Romney monte sur le ring face à Obama

Le grand favori républicain n’a pas encore passé le cap des primaires mais il creuse à chaque scrutin son avance sur ses poursuivants. Pressé d’en découdre avec le président démocrate, Romney enchaîne les attaques contre la « politique d’assistanat » de l’administration Obama.

L’élection générale du 6 novembre peut sembler loin mais il n’y a pas de temps à perdre pour l’ancien gouverneur du Massachusetts. Profitant de la visibilité médiatique offerte par les primaires, Romney se lance déjà à corps perdu dans la campagne.

Porté par son triomphal « hat-trick » de mardi (sa triple victoire au Wisconsin, au Maryland ainsi qu’à Washington D.C.) le candidat confirme plus encore son statut de futur adversaire d’Obama. La preuve : le favori républicain ne cite même plus ses rivaux des primaires, pour concentrer ses attaques sur l’occupant de la Maison Blanche. Romney a enfilé ses gants et le combat va durer sept mois.

Romney, plus que jamais favori (Justin Sullivan-Getty Images)

Si les thèmes de campagne vont fluctuer jusqu’en novembre prochain, le cheval de bataille de Romney concerne l’économie, son domaine de prédilection. Dans son discours de victoire au Wisconsin, devant un parterre de sympathisants, l’ancien homme d’affaires  a expliqué en quoi sa vision diffère totalement de celle du président démocrate.

« Le président Obama n’est pas responsable de la récession, mais il n’a pas su amener la reprise économique ». « En fait, il a prolongé la récession et a ralenti la reprise. Sa stratégie économique est un échec total »  a expliqué le candidat républicain.

Afin d’illustrer ses propos, Romney souligne quelques symptômes de l’échec du « plan de relance économique » entreprise par l’administration Obama. Les files de chômeurs qui s’allongent, une dette nationale sans précédent, le prix de l’essence à la pompe qui n’arrête pas de grimper,…  Et de conclure sous les applaudissements nourris: « Voulez-vous encore quatre ans de plus ? ».

Pour cet adepte de l’ultra-libéralisme, la solution pour relancer la croissance du pays viendra du secteur privé et de la libre entreprise et non pas d’un gouvernement omnipotent. Un combat d’idées qui sera au cœur de la bataille électorale de novembre.

Après sa démonstration économique, l’homme d’affaires en remet une couche en parodiant une réflexion faite par Obama, qui aspirait à devenir le 4e président le plus efficace de l’histoire!

« Le président pense qu’il fait du bon travail. Je ne fais pas de blague. Il pense qu’il fait un travail historique, dans la lignée d’Abraham Lincoln, Lyndon Johnson et Franklin Roosevelt ! ». « Il faut croire qu’à force de voler sur Air Force One (l’avion présidentiel), entouré constamment par des admirateurs qui vous disent que vous faites un excellent travail, cela suffise à vous faire perdre tout contact avec la réalité« .

Une petite pique qui renvoie à la dernière vidéo de campagne anti-Obama. Un spot étrange qui met en scène un bébé tout sourire…

Le président démocrate est également prêt à en découdre et sa réponse n’a pas tardé. Dès le lendemain, son équipe a diffusé la vidéo « Romney Vs la réalité » qui contredit point par point les propos du favori républicain.

Le même jour, son staff célébrait le premier anniversaire du lancement officiel de la campagne « Obama-Biden 2012 ». Histoire de faire étalage de l’ampleur du mouvement de réélection et de souligner l’énorme écart par rapport à l’organisation de Romney. Un exemple significatif: le nombre de donateurs. Le candidat républicain projette de dépasser la barre des 300.000 sympathisants tandis que du côté démocrate, le prochain objectif est d’atteindre les deux millions!  Le tandem Obama-Biden étant dispensé de l’exercice couteux des primaires, cela donne un solide avantage au camp démocrate, tant au niveau de la récolte de fond que de l’organisation dans les 50 états américains.

D’ailleurs, s’il est toujours énormément critiqué par l’ensemble des prétendants républicains , Barack Obama semble retrouver peu à peu le chemin du succès. Après un long passage à vide, l’indice de popularité du « président-candidat » commence à reprendre des couleurs.

Selon plusieurs sondages, il dominerait d’ailleurs Romney dans plusieurs états décisifs de l’élection : en Floride (+7%) en Ohio (+6%) ou encore en Pennsylvanie (+3). Mais à sept mois de « l’Election Day » du 6 novembre, ces projections à long terme n’ont que peu de valeurs.

Wisconsin: état pivot de la campagne

Le discours de Romney au Wisconsin marque un tournant dans la stratégie du champion républicain. Désormais il ne cite même plus ses rivaux pour se concentrer sur son rival démocrate. A l’image de son prédécesseur John Mc Cain, qui le 19 février 2008 avait lui aussi officiellement commencé dans « l’état du blaireau » sa campagne face à Obama .

Le sénateur de l’Arizona  annonçait  alors à ses partisans : « Merci Wisconsin, de nous amener  à un point où même un aviateur militaire superstitieux comme moi, peut proclamer avec confiance et humilité qu’il va être le nominé du parti dans la course à la présidentielle des États-Unis ».

John Mc Cain, l'adversaire d'Obama en 2008

Marathon républicain jusqu’en juin

La situation de McCain était différente parce que lors des dernières primaires du parti beaucoup plus d’états utilisaient le système du « Winner take all », où le premier dans les urnes  rafle l’intégralité des délégués mis en jeu. Cette année, avec la méthode de répartition proportionnelle, la campagne des primaires va inévitablement tirer en longueur.

Selon les dernières projections d’Associated Press, Romney a collecté largement plus de délégués que ses trois rivaux réunis et surtout il a dépassé le seuil symbolique des 50% (572).

Bilan de la course aux délégués (5 avril AP-NYT)

Les prochains scrutins, le 24 avril, vont encore accroitre l’avance de Romney. Il est annoncé favori dans les quatre états modérés de la côte-Est (Connecticut, Rhode Island, Delaware et New York). Santorum devrait quant à lui juste sauver les meubles en Pennsylvanie, l’état qu’il a représenté pendant douze ans au Sénat.

Si Romney s’avère d’ores et déjà impossible à rattraper par ses poursuivants, il devra néanmoins atteindre 1.144 délégués avant d’être officiellement déclaré vainqueur. L’objectif pour ses rivaux, Santorum en tête, est de l’empêcher d’atteindre cette ligne d’arrivée virtuelle. Mais à moins d’une catastrophe, le favori républicain y arrivera avant la fin du printemps. Probablement le 5 juin avec la primaire en Californie.

§ Résultats définitifs des primaires au Wisconsin :

Romney 44,1% / Santorum 36,9% / Paul 11,2% / Gingrich 5,8%

§ Résultats définitifs des primaires au Maryland :

Romney 49,2% / Santorum 28,9% / Gingrich 10,9% / Paul 9,5%  

§ Résultats définitifs des primaires à Washington D.C. :

Romney 70,2% / Paul 12% / Gingrich 10,7%

A noter que le score stalinien de Romney s’explique en partie par le fait que Santorum n’avait pas réussi à s’inscrire à la primaire. A l’instar du scrutin en Virginie…

(Source des résultats : Washington Post)

(Justin Sullivan-Getty Images)

Google s’invite à la Maison Blanche

La société californienne continue son projet de numérisation du monde. Après les livres anciens, les chefs d’œuvres des musées et les endroits inaccessibles de la planète, l’application « Google View » débarque au 1600, Pennsylvania Avenue.

Arpenter les couloirs de la Maison Blanche, en pantoufles et simplement vêtu d’un peignoir est désormais possible. Plus besoin non plus de se rendre jusqu’à Washington pour visiter l’endroit le plus mythique des États-Unis. Mais si la balade reste évidemment virtuelle, le parcours est intéressant à plus d’un titre, car certaines pièces sont généralement interdites au commun des mortels.

Les services secrets ont passé au peigne fin toutes les images, donc peu de chance de trouver des perles, comme ailleurs sur la toile. Pas de cliché insolite d’Obama fumant discrètement une cigarette dans bureau ovale, ni de « Bo » le chien présidentiel, s’essuyant les pattes sur le tapis. Néanmoins, le visiter pourra jeter un œil à différentes pièces, toutes débordantes de statues et de tableaux.

Comme le raconte la First lady : « Des milliers de personnes ont parcouru ces salles afin d’en admirer les œuvres d’arts. Ils ont observé les portraits des plus célèbres présidents : Washington, Lincoln ou Kennedy ». « Ils ont imaginé l’histoire qui s’est faite ici. A présent, vous pouvez faire tout cela sans sortir de chez vous !».

L’objectif de Google est de présenter au public des œuvres d’arts difficiles d’accès. A cette fin, la société tentaculaire a fusionné son application « Google View » qui permet de circuler un peu partout dans le monde avec « Google Art », un programme qui donne accès aux collections des plus célèbres musées. Avec déjà un catalogue de plus de 30.000 œuvres à travers 40 pays…

Rien ne semble pourvoir combler la boulimie du géant californien qui trouve sans cesse d’autres proies à se mettre sous la dent. Vu que parcourir les rues de Kyoto ou de San Francisco est déjà démodé, la société est partie récemment à la conquête de la jungle amazonienne.Histoire de se la jouer aventurier en toute sécurité.

Pour les plus blasés, il est également possible de partir à la recherche d’épaves au fond des océans ou encore d’explorer la surface de la planète mars.

La visite virtuelle de la Maison Blanche est désormais accessible à tous et peut être qu’en ce moment le favori républicain Mitt Romney utilise cette dernière application de Google. Afin de préparer au mieux son prochain déménagement.

La planète Mars à portée de click

« Un dîner presque parfait » avec Barack & Michelle

En pleine campagne de réélection, le président démocrate accompagné de la First Lady enchaînent les soirées de gala et de collectes de fonds. Pour inciter aux dons, un concours permet à quelques petits donateurs chanceux de partager un repas avec les occupants de la Maison blanche…

Quel est le point commun entre Cathy, Judy et Regia ? Ces femmes américaines ont toutes les trois gagné un ticket pour diner avec le couple présidentiel. Les deux premières ont emmené leurs maris et la troisième a opté pour son père. Un jeune couple dynamique, une paire de retraités et un duo d’afro-américains. Il ne manquait plus qu’un latino pour que la tablée corresponde parfaitement à l’électorat américain.

Grâce à cet habile montage, les milliers de donateurs moins chanceux peuvent eux aussi avoir l’impression de rencontrer  le président et la First Lady en version décontractée.

Pour le « côté intime », il y a l’histoire du « premier date » entre Barack et Michelle, qui jouait à l’époque la carte culture en l’emmenant au musée.
Mais aussi la confession d’Obama qui relate le pire instant de son premier mandat. Il ne s’agit pas d’une décision concernant la crise financière, l’Opération Geronimo pour capturer ben Laden ou encore la gestion de la marée noire au large de la Louisiane. Mais bien du moment où sa fille Sasha a contracté la méningite et a dû subir une ponction lombaire.

« Le monde s’écroule à ce moment-là » affirme Barack, qui avant d’être un président est avant tout un père et un mari. Un procédé classique d’humanisation du candidat qui fonctionne toujours. Les larmes ne sont pas très loin. La transition de l’émotion vers le politique s’effectue sur le thème de la santé, avec la grande frayeur qu’a connu le jeune couple au moment de l’hospitalisation de leur fils.

Heureusement cela se termine par une happy end car les frais de traitement ont pu être pris en charge grâce à la récente réforme des soins de santé. Aujourd’hui, les compagnies d’assurance ne peuvent plus exclure un patient même s’il a déjà un historique médical.   Une « tranche de vie authentique » qui donne enfin un visage à cette fameuse « Obama-care » tant décriée, qui divise l’opinion publique américaine. Le hasard fait décidément bien les choses.

Si vous voulez tenter votre chance et peut-être partager un repas avec Michelle & Barack, il n’y a qu’une seule chose à faire : un petit don pour la campagne de réélection.

Votre cœur balance plutôt du côté républicain ? Pas de problème, tous les candidats à la présidentielle utilisent ce concept de « souper entre amis » pour motiver les donateurs.

Afin de casser son image de millionnaire qui lui colle à la peau, Mitt Romney et Ann sa douce moitié, ne proposent pas un repas prestige avec du caviar à la louche. Mais plutôt un morceau de pizza ou un burger accompagné de frites à l’image de l’Américain moyen. Le favori républicain cherche aussi un compagnon pour assister à un match de baseball lors de la « journée des patriotes ». Avis aux amateurs.

Cette recette de proximité avec les électeurs semble en tout cas porter ses fruits. L’équipe de campagne de Romney a déjà reçu près de 300.000 dons de sympathisants. La campagne d’Obama a quant à elle dépassé le million en octobre dernier…

Spot anti-Obama « Après mon élection… »

Les réactions à la petite phrase échangée entre le président démocrate et son homologue russe Dmitri Medvedev, ne se sont pas fait attendre. En période électorale, les candidats font feu de tout bois et cette réplique lourde de sens inspire déjà des spots publicitaires.

L’échange survenu hier lors d’un sommet à Séoul rassemble tous les éléments d’un film d’espionnage en pleine guerre froide. Conversation secrète entre dirigeants, bouclier antimissile, complicité mystérieuse entre les deux hommes et jusqu’à la réplique « Je transmettrai cette information à Vladimir« (Poutine). Voilà de quoi alimenter les fantasmes des détracteurs de Barack Obama.

 (voir l’article précédent: Obama pris « en flagrant délit »)

« Il nous cache des choses », « Quels sont ses autres secrets? » « Quels sont ses futurs projets? », sur les réseaux sociaux les rumeurs vont bon train. D’autant que le flou qui entoure le programme de deuxième mandat d’Obama permet les extrapolations les plus folles. Sur Twitter,un nouveau sujet a même été lancé (#ObamaAgenda) afin de deviner les vilains petits secrets du président cachotier!

Ce premier spot sur le sujet sera bientôt suivi par d’autres car force est d’avouer que l’administration d’Obama est moins prolifique en matière de scandale que celle de son prédécesseur texan.

Si la Maison Blanche a relativisé l’importance des propos du président en exercice, les candidats républicains par contre s’en donnent à cœur joie. Avec en première ligne le favori Mitt Romney, qui saute sur l’occasion de s’en prendre à son (très probable) futur adversaire de novembre.

Sur CNN, le mormon assimile la réplique d’Obama à un double jeu: un discours fort devant les caméras mais une position très conciliante en privé. « La Russie n’est pas un ami sur la scène internationale et c’est très inquiétant de voir ce président chercher davantage de flexibilité ».

L’ancien gouverneur du Massachusetts joue la carte sensible avec de vieux relents de guerre froide: « Je suis très inquiet, je pense que les Américains ressentiront la même chose. Voilà un président qui nous dit une chose et en fait une autre« .

Obama à la frontière nord-coréenne (© Reuters-Larry Downing)

Obama pris « en flagrant délit »

« Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité ». La petite phrase prononcée par le président américain à son homologue russe, lors d’un sommet en Corée du Sud, a provoqué un mini-séisme dans la presse américaine.

A l’occasion du sommet mondial sur la sécurité nucléaire qui se tenait à Séoul, le président démocrate a débattu pendant 90 minutes avec Dmitri Medvedev, qui est pour quelques semaines encore, le président de la Fédération de Russie.

Selon RFI, les propos de l’échange entre les deux chefs de l’état portaient sur l’amélioration des relations économiques entre les deux géants. Ainsi que sur d’autres sujets plus délicats concernant la géopolitique mondiale : le désaccord sur le cas syrien, la menace de la Corée du Nord, la situation en Afghanistan ou encore la menace d’une nucléarisation de l’Iran….

Mais ce qui a surtout marqué la presse américaine, à l’issue de ce long entretien, ce sont les quelques phrases échangées par les deux dirigeants alors qu’ils pensaient que leurs micros étaient déjà coupés.

Obama - Medvedev (RIA Novosti-Ekaterina Shtukina)

Abordant le dossier épineux du bouclier antimissile européen, éternelle pomme de discorde entre les anciens adversaires de la guerre froide, Obama précise à Medvedev :

«  Sur tous ces sujets, mais particulièrement sur celui du bouclier antimissile, cela peut être résolu mais c’est important qu’il (Vladimir Poutine a été réélu président de Russie ce 4 mars, il entre en fonction le 7 mai) me laisse de l’espace ».

Son homologue russe lui répond : « Oui je comprends. Je comprends votre message à propos de l’espace. Vous avez besoin d’espace pour vous… »

– Obama : « C’est ma dernière élection. Après ma réélection, j’aurai plus de flexibilité ».

– Medvedev « Je comprends, je transmettrai cette information à Vladimir… ».

(Version originale depuis ABCNews)

Obama: l’épine nucléaire

Ce bref échange a déjà fait réagir nombre d’observateurs, qui dénoncent un excès de confiance du président en place, qui semble assuré de sa réélection à la tête du pays alors qu’aucun électeur n’a encore voté.

Deuxièmement,  l’annonce d’une  plus grande « flexibilité » envers la Russie, qui reste quand même toujours un ennemi potentiel, apporte de l’eau au moulin des faucons conservateurs qui estiment qu’Obama passe pour un faible sur la scène internationale. Un adepte de la politique de la main tendue avec l’Iran ou une carpette devant la Russie et la Chine.

Un des pouvoirs du président américain, à l’instar d’une poignée de chefs d’états à travers le monde, réside dans sa capacité à décider d’une frappe atomique envers tout ennemi potentiel. Une menace qu’il faut toujours garder dans son jeu, à des fins dissuasives.

Obama avait par le passé fait l’erreur de dévoiler qu’il n’autoriserait pas un tel recours à la force avec l’Iran. Un aveu d’impuissance qui avait été fort décrié à travers le pays.

"Tellement préoccupé par le prompteur qu'il n'a rien remarqué" - Michael Ramirez

Semaine compliquée pour Obama

Juste après l’incident, un responsable de l’administration d’Obama répondant à un journaliste d’ABC News a relativisé la nature des propos du président.

« C’est une année électorale dans laquelle les Russes viennent d’avoir une élection. Nous allons nous aussi avoir une élection présidentielle et au Congrès, ce n’est pas le genre d’année où l’on peut résoudre des enjeux aussi compliqués que ceux-ci ».

Ce nouveau couac du président démocrate survient dans une période déjà bien chargée au niveau politique. C’est en effet cette semaine que les neuf juges de la Cour suprême américaine doivent décider si la fameuse réforme de la santé « Obamacare », votée il y a deux ans, est bien en accord avec la Constitution. Un dossier très polémique qui déchire l’échiquier politique entre partisans et détracteurs.

La petite phrase d’Obama: erreur technique, acte manqué ou manœuvre de détournement? Difficile à dire. En tout cas, elle va faire couler beaucoup d’encre. Et les images du « président trop confiant » vont inévitablement rejoindre les prochains spots anti-Obama…

Romney : carton plein à Porto Rico

Le favori des primaires semble particulièrement plaire à l’électorat latino. Après ses succès en Floride et en Arizona, le mormon vient de réaliser un score fleuve lors du scrutin à Porto Rico.

L’île caribéenne de Porto Rico n’est pas considérée comme un état américain à part entière, néanmoins ses habitants peuvent participer aux primaires du parti républicain. Les militants de ce « territoire non-assimilé » devaient répartir 20 délégués entre les différents candidats mais Mitt Romney n’a pas fait de quartier.  Avec un score presque stalinien, 88% des votes à l’arrêt du dépouillement, l’ancien gouverneur du Massachusetts a empoché l’intégralité des délégués mis en jeu.

Le duel des primaires: Romney Vs Santorum

Largement en tête dans la course aux délégués (il en a plus à lui seul que tous ses rivaux réunis) le mormon continue de marquer des points. «Je ne peux pas vous dire exactement comment le processus va se dérouler mais je parie qu’au final je vais devenir le nominé du parti » assure Romney, pour couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs.

Rick Santorum ne s’était pas attardé dans l’île, préférant concentrer ses efforts électoraux sur l’Illinois, un état nettement plus stratégique qui votera mardi 20 mars. Avec 69 délégués en jeu, l’état dont Obama a été le sénateur est une étape clé sur la longue route des primaires. L’ « état des prairies » est aujourd’hui le siège d’une bataille rangée entre Romney et Santorum, qui se déchirent à coups de spots publicitaires négatifs.

Selon la moyenne de sondages établie par Real Clear Politics, le mormon conserve toujours 6% d’avance sur son rival conservateur…

§ Résultats de la primaire de Porto Rico (20 délégués) :

1° MITT ROMNEY

> 88%   /   95.761 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 8,5  / 9.235 votes de préférence (soit dix fois moins!)

3° NEWT GINGRICH

> 2,2% / 2.364 votes de préférence

4° RON PAUL

> 1,3%  / 1.412 votes de préférence

(Source des résultats: New York Times)

O’bama joue la carte irlandaise

En pleine période électorale, Barack Obama ne rate pas une occasion de redorer son blason. Redevenu depuis peu le « cool président de campagne », l’occupant de la Maison Blanche enchaîne les sorties médiatiques.  Les festivités de la Saint Patrick, un moyen facile de marquer quelques points…

Pendant que les prétendants républicains se déchirent dans une campagne de primaire à couteaux tirés, le candidat démocrate se préoccupe plutôt de sa cote de popularité. Le président terne et grisonnant a disparu, pour céder la place au Barack à succès de 2008.

Quelques jours après la diffusion de son « film promotionnel« , Obama profite de la Saint Patrick pour rappeler ses origines irlandaises. Car s’il est plus connu comme « l’enfant de Hawaï » au cœur du Pacifique, le président a également des racines outre-atlantiques.

Son aïeul,  fils de cordonnier, a passé son enfance dans un petit village irlandais, avant d’émigrer en 1850 vers les États-Unis, à l’instar de milliers de ses compatriotes chassés par la famine. Et voilà pourquoi quelques générations plus tard, son illustre héritier peut légitimement se la jouer Irish, en sirotant une pinte de Guinness dans un pub…

Plus sérieusement, le soutien des électeurs de souche irlandaise à son importance dans l’arithmétique politique américaine, surtout en vue d’un affrontement face à Mitt Romney, l’ancien gouverneur du Massachusetts.

Dans le berceau originel des États-Unis, les premières colonies de la côte-Est, la proportion de descendants d’émigrés irlandais dans la population est assez colossale . Aujourd’hui, le pays compte près de 34 millions d’Américains avec des origines irlandaises!

Lors de son voyage en Europe en mai dernier, le président démocrate n’a pas manqué de rendre visite à la terre de ses ancêtres. O’bama, comme le  surnommait alors la presse, a une fois encore souligné ses origines locales lors d’un discours à Dublin, devant un parterre de milliers de sympathisants.

Comme à chaque célébration de la Saint Patrick, il est de bon de descendre quelques pintes de bières colorées en vert dans des pubs bondés. La Maison Blanche a suivi la tradition en incorporant un liquide verdâtre dans le circuit de distribution d’eau de la fontaine. Une présidence très irlandaise cette année…

La Maison Blanche célèbre la Saint Patrick

Encore un exemple de la frénésie irlandaise qui règne aux États-Unis, avec un joli timelapse de la rivière Chicago le jour de la Saint-Patrick!

« The Road We’ve Traveled »: le film dont Obama est le héros

Annoncé depuis plusieurs semaines, le film promotionnel de la campagne de réélection du président démocrate est enfin dévoilé aux sympathisants. Dans cette vidéo publicitaire réalisée à la manière d’un documentaire, le premier mandat d’Obama est revisité à la sauce hollywoodienne. Résultat:  un clip parfait de 17 minutes où le spectateur ne peut qu’apprécier le travail de l’occupant actuel de la Maison Blanche, avant de le supplier de bien vouloir rester 4 ans de plus…

Le trailer diffusé il y a une dizaine de jours, donnait déjà le ton (lire Obama sur la route des oscars): l’équipe de campagne de Barack Obama se donne les moyens de lui assurer un deuxième mandat. Tom Hanks  pour la voix-off, David Guggenheim à la réalisation, une bande son accrocheuse, des images parfaites et un montage chirurgical. Avec l’ intervention des poids lourds du parti démocrate: le couple Clinton, la First Lady, Joe Biden, David Axelrod… Rien n’est laissé au hasard dans ce concentré de l’Amérique qui gagne: les États-Unis d’ Obama.

Le film commence avec l’élection d’Obama en novembre 2008, une période qui coïncide avec la profonde crise économique que traverse alors les États-Unis. Avant sa prise de fonction, l’ancien sénateur de l’Illinois se rend compte que la situation est véritablement catastrophique et qu’il va falloir sauver le pays de la banqueroute…

Le décor est planté. Installez vous confortablement dans le canapé, avec une boisson sucrée et un seau de pop-corn. Voici « The Road We’ve Traveled », le film où vous ne pourrez qu’aimer Barack Obama…

La scénarisation du film est assez limpide. Dans la première partie, le président fraichement élu doit se retrousser les manches pour sortir l’Amérique de la crise. Gouverner c’est toujours choisir et Obama prend parfois des décisions controversées pour assurer le salut du pays: comme ses nombreux plans de relance économiques de plusieurs centaines de milliards de dollars…

Dans la deuxième partie, le spectateur réalise que le pari risqué d’Obama s’avère finalement payant, à l’image du sauvetage des « géants » de l’industrie automobile. Petite pique au passage pour le rival républicain Mitt Romney, qui proposait à l’époque de laisser couler General Motor, dans sa chronique devenue très célèbre « Let Detroit Go Bankrupt ». L’économie redécolle petit à petit, les chiffres du chômage s’améliorent, bref l’avenir s’annonce radieux si les électeurs gardent le même capitaine à la barre bien entendu!

Un autre chapitre est consacré à la réforme des soins de santé, un dossier épineux sur lesquels plumiers administrations se sont déjà cassées les dents. Mais ici encore, seul face à une opposition républicaine sans précédent, Obama garde le cap et impose finalement son projet.

Après la séquence « Obama le visionnaire », le clip se concentre sur les faits d’armes du président démocrate. Comme il l’avait promis, les troupes sont de retour d’Iraq, juste à temps pour célébrer Thanksgiving. Certes, il n’y aura plus de pertes américains sur le sol irakien mais la situation sur place ne s’améliore pas pour autant.

En ce qui concerne l’autre grand théâtre d’opération, le conflit afghan s’éternise depuis plus d’une décennie et personne ne sait comment mettre un terme à ce gouffre humain et financier. Constant identique pour la fermeture du camp de Guantánamo, une autre promesse tombée aux oubliettes. Mais ces remarques des mauvaises langues n’ont pas leurs places pas dans ce film dédié uniquement aux succès d’Obama.

Le retour des troupes, un autre succès d'Obama

Bref, après la sortie du bourbier irakien, le président démocrate a également réussit l’exploit de mettre un terme à la cavale sans fin de l’ennemi public N°1. L’opération Geronimo qui mena à l’exécution d’Oussama Ben Laden est un succès majeur de son mandat, une autre preuve qu’Obama a toutes les qualités requises par un chef. Un autre point fort pour l’élection  de novembre, face à Mitt Romney qui a échappé au service militaire et n’a donc aucune expérience dans ce domaine.

L’administration Obama semble réussir sur tous les fronts et le spectateur peut se rendre compte de l’ampleur de la tâche effectuée en moins d’un mandat: reprise de l’étude sur les cellules souches, abolition de la doctrine « Don’t ask, don’t tell » (concernant la discrimination des homosexuels dans l’armée), augmentions des  bourses étudiants, succès diplomatiques à l’étranger, réforme de Wall Street, développement des énergies renouvelables,…

Il y a fort à parier qu’en ce moment même des mains républicaines réalisent une nouvelle mouture de ce « documentaire » mais en y rajoutant quelques remarques moins obligeantes envers le président démocrate. En abordant par exemple l’ affaire Solyndra, du nom de la société de panneaux solaires qui avait bénéficié de large subventions de l’administration Obama avant de finalement déposer le bilan. Un scandale qui avait éclaboussé la Maison Blanche en septembre dernier.

Et Tom Hanks de conclure : « Il a changé la façon dont le monde nous regarde« .  Obama et les États-Unis deviennent indissociables. Au cas ou ce n’est pas clair, l’électeur doit absolument voter pour le président-candidat le 6 novembre prochain. Histoire de lui offrir un seconde mandat et d’assurer une happy end à ce film de campagne.

Moment Zen: Obama partage une tasse de thé avec le Dalaï-Lama

Obama sur la route des Oscars

En pleine campagne électorale, Barack Obama a décidé de s’offrir un véritable film promotionnel. Beaucoup plus élaborée que les spots télévisés habituels de 30 secondes, cette vidéo de 17 minutes est entièrement dédiée à la gloire de l’occupant actuel de la Maison Blanche.

Intitulé « The Road We’ve Traveled », ce documentaire d’un nouveau genre revient sur les trois premières années de mandat du président démocrate. S’il faudra attendre le jeudi 15 mars avant de pouvoir le visionner dans son intégralité, le teaser est d’ores et déjà diffusé sur la toile…

Un casting de choc

A la tête d’un trésor de guerre colossal, l’équipe de campagne d’Obama s’est permis le luxe d’engager la crème de la crème pour réaliser cette « superproduction démocrate ».

Pour la bande son : Tom Hanks, qui reste quand même l’un des acteurs américains les plus populaires. Au niveau de la réalisation : David Guggenheim, qui avait déjà concocté par le passé « An Inconvenient truth » (une vérité qui dérange).

C’est d’ailleurs grâce à ce documentaire consacré au réchauffement climatique dont il était le narrateur, qu’ Al Gore, l’ancien Vice-Président de Clinton, a remporté le prix Nobel de la paix en 2007.

Barack Obama, qui a déjà reçu cette distinction en 2009, « Pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples » (sic) vise plutôt sa réélection comme président des États-Unis. Mais gagner à nouveau la course à la Maison Blanche sera loin d’être une sinécure pour le président en exercice qui est au plus mal dans les sondages.

Avec seulement 47% d’opinions favorables,  la cote de popularité d’Obama n’est pas très enviable, à moins de huit mois de l’élection. S’il veut susciter l’engouement comme en 2008, l’ancien sénateur de l’Illinois devra à nouveau séduire les électeurs. Et quoi de mieux pour convaincre l’opinion qu’une belle fresque hollywoodienne?

Un « documentaire publicitaire »

Dans ce film forcément très subjectif, Obama jouera son propre rôle. Celui d’un président au centre du bureau ovale, confronté quotidiennement à des choix difficiles. Une récession économique sans précédent, le secteur automobile au bord de la faillite, la réforme du système des soins de santé,… Et force est de constater que durant ses trois premières années de mandat, les défis à relever n’ont pas manqués.

Autant de crises évoquées par les acteurs clés de son administration, son ancien chef de cabinet Emanuel Rahm, le Vice-Président Joe Biden, ou encore la secrétaire d’État Hillary Clinton.

Obama chef de guerre

Dans un rôle taillé sur mesure pour Denzel Washington, Obama joue également au chef des armées. Avec deux guerres qui n’en finissent pas sur les bras, le président doit limiter les pertes et évacuer les troupes hors des bourbiers irakien et afghan. L’échec de la fermeture de Guantánamo ou la gestion catastrophique de la marée noire en Louisiane seront-t-ils au menu du film? le mystère reste entier. Par contre le climax de cette superproduction est déjà connu: l' »opération Geronimo » qui doit mener à la capture d’Oussama Ben Laden!

S’il n’y a plus vraiment de suspense, l’ennemi public N°1 repose au fond de l’océan depuis mai 2011, la scène filmée en direct depuis la « situation room » plaira certainement aux amateurs de film d’action. Un bon point pour renforcer l’image d’Obama « leader des troupes », lui qui manquait  cruellement d’expérience militaire lorsqu’il était candidat en 2008, face à McCain, le héros du Vietnam!


Politique et Show Business

Depuis toujours, l’exercice de la politique a réclamé des talents d’acteurs. Mais depuis les joutes verbales de l’Antiquité, les médias ont quelques peu évolués. A présent, à l’heure de la campagne 2.0, quelques vidéos bricolés à la va-vite et diffusées sur les postes de télévisions ne suffisent plus.

Avec ce film de promotion,  l’objectif est de montrer qu’Obama a beaucoup plus d’expérience qu’en 2008 et que s’il n’a pas tenu toutes ses promesses c’est à cause de circonstances économiques exceptionnelles. Aujourd’hui, il n’est plus juste un simple candidat à la Maison Blanche mais bien le 44ième président des États-Unis qui brigue un second mandat!

Le film sera diffusé massivement dans les QG de campagne des 50 États afin de mobiliser les partisans démocrates. Il connaitra probablement aussi une diffusion virale sur la toile, où Obama reste le leader incontesté face à des candidats républicains qui ressemblent parfois à des amateurs.

L’ équipe de campagne du président démocrate utilise au maximum les réseaux sociaux depuis les primaires démocrates de 2007, pour propager ses idées et pour récolter des dons. Aujourd’hui, passé maître dans l’art du Storytelling, le président en exercice a « 25 millions d’amis » sur Facebook, est suivi par  13 millions de personnes sur Twitter et a plus de 2.000 vidéos postées sur Youtube! Un réseau colossal pour diffuser ses messages en temps réel et à moindres coûts, qui aura son importance au fur et à mesure que se rapproche l’élection du 6 novembre…

Obama 2012 : le retour du roi de la Com’

A neuf mois de l’élection présidentielle, Barack Obama  sort le grand jeu pour tenter de se faire à nouveau aimer des électeurs. Sans aucun doute, l’occupant actuel de la Maison Blanche ne projette pas de déménager de sitôt et il utilise les vieilles recettes pour faire remonter sa cote de popularité.

Au lendemain de son élection comme 44ième président des États-Unis, en novembre 2008, Obama était au sommet de sa gloire. Battant des records de popularité, l’ancien sénateur de l’Illinois était tout simplement intouchable.  Mais depuis lors, le conte de fée a cédé la place à une réalité bien plus terne et il faut bien l’avouer,  l’ « enfant star d’Honolulu » ne fait plus vraiment rêver. L’emballement médiatique est retombé et les pancartes arborant le slogan gagnant  « Yes We Can » prennent la poussière dans les placards des bureaux de campagne.

C’est bien connu, l’exercice du pouvoir use et le fringuant candidat de 2008 n’a plus grand-chose à voir avec sa version de 2012 aux cheveux gris. Le dynamique outsider qui ruait dans les brancards a laissé place au président du compromis, qui vise surtout  à rester en place afin de pouvoir prester un second mandat. Avant d’être élu, Obama jouait au basket, à présent il pratique surtout le golf, parfois même avec ses adversaires républicains du Congrès…

Obama sur le green en compagnie de John Boehner, chef de file des républicains à la Chambre

Obamania  version 2012

L’homme qui enthousiasmait les foules a-t-il disparu à jamais ? Ou fera-t-il à nouveau surface à mesure que se rapproche l’élection ?
A en croire cette toute nouvelle vidéo concoctée par son équipe de campagne, les conseillers marketing du président ont décidé de dépoussiérer à fond l’image du « héros de l’Illinois ». Avec un spot de 4 minutes 30, destiné à une diffusion virale sur la toile, l’idée est de faire revire la « success story » d’Obama, depuis l’annonce officielle de sa candidature. Au fond, Obama aujourd’hui c’est le même qu’en 2008, avec juste 4 ans d’expérience en plus…

Jeune, sportif, décontracté, proche de sa famille, à l’aise en société, décidé, dynamique,… Bref, tous les éléments de la formule gagnante en 2008 se trouvent dans ce spot, véritable concentré de l’image que doit refléter Obama en 2012 !

Évidemment, pas de traces dans cette vidéo des nombreuses promesses non tenues! Seuls comptent ici les succès du président: la réforme de la santé, l’exécution d’Oussama Ben Laden, le sauvetage de l’industrie automobile, le retrait des troupes d’Iraq,…Obama dispensé des primaires

Toujours coincé sous la barre des 50% d’opinions favorables, à l’exception de la période qui a suivi l’exécution de l’ennemi public N°1, Barack Obama sait qu’il doit séduire à nouveau les foules pour assurer sa réélection.  Tandis que l’attention médiatique se tourne essentiellement du côté républicain où les candidats se livrent une lutte sans merci, le président démocrate est dispensé de l’exercice périlleux (et surtout très couteux) des primaires. Son équipe peut donc se consacrer à organiser la campagne sur le terrain, dans les 50 états du pays et aussi tenter de récolter un maximum d’argent. A l’heure actuelle, le président en exercice a déjà accumulé plus de dons financiers que tous ses opposants réunis, d’autant qu’eux le dépensent à un rythme effréné, afin de rester en course dans ces primaires disputées.   ( article sur le sujet prochainement )

L’art de la cool-attitude

Si depuis quelques semaines, les apparitions d’Obama sont plus fréquentes, elles montrent surtout que l’heure de la campagne de réélection a bel et bien sonné. Ainsi dernièrement, à l’occasion de la fête de la science à la Maison Blanche, le « président qui garde une âme d’enfant », s’émerveille devant un canon à marshmallow…

Quelques jours plus tard, le « président proche du peuple » est surpris (par un photographe qui trainait dans le coin!) en train de toper le poing d’un manutentionnaire du Congrès. Très classe.

Discours de l’état de l’Union, Super Bowl, événements internationaux, l’occupant de la Maison Blanche ne rate pas une seule occasion de faire sa promotion. Privilège de la fonction présidentielle, c’est toujours de la publicité gratuite.
Lorsqu’il est face à un bataillon de journalistes, le « président de la répartie » n’en rate pas une : « Obama le Ninja« « Obama le roi lion», « Obama qui calme les bébés« , « Obama qui taquine son pote Sarkozy », … La liste est longue et il y a fort à parier que quelques perles se rajoutent d’ici au mois de novembre.

Plus country que hip-hop

Si Obama le showman est connu du grand public, son côté crooner l’était moins jusqu’à ce discours, où il s’est permis de pousser la chansonnette. La vidéo d' »Obama roi de la soul » a provoqué un buzz sur internet…avec à la clé un pic de vente pour le titre d’Al Green!

Toujours à la page, un conseiller 2.0 d’Obama a récemment diffusé sur internet sa « playlist de campagne » sur le site de streaming musical Spotify . Des titres populaires, qui seront joués lors des différents rassemblements jusqu’en novembre. Soucieux de séduire l’électorat du Midwest, Obama le mélomane se révèle soudain être un grand amateur de musique country…

Michelle, une alliée de poids

Il ne faut jamais l’oublier, Michelle Obama est le premier soutien du président. Et elle semble déterminée à rester 4 ans de plus la première dame des États-Unis.  En ce moment, la First Lady parcourt le pays, pour célébrer le troisième anniversaire de la campagne anti-obésité « Let’s Move » dont elle est le fer de lance. Et avec sa tournée nationale, elle ne manquera pas de visiter quelques états clés de l’élection présidentielle…
Joignant le geste à la parole, la dynamique occupante de la Maison Blanche ne recule devant rien pour « pousser les enfants à se remuer »  et améliorer du même coup l’image du couple présidentiel. Des pompages sur un plateau TV  ou encore une course  en « un sac à patates » suite à un défi lancé par le comédien à succès Jimmy Fallon. Des images peu banales pour une First Lady, reprises instantanément dans les médias…

Des républicains tout sauf cool

Quand la machine Obama se met en marche, elle a beaucoup de chance de gagner la bataille de la « cool attitude » car du côté républicain ce n’est pas la joie. Parmi les quatre candidats encore en lice, Rick Santorum est sans doute le plus à l’aise en société et le « plus en phase » avec son vivier électoral ultra-conservateur. Ron Paul place parfois quelques bons mots entre des coups de gueule mais il n’a jamais l’air totalement à l’aise, flottant toujours dans des costumes trop grands pour lui. Newt Gingrich est quant à lui un candidat qui fait beaucoup rire mais c’est plus le souvent à ses dépens.

Rick Santorum - Le challenger

Mais celui qui fait assurément le plus de de peine c’est Mitt Romney. Grand favori des primaires, c’est aussi le candidat qui se donne le plus de mal pour ressembler à une personne normale.  Il a beau retourner des saucisses sur les BBQ en jouant au voisin sympa, la sauce ne prend pas. En campagne, il porte des jeans en permanence mais il n’arrive pas à endosser le rôle de l’Américain moyen, à  la manière d’un acteur dont on sent qu’il s’efforce sans succès de rentrer dans un rôle. Avec son brushing inamovible et ses costumes hors de prix, le mormon n’arrive pas à se dépêtrer de son image de millionnaire de Wall Street. Et quand il arrive à placer quelques blagues, cela manque toujours cruellement de spontanéité. A ce jeu là, il n’a tout simplement aucune chance face à Obama…