« Un dîner presque parfait » avec Barack & Michelle

En pleine campagne de réélection, le président démocrate accompagné de la First Lady enchaînent les soirées de gala et de collectes de fonds. Pour inciter aux dons, un concours permet à quelques petits donateurs chanceux de partager un repas avec les occupants de la Maison blanche…

Quel est le point commun entre Cathy, Judy et Regia ? Ces femmes américaines ont toutes les trois gagné un ticket pour diner avec le couple présidentiel. Les deux premières ont emmené leurs maris et la troisième a opté pour son père. Un jeune couple dynamique, une paire de retraités et un duo d’afro-américains. Il ne manquait plus qu’un latino pour que la tablée corresponde parfaitement à l’électorat américain.

Grâce à cet habile montage, les milliers de donateurs moins chanceux peuvent eux aussi avoir l’impression de rencontrer  le président et la First Lady en version décontractée.

Pour le « côté intime », il y a l’histoire du « premier date » entre Barack et Michelle, qui jouait à l’époque la carte culture en l’emmenant au musée.
Mais aussi la confession d’Obama qui relate le pire instant de son premier mandat. Il ne s’agit pas d’une décision concernant la crise financière, l’Opération Geronimo pour capturer ben Laden ou encore la gestion de la marée noire au large de la Louisiane. Mais bien du moment où sa fille Sasha a contracté la méningite et a dû subir une ponction lombaire.

« Le monde s’écroule à ce moment-là » affirme Barack, qui avant d’être un président est avant tout un père et un mari. Un procédé classique d’humanisation du candidat qui fonctionne toujours. Les larmes ne sont pas très loin. La transition de l’émotion vers le politique s’effectue sur le thème de la santé, avec la grande frayeur qu’a connu le jeune couple au moment de l’hospitalisation de leur fils.

Heureusement cela se termine par une happy end car les frais de traitement ont pu être pris en charge grâce à la récente réforme des soins de santé. Aujourd’hui, les compagnies d’assurance ne peuvent plus exclure un patient même s’il a déjà un historique médical.   Une « tranche de vie authentique » qui donne enfin un visage à cette fameuse « Obama-care » tant décriée, qui divise l’opinion publique américaine. Le hasard fait décidément bien les choses.

Si vous voulez tenter votre chance et peut-être partager un repas avec Michelle & Barack, il n’y a qu’une seule chose à faire : un petit don pour la campagne de réélection.

Votre cœur balance plutôt du côté républicain ? Pas de problème, tous les candidats à la présidentielle utilisent ce concept de « souper entre amis » pour motiver les donateurs.

Afin de casser son image de millionnaire qui lui colle à la peau, Mitt Romney et Ann sa douce moitié, ne proposent pas un repas prestige avec du caviar à la louche. Mais plutôt un morceau de pizza ou un burger accompagné de frites à l’image de l’Américain moyen. Le favori républicain cherche aussi un compagnon pour assister à un match de baseball lors de la « journée des patriotes ». Avis aux amateurs.

Cette recette de proximité avec les électeurs semble en tout cas porter ses fruits. L’équipe de campagne de Romney a déjà reçu près de 300.000 dons de sympathisants. La campagne d’Obama a quant à elle dépassé le million en octobre dernier…

Publicités

Obama 2012 : le retour du roi de la Com’

A neuf mois de l’élection présidentielle, Barack Obama  sort le grand jeu pour tenter de se faire à nouveau aimer des électeurs. Sans aucun doute, l’occupant actuel de la Maison Blanche ne projette pas de déménager de sitôt et il utilise les vieilles recettes pour faire remonter sa cote de popularité.

Au lendemain de son élection comme 44ième président des États-Unis, en novembre 2008, Obama était au sommet de sa gloire. Battant des records de popularité, l’ancien sénateur de l’Illinois était tout simplement intouchable.  Mais depuis lors, le conte de fée a cédé la place à une réalité bien plus terne et il faut bien l’avouer,  l’ « enfant star d’Honolulu » ne fait plus vraiment rêver. L’emballement médiatique est retombé et les pancartes arborant le slogan gagnant  « Yes We Can » prennent la poussière dans les placards des bureaux de campagne.

C’est bien connu, l’exercice du pouvoir use et le fringuant candidat de 2008 n’a plus grand-chose à voir avec sa version de 2012 aux cheveux gris. Le dynamique outsider qui ruait dans les brancards a laissé place au président du compromis, qui vise surtout  à rester en place afin de pouvoir prester un second mandat. Avant d’être élu, Obama jouait au basket, à présent il pratique surtout le golf, parfois même avec ses adversaires républicains du Congrès…

Obama sur le green en compagnie de John Boehner, chef de file des républicains à la Chambre

Obamania  version 2012

L’homme qui enthousiasmait les foules a-t-il disparu à jamais ? Ou fera-t-il à nouveau surface à mesure que se rapproche l’élection ?
A en croire cette toute nouvelle vidéo concoctée par son équipe de campagne, les conseillers marketing du président ont décidé de dépoussiérer à fond l’image du « héros de l’Illinois ». Avec un spot de 4 minutes 30, destiné à une diffusion virale sur la toile, l’idée est de faire revire la « success story » d’Obama, depuis l’annonce officielle de sa candidature. Au fond, Obama aujourd’hui c’est le même qu’en 2008, avec juste 4 ans d’expérience en plus…

Jeune, sportif, décontracté, proche de sa famille, à l’aise en société, décidé, dynamique,… Bref, tous les éléments de la formule gagnante en 2008 se trouvent dans ce spot, véritable concentré de l’image que doit refléter Obama en 2012 !

Évidemment, pas de traces dans cette vidéo des nombreuses promesses non tenues! Seuls comptent ici les succès du président: la réforme de la santé, l’exécution d’Oussama Ben Laden, le sauvetage de l’industrie automobile, le retrait des troupes d’Iraq,…Obama dispensé des primaires

Toujours coincé sous la barre des 50% d’opinions favorables, à l’exception de la période qui a suivi l’exécution de l’ennemi public N°1, Barack Obama sait qu’il doit séduire à nouveau les foules pour assurer sa réélection.  Tandis que l’attention médiatique se tourne essentiellement du côté républicain où les candidats se livrent une lutte sans merci, le président démocrate est dispensé de l’exercice périlleux (et surtout très couteux) des primaires. Son équipe peut donc se consacrer à organiser la campagne sur le terrain, dans les 50 états du pays et aussi tenter de récolter un maximum d’argent. A l’heure actuelle, le président en exercice a déjà accumulé plus de dons financiers que tous ses opposants réunis, d’autant qu’eux le dépensent à un rythme effréné, afin de rester en course dans ces primaires disputées.   ( article sur le sujet prochainement )

L’art de la cool-attitude

Si depuis quelques semaines, les apparitions d’Obama sont plus fréquentes, elles montrent surtout que l’heure de la campagne de réélection a bel et bien sonné. Ainsi dernièrement, à l’occasion de la fête de la science à la Maison Blanche, le « président qui garde une âme d’enfant », s’émerveille devant un canon à marshmallow…

Quelques jours plus tard, le « président proche du peuple » est surpris (par un photographe qui trainait dans le coin!) en train de toper le poing d’un manutentionnaire du Congrès. Très classe.

Discours de l’état de l’Union, Super Bowl, événements internationaux, l’occupant de la Maison Blanche ne rate pas une seule occasion de faire sa promotion. Privilège de la fonction présidentielle, c’est toujours de la publicité gratuite.
Lorsqu’il est face à un bataillon de journalistes, le « président de la répartie » n’en rate pas une : « Obama le Ninja« « Obama le roi lion», « Obama qui calme les bébés« , « Obama qui taquine son pote Sarkozy », … La liste est longue et il y a fort à parier que quelques perles se rajoutent d’ici au mois de novembre.

Plus country que hip-hop

Si Obama le showman est connu du grand public, son côté crooner l’était moins jusqu’à ce discours, où il s’est permis de pousser la chansonnette. La vidéo d' »Obama roi de la soul » a provoqué un buzz sur internet…avec à la clé un pic de vente pour le titre d’Al Green!

Toujours à la page, un conseiller 2.0 d’Obama a récemment diffusé sur internet sa « playlist de campagne » sur le site de streaming musical Spotify . Des titres populaires, qui seront joués lors des différents rassemblements jusqu’en novembre. Soucieux de séduire l’électorat du Midwest, Obama le mélomane se révèle soudain être un grand amateur de musique country…

Michelle, une alliée de poids

Il ne faut jamais l’oublier, Michelle Obama est le premier soutien du président. Et elle semble déterminée à rester 4 ans de plus la première dame des États-Unis.  En ce moment, la First Lady parcourt le pays, pour célébrer le troisième anniversaire de la campagne anti-obésité « Let’s Move » dont elle est le fer de lance. Et avec sa tournée nationale, elle ne manquera pas de visiter quelques états clés de l’élection présidentielle…
Joignant le geste à la parole, la dynamique occupante de la Maison Blanche ne recule devant rien pour « pousser les enfants à se remuer »  et améliorer du même coup l’image du couple présidentiel. Des pompages sur un plateau TV  ou encore une course  en « un sac à patates » suite à un défi lancé par le comédien à succès Jimmy Fallon. Des images peu banales pour une First Lady, reprises instantanément dans les médias…

Des républicains tout sauf cool

Quand la machine Obama se met en marche, elle a beaucoup de chance de gagner la bataille de la « cool attitude » car du côté républicain ce n’est pas la joie. Parmi les quatre candidats encore en lice, Rick Santorum est sans doute le plus à l’aise en société et le « plus en phase » avec son vivier électoral ultra-conservateur. Ron Paul place parfois quelques bons mots entre des coups de gueule mais il n’a jamais l’air totalement à l’aise, flottant toujours dans des costumes trop grands pour lui. Newt Gingrich est quant à lui un candidat qui fait beaucoup rire mais c’est plus le souvent à ses dépens.

Rick Santorum - Le challenger

Mais celui qui fait assurément le plus de de peine c’est Mitt Romney. Grand favori des primaires, c’est aussi le candidat qui se donne le plus de mal pour ressembler à une personne normale.  Il a beau retourner des saucisses sur les BBQ en jouant au voisin sympa, la sauce ne prend pas. En campagne, il porte des jeans en permanence mais il n’arrive pas à endosser le rôle de l’Américain moyen, à  la manière d’un acteur dont on sent qu’il s’efforce sans succès de rentrer dans un rôle. Avec son brushing inamovible et ses costumes hors de prix, le mormon n’arrive pas à se dépêtrer de son image de millionnaire de Wall Street. Et quand il arrive à placer quelques blagues, cela manque toujours cruellement de spontanéité. A ce jeu là, il n’a tout simplement aucune chance face à Obama…