Bilan des primaires républicaines: déjà 29 états sur 50

Après la Louisiane, dernier scrutin du mois de mars, c’est le moment idéal pour dresser un « instantané » de la course à l’investiture républicaine.

A l’heure actuelle, 29 états sur les 50 que compte le pays ont déjà organisé des élections, sous forme de caucus ou de primaires. Quatre candidats sont toujours en lice: Mitt Romney, Rick Santorum, Newt Gingrich et Ron Paul.

Au niveau de la « course aux délégués », Mitt Romney reste clairement le grand favori avec plus de délégués que ses trois poursuivants réunis.    Selon les dernières projections d’Associated Press, reprises par le New York Times:

D’ici le 26 juin et l’Utah, qui termine le bal des primaires républicaines, 1.258 délégués devront encore être départagés entre les candidats.

Le premier qui atteindra le seuil de 1.144 délégués sera automatiquement déclaré vainqueur et affrontera Barack Obama dans l’élection générale de novembre.

(Pour mieux comprendre le processus d’attribution des délégués: Romney à la poursuite du chiffre magique)

GOP Madness - Bob Gorrell

29 états – 34 scrutins

Au niveau géographique, les militants de 29 états américains ont déjà voté, ainsi que les électeurs de plusieurs « territoires non-incorporés », qui participent aux primaires mais pas à l’élection présidentielle de novembre. Ces territoires ne sont pas considérés comme des états à part entière et leur poids électoral est relativement limité.

Romney a remporté les suffrages dans toutes les îles: Samoa américaines, Guam, Mariannes du Nord et Porto Rico à l’exception des iles Vierges où Ron Paul s’est imposé.

Bilan primaires républicaines (25 mars)

MITT ROMNEY (16 états/20 victoires)

L’ancien gouverneur du Massachusetts est incontestablement le grand favori des primaires avec 16 victoires à son compteur. Candidat le plus modéré, il a surtout du succès dans les zones urbaines et sur les côtes. Par contre il est plus à la peine dans les régions agricoles et dans le centre du pays, par essence plus conservateur. D’obédience mormone, Romney est aussi soutenu par ses coreligionnaires dans quelques états de l’Ouest américain (Utah, Nevada, Idaho, Arizona…)

New Hampshire et Floride (10-31 janvier)

Nevada, Maine, Arizona, Michigan et Wyoming (février)

Washington (3 mars)

Alaska, Idaho, Ohio, Virginie*, Massachusetts et Vermont (Super Tuesday du 6 mars)

Hawaï (13 mars)  +Porto Rico (18 mars)

Illinois (20 mars)  

* Gingrich et Santorum ont dépassé le délai d’inscription et ont de ce fait manqué la primaire de Virginie, un état du sud assez conservateur, qui leur aurait été en principe favorable!

Mitt Romney: la victoire à l'usure

RICK SANTORUM (11 états)

Le challenger de ces primaires a déjà remporté onze états, principalement dans le Midwest et le sud du pays. L’ancien sénateur de Pennsylvanie incarne la seule alternative crédible à Romney, jugé trop modéré pour l’aile plus conservatrice du parti républicain. Santorum a loupé le coche avec la primaire manquée en Virginie.

Il s’en est également fallu de peu qu’il rafle les primaires du Michigan ainsi que dans l’Ohio. Deux états décisifs dans lesquels la machine de campagne de Romney a fait pencher la balance en investissant plusieurs millions de dollars en publicités négatives. Romney gagne là où c’est vraiment nécessaire, un réalisme qui fait toute la différence dans ces primaires.

Iowa (3 janvier)

Colorado et Minnesota (février)

Tennessee, Oklahoma et Dakota du Nord (Super Tuesday 6 mars)

Kansas (10 mars) Alabama et Mississippi (13 mars)

– Missouri* (17 mars)

Louisiane (24 mars)

* Suite à un cafouillage dans l’organisation du scrutin, les résultats ne sont pas définitifs, la victoire de Santorum au Missouri n’est donc pas encore officielle

Rick Santorum: le challenger ultra-conservateur

NEWT GINGRICH (2 états)

Sérieusement distancé, l’ancien Président de la chambre n’a jusqu’à présent remporté que deux victoires : la Caroline du Sud (21 janvier) et la Géorgie (Super Tuesday du 6 mars) dont il a été le représentant pendant vingt ans. Son vivier électoral se concentre dans le sud du pays mais Gingrich s’est fait déborder par son rival ultra-conservateur Santorum, qui l’a finalement devancé dans des états tels que le Tennessee, l’Alabama, le Mississippi ou encore la Louisiane.

Mathématiquement hors course, il n’a pour ambition que d’empêcher Romney d’atteindre le chiffre magique de 1.144 délégués. Qualifié par la presse de saboteur ou d’ agent du chaos, Gingrich continue son travail de perturbateur sans que l’on sache si son retrait servirait ou non la cause de Santorum. Le candidat de Géorgie ne remportera vraisemblablement plus aucune victoire dans ces primaires.
 

RON PAUL

Lanterne rouge des primaires, le texan est aussi le seul candidat sans aucune victoire à revendiquer. Sa stratégie repose uniquement sur la collecte maximale de délégués afin d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti qui se déroulera fin août à Tampa Bay en Floride. Dans son baroud d’honneur, le doyen de la course profitera de cette tribune de premier plan pour diffuser ses idées libertariennes en tentant d’influer sur les lignes directrices du parti.

Carte des 50 états américains

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Primaire en Illinois : Romney enfonce le clou

Si la victoire du grand favori des primaires était prévisible, l’ampleur de celle-ci va quelque peu mettre en sourdine les critiques de ses détracteurs. Avec l’Illinois, Mitt Romney remporte une victoire stratégique dans le fief d’Obama, son très probable adversaire de novembre.

En remportant le scrutin dans « l’état des plaines », l’ancien gouverneur du Massachusetts a décroché sa 16e victoire depuis le début des primaires, le 3 janvier dernier. Un palmarès impressionnant après les suffrages dans 28 états sur les 50 que comptent le pays.

Son équipe de campagne se félicite même de son 20e succès, car Romney a également remporté les scrutins dans les îles de Porto Rico, Guam, les Mariannes du Nord et les Samoa. Des « territoires non-assimilés » qui participent aux primaires mais pas à l’élection présidentielle générale.

Au niveau de la récolte des délégués, le mormon en a déjà accumulé plus que ses trois rivaux réunis et il continue de creuser l’écart sur ses poursuivants. Comme le confirme cette dernière projection de l’Associated Press reprise par le New York Times (les chiffres varient d’un média à l’autre).

Projection des résultats dans la course aux délégués (21 mars)

Au vu de ces résultats, rien ni personne ne semble pouvoir empêcher Romney de remporter les primaires de son parti.  Dès qu’il parviendra à obtenir la somme de 1 .144 délégués, le candidat sera automatiquement proclamé vainqueur. Mais d’ici là, la route sera encore longue et sinueuse car ses adversaires sont déterminés à rester dans la course.

Santorum ne lâchera rien

Son rival principal, Rick Santorum, est loin derrière, avec moins de la moitié des électeurs et à peine dix victoires à son compteur. Pourtant, l’ancien sénateur de Pennsylvanie y croit plus que jamais et il a promis hier soir dans un discours  à ses partisans de poursuivre le combat jusqu’au bout. Santorum  s’accrochera donc  jusqu’au bout, à moins que Romney n’atteigne le fameux « nombre magique ».

Certes, le catholique n’a terminé que second en Illinois mais il est systématiquement en confrontation directe avec le mormon.  Santorum incarne la seule alternative à Romney, que beaucoup de militants du parti estiment trop modéré. Newt Gingrich et Ron Paul sont quant à eux complètement hors course dans ces primaires. Le dernier carré républicain a laissé place à un duel entre deux courants d’idées : les modérés contre les conservateurs. Une césure nette et profonde qui déchire de plus en plus le parti de l’éléphant.

Sourires de façade entre Santorum et Romney

Les étapes suivantes

Le prochain scrutin se déroulera le samedi 24 mars, en Louisiane, avec 46 délégués à la clé. Jusqu’à présent le sud du pays a plutôt souri à Santorum, qui devrait normalement remporter les suffrages.

Ensuite, le mois d’avril devrait être plutôt favorable à Romney avec plusieurs primaires dans les états plus modérés de la côte-Est : Maryland, Connecticut, Delaware, New York, Rhode Island,…

Néanmoins, en tant qu’ancien sénateur de Pennsylvanie, Santorum devrait gagner sur ses terres ainsi qu’au Texas, un état clé des primaires.

Romney, le gendre idéal

Largement en tête sur le papier, Mitt Romney est clairement favori et il a toutes les cartes en main pour remporter l’investiture du parti. Candidat le mieux préparé à l’exercice des primaires, il possède l’équipe de campagne la mieux organisée au niveau national, des réserves de trésorerie conséquentes et le soutien de quelques amis, millionnaires comme lui, en cas de besoin. Et pourtant il semble toujours lui manquer quelque chose.

Malgré ses efforts, Romney peine à susciter un véritable engouement et à fédérer un électorat républicain décidément très disparate.
C’est un peu le favori « par défaut », faute de trouver mieux.  A l’image d’un gendre idéal, parfait sous tous rapports mais dont on ne tombe pas amoureux. A moins d’une catastrophe, Romney finira par gagner les primaires, à l’usure et sur la longueur, d’ici à la fin juin.

Il devra se battre pour chaque scrutin et dépensera comme jusqu’à présent des sommes considérables pour faire pencher la balance dans les états indécis. Une stratégie qui s’est déjà avérée payante en Floride, au Michigan ou en Ohio face à de relativement faibles rivaux républicains.

Mais face à Obama dans l’élection générale, la tâche sera nettement plus difficile. Car au jeu de qui récolte le plus d’argent, Romney a quelques leçons à apprendre du président démocrate. Pendant que la bataille fait rage côté républicain, le camp démocrate encaisse tranquillement les chèques.

§ Résultats de la primaire en Illinois :

MITT ROMNEY

> 46,7%  /  428.434 votes de préférence

RICK SANTORUM

> 35%  /  321.079 votes de préférence

RON PAUL

> 9,3%  / 85.464 votes de préférence

NEWT GINGRICH

>   8%  / 72.942 votes de préférence

(Source des résultats: Washington Post)

Romney : carton plein à Porto Rico

Le favori des primaires semble particulièrement plaire à l’électorat latino. Après ses succès en Floride et en Arizona, le mormon vient de réaliser un score fleuve lors du scrutin à Porto Rico.

L’île caribéenne de Porto Rico n’est pas considérée comme un état américain à part entière, néanmoins ses habitants peuvent participer aux primaires du parti républicain. Les militants de ce « territoire non-assimilé » devaient répartir 20 délégués entre les différents candidats mais Mitt Romney n’a pas fait de quartier.  Avec un score presque stalinien, 88% des votes à l’arrêt du dépouillement, l’ancien gouverneur du Massachusetts a empoché l’intégralité des délégués mis en jeu.

Le duel des primaires: Romney Vs Santorum

Largement en tête dans la course aux délégués (il en a plus à lui seul que tous ses rivaux réunis) le mormon continue de marquer des points. «Je ne peux pas vous dire exactement comment le processus va se dérouler mais je parie qu’au final je vais devenir le nominé du parti » assure Romney, pour couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs.

Rick Santorum ne s’était pas attardé dans l’île, préférant concentrer ses efforts électoraux sur l’Illinois, un état nettement plus stratégique qui votera mardi 20 mars. Avec 69 délégués en jeu, l’état dont Obama a été le sénateur est une étape clé sur la longue route des primaires. L’ « état des prairies » est aujourd’hui le siège d’une bataille rangée entre Romney et Santorum, qui se déchirent à coups de spots publicitaires négatifs.

Selon la moyenne de sondages établie par Real Clear Politics, le mormon conserve toujours 6% d’avance sur son rival conservateur…

§ Résultats de la primaire de Porto Rico (20 délégués) :

1° MITT ROMNEY

> 88%   /   95.761 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 8,5  / 9.235 votes de préférence (soit dix fois moins!)

3° NEWT GINGRICH

> 2,2% / 2.364 votes de préférence

4° RON PAUL

> 1,3%  / 1.412 votes de préférence

(Source des résultats: New York Times)

Santorum : le nouveau prince du sud

« Sweet Home Alabama! » Santorum peut chanter victoire après avoir remporté deux scrutins très disputés, en Alabama et au Mississippi. Romney gagne quant à lui les caucus du Pacifique: Hawaï et les Samoa. Gingrich, le grand perdant de la soirée, a encore une fois loupé son comeback.

L’attention était tournée vers le sud du pays, hier soir, avec les états voisins d’ Alabama et du Mississippi. A la fermeture des bureaux de vote, les premières tendances pronostiquaient des résultats très serrés entre « Gingrich : le candidat du sud », « Santorum : le challenger » et « Romney : le favori du parti ». Loin derrière dans les suffrages, le candidat texan Ron Paul était très vite déclaré hors-jeu.

L’irrésistible ascension de Santorum

Après plusieurs heures de dépouillement et de suspense, Rick Santorum a finalement remporté ces deux états peuplés de militants très conservateurs. Grand gagnant de la soirée, le catholique intégriste poursuit sa série de victoire avec à présent neuf états à son compteur. Soit un meilleur bilan que celui réalisé par son prédécesseur Mike Huckabee en 2008. De plus, l’ancien sénateur de Pennsylvanie peut se vanter d’être le seul candidat qui arrive à gagner à la fois dans le nord du pays, dans le sud et dans le Midwest !

Santorum: le nouveau prince du sud

L’humiliation pour Gingrich

Newt Gingrich termine second dans les deux états, une position somme toute honorable si les scrutins se déroulaient ailleurs dans le pays. Car l’ancien président de la Chambre est le seul candidat originaire du sud et il était censé remporter haut la main ces deux suffrages dans son fief électoral.

Depuis des semaines, Gingrich annonce son grand retour, mais il manque à chaque fois les rendez-vous. Depuis le début des primaires, il n’a remporté que la Caroline du Sud et la Géorgie, l’état qu’il a représenté vingt ans au Congrès. Le plus bruyant des candidats a beau enchaîner les discours de victoire, deux succès après 26 scrutins cela ressemble très fort à un échec cuisant. Ces conseillers de campagne prédisent son prochain succès en Louisiane ou au Texas. Mais le vent a clairement tourné pour Gingrich et tout personne saine d’esprit dans la même situation que lui, jetterait l’éponge afin de mettre un terme à cette agonie électorale.

Gingrich: toujours plus près du mur

Romney champion du Pacifique

L’ancien gouverneur du Massachusetts a bien limité la casse à l’issue des deux scrutins dans le sud. Même s’il termine troisième en Alabama et au Mississippi, il réalise quand même un bon score partant du principe que ces états avec un électorat très conservateur ne l’apprécient pas beaucoup. Remporter l’un ou l’autre de ces scrutins aurait envoyé un signal fort à ses détracteurs mais vu que la répartition de délégués est proportionnelle il ne perd pas grande chose au bout du compte.

Le candidat millionnaire s’offre même une belle victoire dans l’état natal d’Obama, à Hawaï, ainsi que dans les petites îles des Samoa américaines, un territoire non-incorporé aux États-Unis. Le mormon reste quoiqu’il arrive le grand favori des primaires, même si doit ronger son frein et devra probablement attendre mai ou juin avant d’être officiellement le représentant du parti. Loin devant dans la récolte des délégués, et dans le nombre d’états remportés (15/26 contre 9/26 pour Santorum) Mitt Romney reste, à mois d’une catastrophe, le futur adversaire de Barack Obama dans l’élection de novembre.

Romney: le favori mal aimé

Paul, le candidat sans victoire

Après plus de la moitié des scrutins, la campagne de Ron Paul continue mais sans aucune victoire à revendiquer. Le candidat libertarien a plusieurs fois raflé la seconde place mais la pôle position lui échappe désespérément. Sérieusement distancé dans la course aux délégués, c’est à présent mathématiquement impossible pour lui de remporter l’investiture du parti.

Mais le candidat texan poursuit son baroud d’honneur, imperturbable. Il continue sa collecte de délégués en vue d’influencer la convention nationale républicaine qui se déroulera fin août à Tampa Bay, en Floride.

Ron Paul, le militant anti-establishment

La suite des primaires

Durant ce mois de mars, quatre scrutins vont encore avoir lieu. Samedi 17 au Missouri (52 délégués en jeu), un état central qui devrait sans tomber tomber dans l’escarcelle de Santorum. Le lendemain, ce sera au tour du vote latino avec Porto-Rico, qui n’est pas considéré comme un état américain à part entière, mais qui rapporte quand même 23 délégués.

Le mardi 20 c’est un poids lourd, l’Illinois, qui répartira 69 délégués et enfin retour dans le sud du pays le samedi 24 avec la Louisiane et ses 46 délégués. Le partage des victoires entre Santorum et Romney devrait probablement se poursuivre en mars, avant un mois d’avril plus favorable au mormon,avec des scrutins dans des états de la côte-Est.

§ Résultats de la primaire en Alabama (50 délégués)

Santorum 34,5%  /  Gingrich 29,3%  /  Romney 29%  /  Paul 5%

§ Résultats de la primaire au Mississippi (40 délégués)

Santorum 32,9%  /  Gingrich 31,3%  / Romney 30,3  /  Paul 4,4

§ Résultats des caucus de Hawaï (20 délégués)

Romney 45,4% / Santorum 25,3% / Paul 18,3% / Gingrich 11%

> Romney a également remporté les caucus des Samoa américaines (chiffres indisponibles), un “territoire non-incorporé” (9 délégués).

(Source des résultats: Washington Post)

§ Carte des états remportés par les différents candidats républicains (26/50):

> En orange: Mitt Romney (15 états)

> En vert: Rick Santorum (9 états) plus le “concours de beauté du Missouri” (hachuré) qui ne compte pas vraiment

> En mauve: Newt Gingrich (2 états)

Cartographie des primaires républicaines au 14 mars