La messe est dite chez les républicains

Les stratèges du parti de l’éléphant et les analystes politiques des différents médias américains sont désormais unanimes. Mitt Romney remportera à terme l’investiture républicaine et affrontera Barack Obama dans l’élection générale de novembre.

Quatre candidats sont toujours en course mais le suspense est déjà retombé. Même si techniquement la campagne des primaires pourrait durer jusque juin, les jeux sont faits et rien ne pourra plus arrêter Mitt Romney.  A chaque scrutin, le favori creuse l’écart sur ses poursuivants et se rapproche toujours plus du fameux « nombre magique » des 1.144 délégués, ligne d’arrivée symbolique de la course à l’investiture.

Depuis les derniers succès de l’ancien gouverneur du Massachusetts, plusieurs indices viennent encore confirmer sa victoire inéluctable. A l’image d’Obama, qui l’a pour la première fois attaqué nommément lors d’une conférence de presse. La consigne est donnée et le camp démocrate décoche ses premières flèches avec des spots ouvertement hostiles à Romney.

(Caricature de Bosch Fawstin)

Romney recrute du soutien

Côté républicain, le rythme est également en train de s’accélérer et de nombreux poids lourds du parti se rallient à la candidature du mormon. Car si le parti est profondément divisé entre une aile plus modérée et une autre plus conservatrice, un projet commun fédère l’ensemble des militants: empêcher un deuxième mandat du président démocrate. Romney est souvent considéré comme le « candidat par défaut » ou le « favori mal aimé » mais il reste néanmoins le seul espoir pour reprendre le contrôle de la Maison Blanche!

Parmi les « nouvelles recrues » de la cause Romney, se trouve tout d’abord Jeb Bush.  A la fois frère de l’ancien président et très populaire ex-gouverneur de Floride, il représente un atout de taille dans cet état qui se révèle souvent décisif. Membre de la vieille garde républicaine, son père Georges H.W. Bush, 41e président des États-Unis et héritier de Reagan est également un allié intéressant au niveau symbolique.

Le sénateur de Floride Marco Rubio a également rejoint la campagne du favori. Étoile montante du parti, le politicien d’origine cubaine est un point fort pour séduire l’électorat latino et il est d’ailleurs souvent cité comme candidat potentiel à la vice-présidence sur le ticket républicain.     A l’instar de l’ambitieux Paul Ryan, président de la commission budgétaire de la chambre des représentants et opposant affirmé d’Obama. Des jeunes loups qui risquent de faire beaucoup parler d’eux à l’avenir.

Depuis le début des primaires, Romney avait également gagné le soutien du sénateur de l’Arizona John McCain. Même si l’ancien adversaire d’Obama s’était quelque peu  emmêlé les pinceaux en déclarant soutenir le président démocrate!

Le favori mal aimé

La consigne des cadres du parti républicain est claire : faire bloc autour de Romney afin d’organiser au plus vite la campagne de novembre face au président démocrate. Il faut mettre un terme à cette campagne des primaires qui tire en longueur et qui s’avère désastreuse pour l’image du favori. Attaqué sans cesse par ses rivaux,  la côté de popularité de Romney en a réellement pris un coup et le candidat a perdu pas mal  de terrain au profit d’Obama.

Selon un récent sondage d’ABC News et du Washington Post,la moitié des électeurs américains ont déjà une opinion négative du favori républicain.  Un record qui date de 1984! Et cela avant même que la machine démocrate et ses publicités négatives ne se mette en marche…

C’est pourquoi Karl Rove, stratège par excellence du parti appelle les rivaux de Romney à jeter l’éponge au plus vite.
Dans un édito du Wall Street Journal, l’éminence grise de la famille Bush a littéralement détruit la candidature de Rick Santorum, estimant qu’elle était vouée à l’échec et que « sa stratégie de faire trainer les primaires relevait d’une tentative désespérée« . Un constat sans appel.

Karl Rove, l'éminence grise de Georges W. Bush

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