Mitt Romney VS Eminem: la meilleure parodie des primaires

Grand favori des primaires républicaines, le candidat millionnaire a déjà accumulé une belle série de répliques maladroites et autres dérapages incontrôlés. Des maladresses de campagne qui font la joie des satires en tous genres…

Depuis une semaine, « »Will The Real Mitt Romney Please Stand Up » (que le vrai Mitt Romney se lève) fait un véritable tabac sur la toile, avec déjà près de trois millions de vues.

Un clip qui s’inspire du hit d’Eminem et qui pose la question de l’identité véritable de Mitt Romney. Un montage au scalpel brillamment réalisé, qui dissèque les travers de celui que ses détracteurs surnomment le « candidat robot »…

Millionnaire malgré lui

Alors qu’il n’a pas encore passé le stade des primaires, la stratégie de communication de Mitt Romney a déjà connu quelques ratés. Dès lors que le mormon sort du cadre des discours préétablis pour se laisser aller à une petite improvisation, la sortie de route n’est jamais loin.            Jusqu’à présent, c’est le plus souvent « à chaud », lors des débats avec ses rivaux républicains ou lors de séances de questions-réponses avec des militants, que le favori a commis le plus d’impairs.

A l’image de son désastreux pari à 10.000$ lancé à Rick Perry. Ou encore ses répliques désormais cultes: « J’aime virer les gens« , « Moi aussi je suis au chômage« , « Je ne me préoccupe pas des pauvres« , « Les compagnies sont aussi des gens« , « Ma femme a quelques Cadillac« ,…

Quel est le vrai visage de Mitt Romney?

Le candidat effaçable

En période électorale, tous les candidats commettent des erreurs. A force d’être constamment sous les feux des projecteurs, c’est inévitable. N’importe quelle personnalité publique qui enchaine des dizaines de discours, connaitra de temps à autre de petits couacs. D’autant plus qu’aujourd’hui chaque petite phrase est enregistrée et chaque dérapage peut être diffusée dans la minute sur Internet!

C’est la politique moderne et le but est d’éviter au maximum de tendre le bâton pour se faire battre. Romney accumule les bourdes mais pour sa défense, son « expert en communication » ne fait guère mieux en matière de réplique. Lors d’une interview sur CNN, Eric Fehrnstrom avait comparé son protégé à un « Etch-a-Sketch« , une ardoise magique effaçable à souhait…   (voir l’article: Romney: le candidat « effaçable« )

Carnassier de la finance

Sans revenir dans le détail sur tous les petits ratés de Romney (ça viendra d’ici novembre), ils sont le plus souvent liés à son image d’ultra-riche, qu’il essaye tant bien que mal de dissimuler. Businessman de talent, Romney a amassé une véritable fortune personnelle dans les années 80 grâce à sa société d’investissement Bain capital. Malheureusement, ce golden-boy de la finance doit quelque peu tempérer sa réussite professionnelle car aujourd’hui les traders de Wall-Street ont plutôt mauvaise presse.

Si sa réussite économique et son expérience de manager d’entreprise seront incontestablement des atouts de poids en novembre face à Obama, l’ancien homme d’affaire doit éviter d’apparaitre comme un requin qui collectionne les billets verts. En période de crise économique, l’électeur apprécie moyennement l’étalage d’un train de vie de rentier millionnaire.

Photo-montage du comité national démocrate

Plus de 2 millions par mois

En janvier dernier, Romney avait refusé de communiquer à la presse sa déclaration fiscale, un exercice auquel se plient traditionnellement les présidentiables.

Finalement, le candidat cède sous la pression des médias et révèle ses revenus pharaoniques: près de 45 millions de dollars pour 2010 et 2011. Pas trop mal pour quelqu’un qui n’a pas d’emploi. Pour figurer dans la fameuse catégorie des  « 1% d’ultras-riches » américains, il faut  bénéficier d’un revenu annuel minimum de 380.000 dollars. Une broutille pour Romney, qui gagne cette somme chaque semaine!

Selon le magazine Forbes, la référence en matière économique, les comptables de Romney ont fait de l’excellent travail. Grâce à des tours de passe-passe économique, le millionnaire bénéficie d’un taux d’imposition de seulement 14%, soit bien moins que la plupart des travailleurs américains. A titre de comparaison, le taux d’imposition d’Obama est de 26%, Santorum 28,5% et Gingrich (qui gagne le plus) passe la barre des 30%.

En outre, la déclaration d’impôts du couple révèle des comptes bancaires dans différents paradis fiscaux: en Suisse, aux Bermudes ainsi qu’aux îles Caïmans. Sans compter la pile de lingots probablement enterrés au fond du jardin de la famille Romney.

Comme il est de coutume chez les mormons, le candidat a également fait des dons conséquents à son église. 4 millions de dollars tout de même. Mais l’homme d’affaires n’a de leçon à recevoir de personne en matière d’investissement. Il y a fort à parier que le 6 novembre prochain ses coreligionnaires le lui rendent au centuple dans les urnes!

"Money-Romney" et ses associés, à l"époque de Bain Capital

Publicités

Buddy Roemer: la première vidéo du candidat invisible

Dans cette première vidéo de campagne intitulée « Free to lead »,  l’ancien gouverneur de Louisiane Buddy Roemer se présente en tant que candidat à la présidence des Etats-Unis…

Buddy Roemer peut être qualifié de candidat invisible parce qu’il n’apparait dans pratiquement aucun sondage,  il est rarement invité sur les plateaux télévisés (une apparition tout de même dans le Colbert Report ) et il n’a été invité à aucun des débats opposant les différents candidats du parti!

Buddy Roemer en campagne ( http://www.buddyroemer.com )

Buddy Roemer en campagne - http://www.buddyroemer.com

Sa campagne se déroule essentiellement au niveau local. Il écume les jardins et les foires agricoles du New Hampshire où il a basé son quartier général, tentant de diffuser son message de barbecue en stand à tacos.

Il a néanmoins quitté l’état pour rejoindre New York, le temps de rencontrer des membres du mouvement « Occupy Wall Street » qui dénoncent le pouvoir excessif des institutions financières. Un peu de couverture médiatique ne fait jamais de tort.

La candidature de Buddy Roemer est atypique et à plusieurs titres. Tout d’abord c’est un ancien démocrate qui a rallié le camp républicain mais ce n’est pas une première, le texan Rick Perry a lui aussi changé de bord.

L’ancien gouverneur de Louisiane se démarque surtout au niveau du financement de sa campagne. Alors que la commission fédérale des élections a plafonné la limite des dons privés à 2500$, par personne et par candidat, lui n’accepte pas les dons supérieurs à 100$ !

En outre, il refuse également tous les dons provenant du « PAC Money » (Political Action Committee), c’est-à-dire des groupes privés et des lobbies, qui soutiennent les candidats en fonction des intérêts qu’ils représentent.

Une démarche idéologique certes louable mais qui risque au final de peser dans la balance. Ses caisses de campagne sont désespérément vides  et sans une couverture médiatique suffisante, il parait peu probable qu’il réalise un score dans les premiers scrutins. Néanmoins, Buddy Roemer s’est inscrit officiellement aux primaires du New Hampshire. Verdict le dix janvier prochain.