Bilan des primaires républicaines: déjà 29 états sur 50

Après la Louisiane, dernier scrutin du mois de mars, c’est le moment idéal pour dresser un « instantané » de la course à l’investiture républicaine.

A l’heure actuelle, 29 états sur les 50 que compte le pays ont déjà organisé des élections, sous forme de caucus ou de primaires. Quatre candidats sont toujours en lice: Mitt Romney, Rick Santorum, Newt Gingrich et Ron Paul.

Au niveau de la « course aux délégués », Mitt Romney reste clairement le grand favori avec plus de délégués que ses trois poursuivants réunis.    Selon les dernières projections d’Associated Press, reprises par le New York Times:

D’ici le 26 juin et l’Utah, qui termine le bal des primaires républicaines, 1.258 délégués devront encore être départagés entre les candidats.

Le premier qui atteindra le seuil de 1.144 délégués sera automatiquement déclaré vainqueur et affrontera Barack Obama dans l’élection générale de novembre.

(Pour mieux comprendre le processus d’attribution des délégués: Romney à la poursuite du chiffre magique)

GOP Madness - Bob Gorrell

29 états – 34 scrutins

Au niveau géographique, les militants de 29 états américains ont déjà voté, ainsi que les électeurs de plusieurs « territoires non-incorporés », qui participent aux primaires mais pas à l’élection présidentielle de novembre. Ces territoires ne sont pas considérés comme des états à part entière et leur poids électoral est relativement limité.

Romney a remporté les suffrages dans toutes les îles: Samoa américaines, Guam, Mariannes du Nord et Porto Rico à l’exception des iles Vierges où Ron Paul s’est imposé.

Bilan primaires républicaines (25 mars)

MITT ROMNEY (16 états/20 victoires)

L’ancien gouverneur du Massachusetts est incontestablement le grand favori des primaires avec 16 victoires à son compteur. Candidat le plus modéré, il a surtout du succès dans les zones urbaines et sur les côtes. Par contre il est plus à la peine dans les régions agricoles et dans le centre du pays, par essence plus conservateur. D’obédience mormone, Romney est aussi soutenu par ses coreligionnaires dans quelques états de l’Ouest américain (Utah, Nevada, Idaho, Arizona…)

New Hampshire et Floride (10-31 janvier)

Nevada, Maine, Arizona, Michigan et Wyoming (février)

Washington (3 mars)

Alaska, Idaho, Ohio, Virginie*, Massachusetts et Vermont (Super Tuesday du 6 mars)

Hawaï (13 mars)  +Porto Rico (18 mars)

Illinois (20 mars)  

* Gingrich et Santorum ont dépassé le délai d’inscription et ont de ce fait manqué la primaire de Virginie, un état du sud assez conservateur, qui leur aurait été en principe favorable!

Mitt Romney: la victoire à l'usure

RICK SANTORUM (11 états)

Le challenger de ces primaires a déjà remporté onze états, principalement dans le Midwest et le sud du pays. L’ancien sénateur de Pennsylvanie incarne la seule alternative crédible à Romney, jugé trop modéré pour l’aile plus conservatrice du parti républicain. Santorum a loupé le coche avec la primaire manquée en Virginie.

Il s’en est également fallu de peu qu’il rafle les primaires du Michigan ainsi que dans l’Ohio. Deux états décisifs dans lesquels la machine de campagne de Romney a fait pencher la balance en investissant plusieurs millions de dollars en publicités négatives. Romney gagne là où c’est vraiment nécessaire, un réalisme qui fait toute la différence dans ces primaires.

Iowa (3 janvier)

Colorado et Minnesota (février)

Tennessee, Oklahoma et Dakota du Nord (Super Tuesday 6 mars)

Kansas (10 mars) Alabama et Mississippi (13 mars)

– Missouri* (17 mars)

Louisiane (24 mars)

* Suite à un cafouillage dans l’organisation du scrutin, les résultats ne sont pas définitifs, la victoire de Santorum au Missouri n’est donc pas encore officielle

Rick Santorum: le challenger ultra-conservateur

NEWT GINGRICH (2 états)

Sérieusement distancé, l’ancien Président de la chambre n’a jusqu’à présent remporté que deux victoires : la Caroline du Sud (21 janvier) et la Géorgie (Super Tuesday du 6 mars) dont il a été le représentant pendant vingt ans. Son vivier électoral se concentre dans le sud du pays mais Gingrich s’est fait déborder par son rival ultra-conservateur Santorum, qui l’a finalement devancé dans des états tels que le Tennessee, l’Alabama, le Mississippi ou encore la Louisiane.

Mathématiquement hors course, il n’a pour ambition que d’empêcher Romney d’atteindre le chiffre magique de 1.144 délégués. Qualifié par la presse de saboteur ou d’ agent du chaos, Gingrich continue son travail de perturbateur sans que l’on sache si son retrait servirait ou non la cause de Santorum. Le candidat de Géorgie ne remportera vraisemblablement plus aucune victoire dans ces primaires.
 

RON PAUL

Lanterne rouge des primaires, le texan est aussi le seul candidat sans aucune victoire à revendiquer. Sa stratégie repose uniquement sur la collecte maximale de délégués afin d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti qui se déroulera fin août à Tampa Bay en Floride. Dans son baroud d’honneur, le doyen de la course profitera de cette tribune de premier plan pour diffuser ses idées libertariennes en tentant d’influer sur les lignes directrices du parti.

Carte des 50 états américains

Caucus du Nevada: des résultats toujours partiels…

Décidément, il semble que le flou soit devenu la norme lors de ces primaires. Après le cafouillage électoral du mois dernier en Iowa, le dépouillement des caucus du Nevada n’est toujours pas complet!

Au soir du  3 janvier dernier, Mitt Romney était donné vainqueur en Iowa, avec seulement huit voix d’avance sur son adversaire conservateur Rick Santorum. Deux semaines plus tard, c’est finalement ce dernier qui l’emportait officiellement, suite à une décision des instances républicaines, avec un avantage de 34 voix sur Romney.

Néanmoins, après analyse des résultats du dépouillement final, huit des 1.774 circonscriptions resteraient « introuvables » ce qui rend ces résultats officiels plutôt incertains, vu l’écart très faible entre les deux candidats. Certains observateurs estiment donc qu’il est impossible de déterminer un gagnant officiel en Iowa.

Ce samedi 4 février au Nevada, le système de dépouillement fait à nouveau parler de lui. Si la victoire de Mitt Romney est ici garantie, au vu de son avance collossale sur ses poursuivants, le dépouillement complet des bulletins n’est pas encore terminé!  

§ Source des résultats: Washington Post 

>> Mise à jour: résultats définitifs…

1° MITT ROMNEY   (Michigan/Massachusetts)
> 50,1 %   /   16.486 votes de préférence

2° NEWT GINGRICH   (Géorgie/Virginie)
> 21,1 %   /   6.956 votes de préférence

3° RON PAUL (Texas)                                                                                                                                                                                                                             >  18,8 %   /   6.175 votes de préférence

4° RICK SANTORUM (Pennsylvanie)
10 %   /   3.277 votes de préférence


Calendrier des primaires républicaines de 2012

Pour remporter l’investiture du parti républicain, un candidat doit récolter un minimum de 1.144 délégués, soit la majorité simple, sur un total de 2.286 délégués à travers tout le pays.

Les délégués du parti sont le plus souvent des élus locaux, des partisans des candidats ou des militants actifs du parti. Bien évidement, le nombre de délégués dont dispose un état est représentatif de son poids démographique. Ainsi l’Alaska représente 27 délégués, tandis que la Californie, l’état américain le plus peuplé, en « pèse » 172!

A noter qu’il existe deux types de délégués: les « pledged delegates » , qui doivent voter pour le candidat qu’ils représentent et les « unpledged delegates » (beaucoup moins nombreux), qui sont libre de voter pour le candidat de leur choix. Même si dans les faits, le gagant sera connu avant la fin des primaires (au plus tard fin juin), les délégés voteront de façon symbolique pour élire le champion républicain, lors de la convention du parti qui se tiendra le 27 au 30 août prochain à Tampa, en Floride.

Du côté démocrate, il n’y a pas vraiment d’enjeu dans ces primaires qui servent uniquement de répétition aux militants, le tandem « Obama-Biden » se représentant sans opposition en 2012. La convention du parti démocrate se tiendra à Charlotte, en Caroline du Nord, du 3 au 6 septembre.

Le face à face entre Obama et le candidat républicain se déroulera  le 6 novembre prochain. Pour gagner, le candidat devra alors rassembler une majorité de 270 « grands électeurs », sur un total de 538. Quant à l’ultime étape de l’élection, l’investiture présidentielle, elle aura lieu dans plus d’un an, soit le 20 janvier 2013

Primaires de janvier – http://edition.cnn.com/ELECTION/2012/primaries.html

§ Primaires républicaines en janvier 2012 (4 états)

– 3 janvier >  Caucus de l’Iowa  – Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral : 6 grands électeurs

10 janvier > Primaire du New Hampshire – Poids dans les primaires: 12 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs

21 janvier > Primaire de Caroline du sud – Poids dans les primaires: 25 délégués /Poids dans le collège électoral: 9 grands électeurs

31 janvier > Primaire de Floride – Poids dans les primaires: 50 délégués /Poids dans le collège électoral: 29 grands électeurs (3ième état le plus important du pays, ex-æquo avec l’état de New York)

§ Primaires républicaines en février 2012 (6 états)

4 février > Caucus du Nevada – Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral: 6 grands électeurs

7 février > Caucus du Colorado – Poids dans les primaires: 36 délégués / Poids dans le collège électoral: 9 grands électeurs

> Caucus du Minnesota – Poids dans les primaires: 40 délégués / Poids dans le collège électoral: 10 grands électeurs

 > Primaire du Missouri – Poids dans les primaires: 52 délégués / Poids dans le collège électoral: 10 grands électeurs

( Cette primaire, purement symbolique, est désormais remplacée par un caucus le 17 mars… )

11 février  > Caucus du Maine – Poids dans les primaires: 24 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs

28 février > Primaire d’ Arizona – Poids dans les primaires: 29 délégués / Poids dans le collège électoral: 11 grands électeurs

                      > Primaire du Michigan – Poids dans les primaires: 30 délégués / Poids dans le collège électoral: 16 grands électeurs

§ Primaires républicaines en mars 2012 (19 états)

3 mars > Caucus de Washington – Poids dans les primaires: 43 délégués / Poids dans le collège électoral: 12 grands électeurs

6 mars « Super Tuesday »! > Primaires républicaines dans 10 états…

> Caucus d’Alaska – Poids dans les primaires: 27 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs

> Caucus du Dakota du Nord Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs

> Primaire de Géorgie Poids dans les primaires: 76 délégués /Poids dans le collège électoral: 16 grands électeurs

> Caucus de l’Idaho Poids dans les primaires: 32 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs

> Primaire du MassachusettsPoids dans les primaires: 41 délégués /Poids dans le collège électoral: 11 grands électeurs

> Primaire de l’Ohio Poids dans les primaires: 66 délégués / Poids dans le collège électoral: 18 grands électeurs

> Primaire d’OklahomaPoids dans les primaires: 43 délégués / Poids dans le collège électoral: 7 grands électeurs

> Primaire du Tennessee Poids dans les primaires: 58 délégués / Poids dans le collège électoral: 11 grands électeurs

> Primaire du VermontPoids dans les primaires: 17 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs

> Primaire de Virginie Poids dans les primaires: 49 délégués  / Poids dans le collège électoral: 13 grands électeurs

10 mars  > Caucus du KansasPoids dans les primaires: 40 délégués / Poids dans le collège électoral: 12 grands électeurs   & Caucus des îles Vierges

> Caucus du Wyoming Poids dans les primaires: 29 délégués /Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs

13 mars > Primaire de l’Alabama – Poids dans les primaires: 50 délégués / Poids dans le collège électoral: 9 grands électeurs

> Caucus de HawaïPoids dans les primaires: 20 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs

& Caucus des îles Samoa américaines ( poids dans les primaires: 9 délégués )
> Primaire du Mississippi – Poids dans les primaires: 40 délégués / Poids dans le collège électoral: 6 grands électeurs
– 17 mars > Caucus du MissouriPoids dans les primaires: 52 délégués / Poids dans le collège électoral: 10 grands électeurs
18 mars > Caucus de Porto Rico – Poids dans les primaires: 23 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs
20 mars > Primaire d’Illinois – Poids dans les primaires: 69 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs
24 mars > Primaire de Louisiane – Poids dans les primaires: 46 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs

§ Primaires républicaines en avril 2012 (8 états+DC)
3 avril > Primaire du district de Columbia (Washington DC) – Poids dans les primaires: 19  délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs
> Primaire du Maryland – Poids dans les primaires: 37 délégués / Poids dans le collège électoral: 10 grands électeurs
> Primaire du Texas – Poids dans les primaires: 155 délégués / Poids dans le collège électoral: 38 grands électeurs (2ième état le plus important du pays après la Californie)
> Primaire du Wisconsin – Poids dans les primaires: 42 délégués / Poids dans le collège électoral: 10 grands électeurs
24 avril > Primaire du Connecticut – Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral: 7 grands électeurs
> Primaire du Delaware – Poids dans les primaires: 17 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs
> Primaire de New York – Poids dans les primaires: 95 délégués / Poids dans le collège électoral: 29 grands électeurs (3ième état le plus important du pays, ex-æquo avec l’état de Floride)
> Primaire de Pennsylvanie – Poids dans les primaires: 72 délégués / Poids dans le collège électoral: 20 grands électeurs
> Primaire de Rhode Island – Poids dans les primaires: 19 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs
§ Primaires républicaines en mai 2012 (7 états)
8 mai  > Primaire de Caroline du NordPoids dans les primaires: 55 délégués / Poids dans le collège électoral: 15 grands électeurs
> Primaire d’Indiana – Poids dans les primaires: 46 délégués / Poids dans le collège électoral: 11 grands électeurs
> Primaire de Virginie-Occidentale – Poids dans les primaires: 31 délégués / Poids dans le collège électoral: 5 grands électeurs
15 mai  > Primaire du Nebraska – Poids dans les primaires: 35 délégués / Poids dans le collège électoral: 5 grands électeurs
> Primaire de l’Oregon – Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral: 7 grands électeurs
22 mai > Primaire d’Arkansas – Poids dans les primaires: 36 délégués / Poids dans le collège électoral: 6 grands électeurs
> Primaire du Kentucky – Poids dans les primaires: 45 délégués / Poids dans le collège électoral: 8 grands électeurs
§ Primaires républicaines en juin 2012 (6 états)
5 juin > Primaire de Californie – Poids dans les primaires:  172 délégués / Poids dans le collège électoral: 55 grands électeurs (Premier état du pays en terme de démographie)
> Primaire du Dakota du Sud – Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs
> Primaire du MontanaPoids dans les primaires: 26 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs
> Primaire du New Jersey – Poids dans les primaires: 50 délégués / Poids dans le collège électoral: 14 grands électeurs
> Primaire du Nouveau Mexique – Poids dans les primaires: 23 délégués / Poids dans le collège électoral: 5 grands électeurs
26 juin > Primaire de l’Utah – Poids dans les primaires: 40 délégués /Poids dans le collège électoral: 6 grands électeurs
  & fin officielle des primaires républicaines…

Rick Perry « toujours dans la course »

Rick Perry est un battant. Malgré la raclée qu’il vient de se prendre en Iowa, malgré les bourdes à répétition et malgré les sondages qui le donne perdant, le candidat texan ne jette pas l’éponge. Après une courte pause de réflexion dans le ranch familial, il a décidé de retourner dans l’arène, même s’il est certain de se prendre encore des coups. Respect, cowboy.

En Iowa, le gouverneur texan a donné le maximum. Avec un programme digne d’un marathonien, il a sillonné l’état dans tous les sens, essayant désespérément d’inverser la vapeur. Diffusion massive de spots TV et meetings jusqu’à l’épuisement, ne suffiront pas à vaincre l’engouement populaire pour le nouveau champion des valeurs chrétiennes, Rick Santorum.

Clip de campagne pour l’Iowa 

Spot destiné à nuire à l’image de Rick Santorum, son rival direct

Mais malgré tous ses efforts et un paquet de dollars dépensés, Rick Perry ne fera pas mieux qu’une cinquième place, récoltant à peine 10% des voix. Ce qui ne l’empêchera pas, le soir même, de tenir un discours de vainqueur devant ses partisans. Une situation risible que n’a pas manqué d’épingler Jon Stewart dans un épisode du Dailyshow particulièrement acerbe. (je vous invite à regarder l’émission dans son intégralité, tout le monde en prend pour son grade)

Jon Stewart Vs Rick Perry

Finalement, Rick Perry annonce qu’il se retire au Texas pour réfléchir, avec son équipe, sur l’opportunité de poursuivre ou non sa campagne. Des rumeurs commencent à circuler, le bruit court sur la toile que le candidat pourrait bien jeter l’éponge et rejoindre Bachmann, Cain, McCotter et Pawlenty, sur le banc des abandons qui ne cesse de s’allonger.

Mais après une nuit d’angoisse (pour ses fans) Rick Perry a rassuré, via son comte Twitter. Il part en Caroline du Sud, afin d’organiser la suite de sa campagne. Une nouvelle qui doit plaire à l’équipe de Mitt Romney, qui profite ainsi de l’éparpillement des voix ultra-chrétiennes, entre Perry et Santorum.

Primaires de janvier

En ce qui concerne la primaire du 10 janvier au New Hampshire, Rick Perry ne se berce pas d’illusions. Cela ne sert plus à rien de faire campagne dans cet état déjà largement dominé par d’autres candidats. Il finira vraisemblablement dernier (Bachmann a abandonné) et se prépare donc  déjà aux échéances suivantes : la Caroline du Sud (le 21) et la Floride (le 31), deux états importants sur la route de l’investiture républicaine. A l’heure actuelle, il est au plus mal dans les sondages mais deux semaines de matraquage médiatique intensif peuvent encore changer la situation.

S’il ne rassure pas ses partisans avec un succès dans le courant du mois, il devra attendre février ou même jusqu’au « Super Tuesday » le 6 mars, quand enfin, le Texas devra voter. Et d’ici là, énormément de choses peuvent se passer, dans cette campagne particulièrement volatile, où une semaine représente une éternité politique.

“Desperate Republicains”, série télé de l’année?

Dans la foulée du caucus de l’Iowa et de l’abandon de Michele Bachmann, chronique à chaud de Thomas Halter, reprise de son blog homonyme. Bonne lecture…

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Ça y est! C’est parti! Le caucus de l’Iowa marque le départ de la nouvelle saison d’une de mes séries préférées : la course à l’investiture républicaine.

Une fois n’est pas coutume, le scénario qui se dessine semble tout droit issu de l’esprit d’une équipe d’auteurs de sitcom à succès. Décor, personnages, rythmique, public cible, idéologie sous-jacente, punch lines, gimmicks, produits dérivés, annonceurs et autres paramètres sont tous maîtrisés pour toucher le public le plus large possible. Jackpot à tous les coups. On peut lancer la production !

Le premier épisode a lieu à Des Moines, Iowa. État bleu foncé du centre du pays, peuplé de 3 millions d’habitants. Les personnages s’y sentent bien et savent que la concurrence sera galvanisée par l’opportunité de marquer les esprits. Le pilote de la série définit les épisodes à suivre et personne ne veut la place du mort qu’occupe Michelle Bachmann.

Aaaah Michelle… Dommage, elle est sexy, et bien réac’, ce qui la rend encore plus sexy. Mais son agent l’a plantée pour un autre personnage, et la responsable du casting a bien dû constater l’ampleur des dégâts. Une caravane en moins à charge de la prod’. « On reste en contact, Michelle. On aura besoin de figuration et on aime ton côté Bree Van de Kamp. Tu es en extra, voilà. Allez, cia-ciao. »

Dommage, on l’imaginait bien fricoter avec un des autres personnages, tous masculins. Peut-être Rick Perry, le Joey Tribbiani de la bande. Pas très malin, mais charmant et jamais avare d’une gaffe incroyable pour faire marrer les copains et le public. On n’y croit pas des masses mais c’est quand même le cow-boy de la bande, ce qui a son importance dans une production hollywoodienne.

Surtout avec le personnage du méchant, Newt ‘J.R.’ Gingrich. Gingrich est le salaud que vous adorerez détester. Et il serait regrettable de faire l’impasse sur quelques duels Perry-Gingrich. Le public adore ça, sans parler de l’inépuisable source à bêtisier que constitueront ces images. Il faut donc maintenir ces deux-là dans le script jusqu’à ce qu’ils s’entretuent. Mort des deux personnages. Générique sur fond d’images du prochain épisode. Effet dramatique et addiction totale du public assurés.

« La semaine prochaine, Jochn McCain, héros de la saison précédente, apparaîtra aux côtés de Mitt Romney le temps d’un épisode. Ne ratez pas les chaleureuses retrouvailles des frères ennemis ! En direct sur FoxNews ! » Il faut dire que Mitt ‘Richie Rich’ Romney semble peiner à endosser le rôle principal de la série. Il connaît bien ses répliques mais il est nul en impro et ne parvient pas à séduire les foules à cause de son sourire Pepsodent et de ses costars à dix mille dollars.

Rick Santorum l’a compris et compte bien en profiter. Le Ned Flanders de service compte se servir de Romney comme d’un escabeau pour grimper dans l’estime du public. Réactionnaire bigot légitimé par son statut de père de famille nombreuse, il rassure la ménagère tout en caressant les rednecks dans le sens du poil. Son aura fanatique hissera-t-elle son nom en tête du générique ? Ron ‘Sheldon’ Paul profitera-t-il finalement des faux-pas de ses adversaires pour faire entendre ses idées ? La production semble encore hésiter à lui donner plus de répliques, car son discours est trop rationnel et équilibré pour susciter assez de réponse émotive auprès du public.

Quoique. Après tout, les geeks sont de plus en plus hype…

THOMAS HALTER

Bachmann: abandon sur KO

L’égérie du Tea Party avait beau sourire à pleines dents, hier soir devant ses supporters en Iowa, elle n’en menait déjà plus large…

En courbe descendante dans les sondages depuis des semaines, la seule candidate féminine en lice pour l’investiture républicaine n’a jamais été en mesure de retrouver le succès son début de campagne, l’été dernier. Éclipsée par Rick Perry qui se lançait alors dans la bataille, Bachmann se fera tour à tour dépasser par Romney, Cain, Gingrich, Paul, puis Santorum. Bref, presque l’ensemble des candidats du parti.

Abandonnée la semaine dernière par Kent Sorenson, son directeur de campagne pour l’Iowa, la campagne se Bachman prenait déjà l’eau de toutes parts. Quand le bateau coule, les rats s’empressent de quitter le navire et Kent Sorenson a vite fait de rejoindre l’équipe de Ron Paul « qui est plus à même de battre Romney et de remporter l’investiture du parti » avait-il alors annoncé à la presse.

Seul Dieu semblait alors ne pas se détourner de Michelle Bachmann mais au vu des résultats définitifs, il n’a clairement pas exaucé ses prières. L’humiliation est totale pour la candidate qui concourrait pourtant à domicile. Avant-dernière du peloton, elle peine à obtenir 5% des voix et ne devance que Jon Huntsman, qui n’a même pas fait campagne en Iowa!

Dans une conférence de presse, au lendemain du verdict sans pitié de ses concitoyens, Michelle Bachmann a annoncé se retirer de la course à l’investiture républicaine. Elle a également, comme il est de coutume, demandé à ses supporters de s’unir autour du futur champion du parti, sans pour autant préciser à qui elle apportera son soutien.

Comme j’en parlais aujourd’hui même sur ce blog, son seul espoir est d’être éventuellement repêchée comme Vice-Présidente par le favori républicain, un candidat qui aurait peut être intérêt à rallier à sa cause les sympathisants du Tea Party…

Mitt Romney, l’appel est lancé.

 

 

 

Romney vainqueur en Iowa…avec 8 voix d’avance !

A l’issue d’une soirée riche en rebondissements, Mitt Romney a finalement remporté à l’arrachée le caucus de l’Iowa, juste devant l’ultraconservateur Rick Santorum.

Il aura fallu attendre l’annonce officielle de Matt Strawn, président du parti républicain de l’Iowa, pour enfin départager les deux gagnants du premier scrutin des primaires. Jamais une élection dans cet état n’avait été aussi serrée et plus que jamais chaque vote a compté.                        Une visite éclair dans un bar du coin, quelques poignées de mains supplémentaires, des  indécis qui se laissent finalement convaincre, la victoire en Iowa s’est vraiment jouée à pas grand-chose.

Résultats définitifs

A l’issue du dépouillement final, Mitt Romney et Rick Santorum flirtent chacun avec les 25%, avec respectivement 30.015 et 30.007 voix de préférence. Ron Paul, qui était annoncé initialement en tête, complète le podium avec 26.219 sympathisants, soit 21,5% des votes.
Loin derrière le trio de tête arrive Newt Gingrich (13%), devant le texan Rick Perry (10%). Michele Bachmann se couvre de ridicule en sixième position (5%) seulement devant la lanterne rouge Jon Huntsman (0,6%), qui n’a même pas daigné faire campagne dans l’état.
Bilan après l’Iowa

Contrairement à son programme initial, Mitt Romney est finalement resté à Des Moines, la capitale, pour fêter son premier succès de l’année. S’il était attendu sur le podium, sa première place obtenue au finish contribue à renforcer son image de favori. Largement en tête dans le New Hampshire (22% d’avance selon les derniers sondages RCP) où il a établi son QG de campagne, l’ancien gouverneur du Massachussetts est presque assuré de remporter le deuxième scrutin qui se déroulera le 10 janvier. C’est le candidat le plus stable, le plus crédible, le plus organisé à l’échelle nationale et aussi celui qui possède le plus de ressources. Même s’il peine à séduire l’aile dure du parti, Mitt Romney est selon moi le futur adversaire d’Obama.

Mitt Romney savoure sa victoire dans l'Iowa (Reuters)

A la traîne dans les sondages jusqu’à la veille du scrutin, Rick Santorum aura finalement connu son momentum à un moment idéal. L’ancien sénateur de Pennsylvanie a été relativement épargné par les attaques (ce qui ne va pas durer) et est propulsé grâce à son succès sur le devant de la scène. Encore peu connu de l’électorat républicain, l’engouement médiatique pour le caucus a fait de lui une alternative possible à Mitt Romney. Présenté comme le champion des valeurs religieuses, Santorum a aujourd’hui gagné en crédibilité. Il lui faudra néanmoins confirmer ce bon résultat dans d’autres états, lui qui ne possède pas d’organisation à l’échelle nationale ni de grandes réserves de trésorerie.

Selon moi, il risque de suivre la même voie que Mike Huckabee en 2008. Après avoir marqué les esprits par une victoire en Iowa, le pasteur de l’Arkansas n’arriva pas à garder l’avantage sur la longueur, face à un John Mc Cain qui ratissait plus large. Aujourd’hui, le candidat d’envergure nationale est incontestablement Mitt Romney. N’en déplaise aux stratèges de l’équipe d’Obama qui préférerait devoir affronter Santorum en novembre.

En  troisième position, Ron Paul,  le doyen de la compétition, a paradoxalement séduit l’électorat le plus jeune. Un très bon résultat, en comparaison avec sa cinquième place (10%) obtenue en 2008. Bien placé dans les sondages des prochains scrutins, le candidat libertarien risque de faire encore parler de lui et d’atteindre quelques podiums. Néanmoins, avec son discours radical au niveau économique (suppression d’agences gouvernementales etc) je  doute qu’il arrive à gagner l’investiture du parti.

Les déçus de l’Iowa

Cible d’attaques en règle de la part de ses rivaux et rattrapé par les scandales, Newton Gingrich, qui trônait en tête des sondages pour l’Iowa à la mi-décembre, échoue finalement à la 4ième place. Sentant venir la défaite, le candidat avait pris les devants en annonçant à la presse qu’il ne comptait pas gagner le scrutin. Après avoir relativisé l’importance du caucus, l’ancien président de la Chambre table sur une campagne à long terme, avec une stratégie globale qui vise les 50 états.

Dans le même ordre d’idée, Rick Perry prétend défendre une stratégie d’envergure nationale. Même s’il a essayé de limiter la casse en Iowa avec un véritable programme marathon ces derniers jours, obtenir la cinquième place n’est vraiment pas un bon signal pour une campagne déjà bien moribonde. Je ne serais pas surpris de le voir abandonner la course dans les semaines à venir. Rick Perry devrait selon moi attendre 2016, histoire de faire oublier ses bourdes.

Cuisante défaite pour l’égérie du Tea Party Michele Bachmann, qui malgré une campagne de fond en Iowa, son état natal, peine à obtenir 5% des suffrages. Son vivier d’électorat, très conservateur,  lui a sans doute préféré Santorum ou Ron Paul. Sans grand espoir pour la suite des primaires, elle devrait sans doute replonger dans l’anonymat d’ici peu à moins d’animer un show télévisé sur Fox News. L’héritière de Sarah Palin (en plus crédible selon moi) pourrait éventuellement continuer la course sur un ticket présidentiel, si elle est choisie comme Vice-Présidente par le favori du parti. A l’image de Joe Biden, qui après avoir terminé 5ième en Iowa en 2008 et critiqué Obama pour son inexpérience, est revenu au dernier moment dans la course à la Maison Blanche.

En queue de peloton, Jon Huntsman n’a pas misé grand-chose sur l’Iowa, dans lequel il n’a même pas fait campagne. L’ancien gouverneur de l’Utah concentre ses efforts sur le New Hampshire, où il espère lui aussi enfin connaitre son heure de gloire. Verdict mercredi prochain.

Résultats définitifs – Caucus Iowa

RICK SANTORUM (Pennsylvanie) 

> 24,6%   /   29.839 voix de préférence

2° MITT ROMNEY (Massachussets)

> 24,5%   /    29.805 voix de préférence

>> Annoncé premier au lendemain du scrutin, avec seulement 8 voix d’avance, Mitt Romney a finalement été déclassé suite à un recomptage des voix dans l’état. Finalement, Rick Santorum a gagné le caucus de l’Iowa avec 34 voix d’avance…

3° RON PAUL (Texas)

> 21,4%   /    26.036 voix de préférence

4° NEWT GINGRICH (Virginie/Géorgie)

>13,3%   /   16.163 voix de préférence

5° RICK PERRY (Texas)

> 10,3%   /  12.557 voix de préférence

6° MICHELE BACHMANN (Iowa/Minnesota)

> 5%   /   6.046 voix de préférence

7° JON HUNTSMAN (Californie/Utah)

> 0,6%   /   739 voix de préférence

8° BUDDY ROEMER (Louisiane)

> 0,3%   /   316 voix de préférence

>> Selon les statistiques officielles 614.913 électeurs républicains sont enregistrés en Iowa.

>> Pour le caucus interne du 3 janvier, 122.255 ont voté , soit près de 20%.

§ Source des résultats: Washington Post

« Iowa – We are Nice »

Sympathique petite vidéo qui raille les stéréotypes attribués aux habitants de l’Iowa. En plus d’amuser les gens, le créateur de ce clip voulait souligner le fait que la couverture médiatique de cette campagne en Iowa est fortement biaisée. Le caucus démocrate étant purement formel (Obama se présente sans opposant) les médias ne s’intéressent forcément qu’aux électeurs républicains…

« Des Moines » en Iowa, capitale politique des USA

Après six mois d’une campagne mouvementée, les candidats républicains s’affrontent enfin dans les urnes de l’Iowa, modeste état rural du centre du pays. A l’occasion de ce premier scrutin des primaires, la ville de « Des Moines » vole pour un temps la vedette à Washington, comme capitale politique et médiatique des États-Unis.

Rick Perry, Mitt Romney, Michele Bachmann, Rick Santorum, Newt Gingrich, Ron Paul et Jon Huntsman. Les sept prétendants à l’investiture républicaine, battent le pavé dans les rues, embrassant des bambins et serrant un maximum de mains, à quelques heures du coup d’envoi du caucus de l’Iowa.
Processus politique plus complexe que les simples primaires, pratiquées dans la plupart des états américains, le « caucus » consiste en des réunions de quartier, généralement dans des écoles ou des églises, pendant lesquelles des délégués qui soutiennent tel ou tel candidat tentent de rallier à eux les électeurs présents dans la salle. En plus de voter pour un candidat à la présidentielle, les sympathisants élisent ainsi les délégués locaux du parti.
Même si l’Iowa et ses 3 millions d’habitants ne pèse pas lourd au niveau électoral (moins d’1% de la population américaine), c’est sans conteste l’un des états les plus courtisés lors des primaires du fait de son poids symbolique important.

Depuis le succès de Carter en 1976, qui passa, grâce à sa victoire dans l’état, du statut d’anonyme à celui d’outsider, l’Iowa est devenu le point de départ de toutes les campagnes présidentielles. Marquer des points en Iowa signifie lancer sa campagne, échouer envoie par contre un mauvais signal, qui peut même parfois sonner le glas d’un candidat sans grandes ressources.

Vu le prix d’une campagne d’envergure nationale, la plupart des « petits candidats » focalisent leurs ressources sur l’Iowa et le New Hampshire, dont la primaire se déroule une semaine plus tard. Ces deux évènements sont l’unique occasion de marquer les esprits et de ratisser suffisamment de fonds pour assurer la suite de la campagne. Des Moines se transforme ainsi tous les quatre ans champ de bataille politique.  Une situation qui agace certains représentants de petits états voisins, qui ne reçoivent pour ainsi dire aucune attention politique des candidats en lice. Certains analystes politiques dénoncent également cette attention disproportionnée envers l’Iowa, tant médiatique que politique. Ainsi dans certains bars, il y a avait aujourd’hui plus de journalistes présents que d’électeurs…

Dans un article croustillant intitulé « N’hésitez pas à ignorer l’Iowa » (Feel free to ignore Iowa), Gail Collins, éditorialiste pour le New York Times résume « Ce mardi se déroulera une élection visant à sélectionner le candidat préféré d’un petit groupe de gens qui est de fait plus âgé, plus riche et plus blanc que l’électorat américain moyen, et plus extrême que le républicain moyen. Le monde entier observera. Les cookies seront excellents. » S’il est indéniable que l’Iowa est surreprésenté dans la campagne présidentielle, il est difficile de faire autrement. Si à l’avenir, un autre état donne le coup d’envoi des primaires, les bus des équipes de campagne déménageront aussi sec…

A seulement quelques heures du caucus, les tendances et les sondages pleuvent sur la toile.
Si le grand favori Mitt Romney et le libertarien Ron Paul sont assurés de figurer sur le podium, il est très difficile de déterminer dans quel ordre, tant  l’écart entre les candidats est serré. Sans compter le nombre d’électeurs encore indécis. A en croire les derniers sondages, l’ultra-conservateur Rick Santorum complèterait le podium devant Gingrich et Perry, qui ne terminerait que cinquième. Et Bachmann prierait toujours pour un miracle.

Candidats Républicains – Caucus Iowa