Obama 007: Opération « micro brûlant »

La petite phrase échangée entre le président démocrate et son homologue russe lors du sommet à Séoul, soulève une volée de critiques dans le camp républicain. Un nouveau spot inspiré des films de James Bond ridiculise le « président flexible »,

« My name is Obama…Barack Obama« . La réplique ne sort pas du dernier volet des aventures du héros de Ian Fleming, mais bien d’une vidéo financée par le Super-Pac « American Crossroads », un groupe farouchement hostile au président démocrate.

Dans ce clip assez original, le spectateur est plongé dans une ambiance de guerre froide, où les ogives nucléaires défilent sur la place rouge et où la troisième guerre mondiale est aux portes de l’Amérique ! Obama y est présenté comme un agent plus ou moins secret, dont l’unique mission est de remporter l’élection du 6 novembre, afin d’obtenir une flexibilité sans limite qui doit servir d’obscurs intérêts…

De retour en pleine guerre froide...

Si l’objectif final du « président flexible » n’est pas très clair, ses noirs desseins servent les intérêts de la Russie, la rivale éternelle.  L’agent Obama, qui ne serait en réalité que le valet de Poutine, devrait à terme permettre l’avènement d’un nouvel ordre mondial. Bref, un pur moment de cinéma!

Au cas où l’électeur n’aurait pas bien entendu l’échange entre les deux présidents (révélé à cause d’un micro resté allumé) le clip le diffuse quatre fois en moins de 90 secondes : « Après mon élection, je serais plus flexible… ». Obama risque de payer longtemps cette petite indiscrétion.

L’entretien entre les deux chefs d’états concernait différents sujets géopolitiques mais essentiellement le projet de bouclier antimissile européen, éternelle pomme de discorde entre les deux pays.

(Voir articles sur le sujet: Obama pris en « en flagrant délit »Spot anti-Obama « Après mon élection… » )

La petite phrase polémique

Suite à cette gaffe, Mitt Romney a vivement critiqué la politique étrangère de Barack Obama, qu’il ne trouve pas assez ferme. Le favori républicain tente de s’imposer dans ce domaine, où il n’a pourtant aucune expérience par rapport au président en exercice. Un désavantage certain en vue de l’élection de novembre.

Romney relance la guerre froide

Le candidat qui domine les primaires est monté sur ses grands chevaux avant de s’enfoncer dans les sables mouvants, en estimant que la « Russie reste l’ennemi géopolitique N°1 des États-Unis« . Interrogé ensuite par un journaliste, sur la menace que représente des pays comme l’Iran ou la Corée du Nord, le probable futur adversaire d’Obama ne savait plus trop que répondre. En voulant marquer des points suite à la bourde d’Obama, il s’est finalement tiré une balle dans le pied!

En réaction, le président russe Dmitri Medvev (en poste jusqu’au 7 mai) a répondu au candidat « Aujourd’hui nous sommes en 2012 et non pas au milieu des années 1970. Peu importe le parti auquel il appartient, il doit tenir compte des réalités existantes ». Une remarque cinglante qui souligne l’inexpérience de Romney dans le monde de la diplomatie internationale. C’est ce qu’on appelle l’effet Boomerang.

Vladimir Poutine, l’homme fort de Russie


Obama pris « en flagrant délit »

« Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité ». La petite phrase prononcée par le président américain à son homologue russe, lors d’un sommet en Corée du Sud, a provoqué un mini-séisme dans la presse américaine.

A l’occasion du sommet mondial sur la sécurité nucléaire qui se tenait à Séoul, le président démocrate a débattu pendant 90 minutes avec Dmitri Medvedev, qui est pour quelques semaines encore, le président de la Fédération de Russie.

Selon RFI, les propos de l’échange entre les deux chefs de l’état portaient sur l’amélioration des relations économiques entre les deux géants. Ainsi que sur d’autres sujets plus délicats concernant la géopolitique mondiale : le désaccord sur le cas syrien, la menace de la Corée du Nord, la situation en Afghanistan ou encore la menace d’une nucléarisation de l’Iran….

Mais ce qui a surtout marqué la presse américaine, à l’issue de ce long entretien, ce sont les quelques phrases échangées par les deux dirigeants alors qu’ils pensaient que leurs micros étaient déjà coupés.

Obama - Medvedev (RIA Novosti-Ekaterina Shtukina)

Abordant le dossier épineux du bouclier antimissile européen, éternelle pomme de discorde entre les anciens adversaires de la guerre froide, Obama précise à Medvedev :

«  Sur tous ces sujets, mais particulièrement sur celui du bouclier antimissile, cela peut être résolu mais c’est important qu’il (Vladimir Poutine a été réélu président de Russie ce 4 mars, il entre en fonction le 7 mai) me laisse de l’espace ».

Son homologue russe lui répond : « Oui je comprends. Je comprends votre message à propos de l’espace. Vous avez besoin d’espace pour vous… »

– Obama : « C’est ma dernière élection. Après ma réélection, j’aurai plus de flexibilité ».

– Medvedev « Je comprends, je transmettrai cette information à Vladimir… ».

(Version originale depuis ABCNews)

Obama: l’épine nucléaire

Ce bref échange a déjà fait réagir nombre d’observateurs, qui dénoncent un excès de confiance du président en place, qui semble assuré de sa réélection à la tête du pays alors qu’aucun électeur n’a encore voté.

Deuxièmement,  l’annonce d’une  plus grande « flexibilité » envers la Russie, qui reste quand même toujours un ennemi potentiel, apporte de l’eau au moulin des faucons conservateurs qui estiment qu’Obama passe pour un faible sur la scène internationale. Un adepte de la politique de la main tendue avec l’Iran ou une carpette devant la Russie et la Chine.

Un des pouvoirs du président américain, à l’instar d’une poignée de chefs d’états à travers le monde, réside dans sa capacité à décider d’une frappe atomique envers tout ennemi potentiel. Une menace qu’il faut toujours garder dans son jeu, à des fins dissuasives.

Obama avait par le passé fait l’erreur de dévoiler qu’il n’autoriserait pas un tel recours à la force avec l’Iran. Un aveu d’impuissance qui avait été fort décrié à travers le pays.

"Tellement préoccupé par le prompteur qu'il n'a rien remarqué" - Michael Ramirez

Semaine compliquée pour Obama

Juste après l’incident, un responsable de l’administration d’Obama répondant à un journaliste d’ABC News a relativisé la nature des propos du président.

« C’est une année électorale dans laquelle les Russes viennent d’avoir une élection. Nous allons nous aussi avoir une élection présidentielle et au Congrès, ce n’est pas le genre d’année où l’on peut résoudre des enjeux aussi compliqués que ceux-ci ».

Ce nouveau couac du président démocrate survient dans une période déjà bien chargée au niveau politique. C’est en effet cette semaine que les neuf juges de la Cour suprême américaine doivent décider si la fameuse réforme de la santé « Obamacare », votée il y a deux ans, est bien en accord avec la Constitution. Un dossier très polémique qui déchire l’échiquier politique entre partisans et détracteurs.

La petite phrase d’Obama: erreur technique, acte manqué ou manœuvre de détournement? Difficile à dire. En tout cas, elle va faire couler beaucoup d’encre. Et les images du « président trop confiant » vont inévitablement rejoindre les prochains spots anti-Obama…