Avril, le printemps de Romney ?

Après une courte pause, le ballet des primaires républicaines reprend aujourd’hui avec trois scrutins : au Wisconsin, au Maryland ainsi que dans la capitale américaine. Si les sondages se confirment dans les urnes, Mitt Romney devrait normalement s’imposer partout et creuser l’écart sur ses poursuivants.

Le 3 janvier dernier l’Iowa donnait le coup d’envoi des primaires, avec pas moins de sept prétendants républicains en lice. Trois mois plus tard,  la course à l’investiture s’est nettement resserrée et n’est plus aujourd’hui qu’un duel entre le grand favori Mitt Romney et l’outsider Rick Santorum.

L’ultra-conservateur est l’unique candidat qui fasse encore obstacle au sacre du « modéré du Massachusetts », le sobriquet dont est affublé Romney. Newt Gingrich et Ron Paul sont toujours officiellement candidats mais sont désormais mathématiquement hors course et relégués au second plan.

Après des scrutins dans pas moins de 29 états (sur les 50 que compte le pays), le mormon a confirmé son statut de grand favori avec 16 états à son compteur (en orange), contre 11 pour son rival catholique (en vert) . Gingrich n’a quant à lui remporté que deux victoires (en mauve) et Paul rêve encore de son premier succès.  (Voir : Bilan des primaires)

Bilan des primaires républicaines au 2 avril

Du 100% Romney ?

Les suffrages du mois d’avril, qui se déroulent essentiellement dans les états plus modérés de la côte-Est s’annoncent très favorables pour Mitt Romney. L’ancien gouverneur du Massachusetts continuera donc probablement à creuser l’écart sur ses poursuivants, jusqu’au moment où il parviendra à atteindre le total des 1.144 délégués, seuil nécessaire pour remporter l’investiture du parti.

Ce 3 avril, près d’une centaine de délégués seront mis en jeu à travers trois scrutins simultanés : au Wisconsin (42), au Maryland (37) ainsi qu’à Washington D.C. (19). Pour une fois, les primaires n’utiliseront pas le système proportionnel mais plutôt la méthode du « Winner Take All », où le premier dans les urnes rafle l’intégralité des délégués. Bref, si Romney termine premier partout, il peut faire carton plein sans laisser la moindre miette à ses rivaux républicains !

Romney, plus que jamais favori

Le cœur politique américain

Romney part clairement favori dans la capitale américaine, où beaucoup de militants républicains travaillent au sein des institutions du parti.  La situation sera nettement plus compliquée pour lui dans l’élection générale de novembre car la ville de Washington, peuplée aux 2/3 par des Afro-américains, a toujours représenté un véritable bastion démocrate. Si mathématiquement la primaire ne rapporte que peu de délégués au candidat, remporter la victoire dans le cœur politique de la nation a quand même son importance sur le plan symbolique.

Paradoxalement, les habitants du « bastion de la démocratie » sont quelques peu lésés au niveau de leurs droits électoraux. En effet, le « District de Columbia », qui se trouve entre la Virginie et le Maryland, ne bénéficie pas du même statut qu’un état classique.
Ce n’est que depuis 1961 et le 23e amendement de la Constitution, que les citoyens de Washington peuvent participer à l’élection présidentielle. Et encore aujourd’hui,  ce sont les seuls Américains qui ne peuvent pas élire de représentants au Congrès !

Maryland  sans concurrence

Dans la primaire du Maryland, le favori républicain règnera sans doute sans partage. Santorum a délaissé cet état de la « vieille Amérique», à l’électorat assez modéré, pour se concentrer sur le scrutin du Wisconsin. Largement en tête dans tous les sondages, Romney va sans doute rafler les 37 délégués mis en jeu.

Santorum mise sur le Wisconsin

Le véritable duel républicain du jour se situera dans la région des grands lacs, lors de la primaire au Wisconsin. Scrutin le plus important avec ses 42 délégués en jeu, c’est surtout le seul où Santorum a une chance de rivaliser avec Romney.  Si le candidat conservateur échoue, cela signifie que Romney va faire carton plein en remportant tous les suffrages et l’intégralité des délégués. Un beau coup pour faire taire ses détracteurs et pour confirmer plus encore son statut de chef de file républicain.

Si les derniers sondages sont tous favorables au mormon, 7,5% d’avance selon la moyenne établie par Real Clear Politics, le candidat ultra-conservateur espère toujours créer la surprise.
Sa botte secrète : un spot qui associe la politique de Mitt Romney à celle de Barack Obama. L’insulte suprême pour un républicain !

Les étapes suivantes

Après les scrutins d’aujourd’hui, la campagne connaitra une pause de trois semaines jusqu’au mardi 24 avril. Ce jour-là, les militants républicains de cinq états  de la côte-Est voteront à leur tour, répartissant pas moins de 231 délégués.
Trois anciennes « colonies originelles » des États-Unis : Delaware (17) , Rhode Island (19) et Connecticut (28) ainsi que deux états-clés des primaires : la Pennsylvanie (72) et l’état de New York (95).

Primaires républicaines - Avril

Là encore, l’ancien gouverneur du Massachusetts part favori dans la plupart des scrutins. A l’exception de la Pennsylvanie, l’état que Santorum a représenté au Sénat pendant douze ans. Le candidat ultra-conservateur sera dans l’obligation de gagner sur ses terres et devra tenter de limiter la casse jusqu’au mois de mai, qui lui sera plus favorable avec des états plus conservateurs.

Le 8 mai en Virginie-Occidentale, en Indiana ainsi qu’en Caroline du Nord. La semaine suivante au Nebraska et en Oregon. Le 22 en Arkansas ainsi qu’au Kentucky. Jusqu’au 29 où votera enfin le Texas, un autre poids lourd des primaires.

Bref, même si Romney semble impossible à rattraper, le marathon des primaires est encore loin d’être terminé…

Bilan des primaires républicaines: déjà 29 états sur 50

Après la Louisiane, dernier scrutin du mois de mars, c’est le moment idéal pour dresser un « instantané » de la course à l’investiture républicaine.

A l’heure actuelle, 29 états sur les 50 que compte le pays ont déjà organisé des élections, sous forme de caucus ou de primaires. Quatre candidats sont toujours en lice: Mitt Romney, Rick Santorum, Newt Gingrich et Ron Paul.

Au niveau de la « course aux délégués », Mitt Romney reste clairement le grand favori avec plus de délégués que ses trois poursuivants réunis.    Selon les dernières projections d’Associated Press, reprises par le New York Times:

D’ici le 26 juin et l’Utah, qui termine le bal des primaires républicaines, 1.258 délégués devront encore être départagés entre les candidats.

Le premier qui atteindra le seuil de 1.144 délégués sera automatiquement déclaré vainqueur et affrontera Barack Obama dans l’élection générale de novembre.

(Pour mieux comprendre le processus d’attribution des délégués: Romney à la poursuite du chiffre magique)

GOP Madness - Bob Gorrell

29 états – 34 scrutins

Au niveau géographique, les militants de 29 états américains ont déjà voté, ainsi que les électeurs de plusieurs « territoires non-incorporés », qui participent aux primaires mais pas à l’élection présidentielle de novembre. Ces territoires ne sont pas considérés comme des états à part entière et leur poids électoral est relativement limité.

Romney a remporté les suffrages dans toutes les îles: Samoa américaines, Guam, Mariannes du Nord et Porto Rico à l’exception des iles Vierges où Ron Paul s’est imposé.

Bilan primaires républicaines (25 mars)

MITT ROMNEY (16 états/20 victoires)

L’ancien gouverneur du Massachusetts est incontestablement le grand favori des primaires avec 16 victoires à son compteur. Candidat le plus modéré, il a surtout du succès dans les zones urbaines et sur les côtes. Par contre il est plus à la peine dans les régions agricoles et dans le centre du pays, par essence plus conservateur. D’obédience mormone, Romney est aussi soutenu par ses coreligionnaires dans quelques états de l’Ouest américain (Utah, Nevada, Idaho, Arizona…)

New Hampshire et Floride (10-31 janvier)

Nevada, Maine, Arizona, Michigan et Wyoming (février)

Washington (3 mars)

Alaska, Idaho, Ohio, Virginie*, Massachusetts et Vermont (Super Tuesday du 6 mars)

Hawaï (13 mars)  +Porto Rico (18 mars)

Illinois (20 mars)  

* Gingrich et Santorum ont dépassé le délai d’inscription et ont de ce fait manqué la primaire de Virginie, un état du sud assez conservateur, qui leur aurait été en principe favorable!

Mitt Romney: la victoire à l'usure

RICK SANTORUM (11 états)

Le challenger de ces primaires a déjà remporté onze états, principalement dans le Midwest et le sud du pays. L’ancien sénateur de Pennsylvanie incarne la seule alternative crédible à Romney, jugé trop modéré pour l’aile plus conservatrice du parti républicain. Santorum a loupé le coche avec la primaire manquée en Virginie.

Il s’en est également fallu de peu qu’il rafle les primaires du Michigan ainsi que dans l’Ohio. Deux états décisifs dans lesquels la machine de campagne de Romney a fait pencher la balance en investissant plusieurs millions de dollars en publicités négatives. Romney gagne là où c’est vraiment nécessaire, un réalisme qui fait toute la différence dans ces primaires.

Iowa (3 janvier)

Colorado et Minnesota (février)

Tennessee, Oklahoma et Dakota du Nord (Super Tuesday 6 mars)

Kansas (10 mars) Alabama et Mississippi (13 mars)

– Missouri* (17 mars)

Louisiane (24 mars)

* Suite à un cafouillage dans l’organisation du scrutin, les résultats ne sont pas définitifs, la victoire de Santorum au Missouri n’est donc pas encore officielle

Rick Santorum: le challenger ultra-conservateur

NEWT GINGRICH (2 états)

Sérieusement distancé, l’ancien Président de la chambre n’a jusqu’à présent remporté que deux victoires : la Caroline du Sud (21 janvier) et la Géorgie (Super Tuesday du 6 mars) dont il a été le représentant pendant vingt ans. Son vivier électoral se concentre dans le sud du pays mais Gingrich s’est fait déborder par son rival ultra-conservateur Santorum, qui l’a finalement devancé dans des états tels que le Tennessee, l’Alabama, le Mississippi ou encore la Louisiane.

Mathématiquement hors course, il n’a pour ambition que d’empêcher Romney d’atteindre le chiffre magique de 1.144 délégués. Qualifié par la presse de saboteur ou d’ agent du chaos, Gingrich continue son travail de perturbateur sans que l’on sache si son retrait servirait ou non la cause de Santorum. Le candidat de Géorgie ne remportera vraisemblablement plus aucune victoire dans ces primaires.
 

RON PAUL

Lanterne rouge des primaires, le texan est aussi le seul candidat sans aucune victoire à revendiquer. Sa stratégie repose uniquement sur la collecte maximale de délégués afin d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti qui se déroulera fin août à Tampa Bay en Floride. Dans son baroud d’honneur, le doyen de la course profitera de cette tribune de premier plan pour diffuser ses idées libertariennes en tentant d’influer sur les lignes directrices du parti.

Carte des 50 états américains

Course aux délégués: à la poursuite du « chiffre magique »

La course à l’investiture est un processus très complexe où il est parfois nécessaire de sortir sa calculette. Tentative de décryptage.

Mitt Romney a beau s’imposer comme le grand favori de ces primaires républicaines, il ne sera déclaré vainqueur que s’il parvient à collecter un total de 1.144 délégués.  Et ses rivaux conservateurs sont déterminés à l’empêcher d’atteindre ce seuil décisif.

A moins d’avoir un favori évident, comme Obama pour le camp démocrate, différents candidats doivent s’affronter dans l’espoir de devenir « le candidat officiel » du parti. Dans ces primaires républicaines, quatre candidats sont encore en lice: Mitt Romney, Rick Santorum, Newt Gingrich et Ron Paul.

Pour devenir « le candidat républicain » dans  l’élection présidentielle de novembre, une seule méthode: accumuler les succès électoraux dans les différents états et collecter peu à peu des délégués. Pour faire simple : plus de militants votent pour un candidat, plus il remporte de délégués et plus vite il remporte les primaires de son parti.

Dernier carré républicain: Romney - Paul - Santorum - Gingrich

A la poursuite du chiffre magique

L’ensemble des 50 états américains, ainsi qu’une poignée de « territoires non-incorporés » (Porto Rico, Guam, etc.) rapportent aux candidats un nombre de délégués, proportionnels à la taille de leur population. C’est assez logique que la Californie  « pèse » plus que le Vermont ou l’Alaska.

Si l’organisation des scrutins varient selon les états (primaires, caucus, hybride,…) le principe est toujours le même : répartir les délégués entre les candidats, en fonction des résultats obtenus dans les urnes.

Au total : 2.286 délégués sont mis en jeu à travers le pays, ce qui détermine le seuil de majorité à 1.144 délégués. Lorsqu’un candidat obtient ce « chiffre magique », cette ligne d’arrivée virtuelle, l’élection s’arrête automatiquement. Il est déclaré gagnant et peut se préparer à l’élection présidentielle de novembre, face à  au candidat démocrate.

1.144 délégués - Le nombre magique pour les candidats républicains

Plus de suspense, plus de complexité

L’organisation de la cinquantaine de scrutins est gérée par les différents états ainsi que par le parti républicain au niveau fédéral. Et suivant les années, les règles électorales évoluent. Il faut se rendre à l’évidence, rien n’est jamais simple…

Afin d’entretenir le suspense et d’attirer l’attention médiatique, le parti républicain a décidé d’imiter le camp démocrate, en favorisant l’usage du « système proportionnel ». Par le passé, nombre d’états utilisaient plutôt la méthode du « Winner take all » où le gagnant dans les urnes remporte d’un seul coup l’intégralité des délégués mis en jeu. Peu importe de gagner avec 100 ou 100.000 voix d’avance, seul compte de terminer premier.

Avec ce système assez sommaire, dès qu’un candidat gagnait quelques états clés (Californie, Texas, Floride, New York,…) il devenait très vite impossible à rattraper et ses rivaux abandonnaient la partie. Lors des primaires républicaines en 2008 par exemple, John McCain avait remporté pas mal de scrutins lors du « Super Tuesday » et dès le lendemain son rival Mitt Romney jetait l’éponge. Le 7 février 2008, la campagne des primaires  était déjà terminée!

Mais désormais, avec un nombre croissant d’états qui utilisent le « système proportionnel« , la situation n’est plus aussi limpide. Car si ce procédé est certainement plus démocratique, il a pour effet principal de rallonger la durée de la campagne. Cette année l’Iowa a donné le coup d’envoi des primaires républicaines le 3 janvier, tandis que l’Utah terminera le bal le 26 juin prochain. Soit six mois de primaires !

Vers une convention négociée ?

Dans ces primaires, Romney est incontestablement le grand favori et s’il atteint le chiffre magique de 1.144 délégués, l’élection s’arrête là. Mais si ces rivaux conservateurs arrivent à l’en empêcher, la campagne peut tirer en longueur jusque fin juin, avec éventuellement aucun candidat déclaré vainqueur!

Dans ce cas de figure hypothétique, les instances officielles du parti devraient alors débattre, lors de la convention nationale républicaine qui se tiendra du 27 au 30 août prochain à Tampa, en Floride.  A l’issue de ces quartiers généraux, le parti devra de toute façon trancher et désigner un candidat officiel.

Un « chevalier blanc » pourrait alors éventuellement sortir de nulle part, un candidat mystère qui fasse l’unanimité auprès des électeurs. Un scénario qui circule dans les médias mais qui s’apparente surtout à une mission impossible, vu les divergences d’opinions au sein de l’électorat républicain. Un invité surprise, moins de trois mois avant l’élection, c’est un échec quasiment assuré pour les républicains, face à la solide organisation démocrate et leur champion Obama.

Bref, cette idée de « convention négociée » (brokered convention) reste une éventualité mais son utilisation est vraiment très peu probable.  Véritable solution de la dernière chance, ce  système de nomination n’a plus eu cours depuis 1976 !

L'éléphant, symbole du parti républicain

La guerre des chiffres

Dans cette course aux délégués, il faut souvent sortir sa calculette d’autant plus que les résultats varient selon les médias. Des différences qui s’expliquent de deux façons:

D’une part, le processus de répartition. Sans rentrer dans le détail, certains états désignent directement les délégués le jour du scrutin, tandis que d’autres attendent plusieurs semaines, voire jusqu’à la convention du parti fin août.

D’autre part,  il existe deux types de délégués, ce qui prête souvent à confusion.

– les délégués « normaux » (« pledged delegates« ), qui sont élus par les militants lors des primaires, proportionnellement aux résultats de chaque candidat. En d’autres termes, plus vous avez de voix, plus vous recevez de délégués.

– les délégués « influents » (« unpledged delegates« ) qui sont beaucoup moins nombreux. Ceux-ci ne sont pas élus lors des suffrages dans chaque état mais il s’agit de membres importants du parti (gouverneurs, sénateurs,etc.).

 En tant que  « personnalités locales du parti », ils sont libres de voter pour le candidat de leur choix et son libres de changer d’avis pendant les primaires. Ce qui explique que leurs soutiens à tel ou tel candidat est toujours relatif.

Pour ces différents raisons, les médias établissent des « projections » de la répartition des délégués mais ces résultats sont toujours à prendre avec des pincettes….

A ce stade des primaires républicaines et selon les projections de l’Associated Press reprises par le New York Times:

Romney est largement en tête avec plus de 500 délégués à son compteur

Santorum est clairement dans la position du challenger avec près de la moitié des délégués

Gingrich en troisième position est déjà largement distancé

Paul termine la marche avec une cinquantaine de délégués, soit dix fois moins que Romney. Il est mathématiquement hors course.

– Le chiffre magique s’élève à 1.144 délégués et il reste encore 1.324délégués à répartir, soit plus de la moitié…

Course aux délégués 20 mars (projections AP/NY Times)

Romney : carton plein à Porto Rico

Le favori des primaires semble particulièrement plaire à l’électorat latino. Après ses succès en Floride et en Arizona, le mormon vient de réaliser un score fleuve lors du scrutin à Porto Rico.

L’île caribéenne de Porto Rico n’est pas considérée comme un état américain à part entière, néanmoins ses habitants peuvent participer aux primaires du parti républicain. Les militants de ce « territoire non-assimilé » devaient répartir 20 délégués entre les différents candidats mais Mitt Romney n’a pas fait de quartier.  Avec un score presque stalinien, 88% des votes à l’arrêt du dépouillement, l’ancien gouverneur du Massachusetts a empoché l’intégralité des délégués mis en jeu.

Le duel des primaires: Romney Vs Santorum

Largement en tête dans la course aux délégués (il en a plus à lui seul que tous ses rivaux réunis) le mormon continue de marquer des points. «Je ne peux pas vous dire exactement comment le processus va se dérouler mais je parie qu’au final je vais devenir le nominé du parti » assure Romney, pour couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs.

Rick Santorum ne s’était pas attardé dans l’île, préférant concentrer ses efforts électoraux sur l’Illinois, un état nettement plus stratégique qui votera mardi 20 mars. Avec 69 délégués en jeu, l’état dont Obama a été le sénateur est une étape clé sur la longue route des primaires. L’ « état des prairies » est aujourd’hui le siège d’une bataille rangée entre Romney et Santorum, qui se déchirent à coups de spots publicitaires négatifs.

Selon la moyenne de sondages établie par Real Clear Politics, le mormon conserve toujours 6% d’avance sur son rival conservateur…

§ Résultats de la primaire de Porto Rico (20 délégués) :

1° MITT ROMNEY

> 88%   /   95.761 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 8,5  / 9.235 votes de préférence (soit dix fois moins!)

3° NEWT GINGRICH

> 2,2% / 2.364 votes de préférence

4° RON PAUL

> 1,3%  / 1.412 votes de préférence

(Source des résultats: New York Times)

Caucus du Missouri : 10ième victoire pour Santorum

Après avoir gagné le « concours de beauté républicain » du Missouri début février, Rick Santorum a finalement remporté l’élection officielle dans cet état du Midwest.

Suite à des problèmes d’ordre politico-juridiques, le scrutin au Missouri s’est tenu en deux parties : des primaires purement symboliques le 7 février  et des caucus réguliers le 17 mars.

Finalement, l’ancien sénateur de Pennsylvanie s’est largement imposé dans les deux suffrages, soutenu massivement par des militants très conservateurs et des chrétiens évangélistes.

Avec le Missouri, Rick Santorum vient de remporter son dixième état, sur un total de 27 scrutins. La course à l’investiture du parti se resserre de plus en plus, Santorum étant le seul véritable outsider face au grand favori Mitt Romney, qui lui a déjà remporté 15 états.

Les poursuivants, Newt Gingrich (seulement 2 succès) et Ron Paul (toujours aucun), restent officiellement dans la course mais sont déjà beaucoup trop distancés que pour encore espérer remporter l’investiture.

Rick Santorum: le rival principal de Romney

§ Résultats des caucus du Missouri (52 délégués)

1° RICK SANTORUM

> 55,2%   /   138.957 votes de préférence

2° MITT ROMNEY

> 25,3%   /   63.826 votes de préférence

3° RON PAUL

> 12,2%   /   30.641 votes de préférence

Et à l’instar des primaires en Virginie, l’équipe de campagne de Newt Gingrich n’a pas respecté les délais d’inscription pour le Missouri, invalidant sa participation au scrutin!

(Source des résultats: Washington Post )

Alabama et Mississippi: Cap sur le Sud!

Ce 13 janvier, les primaires républicaines se joueront dans le sud du pays, dans les états voisins d’Alabama et du Mississippi. Pour la première fois des caucus seront aussi organisés au beau milieu du Pacifique, à Hawaï, l’état natal de Barack Obama.

Le Sud est à l’honneur aujourd’hui avec des scrutins dans deux états très conservateurs: l’Alabama et le Mississippi, où respectivement  50 et 40 délégués seront en jeu. Les caucus d’Hawaï valent quant à eux 20 délégués tandis que les petites îles des Samoa américaines, un « territoire non-incorporé » en rapportera 9 aux candidats.

Le dernier carré des primaires républicaines: Romney - Santorum - Gingrich - Paul

Mitt Romney, en grand favori, continue à creuser son avance dans la course à l’investiture républicaine. Largement en tête dans la collecte de délégués, l’ancien gouverneur du Massachusetts a déjà remporté les 2/3 des états (soit 14 sur 23). Il n’est pas censé remporter de victoires dans les états du sud, qui lui sont en principe défavorables mais un succès éventuel renforcerait encore son statut de champion du parti.

Newt Gingrich, le seul « candidat du sud » mise beaucoup sur les scrutins du jour pour relancer sa campagne en perte de vitesse. Depuis le début des primaires, l’ancien président de la Chambre n’a remporté que deux états sur 23: la Caroline du Sud en janvier et son fief de Géorgie la semaine passée.

Rick Santorum a un beau coup à jouer ce soir dans ces deux états largement peuplés par les évangélistes et des ultra-conservateurs. Conforté par son trio de victoires lors du Super Tuesday (Tennessee, Oklahoma et Dakota du Nord), l’ancien sénateur de Pennsylvanie est en pleine ascension et s’impose dans les sondages et dans les urnes comme l’outsider des primaires. Et la seule alternative à Romney…

Ron Paul espère toujours remporter une première victoire dans ces primaires et il a ses chances lors des caucus de Hawaï. Si mathématiquement, c’est pratiquement impossible pour lui de remporter l’investiture du parti républicain, le candidat texan continue sa stratégie de collecte de délégués en vue d’influencer la convention nationale républicaine qui se déroulera fin août à Tampa Bay, en Floride.

§ Carte des états remportés par les différents candidats républicains:

> En orange: Mitt Romney (14 états)

> En vert: Rick Santorum (7 états) et le « concours de beauté du Missouri » (hachuré) qui ne compte pas vraiment

> En mauve: Newt Gingrich (2 états)

Bilan des primaires républicaines (12 mars)

Guide de survie du « Super Tuesday »

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Carte du "Super Tuesday" du 6 mars

§ La primaire républicaine en quelques chiffres…

– Pour remporter l’investiture républicaine, un candidat doit absolument récolter 1.144 délégués, soit la majorité simple sur un total de 2.286, mis en jeu à travers les 5O états du pays.

– Jusqu’à présent, les militants de seulement 11 états ont voté, répartissant 355 délégués entre les quatre candidats.

Mitt Romney (203 délégués) a remporté 7 états: le New Hampshire, la Floride, le Nevada, le Maine, l’Arizona, le Michigan et Washington.

Rick Santorum (92) a remporté 3 états: l’Iowa, le Colorado et le Minnesota.

Newt Gingrich(33) n’a remporté que la Caroline du Sud

Ron Paul(25) n’a pas encore remporté de scrutin.

(Source des résultats: Washington Post)

– Lors du « Super Tuesday » du 6 mars: les candidats vont se partager un total de 437 délégués. A noter que dix états utilisent un système de répartition de type « proportionnel », il n’y aura donc pas ici de système « winner take all » (comme en Floride ou en Arizona) où le gagnant remporte l’intégralité des délégués de l’état.

– Le nombre de délégués dans un état est lié à sa population: certains états « pèsent » plus que d’autres et sont en conséquence plus courtisés par les candidats…

§ Répartition des délégués:

1° Primaire de Géorgie > 76 délégués

2° Primaire de l’Ohio > 66 délégués

3° Primaire du Tennessee > 58 délégués

4° Primaire de Virginie > 49 délégués 

5° Primaire d’Oklahoma > 43 délégués

6° Primaire du Massachusetts > 41 délégués

7° Caucus de l’Idaho > 32 délégués

8° Caucus du Dakota du Nord  > 28 délégués

9° Caucus d’Alaska > 27 délégués

10° Primaire du Vermont > 17 délégués

§ Suivre les résultats du « Super Tuesday » en direct:

Une explication des enjeux du scrutin en vidéo

> Via Twitter avec des tags globaux: #election2012 #supertuesday ou bien à l’aide de tags correspondant aux différents états: #GA #OH #TN #VA #OK #MA #ID #ND #AK #VT

> Washington Post

> New York Times

> Politico

> CNN

> USA Today

> Et bien évidement sur toutes les chaines télévisées américaines…

Caucus de Washington : Romney en force, Gingrich absent

Dernier test électoral avant le « super scrutin » du 6 mars, où les militants républicains de dix états se rendront aux urnes, les caucus de Washington ont confirmé le statut de favori de Mitt Romney.

Après le Maine, l’Arizona et le Michigan, le Washington est le quatrième état remporté d’affilée par l’ancien gouverneur du Massachusetts.  En tête de la course à l’investiture avant le « Super Tuesday », le mormon creuse peu à peu son avance sur ses poursuivants.

Ce scrutin a également confirmé la dérive de Newt Gingrich, au profit de son rival ultra-conservateur Rick Santorum. Dernier, avec à peine 10% des voix, l’ancien président de la Chambre mise tout sur son « prochain retour en grâce » qu’il annonce imminent, à l’occasion des primaires dans son fief électoral de Géorgie.

Ron Paul s’offre quant à lui une belle seconde place dans l’état de Washington mais il reste toujours le seul candidat sans victoire. Le texan réalise souvent de bons résultats dans les caucus, où la force de persuasion de ses partisans rallie à la cause libertarienne de nombreux indécis.

Washington, 4ième succès d'affilée pour Mitt Romney

§ Résultats définitifs des caucus de l’état de Washington

1° MITT ROMNEY

> 37,6%   /   19.111 votes de préférence

2° RON PAUL

> 24,8%   /   12.594 votes de préférence

3° RICK SANTORUM

> 23,8%   /   12.089 votes de préférence

4° NEWT GINGRICH

> 10,3%   /   5.221 votes de préférence

(Source des résultats: Washington Post )

Romney (se) rassure avant le « Super Tuesday »

Mitt Romney a confirmé son statut de favori des primaires républicaines, en remportant les scrutins en Arizona et au Michigan. Un bon signal pour le candidat, qui s’est vraiment donné du mal pour arracher la victoire dans son état natal.

A moins d’une semaine du « Super Tuesday » du 6 mars, où les militants de dix états voteront simultanément, Romney a remis les pendules à l’heure face à son rival ultra-conservateur Rick Santorum.

En Arizona, le mormon a remporté une victoire nette et sans bavure,  en raflant près de la moitié des suffrages. Seul candidat a réellement faire campagne dans l’ « état du grand canyon », il bénéficiait en plus du soutien de ses coreligionnaires et du populaire sénateur local, John McCain.

Romney peut donc rajouter à son compteur l’ensemble des 29 délégués mis en jeu dans ce scrutin où seule la première place compte, car il utilise le système du « Winner take all ».  A noter qu’un candidat doit récolter la bagatelle de 1.144 délégués avant de remporter l’investiture du parti…

Romney prend un bain de foule

En deuxième position, Rick Santorum confirme son statut d’ « alternative à Romney ». Au détriment de Newt Gingrich, qui continue scrutin après scrutin sa courbe descendante. L’ancien président de la Chambre annonce à grands bruits qu’il va faire un comeback fracassant mardi prochain ! Mais si sa campagne ne rebondit pas très vite elle pourrait s’achever d’ici peu. Au lendemain du Super Tuesday par exemple…

(voir l’article: Gingrich: toujours plus proche de la voie de garage)

L’atypique Ron Paul clôture la marche en obtenant 8,4% des voix, soit le double de son score de 2008. Même s’il est à la traine derrière les favoris, le texan améliore systématiquement ses  résultats et il est déterminé à poursuivre sa campagne jusqu’au bout.

§ Résultats définitifs de l’ Arizona

1° MITT ROMNEY

> 47,3%   /   216.805 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 26,6%   /   122.088 votes de préférence

3° NEWT GINGRICH

>16,2%   /   74.110 votes de préférence

4° RON PAUL

>8,4%   /   38.753 votes de préférence

(Source des résultats: Washington Post)

Si Mitt Romney a remporté une victoire sans ombrage en Arizona, le résultat du scrutin au Michigan est loin d’être aussi idyllique. Certes, le candidat a gagné dans son état natal mais il vraiment dû batailler ferme face la montée en puissance de son rival Santorum. Au final, l’ « enfant du pays » sauve les meubles et évite surtout une défaite qui aurait été très néfaste pour la suite de campagne.

Au niveau des chiffres, à peine 3% séparent le mormon de son rival catholique. Preuve que si Romney marque des points et remporte des états, il est loin de faire l’unanimité dans un camp républicain vraiment très éclaté.

Vu que la primaire dans l’ « état des grands lacs » utilise le système proportionnel,  les 30 délégués mis en jeu seront équitablement partagés entre les deux adversaires. Ce qui fait dire au directeur de campagne de Santorum que le scrutin au Michigan ressemble moins à une victoire de Romney qu’à un match nul…

Ron Paul vole la troisième place à un Gingrich en déroute et fidèle à son habitude double presque son score de 2OO8, où il n’avait obtenu que 6,3%. A ce rythme-là, le doyen de la course pourrait devenir le favori du parti en 2016 voire 2020. Plus sérieusement, il est très probable que son fils Rand Paul, déjà sénateur du Kentucky, prenne un jour la relève dans son combat libertarien…

§ Résultats définitifs du Michigan

1° MITT ROMNEY

41,1%   /   410.517 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 37,9%   /   378.124 votes de préférence

3° RON PAUL

> 11,6%   /   115.956 votes de préférence

4° NEWT GINGRICH 

> 6,5%   /   65.093 votes de préférence

(Source des résultats: Washington Post)

Suite à cette double victoire, Romney calme les ardeurs de Santorum et retrouve du même coup sa position de favori dans les sondages au niveau national. Maintenant qu’il a remporté le scrutin dans son état natal, la pression est retombée et Romney peut se permettre de railler son rival sur sa « stratégie d’encouragement au vote démocrate ».

Si certains « faux républicains » ont reconnu avoir voté pour Santorum, il est impossible de connaitre leur nombre exact. Une seule certitude : l’ « opération Hilarity » qui avait pour objectif de faire trébucher Romney n’a pas fonctionné…
Du coup, le favori reprend à son compte l’analyse des stratèges démocrates: « Oui, je suis bien le candidat le plus dangereux face à Obama… »

(voir l’article: Je suis démocrate donc je vote républicain)

Pour suivre les primaires en Arizona et au Michigan :

Dans l’ « état du grand canyon » il s’agira d’un scrutin de type « Winner take all ». Le candidat qui engrange le plus de voix rafle d’un seul coup les 29 délégués mis en jeu.

Selon la moyenne des sondages établie par « Real Clear Politics », Mitt Romney se profile comme le favori de l’élection. Le mormon peut compter sur le soutien de ses nombreux coreligionnaires qui peuplent cette région. En outre, il bénéficie du soutien du sénateur de l’Arizona, le dernier champion républicain des présidentielles, John McCain.

L’ultra-conservateur Rick Santorum devrait probablement terminer deuxième. Newt Gingrich et Ron Paul ne peuvent pas espérer grand chose de cette élection où de toute façon seule compte la première place …

En ce qui concerne le Michigan, le système proportionnel entrera en vigueur pour répartir les 30 délégués mis en jeu, entre les différents candidats.

Selon les derniers sondages, il est impossible de départager les deux favoris du scrutin dans l’« état des grands lacs ».  L’issue de l’affrontement entre Mitt Romney et Rick Santorum est la grande question du jour…

Et selon toute vraisemblance, Newt Gingrich et Ron Paul devraient encore terminer loin derrière ce duo.

§ Plus d’infos sur la primaire du Michigan dans les articles précédents :

Romney joue son honneur au Michigan      

Je suis démocrate donc je vote républicain

§ Quelques liens pour analyser les résultats en direct :

>> Washington Post

>>New York Times

>> Politico

>> CNN

>> USA Today