Google s’invite à la Maison Blanche

La société californienne continue son projet de numérisation du monde. Après les livres anciens, les chefs d’œuvres des musées et les endroits inaccessibles de la planète, l’application « Google View » débarque au 1600, Pennsylvania Avenue.

Arpenter les couloirs de la Maison Blanche, en pantoufles et simplement vêtu d’un peignoir est désormais possible. Plus besoin non plus de se rendre jusqu’à Washington pour visiter l’endroit le plus mythique des États-Unis. Mais si la balade reste évidemment virtuelle, le parcours est intéressant à plus d’un titre, car certaines pièces sont généralement interdites au commun des mortels.

Les services secrets ont passé au peigne fin toutes les images, donc peu de chance de trouver des perles, comme ailleurs sur la toile. Pas de cliché insolite d’Obama fumant discrètement une cigarette dans bureau ovale, ni de « Bo » le chien présidentiel, s’essuyant les pattes sur le tapis. Néanmoins, le visiter pourra jeter un œil à différentes pièces, toutes débordantes de statues et de tableaux.

Comme le raconte la First lady : « Des milliers de personnes ont parcouru ces salles afin d’en admirer les œuvres d’arts. Ils ont observé les portraits des plus célèbres présidents : Washington, Lincoln ou Kennedy ». « Ils ont imaginé l’histoire qui s’est faite ici. A présent, vous pouvez faire tout cela sans sortir de chez vous !».

L’objectif de Google est de présenter au public des œuvres d’arts difficiles d’accès. A cette fin, la société tentaculaire a fusionné son application « Google View » qui permet de circuler un peu partout dans le monde avec « Google Art », un programme qui donne accès aux collections des plus célèbres musées. Avec déjà un catalogue de plus de 30.000 œuvres à travers 40 pays…

Rien ne semble pourvoir combler la boulimie du géant californien qui trouve sans cesse d’autres proies à se mettre sous la dent. Vu que parcourir les rues de Kyoto ou de San Francisco est déjà démodé, la société est partie récemment à la conquête de la jungle amazonienne.Histoire de se la jouer aventurier en toute sécurité.

Pour les plus blasés, il est également possible de partir à la recherche d’épaves au fond des océans ou encore d’explorer la surface de la planète mars.

La visite virtuelle de la Maison Blanche est désormais accessible à tous et peut être qu’en ce moment le favori républicain Mitt Romney utilise cette dernière application de Google. Afin de préparer au mieux son prochain déménagement.

La planète Mars à portée de click

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« The Road We’ve Traveled »: le film dont Obama est le héros

Annoncé depuis plusieurs semaines, le film promotionnel de la campagne de réélection du président démocrate est enfin dévoilé aux sympathisants. Dans cette vidéo publicitaire réalisée à la manière d’un documentaire, le premier mandat d’Obama est revisité à la sauce hollywoodienne. Résultat:  un clip parfait de 17 minutes où le spectateur ne peut qu’apprécier le travail de l’occupant actuel de la Maison Blanche, avant de le supplier de bien vouloir rester 4 ans de plus…

Le trailer diffusé il y a une dizaine de jours, donnait déjà le ton (lire Obama sur la route des oscars): l’équipe de campagne de Barack Obama se donne les moyens de lui assurer un deuxième mandat. Tom Hanks  pour la voix-off, David Guggenheim à la réalisation, une bande son accrocheuse, des images parfaites et un montage chirurgical. Avec l’ intervention des poids lourds du parti démocrate: le couple Clinton, la First Lady, Joe Biden, David Axelrod… Rien n’est laissé au hasard dans ce concentré de l’Amérique qui gagne: les États-Unis d’ Obama.

Le film commence avec l’élection d’Obama en novembre 2008, une période qui coïncide avec la profonde crise économique que traverse alors les États-Unis. Avant sa prise de fonction, l’ancien sénateur de l’Illinois se rend compte que la situation est véritablement catastrophique et qu’il va falloir sauver le pays de la banqueroute…

Le décor est planté. Installez vous confortablement dans le canapé, avec une boisson sucrée et un seau de pop-corn. Voici « The Road We’ve Traveled », le film où vous ne pourrez qu’aimer Barack Obama…

La scénarisation du film est assez limpide. Dans la première partie, le président fraichement élu doit se retrousser les manches pour sortir l’Amérique de la crise. Gouverner c’est toujours choisir et Obama prend parfois des décisions controversées pour assurer le salut du pays: comme ses nombreux plans de relance économiques de plusieurs centaines de milliards de dollars…

Dans la deuxième partie, le spectateur réalise que le pari risqué d’Obama s’avère finalement payant, à l’image du sauvetage des « géants » de l’industrie automobile. Petite pique au passage pour le rival républicain Mitt Romney, qui proposait à l’époque de laisser couler General Motor, dans sa chronique devenue très célèbre « Let Detroit Go Bankrupt ». L’économie redécolle petit à petit, les chiffres du chômage s’améliorent, bref l’avenir s’annonce radieux si les électeurs gardent le même capitaine à la barre bien entendu!

Un autre chapitre est consacré à la réforme des soins de santé, un dossier épineux sur lesquels plumiers administrations se sont déjà cassées les dents. Mais ici encore, seul face à une opposition républicaine sans précédent, Obama garde le cap et impose finalement son projet.

Après la séquence « Obama le visionnaire », le clip se concentre sur les faits d’armes du président démocrate. Comme il l’avait promis, les troupes sont de retour d’Iraq, juste à temps pour célébrer Thanksgiving. Certes, il n’y aura plus de pertes américains sur le sol irakien mais la situation sur place ne s’améliore pas pour autant.

En ce qui concerne l’autre grand théâtre d’opération, le conflit afghan s’éternise depuis plus d’une décennie et personne ne sait comment mettre un terme à ce gouffre humain et financier. Constant identique pour la fermeture du camp de Guantánamo, une autre promesse tombée aux oubliettes. Mais ces remarques des mauvaises langues n’ont pas leurs places pas dans ce film dédié uniquement aux succès d’Obama.

Le retour des troupes, un autre succès d'Obama

Bref, après la sortie du bourbier irakien, le président démocrate a également réussit l’exploit de mettre un terme à la cavale sans fin de l’ennemi public N°1. L’opération Geronimo qui mena à l’exécution d’Oussama Ben Laden est un succès majeur de son mandat, une autre preuve qu’Obama a toutes les qualités requises par un chef. Un autre point fort pour l’élection  de novembre, face à Mitt Romney qui a échappé au service militaire et n’a donc aucune expérience dans ce domaine.

L’administration Obama semble réussir sur tous les fronts et le spectateur peut se rendre compte de l’ampleur de la tâche effectuée en moins d’un mandat: reprise de l’étude sur les cellules souches, abolition de la doctrine « Don’t ask, don’t tell » (concernant la discrimination des homosexuels dans l’armée), augmentions des  bourses étudiants, succès diplomatiques à l’étranger, réforme de Wall Street, développement des énergies renouvelables,…

Il y a fort à parier qu’en ce moment même des mains républicaines réalisent une nouvelle mouture de ce « documentaire » mais en y rajoutant quelques remarques moins obligeantes envers le président démocrate. En abordant par exemple l’ affaire Solyndra, du nom de la société de panneaux solaires qui avait bénéficié de large subventions de l’administration Obama avant de finalement déposer le bilan. Un scandale qui avait éclaboussé la Maison Blanche en septembre dernier.

Et Tom Hanks de conclure : « Il a changé la façon dont le monde nous regarde« .  Obama et les États-Unis deviennent indissociables. Au cas ou ce n’est pas clair, l’électeur doit absolument voter pour le président-candidat le 6 novembre prochain. Histoire de lui offrir un seconde mandat et d’assurer une happy end à ce film de campagne.

Moment Zen: Obama partage une tasse de thé avec le Dalaï-Lama

Obama sur la route des Oscars

En pleine campagne électorale, Barack Obama a décidé de s’offrir un véritable film promotionnel. Beaucoup plus élaborée que les spots télévisés habituels de 30 secondes, cette vidéo de 17 minutes est entièrement dédiée à la gloire de l’occupant actuel de la Maison Blanche.

Intitulé « The Road We’ve Traveled », ce documentaire d’un nouveau genre revient sur les trois premières années de mandat du président démocrate. S’il faudra attendre le jeudi 15 mars avant de pouvoir le visionner dans son intégralité, le teaser est d’ores et déjà diffusé sur la toile…

Un casting de choc

A la tête d’un trésor de guerre colossal, l’équipe de campagne d’Obama s’est permis le luxe d’engager la crème de la crème pour réaliser cette « superproduction démocrate ».

Pour la bande son : Tom Hanks, qui reste quand même l’un des acteurs américains les plus populaires. Au niveau de la réalisation : David Guggenheim, qui avait déjà concocté par le passé « An Inconvenient truth » (une vérité qui dérange).

C’est d’ailleurs grâce à ce documentaire consacré au réchauffement climatique dont il était le narrateur, qu’ Al Gore, l’ancien Vice-Président de Clinton, a remporté le prix Nobel de la paix en 2007.

Barack Obama, qui a déjà reçu cette distinction en 2009, « Pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples » (sic) vise plutôt sa réélection comme président des États-Unis. Mais gagner à nouveau la course à la Maison Blanche sera loin d’être une sinécure pour le président en exercice qui est au plus mal dans les sondages.

Avec seulement 47% d’opinions favorables,  la cote de popularité d’Obama n’est pas très enviable, à moins de huit mois de l’élection. S’il veut susciter l’engouement comme en 2008, l’ancien sénateur de l’Illinois devra à nouveau séduire les électeurs. Et quoi de mieux pour convaincre l’opinion qu’une belle fresque hollywoodienne?

Un « documentaire publicitaire »

Dans ce film forcément très subjectif, Obama jouera son propre rôle. Celui d’un président au centre du bureau ovale, confronté quotidiennement à des choix difficiles. Une récession économique sans précédent, le secteur automobile au bord de la faillite, la réforme du système des soins de santé,… Et force est de constater que durant ses trois premières années de mandat, les défis à relever n’ont pas manqués.

Autant de crises évoquées par les acteurs clés de son administration, son ancien chef de cabinet Emanuel Rahm, le Vice-Président Joe Biden, ou encore la secrétaire d’État Hillary Clinton.

Obama chef de guerre

Dans un rôle taillé sur mesure pour Denzel Washington, Obama joue également au chef des armées. Avec deux guerres qui n’en finissent pas sur les bras, le président doit limiter les pertes et évacuer les troupes hors des bourbiers irakien et afghan. L’échec de la fermeture de Guantánamo ou la gestion catastrophique de la marée noire en Louisiane seront-t-ils au menu du film? le mystère reste entier. Par contre le climax de cette superproduction est déjà connu: l' »opération Geronimo » qui doit mener à la capture d’Oussama Ben Laden!

S’il n’y a plus vraiment de suspense, l’ennemi public N°1 repose au fond de l’océan depuis mai 2011, la scène filmée en direct depuis la « situation room » plaira certainement aux amateurs de film d’action. Un bon point pour renforcer l’image d’Obama « leader des troupes », lui qui manquait  cruellement d’expérience militaire lorsqu’il était candidat en 2008, face à McCain, le héros du Vietnam!


Politique et Show Business

Depuis toujours, l’exercice de la politique a réclamé des talents d’acteurs. Mais depuis les joutes verbales de l’Antiquité, les médias ont quelques peu évolués. A présent, à l’heure de la campagne 2.0, quelques vidéos bricolés à la va-vite et diffusées sur les postes de télévisions ne suffisent plus.

Avec ce film de promotion,  l’objectif est de montrer qu’Obama a beaucoup plus d’expérience qu’en 2008 et que s’il n’a pas tenu toutes ses promesses c’est à cause de circonstances économiques exceptionnelles. Aujourd’hui, il n’est plus juste un simple candidat à la Maison Blanche mais bien le 44ième président des États-Unis qui brigue un second mandat!

Le film sera diffusé massivement dans les QG de campagne des 50 États afin de mobiliser les partisans démocrates. Il connaitra probablement aussi une diffusion virale sur la toile, où Obama reste le leader incontesté face à des candidats républicains qui ressemblent parfois à des amateurs.

L’ équipe de campagne du président démocrate utilise au maximum les réseaux sociaux depuis les primaires démocrates de 2007, pour propager ses idées et pour récolter des dons. Aujourd’hui, passé maître dans l’art du Storytelling, le président en exercice a « 25 millions d’amis » sur Facebook, est suivi par  13 millions de personnes sur Twitter et a plus de 2.000 vidéos postées sur Youtube! Un réseau colossal pour diffuser ses messages en temps réel et à moindres coûts, qui aura son importance au fur et à mesure que se rapproche l’élection du 6 novembre…