« Obama-ville » : la série qui hante l’Amérique

Pour la première fois, l’équipe de campagne de Rick Santorum délaisse Romney pour s’attaquer directement  au président démocrate. Résultat: un spot post-apocalyptique digne d’un film d’horreur. Âmes sensibles s’abstenir. 

2014. Obama en est à son deuxième mandat à la tête du pays et la situation est plus catastrophique que jamais. Marasme économique, chômage caractérisé, inflation galopante, soins de santé inabordables, explosion du prix de l’essence,…  Bref, la première puissance mondiale s’est écroulée et les  États-Unis ne sont plus qu’un vaste chancre dévasté.

Bienvenue dans Obama-ville, petit hameau perdu où la situation est à l’image du pays: sans espoir. Un paysage de désolation aux murs décrépis où des enfants malnutris courent pieds nus dans les ruines à la recherche d’un quignon de pain,…                                                                                       Tel risque d’être l’avenir des Américains, s’ils ne mettent pas un terme à la présidence d’Obama le 6 novembre prochain!

Cette vidéo au format court d’une minute, n’est que le premier volet d’une mini-série de huit épisodes déclinés sur le même thème de l’Obama- phobie. Ce pilote donne déjà le ton en proposant un condensé de toutes les peurs qui hantent aujourd’hui l’Amérique: chômage, perte des valeurs, montée de l’islam radical, etc. Et afin de bien faire passer le message, John Brabender, le réalisateur, utilise toutes les ficelles des films d’horreur…

« The Atlantic Wire » met d’ailleurs en lumière dans un article, quelques éléments du spot tirés de séries télévisées et des films hollywoodiens. Le corbeau de « Six feet under », un hôpital désert comme dans « Walking dead », les hommes en costume sombre de « Matrix » ou encore la filette de « The Ring »,…

Avec tous ces clins d’œil, le montage ressemble plus au final à un parodie qu’à un véritable spot politique mais en tout cas le clip sort du lot et arrive à faire parler de lui…

Le passage le plus troublant survient à la 40e seconde où le visage de Mahmoud Ahmadinejad, président de la république islamique d’Iran, se transforme une fraction de seconde en Barack Obama. Pile au moment où le narrateur parle des ennemis de l’Amérique. Un rapprochement d’un goût douteux, qui rappelle le principe des publicités subliminales.

Avec la crainte croissante d’un Iran nucléarisé, la peur de l’islam radical, le traumatisme du 11 septembre et encore aujourd’hui une bonne partie de l’électorat qui pense qu’au fond Obama est un musulman caché, l’amalgame est assez facile.

Interrogé par un journaliste de Politico, le porte-parole de Santorum assure pourtant que le but n’était pas que les spectateurs pensent que les deux présidents soient une seule et unique personne. L’explication n’est pas très convaincante, surtout après analyse du choix des portraits: même cadrage, même profil, vêtements identiques…

Une spécialité américaine

Le premier amendement de la Constitution américaine, qui assure une totale liberté d’expression permet aux candidats de dire à peu près ce qu’ils veulent. Avec comme résultat des spots publicitaires hauts en couleurs et parfois violents. Une spécificité de la politique américaine qui ne s’importera pas tout de suite en Europe, où le public est différent et où les techniques de communication sont toujours une génération en retard.

Mais qui sait? La « vieille Europe » rattrape bien souvent sa cousine américaine. Le principe des primaires au sein d’un parti, le modèle des débats télévisés entre candidats et aussi l’art de la politique via les réseaux sociaux a bien traversé l’Atlantique. Difficile aujourd’hui d’imaginer l’équipe de campagne de François Hollande réaliser un spot de ce genre sur Sarkozy, qui brigue lui aussi un deuxième mandat…

Pour l’anecdote, la ville d’Obama existe réellement. C’est une petite bourgade de pêcheurs dans la préfecture de Fukui, au Japon. Lors de la campagne de 2008, les habitants avaient d’ailleurs supporté le sénateur de l’Illinois!

Photomontage anonyme d'Obama-ville

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Pour suivre les primaires en Arizona et au Michigan :

Dans l’ « état du grand canyon » il s’agira d’un scrutin de type « Winner take all ». Le candidat qui engrange le plus de voix rafle d’un seul coup les 29 délégués mis en jeu.

Selon la moyenne des sondages établie par « Real Clear Politics », Mitt Romney se profile comme le favori de l’élection. Le mormon peut compter sur le soutien de ses nombreux coreligionnaires qui peuplent cette région. En outre, il bénéficie du soutien du sénateur de l’Arizona, le dernier champion républicain des présidentielles, John McCain.

L’ultra-conservateur Rick Santorum devrait probablement terminer deuxième. Newt Gingrich et Ron Paul ne peuvent pas espérer grand chose de cette élection où de toute façon seule compte la première place …

En ce qui concerne le Michigan, le système proportionnel entrera en vigueur pour répartir les 30 délégués mis en jeu, entre les différents candidats.

Selon les derniers sondages, il est impossible de départager les deux favoris du scrutin dans l’« état des grands lacs ».  L’issue de l’affrontement entre Mitt Romney et Rick Santorum est la grande question du jour…

Et selon toute vraisemblance, Newt Gingrich et Ron Paul devraient encore terminer loin derrière ce duo.

§ Plus d’infos sur la primaire du Michigan dans les articles précédents :

Romney joue son honneur au Michigan      

Je suis démocrate donc je vote républicain

§ Quelques liens pour analyser les résultats en direct :

>> Washington Post

>>New York Times

>> Politico

>> CNN

>> USA Today