illinois (20 mars)  

* Gingrich et Santorum ont dépassé le délai d’inscription et ont de ce fait manqué la primaire de Virginie, un état du sud assez conservateur, qui leur aurait été en principe favorable!

Mitt Romney: la victoire à l'usure

RICK SANTORUM (11 états)

Le challenger de ces primaires a déjà remporté onze états, principalement dans le Midwest et le sud du pays. L’ancien sénateur de Pennsylvanie incarne la seule alternative crédible à Romney, jugé trop modéré pour l’aile plus conservatrice du parti républicain. Santorum a loupé le coche avec la primaire manquée en Virginie.

Il s’en est également fallu de peu qu’il rafle les primaires du Michigan ainsi que dans l’Ohio. Deux états décisifs dans lesquels la machine de campagne de Romney a fait pencher la balance en investissant plusieurs millions de dollars en publicités négatives. Romney gagne là où c’est vraiment nécessaire, un réalisme qui fait toute la différence dans ces primaires.

Iowa (3 janvier)

Colorado et Minnesota (février)

Tennessee, Oklahoma et Dakota du Nord (Super Tuesday 6 mars)

Kansas (10 mars) Alabama et Mississippi (13 mars)

– Missouri* (17 mars)

Louisiane (24 mars)

* Suite à un cafouillage dans l’organisation du scrutin, les résultats ne sont pas définitifs, la victoire de Santorum au Missouri n’est donc pas encore officielle

Rick Santorum: le challenger ultra-conservateur

NEWT GINGRICH (2 états)

Sérieusement distancé, l’ancien Président de la chambre n’a jusqu’à présent remporté que deux victoires : la Caroline du Sud (21 janvier) et la Géorgie (Super Tuesday du 6 mars) dont il a été le représentant pendant vingt ans. Son vivier électoral se concentre dans le sud du pays mais Gingrich s’est fait déborder par son rival ultra-conservateur Santorum, qui l’a finalement devancé dans des états tels que le Tennessee, l’Alabama, le Mississippi ou encore la Louisiane.

Mathématiquement hors course, il n’a pour ambition que d’empêcher Romney d’atteindre le chiffre magique de 1.144 délégués. Qualifié par la presse de saboteur ou d’ agent du chaos, Gingrich continue son travail de perturbateur sans que l’on sache si son retrait servirait ou non la cause de Santorum. Le candidat de Géorgie ne remportera vraisemblablement plus aucune victoire dans ces primaires.
 

RON PAUL

Lanterne rouge des primaires, le texan est aussi le seul candidat sans aucune victoire à revendiquer. Sa stratégie repose uniquement sur la collecte maximale de délégués afin d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti qui se déroulera fin août à Tampa Bay en Floride. Dans son baroud d’honneur, le doyen de la course profitera de cette tribune de premier plan pour diffuser ses idées libertariennes en tentant d’influer sur les lignes directrices du parti.

Carte des 50 états américains

Primaires de Louisiane : Santorum prince du bayou

L’ultra-conservateur Rick Santorum a triomphé lors des primaires de « l’état du pélican », en remportant près de la moitié des suffrages. Une 11e victoire qui prouve que son message axé sur des valeurs chrétiennes et puritaines séduit une certaine branche de l’électorat républicain.

Dernier scrutin du mois de mars, la primaire de Louisiane était clairement un objectif de campagne de l’ancien sénateur de Pennsylvanie. Alors que le dépouillement touche à sa fin, Santorum est déjà assuré de gagner haut la main, avec près de 50% des votes. Inconnu au niveau national jusqu’à sa victoire surprise en Iowa début janvier,  le candidat anonyme s’est mué en un challenger solide face au favori Mitt Romney.

Si au final, le mormon va très probablement remporter l’investiture du parti, Santorum va tout faire pour freiner ses ambitions en tentant de l’empêcher d’obtenir le total de 1.144 délégués, sésame pour gagner les primaires. « La course est longue et loin d’être finie » a déclaré le champion des valeurs familiales, en commentant ses derniers résultats électoraux. Santorum annonce la couleur, il ne jettera pas l’éponge et cette campagne des primaires risque de tirer en longueur. Jusqu’en mai, voire jusqu’en juin avec le scrutin en Californie, l’état le plus peuplé du pays.

Santorum: le champion des valeurs

Gingrich: la fin de l’espoir

Un autre constat de ces résultats en Louisiane est l’échec cuisant de Newt Gingrich, qui misait pourtant beaucoup cet état du sud pour revenir sur le devant de la scène. Avec seulement deux victoires au compteur (la Caroline du Sud et la Géorgie) après une trentaine de scrutins, l’ancien président de la Chambre continue sa descente aux enfers. Avec l’ascension de Santorum comme porte-drapeau des valeurs ultra-conservatrices, Gingrich a perdu son vivier électoral et ses espoirs de succès.

Politiquement, médiatiquement et mathématiquement hors course, le bouillonnant candidat de Géorgie ne doit sa survie qu’à la perfusion financière du milliardaire Sheldon Adelson,  « empereur des casinos » qui soutient sa campagne pour ses positions pro-israéliennes.Gingrich ne va probablement plus remporter aucune victoire dans ces primaires et s’il reste officiellement candidat à l’investiture républicaine, la course s’est depuis longtemps transformée en un duel Romney-Santorum, modérés contre conservateurs.

(Lire à ce sujet: Le chant du cygne de GingrichGingrich:toujours plus proche de la voie de garage)

Ron Paul au finish

Lanterne rouge de la course, Ron Paul n’a lui aussi plus aucun espoir de remporter l’investiture, comme il le reconnait d’ailleurs ouvertement.   La stratégie du texan repose uniquement sur la collecte maximale de délégués afin d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti qui se déroulera fin août à Tampa Bay en Floride. Dans son baroud d’honneur, le doyen de la course profitera de cette tribune de premier plan pour diffuser ses idées libertariennes en tentant d’influer sur les lignes directrices du parti.

La révolution selon Ron Paul (B.Vokar)

Printemps favorable à Romney

Le mois d’avril devrait normalement sourire à Mitt Romney, même si les 329 délégués en jeu ne suffiront pas à atteindre le seuil des 1.144 délégués, synonyme de victoire. Largement en tête dans la course aux délégués, le mormon en a déjà collecté 568 selon les projections d’Associated Press, soit plus que ses trois poursuivants réunis: 273 pour Santorum, 135 pour Gingrich et 50 pour Paul.

L’ancien gouverneur du Massachusetts devrait logiquement dominer la plupart des scrutins de la côte-Est. Des états plus modérés que ceux du Sud ou du Midwest, qui sont eux plus favorables aux idées de Santorum.

Romney: le favori mal aimé

Le mardi 3 avril, les primaires se dérouleront au Maryland (37 délégués), dans le région des grands lac au Wisconsin (42) ainsi que dans la capitale, Washington D.C. (19).

Après trois semaines sans scrutin, les affaires reprendront le 24 avril avec des primaires dans cinq états de la côte-Est : Connecticut (28 délégués), Delaware (17), Rhode Island (19), Pennsylvanie (72) et New York (95).

En avril, Santorum continuera sa « stratégie du boulet » en empêchant Romney de s’emparer de l’intégralité des délégués. Il sauvera probablement aussi l’honneur en remportant la Pennsylvanie, l’état qu’il a représenté au Sénat.

Louisiane - l'état du pélican

§ Résultats de la primaire de Louisiane : (46 délégués)

1° RICK SANTORUM

> 49,2%  / 88.042 votes de préférence

2° MITT ROMNEY

> 26,5%  / 47.495 votes de préférence

3° NEWT GINGRICH

> 15,9%  / 28.505 votes de préférence

4° RON PAUL

> 6,1%  / 10.971 votes de préférence

(Sources des résultats: Washington Post)

Speech de Rick Santorum après sa victoire en Louisiane

Course aux délégués: à la poursuite du « chiffre magique »

La course à l’investiture est un processus très complexe où il est parfois nécessaire de sortir sa calculette. Tentative de décryptage.

Mitt Romney a beau s’imposer comme le grand favori de ces primaires républicaines, il ne sera déclaré vainqueur que s’il parvient à collecter un total de 1.144 délégués.  Et ses rivaux conservateurs sont déterminés à l’empêcher d’atteindre ce seuil décisif.

A moins d’avoir un favori évident, comme Obama pour le camp démocrate, différents candidats doivent s’affronter dans l’espoir de devenir « le candidat officiel » du parti. Dans ces primaires républicaines, quatre candidats sont encore en lice: Mitt Romney, Rick Santorum, Newt Gingrich et Ron Paul.

Pour devenir « le candidat républicain » dans  l’élection présidentielle de novembre, une seule méthode: accumuler les succès électoraux dans les différents états et collecter peu à peu des délégués. Pour faire simple : plus de militants votent pour un candidat, plus il remporte de délégués et plus vite il remporte les primaires de son parti.

Dernier carré républicain: Romney - Paul - Santorum - Gingrich

A la poursuite du chiffre magique

L’ensemble des 50 états américains, ainsi qu’une poignée de « territoires non-incorporés » (Porto Rico, Guam, etc.) rapportent aux candidats un nombre de délégués, proportionnels à la taille de leur population. C’est assez logique que la Californie  « pèse » plus que le Vermont ou l’Alaska.

Si l’organisation des scrutins varient selon les états (primaires, caucus, hybride,…) le principe est toujours le même : répartir les délégués entre les candidats, en fonction des résultats obtenus dans les urnes.

Au total : 2.286 délégués sont mis en jeu à travers le pays, ce qui détermine le seuil de majorité à 1.144 délégués. Lorsqu’un candidat obtient ce « chiffre magique », cette ligne d’arrivée virtuelle, l’élection s’arrête automatiquement. Il est déclaré gagnant et peut se préparer à l’élection présidentielle de novembre, face à  au candidat démocrate.

1.144 délégués - Le nombre magique pour les candidats républicains

Plus de suspense, plus de complexité

L’organisation de la cinquantaine de scrutins est gérée par les différents états ainsi que par le parti républicain au niveau fédéral. Et suivant les années, les règles électorales évoluent. Il faut se rendre à l’évidence, rien n’est jamais simple…

Afin d’entretenir le suspense et d’attirer l’attention médiatique, le parti républicain a décidé d’imiter le camp démocrate, en favorisant l’usage du « système proportionnel ». Par le passé, nombre d’états utilisaient plutôt la méthode du « Winner take all » où le gagnant dans les urnes remporte d’un seul coup l’intégralité des délégués mis en jeu. Peu importe de gagner avec 100 ou 100.000 voix d’avance, seul compte de terminer premier.

Avec ce système assez sommaire, dès qu’un candidat gagnait quelques états clés (Californie, Texas, Floride, New York,…) il devenait très vite impossible à rattraper et ses rivaux abandonnaient la partie. Lors des primaires républicaines en 2008 par exemple, John McCain avait remporté pas mal de scrutins lors du « Super Tuesday » et dès le lendemain son rival Mitt Romney jetait l’éponge. Le 7 février 2008, la campagne des primaires  était déjà terminée!

Mais désormais, avec un nombre croissant d’états qui utilisent le « système proportionnel« , la situation n’est plus aussi limpide. Car si ce procédé est certainement plus démocratique, il a pour effet principal de rallonger la durée de la campagne. Cette année l’Iowa a donné le coup d’envoi des primaires républicaines le 3 janvier, tandis que l’Utah terminera le bal le 26 juin prochain. Soit six mois de primaires !

Vers une convention négociée ?

Dans ces primaires, Romney est incontestablement le grand favori et s’il atteint le chiffre magique de 1.144 délégués, l’élection s’arrête là. Mais si ces rivaux conservateurs arrivent à l’en empêcher, la campagne peut tirer en longueur jusque fin juin, avec éventuellement aucun candidat déclaré vainqueur!

Dans ce cas de figure hypothétique, les instances officielles du parti devraient alors débattre, lors de la convention nationale républicaine qui se tiendra du 27 au 30 août prochain à Tampa, en Floride.  A l’issue de ces quartiers généraux, le parti devra de toute façon trancher et désigner un candidat officiel.

Un « chevalier blanc » pourrait alors éventuellement sortir de nulle part, un candidat mystère qui fasse l’unanimité auprès des électeurs. Un scénario qui circule dans les médias mais qui s’apparente surtout à une mission impossible, vu les divergences d’opinions au sein de l’électorat républicain. Un invité surprise, moins de trois mois avant l’élection, c’est un échec quasiment assuré pour les républicains, face à la solide organisation démocrate et leur champion Obama.

Bref, cette idée de « convention négociée » (brokered convention) reste une éventualité mais son utilisation est vraiment très peu probable.  Véritable solution de la dernière chance, ce  système de nomination n’a plus eu cours depuis 1976 !

L'éléphant, symbole du parti républicain

La guerre des chiffres

Dans cette course aux délégués, il faut souvent sortir sa calculette d’autant plus que les résultats varient selon les médias. Des différences qui s’expliquent de deux façons:

D’une part, le processus de répartition. Sans rentrer dans le détail, certains états désignent directement les délégués le jour du scrutin, tandis que d’autres attendent plusieurs semaines, voire jusqu’à la convention du parti fin août.

D’autre part,  il existe deux types de délégués, ce qui prête souvent à confusion.

– les délégués « normaux » (« pledged delegates« ), qui sont élus par les militants lors des primaires, proportionnellement aux résultats de chaque candidat. En d’autres termes, plus vous avez de voix, plus vous recevez de délégués.

– les délégués « influents » (« unpledged delegates« ) qui sont beaucoup moins nombreux. Ceux-ci ne sont pas élus lors des suffrages dans chaque état mais il s’agit de membres importants du parti (gouverneurs, sénateurs,etc.).

 En tant que  « personnalités locales du parti », ils sont libres de voter pour le candidat de leur choix et son libres de changer d’avis pendant les primaires. Ce qui explique que leurs soutiens à tel ou tel candidat est toujours relatif.

Pour ces différents raisons, les médias établissent des « projections » de la répartition des délégués mais ces résultats sont toujours à prendre avec des pincettes….

A ce stade des primaires républicaines et selon les projections de l’Associated Press reprises par le New York Times:

Romney est largement en tête avec plus de 500 délégués à son compteur

Santorum est clairement dans la position du challenger avec près de la moitié des délégués

Gingrich en troisième position est déjà largement distancé

Paul termine la marche avec une cinquantaine de délégués, soit dix fois moins que Romney. Il est mathématiquement hors course.

– Le chiffre magique s’élève à 1.144 délégués et il reste encore 1.324délégués à répartir, soit plus de la moitié…

Course aux délégués 20 mars (projections AP/NY Times)

Caucus du Missouri : 10ième victoire pour Santorum

Après avoir gagné le « concours de beauté républicain » du Missouri début février, Rick Santorum a finalement remporté l’élection officielle dans cet état du Midwest.

Suite à des problèmes d’ordre politico-juridiques, le scrutin au Missouri s’est tenu en deux parties : des primaires purement symboliques le 7 février  et des caucus réguliers le 17 mars.

Finalement, l’ancien sénateur de Pennsylvanie s’est largement imposé dans les deux suffrages, soutenu massivement par des militants très conservateurs et des chrétiens évangélistes.

Avec le Missouri, Rick Santorum vient de remporter son dixième état, sur un total de 27 scrutins. La course à l’investiture du parti se resserre de plus en plus, Santorum étant le seul véritable outsider face au grand favori Mitt Romney, qui lui a déjà remporté 15 états.

Les poursuivants, Newt Gingrich (seulement 2 succès) et Ron Paul (toujours aucun), restent officiellement dans la course mais sont déjà beaucoup trop distancés que pour encore espérer remporter l’investiture.

Rick Santorum: le rival principal de Romney

§ Résultats des caucus du Missouri (52 délégués)

1° RICK SANTORUM

> 55,2%   /   138.957 votes de préférence

2° MITT ROMNEY

> 25,3%   /   63.826 votes de préférence

3° RON PAUL

> 12,2%   /   30.641 votes de préférence

Et à l’instar des primaires en Virginie, l’équipe de campagne de Newt Gingrich n’a pas respecté les délais d’inscription pour le Missouri, invalidant sa participation au scrutin!

(Source des résultats: Washington Post )

Santorum : le nouveau prince du sud

« Sweet Home Alabama! » Santorum peut chanter victoire après avoir remporté deux scrutins très disputés, en Alabama et au Mississippi. Romney gagne quant à lui les caucus du Pacifique: Hawaï et les Samoa. Gingrich, le grand perdant de la soirée, a encore une fois loupé son comeback.

L’attention était tournée vers le sud du pays, hier soir, avec les états voisins d’ Alabama et du Mississippi. A la fermeture des bureaux de vote, les premières tendances pronostiquaient des résultats très serrés entre « Gingrich : le candidat du sud », « Santorum : le challenger » et « Romney : le favori du parti ». Loin derrière dans les suffrages, le candidat texan Ron Paul était très vite déclaré hors-jeu.

L’irrésistible ascension de Santorum

Après plusieurs heures de dépouillement et de suspense, Rick Santorum a finalement remporté ces deux états peuplés de militants très conservateurs. Grand gagnant de la soirée, le catholique intégriste poursuit sa série de victoire avec à présent neuf états à son compteur. Soit un meilleur bilan que celui réalisé par son prédécesseur Mike Huckabee en 2008. De plus, l’ancien sénateur de Pennsylvanie peut se vanter d’être le seul candidat qui arrive à gagner à la fois dans le nord du pays, dans le sud et dans le Midwest !

Santorum: le nouveau prince du sud

L’humiliation pour Gingrich

Newt Gingrich termine second dans les deux états, une position somme toute honorable si les scrutins se déroulaient ailleurs dans le pays. Car l’ancien président de la Chambre est le seul candidat originaire du sud et il était censé remporter haut la main ces deux suffrages dans son fief électoral.

Depuis des semaines, Gingrich annonce son grand retour, mais il manque à chaque fois les rendez-vous. Depuis le début des primaires, il n’a remporté que la Caroline du Sud et la Géorgie, l’état qu’il a représenté vingt ans au Congrès. Le plus bruyant des candidats a beau enchaîner les discours de victoire, deux succès après 26 scrutins cela ressemble très fort à un échec cuisant. Ces conseillers de campagne prédisent son prochain succès en Louisiane ou au Texas. Mais le vent a clairement tourné pour Gingrich et tout personne saine d’esprit dans la même situation que lui, jetterait l’éponge afin de mettre un terme à cette agonie électorale.

Gingrich: toujours plus près du mur

Romney champion du Pacifique

L’ancien gouverneur du Massachusetts a bien limité la casse à l’issue des deux scrutins dans le sud. Même s’il termine troisième en Alabama et au Mississippi, il réalise quand même un bon score partant du principe que ces états avec un électorat très conservateur ne l’apprécient pas beaucoup. Remporter l’un ou l’autre de ces scrutins aurait envoyé un signal fort à ses détracteurs mais vu que la répartition de délégués est proportionnelle il ne perd pas grande chose au bout du compte.

Le candidat millionnaire s’offre même une belle victoire dans l’état natal d’Obama, à Hawaï, ainsi que dans les petites îles des Samoa américaines, un territoire non-incorporé aux États-Unis. Le mormon reste quoiqu’il arrive le grand favori des primaires, même si doit ronger son frein et devra probablement attendre mai ou juin avant d’être officiellement le représentant du parti. Loin devant dans la récolte des délégués, et dans le nombre d’états remportés (15/26 contre 9/26 pour Santorum) Mitt Romney reste, à mois d’une catastrophe, le futur adversaire de Barack Obama dans l’élection de novembre.

Romney: le favori mal aimé

Paul, le candidat sans victoire

Après plus de la moitié des scrutins, la campagne de Ron Paul continue mais sans aucune victoire à revendiquer. Le candidat libertarien a plusieurs fois raflé la seconde place mais la pôle position lui échappe désespérément. Sérieusement distancé dans la course aux délégués, c’est à présent mathématiquement impossible pour lui de remporter l’investiture du parti.

Mais le candidat texan poursuit son baroud d’honneur, imperturbable. Il continue sa collecte de délégués en vue d’influencer la convention nationale républicaine qui se déroulera fin août à Tampa Bay, en Floride.

Ron Paul, le militant anti-establishment

La suite des primaires

Durant ce mois de mars, quatre scrutins vont encore avoir lieu. Samedi 17 au Missouri (52 délégués en jeu), un état central qui devrait sans tomber tomber dans l’escarcelle de Santorum. Le lendemain, ce sera au tour du vote latino avec Porto-Rico, qui n’est pas considéré comme un état américain à part entière, mais qui rapporte quand même 23 délégués.

Le mardi 20 c’est un poids lourd, l’Illinois, qui répartira 69 délégués et enfin retour dans le sud du pays le samedi 24 avec la Louisiane et ses 46 délégués. Le partage des victoires entre Santorum et Romney devrait probablement se poursuivre en mars, avant un mois d’avril plus favorable au mormon,avec des scrutins dans des états de la côte-Est.

§ Résultats de la primaire en Alabama (50 délégués)

Santorum 34,5%  /  Gingrich 29,3%  /  Romney 29%  /  Paul 5%

§ Résultats de la primaire au Mississippi (40 délégués)

Santorum 32,9%  /  Gingrich 31,3%  / Romney 30,3  /  Paul 4,4

§ Résultats des caucus de Hawaï (20 délégués)

Romney 45,4% / Santorum 25,3% / Paul 18,3% / Gingrich 11%

> Romney a également remporté les caucus des Samoa américaines (chiffres indisponibles), un “territoire non-incorporé” (9 délégués).

(Source des résultats: Washington Post)

§ Carte des états remportés par les différents candidats républicains (26/50):

> En orange: Mitt Romney (15 états)

> En vert: Rick Santorum (9 états) plus le “concours de beauté du Missouri” (hachuré) qui ne compte pas vraiment

> En mauve: Newt Gingrich (2 états)

Cartographie des primaires républicaines au 14 mars

Un « Super Tuesday » tout sauf décisif

Après deux mois de scrutins au compte-gouttes,  les primaires s’accélèrent avec le « Super Tuesday », où les militants de dix états votent simultanément. Mais si la course à l’investiture républicaine avance d’un grand pas, il faudra encore attendre longtemps avant qu’un candidat ne soit déclaré vainqueur.

Depuis son coup d’envoi en Iowa, le 3 janvier dernier, le ballet des primaires républicaines est dominé par Mitt Romney. Si le mormon millionnaire est incontestablement le grand favori, il ne peut que ronger son frein avant d’affronter officiellement Barack Obama, dans l’élection présidentielle de novembre. Pour comprendre pourquoi ces primaires durent plus longtemps que par la passé, il faut avant tout analyser les chiffres…

La pêche aux 1.144 délégués

Jusqu’à présent, seulement onze états sur les cinquante que compte le pays ont participé au vote, répartissant à peine 355 délégués entre les quatre rivaux. Si Romney caracole en tête avec un peu plus de 200 délégués au compteur, il est encore très loin du compte. Car pour gagner l’investiture du parti, un candidat doit en récolter 1.144 !

Avec le « Super scrutin » d’aujourd’hui, les militants de dix autres états voteront à leur tour, rajoutant dans la balance quelques 437 délégués. Mais même si un candidat gagnait partout avec un score stalinien, cela ne lui permettrait pas d’atteindre le montant nécessaire.

Une course de longue haleine

L’investiture du parti républicain se complexifie aussi suite aux changements dans les règles électorales. De plus en plus d’états abandonnent le système du  « Winner take all », où le premier dans les urnes rafle l’intégralité des délégués de l’état, au profit d’un scrutin de type « proportionnel ».

Ce changement de méthode est certainement plus représentatif du choix des électeurs mais il prolonge sensiblement la durée des primaires. Par la passé, une fois que le favori avait gagné quelques grands états, il devenait très vite impossible à rattraper.

John McCain - Champion républicain en 2008

En 2008 par exemple, John McCain avait remporté les états poids lourds des primaires (Californie, New  York, Illinois,…) après ce fameux « Tsunami Tuesday », où les républicains de 21 états votaient le même jour!  Avec plusieurs centaines de délégués d’avance, McCain était tout simplement irrattrapable et Romney jetait l’éponge à peine deux jours plus tard.

Du côté démocrate, les primaires de 2008 furent beaucoup plus disputées, avec Hillary Clinton et Barack Obama au coude à coude. Impossible à départager, le duel se prolongea jusqu’au mois de juin, où l’ancien sénateur de l’Illinois a finalement atteint le seuil nécessaire de délégués !

Si ces primaires à rallonge prolongent le suspense et focalisent l’attention médiatique sur les candidats en lice, elles ont également des travers. Une telle campagne coûte une fortune aux candidats et divise le parti à seulement quelques mois de la présidentielle. Si un duel acharné entre républicains devait perdurer jusqu’à l’été, il y a beaucoup de chance que le rescapé soit finalement écrasé par la machine démocrate en novembre.

(Crédit photo: Charles Dharapak/AP)

Romney : champion républicain ?

Si ce « méga scrutin » s’annonce moins décisif que par le passé, il pourrait néanmoins s’avérer riche en renseignements sur l’état de forme des différents candidats. Romney a beau être le grand favori, il est loin de faire l’unanimité dans un parti véritablement coupé en deux. L’aile dure des républicains, composée de militants ultra-conservateurs, lui reproche d’être un candidat trop timoré et trop modéré sur des questions sociales.

L’ancien gouverneur du Massachusetts est aussi critiqué du fait d’être mormon, trop riche, d’accumuler les gaffes et de changer d’idées comme de costumes. Selon un sondage récent du « Wall Street Journal », près de 40% des Américains ont une opinion négative de Romney, contre seulement 28% qui en ont une opinion positive.  Un très mauvais score pour un favori ! Peut-il séduire au niveau national et au-delà de sa base de partisans ? C’est l’une des questions de ce scrutin exposant dix.

Gingrich – Santorum : le duel conservateur

Ce « Super Tuesday » sera peut-être aussi  l’occasion de départager Rick Santorum et Newt Gingrich, deux candidats qui puisent dans le même vivier électoral ultra-conservateur. Santorum a besoin de nouvelles victoires pour confirmer sa crédibilité électorale et son rôle de « candidat alternative à Romney ».

Gingrich a quant à lui besoin d’urgence d’un succès, ailleurs que dans son fief de Géorgie, pour relancer sa campagne qui part complètement à la dérive. Un désaveu dans les urnes pourrait pousser l’ancien président de la Chambre vers la sortie, au bénéfice de Santorum qui récupérerait illico les voix de son rival. Un transfert de voix qui relancerait totalement l’issue de ces primaires à rebondissements.

Ron Paul, la force tranquille

Peu importe ce qu’il advient de ses rivaux, Ron Paul continuera de toute façon les primaires jusqu’ au finish. Remporter l’un ou l’autre état serait un très bon signal pour sa campagne mais de toute façon le texan a peu de chance de l’emporter, du fait de ses idées trop radicales et anti-establishment. Sa stratégie repose plutôt sur une course de fond, où il grappille délégué après délégué. Son but étant d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti, tribune de choix où il pourra diffuser ses idées. Si cette campagne présidentielle est assurément son baroud d’honneur, le doyen de la course a déjà un successeur dans son combat libertarien. Actuellement sénateur du Kentucky, son fils Rand Paul incarne déjà le futur du mouvement. A suivre en 2016…

Guide de survie du « Super Tuesday »

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Carte du "Super Tuesday" du 6 mars

§ La primaire républicaine en quelques chiffres…

– Pour remporter l’investiture républicaine, un candidat doit absolument récolter 1.144 délégués, soit la majorité simple sur un total de 2.286, mis en jeu à travers les 5O états du pays.

– Jusqu’à présent, les militants de seulement 11 états ont voté, répartissant 355 délégués entre les quatre candidats.

Mitt Romney (203 délégués) a remporté 7 états: le New Hampshire, la Floride, le Nevada, le Maine, l’Arizona, le Michigan et Washington.

Rick Santorum (92) a remporté 3 états: l’Iowa, le Colorado et le Minnesota.

Newt Gingrich(33) n’a remporté que la Caroline du Sud

Ron Paul(25) n’a pas encore remporté de scrutin.

(Source des résultats: Washington Post)

– Lors du « Super Tuesday » du 6 mars: les candidats vont se partager un total de 437 délégués. A noter que dix états utilisent un système de répartition de type « proportionnel », il n’y aura donc pas ici de système « winner take all » (comme en Floride ou en Arizona) où le gagnant remporte l’intégralité des délégués de l’état.

– Le nombre de délégués dans un état est lié à sa population: certains états « pèsent » plus que d’autres et sont en conséquence plus courtisés par les candidats…

§ Répartition des délégués:

1° Primaire de Géorgie > 76 délégués

2° Primaire de l’Ohio > 66 délégués

3° Primaire du Tennessee > 58 délégués

4° Primaire de Virginie > 49 délégués 

5° Primaire d’Oklahoma > 43 délégués

6° Primaire du Massachusetts > 41 délégués

7° Caucus de l’Idaho > 32 délégués

8° Caucus du Dakota du Nord  > 28 délégués

9° Caucus d’Alaska > 27 délégués

10° Primaire du Vermont > 17 délégués

§ Suivre les résultats du « Super Tuesday » en direct:

Une explication des enjeux du scrutin en vidéo

> Via Twitter avec des tags globaux: #election2012 #supertuesday ou bien à l’aide de tags correspondant aux différents états: #GA #OH #TN #VA #OK #MA #ID #ND #AK #VT

> Washington Post

> New York Times

> Politico

> CNN

> USA Today

> Et bien évidement sur toutes les chaines télévisées américaines…

Les cigales républicaines contre la fourmi Obama

Cartoon de Mike Luckovich / http://cartoonbox.slate.com

Voilà un dessin qui résume bien l’état de la course à l’investiture républicaine…

Tandis que les quatre candidats encore en lice s’affrontent à coups de publicités négatives très couteuses, l’équipe d’Obama collecte son trésor de guerre afin d’assurer sa réélection. Durant le mois de janvier, il a reçu de la part de ses partisans la coquette somme de 29 millions de dollars, soit presque un million par jour!

Selon son staff de campagne: 98% des dons étaient inférieurs ou équivalents à 250$ (le don maximum légal à la campagne directe d’un candidat est plafonné à 2500$ par personne) ce qui prouve qu’Obama est encore très populaire.

Pendant que les cigales républicaines monopolisent l’attention des médias, le président-fourmi prépare tranquillement le terrain…

Le nouveau duel des primaires : Santorum vs « Rambo-Romney »

Depuis qu’il a acquis le statut d’adversaire principal de Romney, Rick Santorum est à son tour victime d’attaques en règles de la part des supporters du mormon. Mais la diffusion de publicités négatives s’avère parfois à double tranchant…

L’équipe de campagne de l’ancien sénateur de Pennsylvanie devait s’y attendre. Après son triplé de victoires, qui relance complètement la course à l’investiture républicaine, Rick Santorum est devenu la cible de choix des (riches) sponsors de Mitt Romney.  Fidèle à son habitude, le « Super-Pac » du mormon « Restore our future »  a décidé d’appliquer à nouveau la « méthode Gingrich », qui a déjà fait ses preuves en Floride.

Via des achats massifs d’espace publicitaire (déjà plus de 12 millions de dollars dépensés!) ce « comité d’action politique » avait inondé les écrans télévisés de publicités négatives, dans le but de détruire l’image du rival gênant. Et vu le nombre de casseroles trainées par l’ancien président de la Chambre, c’était somme toute assez facile de nuire à sa réputation.

Rick Santorum - le nouveau challenger de Romney

C’est bien connu, le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Tandis que la cote de popularité de Gingrich s’est effondrée, l’outsider Santorum est devenu la nouvelle alternative au « modéré du Massachusetts », le surnom dont est affublé Romney. Mais le porte-drapeau des ultra-conservateurs a cette fois pris les devants, en désamorçant la vague de publicités négatives.

Avec un spot de campagne inédit, il ridiculise la stratégie de Romney qui vise à dénigrer les candidats du même parti. En bon chrétien qu’il est, Santorum tend l’autre joue et souligne le fait que son rival a beau dépenser des millions de dollars, il se trompe de cible…

Santorum : le candidat anti-gay

Dans ce clip tout simplement impensable en Europe, Romney est comparé à Rambo, la bête de guerre, qui tire sur tout ce qui bouge…                 Mais l’utilisation des publicités négatives s’avère parfois délicate et à la fin du spot, le pseudo-sosie de Romney devient lui même la victime de ces attaques. Le jet de boue n’est pas sans rappeler ce que Santorum appelait pudiquement « son problème Google ». En effet, lorsqu’on cherche « Santorum » sur Internet, l’un des premiers liens indiqué par le moteur de recherche est le blog de Dan Savage, un militant pour les droits des homosexuels. ( http://blog.spreadingsantorum.com )

En réponse aux propos homophobes de l’ancien sénateur de Pennsylvanie, qui  a notamment comparé l’homosexualité à la bestialité ou à la pédophilie,  Dan Savage a lancé en 2003 une campagne pour ridiculiser le nom Santorum.  Après avoir lancé un concours sur la toile, il a décidé d’associer Santorum avec un terme scatophile assez explicite (voir ci-dessous) avec pour objectif  « que ses grandes dents blanches tombent hors de sa grande tête bien vide » !

A l’époque, Rick Santorum est seulement sénateur de Pennsylvanie mais à présent il est candidat à l’élection présidentielle. Son nom n’a jamais été autant recherché sur Google, d’où un nombre record de visites sur le blog de Dan Savage !

Pour l’instant le moteur de recherche est resté sourd aux demandes du candidat de supprimer le lien vers ce site mais à terme ce blog pourrait ne plus être référencé.  Dan Savage a néanmoins proposé en 2010 de retirer son site, si Santorum consentait à verser 5 millions de dollars à  « Freedom to Marry », une association qui milite pour la légalisation du mariage gay…  Bref, pour le plus grand plaisir des satires politiques, Santorum n’est pas prêt de régler son problème Google !

Santorum : la nouvelle cible

Comme c’était prévisible, le « Super-Pac » de Romney a lancé les hostilités à l’encontre de Rick Santorum. Dans ces premières publicités négatives, il est surtout accusé d’être un «initié» de Washington doublé d’un politicien dépensier.
Lorsqu’il était sénateur de Pennsylvanie, Santorum a apparemment donné son aval au financement de projets assez farfelus. Notamment le « musée de la théière » ou encore le « pont qui mène vers nulle part »…

Dans le même genre, voici un spot qui compare le bilan économique des deux candidats: Romney le redresseur d’entreprises qui a sauvé les JO de Salt Lake City il y a tout juste dix ans, contre Santorum le sénateur qui n’a fait que creuser la dette…

Barack Obama, le véritable adversaire

Dopé par son triplé de victoires, Santorum commence à sérieusement compliquer la campagne du mormon. Selon la dernière moyenne de sondages établie par RCP, Rick Santorum semble prend le large au niveau national avec une avance de 5,8% (33,8) devant Mitt Romney (28) Newt Gingrich (14) et Ron Paul (12,2).                                                                                                                                                                                 Symboliquement, c’est surtout la première fois depuis le début des primaires que Santorum prend l’avantage sur Romney!

Capitalisant sur cette ascension, l’ancien sénateur de Pennsylvanie se projette déjà comme le champion républicain, futur adversaire d’Obama. Une stratégie jusqu’alors employée par Mitt Romney…