Bilan des primaires républicaines: déjà 29 états sur 50

Après la Louisiane, dernier scrutin du mois de mars, c’est le moment idéal pour dresser un « instantané » de la course à l’investiture républicaine.

A l’heure actuelle, 29 états sur les 50 que compte le pays ont déjà organisé des élections, sous forme de caucus ou de primaires. Quatre candidats sont toujours en lice: Mitt Romney, Rick Santorum, Newt Gingrich et Ron Paul.

Au niveau de la « course aux délégués », Mitt Romney reste clairement le grand favori avec plus de délégués que ses trois poursuivants réunis.    Selon les dernières projections d’Associated Press, reprises par le New York Times:

D’ici le 26 juin et l’Utah, qui termine le bal des primaires républicaines, 1.258 délégués devront encore être départagés entre les candidats.

Le premier qui atteindra le seuil de 1.144 délégués sera automatiquement déclaré vainqueur et affrontera Barack Obama dans l’élection générale de novembre.

(Pour mieux comprendre le processus d’attribution des délégués: Romney à la poursuite du chiffre magique)

GOP Madness - Bob Gorrell

29 états – 34 scrutins

Au niveau géographique, les militants de 29 états américains ont déjà voté, ainsi que les électeurs de plusieurs « territoires non-incorporés », qui participent aux primaires mais pas à l’élection présidentielle de novembre. Ces territoires ne sont pas considérés comme des états à part entière et leur poids électoral est relativement limité.

Romney a remporté les suffrages dans toutes les îles: Samoa américaines, Guam, Mariannes du Nord et Porto Rico à l’exception des iles Vierges où Ron Paul s’est imposé.

Bilan primaires républicaines (25 mars)

MITT ROMNEY (16 états/20 victoires)

L’ancien gouverneur du Massachusetts est incontestablement le grand favori des primaires avec 16 victoires à son compteur. Candidat le plus modéré, il a surtout du succès dans les zones urbaines et sur les côtes. Par contre il est plus à la peine dans les régions agricoles et dans le centre du pays, par essence plus conservateur. D’obédience mormone, Romney est aussi soutenu par ses coreligionnaires dans quelques états de l’Ouest américain (Utah, Nevada, Idaho, Arizona…)

New Hampshire et Floride (10-31 janvier)

Nevada, Maine, Arizona, Michigan et Wyoming (février)

Washington (3 mars)

Alaska, Idaho, Ohio, Virginie*, Massachusetts et Vermont (Super Tuesday du 6 mars)

Hawaï (13 mars)  +Porto Rico (18 mars)

Illinois (20 mars)  

* Gingrich et Santorum ont dépassé le délai d’inscription et ont de ce fait manqué la primaire de Virginie, un état du sud assez conservateur, qui leur aurait été en principe favorable!

Mitt Romney: la victoire à l'usure

RICK SANTORUM (11 états)

Le challenger de ces primaires a déjà remporté onze états, principalement dans le Midwest et le sud du pays. L’ancien sénateur de Pennsylvanie incarne la seule alternative crédible à Romney, jugé trop modéré pour l’aile plus conservatrice du parti républicain. Santorum a loupé le coche avec la primaire manquée en Virginie.

Il s’en est également fallu de peu qu’il rafle les primaires du Michigan ainsi que dans l’Ohio. Deux états décisifs dans lesquels la machine de campagne de Romney a fait pencher la balance en investissant plusieurs millions de dollars en publicités négatives. Romney gagne là où c’est vraiment nécessaire, un réalisme qui fait toute la différence dans ces primaires.

Iowa (3 janvier)

Colorado et Minnesota (février)

Tennessee, Oklahoma et Dakota du Nord (Super Tuesday 6 mars)

Kansas (10 mars) Alabama et Mississippi (13 mars)

– Missouri* (17 mars)

Louisiane (24 mars)

* Suite à un cafouillage dans l’organisation du scrutin, les résultats ne sont pas définitifs, la victoire de Santorum au Missouri n’est donc pas encore officielle

Rick Santorum: le challenger ultra-conservateur

NEWT GINGRICH (2 états)

Sérieusement distancé, l’ancien Président de la chambre n’a jusqu’à présent remporté que deux victoires : la Caroline du Sud (21 janvier) et la Géorgie (Super Tuesday du 6 mars) dont il a été le représentant pendant vingt ans. Son vivier électoral se concentre dans le sud du pays mais Gingrich s’est fait déborder par son rival ultra-conservateur Santorum, qui l’a finalement devancé dans des états tels que le Tennessee, l’Alabama, le Mississippi ou encore la Louisiane.

Mathématiquement hors course, il n’a pour ambition que d’empêcher Romney d’atteindre le chiffre magique de 1.144 délégués. Qualifié par la presse de saboteur ou d’ agent du chaos, Gingrich continue son travail de perturbateur sans que l’on sache si son retrait servirait ou non la cause de Santorum. Le candidat de Géorgie ne remportera vraisemblablement plus aucune victoire dans ces primaires.
 

RON PAUL

Lanterne rouge des primaires, le texan est aussi le seul candidat sans aucune victoire à revendiquer. Sa stratégie repose uniquement sur la collecte maximale de délégués afin d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti qui se déroulera fin août à Tampa Bay en Floride. Dans son baroud d’honneur, le doyen de la course profitera de cette tribune de premier plan pour diffuser ses idées libertariennes en tentant d’influer sur les lignes directrices du parti.

Carte des 50 états américains

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Résultats définitifs du « Super Tuesday »

A l’issue de cette journée stratégique, Mitt Romney a gagné la majorité des scrutins, soit six états sur les dix qui tenaient des primaires : Massachusetts, Vermont, Virginie, Idaho, Alaska et Ohio. Rick Santorum en a remporté trois : Oklahoma, Tennessee et Dakota du Nord.

Newt Gingrich n’a terminé premier que dans son bastion électoral de Géorgie, tandis que Ron Paul n’a pas encore décroché une seule victoire.

Avant d’analyser les répercussions de ce Super Tuesday, voici d’abord les résultats état par état…

1° Primaire de Géorgie (76 délégués)

Gingrich 47,2%  / Romney 25,9% /  Santorum 19,6% /  Paul 6,5%

2° Primaire de l’Ohio (66 délégués)

Romney 38% / Santorum 37% / Gingrich 14,6% / Paul 9,3%

A l’issue de ce scrutin très disputé, il y a un total de 455.946 voix de préférence pour Romney, contre 443.586 voix de préférence pour Santorum. Au final, le mormon remporte l’Ohio avec 12.360 voix d’avance.

3° Primaire du Tennessee (58 délégués)

Santorum 37,3% / Romney 28% / Gingrich 24% / Paul 9,1%

4° Primaire de Virginie (49 délégués)

Romney 59,5% / Paul 40,5%  Gingrich et Santorum ne se sont pas inscrits à temps dans cette primaire, une erreur qui relève de l’ amateurisme et qui leur coute cher !

5° Primaire d’Oklahoma (43 délégués)

Santorum 33,8% / Romney 28%  / Gingrich 27,5% / Paul 9,6%

6° Primaire du Massachusetts (41 délégués)

Romney 72,2% / Santorum 12% / Paul 9,5% / Gingrich 4,6%

7° Caucus de l’Idaho (32 délégués)

Romney 61,6% / Santorum 18,2% / Paul 18,1% / Gingrich 2,1%

8° Caucus du Dakota du Nord  (28 délégués)

Santorum 39,7% / Paul 28,1% / Romney 23,7% / Gingrich 8,5%

9° Caucus d’Alaska (27 délégués)

Romney 32,6% / Santorum 29% / Paul 24% / Gingrich 14,2%

10° Primaire du Vermont (17 délégués)

Romney 39,8% / Paul 25,5% / Santorum 23,6% / Gingrich 8,1%

(Source des résultats : Washington Post)

Résultats du Super Tuesday (source: http://thehill.com)

« Super Tuesday » : les dix états à la loupe

Journée la plus stratégique depuis le début de ces primaires républicaines, ce « scrutin exposant dix » se jouera à travers tout le pays. Tour d’horizon des états à suivre.

Le Nord: bastion de Romney

L’élection qui comporte le moins de suspense se trouve au Massachusetts, sur la côte-Est des États-Unis.  Fief électoral de Romney, qui en est l’ancien gouverneur, devrait lui assurer une avance très confortable. Le petit état voisin du Vermont devrait logiquement lui être aussi favorable.

Le Sud : duel des conservateurs

Trois états du sud participent  au scrutin : La Virginie, le Tennessee et la Géorgie, l’état qui rapporte aujourd’hui le plus de délégués. Si Gingrich va logiquement remporter la Géorgie, qu’il a représenté au Congrès pendant vingt ans, la situation est moins claire au Tennessee, un état assez disputé entre les candidats.

Santorum et Gingrich peuvent vraiment se mordre les doigts en ce qui concerne la Virginie. Les deux candidats n’ayant pas réussi à s’inscrire dans les délais ne pourront pas participer pas à cette primaire qui leur serait en principe favorable ! Tout bénéfice pour Mitt Romney qui va donc faire carton plein dans cet état, en laissant quelques miettes à Ron Paul.

Inconnue dans le Midwest

Dans le Midwest, l’Oklahoma est un terreau favorable à Santorum et dans une moindre mesure à Gingrich. Mais reste à savoir si l’éclatement du vote conservateur entre ces deux rivaux ne profitera pas au final à Romney. Tom Coburn, l’un des sénateurs de l’état vient en tout cas de lui apporter son soutien officiel.

Bataille rangée dans l’Ohio

Le combat sera très serré dans cet état central, baromètre politique par excellence. Surnommé la « mère des présidents », l’Ohio possède une longue histoire politique. Sept de ses natifs, tous républicains, ont conquis la Maison Blanche !

État peuplé de 11,5 millions d’habitants, sa population à majorité blanche, à la fois rurale et ouvrière, en fait un état clé de ce « Super Tuesday ». Santorum et Romney, au coude à coude dans les sondages, misent tous deux beaucoup sur cet état qui pourrait faire basculer l’avantage psychologique.

Les caucus : cible de Ron Paul

Peu sondés et peu courtisés par les candidats, l’issue des scrutins en Alaska, en Idaho ainsi que dans le Dakota du Nord est assez imprévisible. Ron Paul a concentré ses efforts sur ces états délaissés, où il espère remporter sa première victoire. Les trois états organisent des caucus, un système où le candidat libertarien marque à chaque fois des points, ses militants motivés arrivant à rallier des indécis.

Avec l’une des populations les plus faibles du pays, l’Alaska est aussi le bastion de l’égérie du Tea Party, Sarah Palin, la grande absente de ces primaires. Si son pouvoir d’influence est difficilement quantifiable,  l’ancienne colistière de McCain a finalement apporté son soutien à Newt Gingrich. Pour l’anecdote, en 2008, il y avait à peine 14.000 bulletins au fond des urnes !

Le scrutin en Idaho pourrait sourire à Romney du fait de la présence de ses coreligionnaires dans cet état du Nord-Ouest du pays. Mais Ron Paul a des ambitions dans l’ « état de la pierre précieuse », où il a remporté près d’un quart des voix en 2008 !

Le scrutin en Dakota du Nord sera lui aussi disputé entre le mormon et le libertarien. Romney a récemment reçu le soutien officiel de John Hoeven, un sénateur influent de l’état.

Enseignements du Super Tuesday ?

A l’issue de ce « super scrutin » il est vraisemblable qu’aucun des quatre candidats encore en lice ne prenne un avantage définitif, mais certains tendances pourraient se dessiner. (Voir l’article: Un « Super Tuesday » tout sauf décisif)

Une victoire massive dans cinq états, ou plus, confirmerait le statut de favori de Romney. A l’inverse, un « Super Tuesday » en demi-teinte (3 états) pourrait compliquer la suite de sa campagne. Après des semaines d’annonce de son « comeback imminent », Gingrich est sans doute le candidat qui joue le plus gros ce soir.

Des victoires (3 états ou plus) pourraient éventuellement le remettre en selle. Par contre un désaveu dans les urnes (victoire uniquement en Géorgie) signerait sans doute le glas de sa campagne…

§ Répartition des délégués:

1° Primaire de Géorgie > 76 délégués

2° Primaire de l’Ohio > 66 délégués

3° Primaire du Tennessee > 58 délégués

4° Primaire de Virginie > 49 délégués 

5° Primaire d’Oklahoma > 43 délégués

6° Primaire du Massachusetts > 41 délégués

7° Caucus de l’Idaho > 32 délégués

8° Caucus du Dakota du Nord  > 28 délégués

9° Caucus d’Alaska > 27 délégués

10° Primaire du Vermont > 17 délégués

Super Tuesday 6 mars

Guide de survie du « Super Tuesday »

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Carte du "Super Tuesday" du 6 mars

§ La primaire républicaine en quelques chiffres…

– Pour remporter l’investiture républicaine, un candidat doit absolument récolter 1.144 délégués, soit la majorité simple sur un total de 2.286, mis en jeu à travers les 5O états du pays.

– Jusqu’à présent, les militants de seulement 11 états ont voté, répartissant 355 délégués entre les quatre candidats.

Mitt Romney (203 délégués) a remporté 7 états: le New Hampshire, la Floride, le Nevada, le Maine, l’Arizona, le Michigan et Washington.

Rick Santorum (92) a remporté 3 états: l’Iowa, le Colorado et le Minnesota.

Newt Gingrich(33) n’a remporté que la Caroline du Sud

Ron Paul(25) n’a pas encore remporté de scrutin.

(Source des résultats: Washington Post)

– Lors du « Super Tuesday » du 6 mars: les candidats vont se partager un total de 437 délégués. A noter que dix états utilisent un système de répartition de type « proportionnel », il n’y aura donc pas ici de système « winner take all » (comme en Floride ou en Arizona) où le gagnant remporte l’intégralité des délégués de l’état.

– Le nombre de délégués dans un état est lié à sa population: certains états « pèsent » plus que d’autres et sont en conséquence plus courtisés par les candidats…

§ Répartition des délégués:

1° Primaire de Géorgie > 76 délégués

2° Primaire de l’Ohio > 66 délégués

3° Primaire du Tennessee > 58 délégués

4° Primaire de Virginie > 49 délégués 

5° Primaire d’Oklahoma > 43 délégués

6° Primaire du Massachusetts > 41 délégués

7° Caucus de l’Idaho > 32 délégués

8° Caucus du Dakota du Nord  > 28 délégués

9° Caucus d’Alaska > 27 délégués

10° Primaire du Vermont > 17 délégués

§ Suivre les résultats du « Super Tuesday » en direct:

Une explication des enjeux du scrutin en vidéo

> Via Twitter avec des tags globaux: #election2012 #supertuesday ou bien à l’aide de tags correspondant aux différents états: #GA #OH #TN #VA #OK #MA #ID #ND #AK #VT

> Washington Post

> New York Times

> Politico

> CNN

> USA Today

> Et bien évidement sur toutes les chaines télévisées américaines…

Gingrich: toujours plus proche de la voie de garage

Depuis un mois et son unique victoire en Caroline du Sud, Newt Gingrich continue sa longue traversée du désert. Débordé par son rival ultra-conservateur Rick Santorum, le « candidat yo-yo » de ces primaires à rebondissements table toujours sur un énième comeback de plus en plus improbable…

Début janvier, juste avant le lancement des primaires républicaines, le bouillonnant Newt Gingrich dominait les intentions de vote au niveau national. Discret lors des deux premiers scrutins, en Iowa et au New Hampshire, l’ancien président de la Chambre marqua les esprits en remportant l’état de la Caroline du Sud, avec une avance confortable sur Mitt Romney. Le « candidat de l’expérience» s’affirmait alors comme la seule alternative au mormon du Massachusetts.

Mais ce succès ne dura pas longtemps, dès lors que l’équipe de campagne de Romney a commencé son travail de sape. A coups de millions dépensés en publicités négatives, la réputation déjà sulfureuse de Gingrich a vite été mise à jour et sa cote de popularité a chuté aussi vite qu’elle était montée.

Lors des scrutins suivants, en Floride et au Nevada, Romney a triomphé et confirmé du même coup son statut de favori des primaires. Ensuite est venu le tour de Santorum de focaliser l’attention des médias. Et pendant ce temps, Newt Gingrich, le « candidat qui rêve de coloniser la lune » ronge son frein, espérant toujours revenir sur le devant de la scène.

Un mauvais sens du timing

Le plus gros problème de Gingrich, c’est le temps. Sa stratégie électorale repose essentiellement sur les états du sud du pays, qui lui sont en principe favorables. Mais entre le scrutin en Caroline du Sud, qu’il a remporté le 21 janvier dernier, et les autres primaires où il espère avoir du succès,  il y a plus de six semaines d’écart! Soit une éternité en politique…

L’ancien président de la Chambre mise tout sur le « Super Tuesday » du 6 mars, journée cruciale où les militants de dix états attribueront d’un seul coup plus de délégués que tous ceux distribués jusqu’à présent. Ce mardi-là, quatre « états du sud » tiendront des élections: la Virginie, le Tennessee, l’Oklahoma et la Géorgie, véritable bastion électoral de Gingrich.

Si les scrutins se déroulaient fin janvier, Gingrich aurait sans nul doute remporté quelques victoires et serait resté dans la course à l’investiture républicaine. Mais vu la tournure que prennent les événements, il a de plus en plus de chances de rater son coup et de finir tout simplement hors-jeu. S’il ne rebondit pas lors du « Super Tuesday », Gingrich n’aura d’autre choix que de jeter l’éponge.

L’art de la campagne de proximité

Optant pour une stratégie très différente, Rick Santorum s’est concentré sur quelques états de petites tailles, où il a mené une véritable campagne de terrain. S’il a créé la surprise en remportant le caucus de l’Iowa, ce n’est pas sans raison. Très motivé, le candidat a parcouru les 99 comtés de l’état à bord d’un pick-up, en allant à chaque fois à la rencontre de ses habitants ! Une tactique de proximité qui n’est possible que dans un état à taille réduite (à moins de passer vingt ans sur les routes) qui s’est finalement avérée payante.

Fort de ce succès initial en Iowa, qui lui a apporté soutien médiatique et financier, Santorum a ensuite boycotté quelques étapes afin de se concentrer sur les scrutins du 7 février. Ce jour-là, il remporte simultanément les caucus du Colorado et du Minnesota ainsi que le « concours de beauté » du Missouri, auquel Gingrich ne participe même pas.

Rick Santorum - le rival conservateur

Un rival dérangeant

Jusqu’à ce trio de victoires, l’ancien sénateur de Pennsylvanie a habilement fait profil bas. Évitant les coups, il a assisté au « duel Romney-Gingrich », laissant le mormon éroder peu à peu la réputation de l’ancien président de la Chambre.

Jouant sur la même corde religieuse et ultra-conservatrice, Rick Santorum est le véritable adversaire de Newt Gingrich. Ron Paul surfe sur la vague libertarienne et anti-gouvernementale, avec des militants déjà tout acquis à sa cause tandis que les autres candidats  conservateurs (Cain, Bachmann et Perry) ont déjà abandonnés la course.

Résultat : Santorum et Gingrich se partagent le vivier électoral des ultra-conservateurs, des évangélistes et des militants indécis du mouvement Tea Party. Un ensemble hétéroclite d’électeurs mais qui ont en commun d’être tous farouchement hostiles à Barack Obama et qui estiment que Mitt Romney est beaucoup trop modéré pour représenter le parti face à lui.

Le dernier carré républicain: Santorum - Gingrich - Romney - Paul

Gingrich, populaire chez les pandas

Tel Moise, l’ancien président de la Chambre continue sa traversée du désert. A mesure que passe les semaines, il continue son errance et semble de plus en plus boudé par les médias (toute proportion gardée), qui lui préfère Santorum.  Désireux de combler son déficit d’image, Gingrich essaie inexorablement de faire parler de lui. Mais les dernières vidéos qu’il diffuse sont symptomatiques d’une campagne en perte de vitesse.

Dans celle-ci, Gingrich s’offre un break, avec une visite VIP au zoo de San Diego, en Californie. Après avoir donné à manger à un éléphant, l’animal symbole du parti républicain, le candidat nourrira également un panda. Une bien curieuse stratégie électorale…

Le début de la fin

Même si Gingrich assure le contraire, il y a fort à parier que le transfert de voix de ses partisans vers Santorum va continuer. Le 28 février se tiendront deux primaires essentielles pour observer ce phénomène: en Arizona et dans le Michigan, l’état natal de Romney. Si les sondages actuels se vérifient dans les urnes, Gingrich terminera à chaque fois loin derrière Romney et Santorum, se disputant plutôt la troisième place avec Ron Paul. Et même dans les états du sud des États-Unis, il semble perdre du terrain. Encore un signe inquiétant pour sa campagne…

Un autre désaveu cinglant pour le candidat vient de la part de la « National Review », sans doute le magazine le plus conservateur du pays.
Dans un éditorial sans équivoque, son auteur demande à Gingrich de faire un part de côté. C’est à dire abandonner sa campagne pour soutenir celle de Santorum. Une humiliation de plus pour celui qui donnait le ton après sa victoire en Caroline du Sud. Plus personne n’est dupe, la candidature de Gingrich est brulée et il ne sera plus jamais favori dans ces primaires. Même son riche soutien financier, l’empereur des casinos Sheldon Adelson, n’a pas exclu de soutenir à terme un autre candidat…

Avec ce pari risqué de tout miser sur le « Super Tuesday », Gingrich semble avoir raté le coche au bénéfice de Santorum, qui se profile aujourd’hui comme le véritable adversaire de Romney. Gingrich affirme qu’il n’a pas encore tiré toutes ses cartouches et promet que le meilleur reste à venir dans ces primaires à rebondissements. Il répète sans cesse qu’il va bientôt faire un comeback fracassant…comme pour mieux s’en convaincre.

La chute de Newt

Calendrier des primaires républicaines de 2012

Pour remporter l’investiture du parti républicain, un candidat doit récolter un minimum de 1.144 délégués, soit la majorité simple, sur un total de 2.286 délégués à travers tout le pays.

Les délégués du parti sont le plus souvent des élus locaux, des partisans des candidats ou des militants actifs du parti. Bien évidement, le nombre de délégués dont dispose un état est représentatif de son poids démographique. Ainsi l’Alaska représente 27 délégués, tandis que la Californie, l’état américain le plus peuplé, en « pèse » 172!

A noter qu’il existe deux types de délégués: les « pledged delegates » , qui doivent voter pour le candidat qu’ils représentent et les « unpledged delegates » (beaucoup moins nombreux), qui sont libre de voter pour le candidat de leur choix. Même si dans les faits, le gagant sera connu avant la fin des primaires (au plus tard fin juin), les délégés voteront de façon symbolique pour élire le champion républicain, lors de la convention du parti qui se tiendra le 27 au 30 août prochain à Tampa, en Floride.

Du côté démocrate, il n’y a pas vraiment d’enjeu dans ces primaires qui servent uniquement de répétition aux militants, le tandem « Obama-Biden » se représentant sans opposition en 2012. La convention du parti démocrate se tiendra à Charlotte, en Caroline du Nord, du 3 au 6 septembre.

Le face à face entre Obama et le candidat républicain se déroulera  le 6 novembre prochain. Pour gagner, le candidat devra alors rassembler une majorité de 270 « grands électeurs », sur un total de 538. Quant à l’ultime étape de l’élection, l’investiture présidentielle, elle aura lieu dans plus d’un an, soit le 20 janvier 2013

Primaires de janvier – http://edition.cnn.com/ELECTION/2012/primaries.html

§ Primaires républicaines en janvier 2012 (4 états)

– 3 janvier >  Caucus de l’Iowa  – Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral : 6 grands électeurs

10 janvier > Primaire du New Hampshire – Poids dans les primaires: 12 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs

21 janvier > Primaire de Caroline du sud – Poids dans les primaires: 25 délégués /Poids dans le collège électoral: 9 grands électeurs

31 janvier > Primaire de Floride – Poids dans les primaires: 50 délégués /Poids dans le collège électoral: 29 grands électeurs (3ième état le plus important du pays, ex-æquo avec l’état de New York)

§ Primaires républicaines en février 2012 (6 états)

4 février > Caucus du Nevada – Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral: 6 grands électeurs

7 février > Caucus du Colorado – Poids dans les primaires: 36 délégués / Poids dans le collège électoral: 9 grands électeurs

> Caucus du Minnesota – Poids dans les primaires: 40 délégués / Poids dans le collège électoral: 10 grands électeurs

 > Primaire du Missouri – Poids dans les primaires: 52 délégués / Poids dans le collège électoral: 10 grands électeurs

( Cette primaire, purement symbolique, est désormais remplacée par un caucus le 17 mars… )

11 février  > Caucus du Maine – Poids dans les primaires: 24 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs

28 février > Primaire d’ Arizona – Poids dans les primaires: 29 délégués / Poids dans le collège électoral: 11 grands électeurs

                      > Primaire du Michigan – Poids dans les primaires: 30 délégués / Poids dans le collège électoral: 16 grands électeurs

§ Primaires républicaines en mars 2012 (19 états)

3 mars > Caucus de Washington – Poids dans les primaires: 43 délégués / Poids dans le collège électoral: 12 grands électeurs

6 mars « Super Tuesday »! > Primaires républicaines dans 10 états…

> Caucus d’Alaska – Poids dans les primaires: 27 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs

> Caucus du Dakota du Nord Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs

> Primaire de Géorgie Poids dans les primaires: 76 délégués /Poids dans le collège électoral: 16 grands électeurs

> Caucus de l’Idaho Poids dans les primaires: 32 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs

> Primaire du MassachusettsPoids dans les primaires: 41 délégués /Poids dans le collège électoral: 11 grands électeurs

> Primaire de l’Ohio Poids dans les primaires: 66 délégués / Poids dans le collège électoral: 18 grands électeurs

> Primaire d’OklahomaPoids dans les primaires: 43 délégués / Poids dans le collège électoral: 7 grands électeurs

> Primaire du Tennessee Poids dans les primaires: 58 délégués / Poids dans le collège électoral: 11 grands électeurs

> Primaire du VermontPoids dans les primaires: 17 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs

> Primaire de Virginie Poids dans les primaires: 49 délégués  / Poids dans le collège électoral: 13 grands électeurs

10 mars  > Caucus du KansasPoids dans les primaires: 40 délégués / Poids dans le collège électoral: 12 grands électeurs   & Caucus des îles Vierges

> Caucus du Wyoming Poids dans les primaires: 29 délégués /Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs

13 mars > Primaire de l’Alabama – Poids dans les primaires: 50 délégués / Poids dans le collège électoral: 9 grands électeurs

> Caucus de HawaïPoids dans les primaires: 20 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs

& Caucus des îles Samoa américaines ( poids dans les primaires: 9 délégués )
> Primaire du Mississippi – Poids dans les primaires: 40 délégués / Poids dans le collège électoral: 6 grands électeurs
– 17 mars > Caucus du MissouriPoids dans les primaires: 52 délégués / Poids dans le collège électoral: 10 grands électeurs
18 mars > Caucus de Porto Rico – Poids dans les primaires: 23 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs
20 mars > Primaire d’Illinois – Poids dans les primaires: 69 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs
24 mars > Primaire de Louisiane – Poids dans les primaires: 46 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs

§ Primaires républicaines en avril 2012 (8 états+DC)
3 avril > Primaire du district de Columbia (Washington DC) – Poids dans les primaires: 19  délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs
> Primaire du Maryland – Poids dans les primaires: 37 délégués / Poids dans le collège électoral: 10 grands électeurs
> Primaire du Texas – Poids dans les primaires: 155 délégués / Poids dans le collège électoral: 38 grands électeurs (2ième état le plus important du pays après la Californie)
> Primaire du Wisconsin – Poids dans les primaires: 42 délégués / Poids dans le collège électoral: 10 grands électeurs
24 avril > Primaire du Connecticut – Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral: 7 grands électeurs
> Primaire du Delaware – Poids dans les primaires: 17 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs
> Primaire de New York – Poids dans les primaires: 95 délégués / Poids dans le collège électoral: 29 grands électeurs (3ième état le plus important du pays, ex-æquo avec l’état de Floride)
> Primaire de Pennsylvanie – Poids dans les primaires: 72 délégués / Poids dans le collège électoral: 20 grands électeurs
> Primaire de Rhode Island – Poids dans les primaires: 19 délégués / Poids dans le collège électoral: 4 grands électeurs
§ Primaires républicaines en mai 2012 (7 états)
8 mai  > Primaire de Caroline du NordPoids dans les primaires: 55 délégués / Poids dans le collège électoral: 15 grands électeurs
> Primaire d’Indiana – Poids dans les primaires: 46 délégués / Poids dans le collège électoral: 11 grands électeurs
> Primaire de Virginie-Occidentale – Poids dans les primaires: 31 délégués / Poids dans le collège électoral: 5 grands électeurs
15 mai  > Primaire du Nebraska – Poids dans les primaires: 35 délégués / Poids dans le collège électoral: 5 grands électeurs
> Primaire de l’Oregon – Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral: 7 grands électeurs
22 mai > Primaire d’Arkansas – Poids dans les primaires: 36 délégués / Poids dans le collège électoral: 6 grands électeurs
> Primaire du Kentucky – Poids dans les primaires: 45 délégués / Poids dans le collège électoral: 8 grands électeurs
§ Primaires républicaines en juin 2012 (6 états)
5 juin > Primaire de Californie – Poids dans les primaires:  172 délégués / Poids dans le collège électoral: 55 grands électeurs (Premier état du pays en terme de démographie)
> Primaire du Dakota du Sud – Poids dans les primaires: 28 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs
> Primaire du MontanaPoids dans les primaires: 26 délégués / Poids dans le collège électoral: 3 grands électeurs
> Primaire du New Jersey – Poids dans les primaires: 50 délégués / Poids dans le collège électoral: 14 grands électeurs
> Primaire du Nouveau Mexique – Poids dans les primaires: 23 délégués / Poids dans le collège électoral: 5 grands électeurs
26 juin > Primaire de l’Utah – Poids dans les primaires: 40 délégués /Poids dans le collège électoral: 6 grands électeurs
  & fin officielle des primaires républicaines…