Romney monte sur le ring face à Obama

Le grand favori républicain n’a pas encore passé le cap des primaires mais il creuse à chaque scrutin son avance sur ses poursuivants. Pressé d’en découdre avec le président démocrate, Romney enchaîne les attaques contre la « politique d’assistanat » de l’administration Obama.

L’élection générale du 6 novembre peut sembler loin mais il n’y a pas de temps à perdre pour l’ancien gouverneur du Massachusetts. Profitant de la visibilité médiatique offerte par les primaires, Romney se lance déjà à corps perdu dans la campagne.

Porté par son triomphal « hat-trick » de mardi (sa triple victoire au Wisconsin, au Maryland ainsi qu’à Washington D.C.) le candidat confirme plus encore son statut de futur adversaire d’Obama. La preuve : le favori républicain ne cite même plus ses rivaux des primaires, pour concentrer ses attaques sur l’occupant de la Maison Blanche. Romney a enfilé ses gants et le combat va durer sept mois.

Romney, plus que jamais favori (Justin Sullivan-Getty Images)

Si les thèmes de campagne vont fluctuer jusqu’en novembre prochain, le cheval de bataille de Romney concerne l’économie, son domaine de prédilection. Dans son discours de victoire au Wisconsin, devant un parterre de sympathisants, l’ancien homme d’affaires  a expliqué en quoi sa vision diffère totalement de celle du président démocrate.

« Le président Obama n’est pas responsable de la récession, mais il n’a pas su amener la reprise économique ». « En fait, il a prolongé la récession et a ralenti la reprise. Sa stratégie économique est un échec total »  a expliqué le candidat républicain.

Afin d’illustrer ses propos, Romney souligne quelques symptômes de l’échec du « plan de relance économique » entreprise par l’administration Obama. Les files de chômeurs qui s’allongent, une dette nationale sans précédent, le prix de l’essence à la pompe qui n’arrête pas de grimper,…  Et de conclure sous les applaudissements nourris: « Voulez-vous encore quatre ans de plus ? ».

Pour cet adepte de l’ultra-libéralisme, la solution pour relancer la croissance du pays viendra du secteur privé et de la libre entreprise et non pas d’un gouvernement omnipotent. Un combat d’idées qui sera au cœur de la bataille électorale de novembre.

Après sa démonstration économique, l’homme d’affaires en remet une couche en parodiant une réflexion faite par Obama, qui aspirait à devenir le 4e président le plus efficace de l’histoire!

« Le président pense qu’il fait du bon travail. Je ne fais pas de blague. Il pense qu’il fait un travail historique, dans la lignée d’Abraham Lincoln, Lyndon Johnson et Franklin Roosevelt ! ». « Il faut croire qu’à force de voler sur Air Force One (l’avion présidentiel), entouré constamment par des admirateurs qui vous disent que vous faites un excellent travail, cela suffise à vous faire perdre tout contact avec la réalité« .

Une petite pique qui renvoie à la dernière vidéo de campagne anti-Obama. Un spot étrange qui met en scène un bébé tout sourire…

Le président démocrate est également prêt à en découdre et sa réponse n’a pas tardé. Dès le lendemain, son équipe a diffusé la vidéo « Romney Vs la réalité » qui contredit point par point les propos du favori républicain.

Le même jour, son staff célébrait le premier anniversaire du lancement officiel de la campagne « Obama-Biden 2012 ». Histoire de faire étalage de l’ampleur du mouvement de réélection et de souligner l’énorme écart par rapport à l’organisation de Romney. Un exemple significatif: le nombre de donateurs. Le candidat républicain projette de dépasser la barre des 300.000 sympathisants tandis que du côté démocrate, le prochain objectif est d’atteindre les deux millions!  Le tandem Obama-Biden étant dispensé de l’exercice couteux des primaires, cela donne un solide avantage au camp démocrate, tant au niveau de la récolte de fond que de l’organisation dans les 50 états américains.

D’ailleurs, s’il est toujours énormément critiqué par l’ensemble des prétendants républicains , Barack Obama semble retrouver peu à peu le chemin du succès. Après un long passage à vide, l’indice de popularité du « président-candidat » commence à reprendre des couleurs.

Selon plusieurs sondages, il dominerait d’ailleurs Romney dans plusieurs états décisifs de l’élection : en Floride (+7%) en Ohio (+6%) ou encore en Pennsylvanie (+3). Mais à sept mois de « l’Election Day » du 6 novembre, ces projections à long terme n’ont que peu de valeurs.

Wisconsin: état pivot de la campagne

Le discours de Romney au Wisconsin marque un tournant dans la stratégie du champion républicain. Désormais il ne cite même plus ses rivaux pour se concentrer sur son rival démocrate. A l’image de son prédécesseur John Mc Cain, qui le 19 février 2008 avait lui aussi officiellement commencé dans « l’état du blaireau » sa campagne face à Obama .

Le sénateur de l’Arizona  annonçait  alors à ses partisans : « Merci Wisconsin, de nous amener  à un point où même un aviateur militaire superstitieux comme moi, peut proclamer avec confiance et humilité qu’il va être le nominé du parti dans la course à la présidentielle des États-Unis ».

John Mc Cain, l'adversaire d'Obama en 2008

Marathon républicain jusqu’en juin

La situation de McCain était différente parce que lors des dernières primaires du parti beaucoup plus d’états utilisaient le système du « Winner take all », où le premier dans les urnes  rafle l’intégralité des délégués mis en jeu. Cette année, avec la méthode de répartition proportionnelle, la campagne des primaires va inévitablement tirer en longueur.

Selon les dernières projections d’Associated Press, Romney a collecté largement plus de délégués que ses trois rivaux réunis et surtout il a dépassé le seuil symbolique des 50% (572).

Bilan de la course aux délégués (5 avril AP-NYT)

Les prochains scrutins, le 24 avril, vont encore accroitre l’avance de Romney. Il est annoncé favori dans les quatre états modérés de la côte-Est (Connecticut, Rhode Island, Delaware et New York). Santorum devrait quant à lui juste sauver les meubles en Pennsylvanie, l’état qu’il a représenté pendant douze ans au Sénat.

Si Romney s’avère d’ores et déjà impossible à rattraper par ses poursuivants, il devra néanmoins atteindre 1.144 délégués avant d’être officiellement déclaré vainqueur. L’objectif pour ses rivaux, Santorum en tête, est de l’empêcher d’atteindre cette ligne d’arrivée virtuelle. Mais à moins d’une catastrophe, le favori républicain y arrivera avant la fin du printemps. Probablement le 5 juin avec la primaire en Californie.

§ Résultats définitifs des primaires au Wisconsin :

Romney 44,1% / Santorum 36,9% / Paul 11,2% / Gingrich 5,8%

§ Résultats définitifs des primaires au Maryland :

Romney 49,2% / Santorum 28,9% / Gingrich 10,9% / Paul 9,5%  

§ Résultats définitifs des primaires à Washington D.C. :

Romney 70,2% / Paul 12% / Gingrich 10,7%

A noter que le score stalinien de Romney s’explique en partie par le fait que Santorum n’avait pas réussi à s’inscrire à la primaire. A l’instar du scrutin en Virginie…

(Source des résultats : Washington Post)

(Justin Sullivan-Getty Images)

Romney : carton plein à Porto Rico

Le favori des primaires semble particulièrement plaire à l’électorat latino. Après ses succès en Floride et en Arizona, le mormon vient de réaliser un score fleuve lors du scrutin à Porto Rico.

L’île caribéenne de Porto Rico n’est pas considérée comme un état américain à part entière, néanmoins ses habitants peuvent participer aux primaires du parti républicain. Les militants de ce « territoire non-assimilé » devaient répartir 20 délégués entre les différents candidats mais Mitt Romney n’a pas fait de quartier.  Avec un score presque stalinien, 88% des votes à l’arrêt du dépouillement, l’ancien gouverneur du Massachusetts a empoché l’intégralité des délégués mis en jeu.

Le duel des primaires: Romney Vs Santorum

Largement en tête dans la course aux délégués (il en a plus à lui seul que tous ses rivaux réunis) le mormon continue de marquer des points. «Je ne peux pas vous dire exactement comment le processus va se dérouler mais je parie qu’au final je vais devenir le nominé du parti » assure Romney, pour couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs.

Rick Santorum ne s’était pas attardé dans l’île, préférant concentrer ses efforts électoraux sur l’Illinois, un état nettement plus stratégique qui votera mardi 20 mars. Avec 69 délégués en jeu, l’état dont Obama a été le sénateur est une étape clé sur la longue route des primaires. L’ « état des prairies » est aujourd’hui le siège d’une bataille rangée entre Romney et Santorum, qui se déchirent à coups de spots publicitaires négatifs.

Selon la moyenne de sondages établie par Real Clear Politics, le mormon conserve toujours 6% d’avance sur son rival conservateur…

§ Résultats de la primaire de Porto Rico (20 délégués) :

1° MITT ROMNEY

> 88%   /   95.761 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 8,5  / 9.235 votes de préférence (soit dix fois moins!)

3° NEWT GINGRICH

> 2,2% / 2.364 votes de préférence

4° RON PAUL

> 1,3%  / 1.412 votes de préférence

(Source des résultats: New York Times)

Un « Super Tuesday » tout sauf décisif

Après deux mois de scrutins au compte-gouttes,  les primaires s’accélèrent avec le « Super Tuesday », où les militants de dix états votent simultanément. Mais si la course à l’investiture républicaine avance d’un grand pas, il faudra encore attendre longtemps avant qu’un candidat ne soit déclaré vainqueur.

Depuis son coup d’envoi en Iowa, le 3 janvier dernier, le ballet des primaires républicaines est dominé par Mitt Romney. Si le mormon millionnaire est incontestablement le grand favori, il ne peut que ronger son frein avant d’affronter officiellement Barack Obama, dans l’élection présidentielle de novembre. Pour comprendre pourquoi ces primaires durent plus longtemps que par la passé, il faut avant tout analyser les chiffres…

La pêche aux 1.144 délégués

Jusqu’à présent, seulement onze états sur les cinquante que compte le pays ont participé au vote, répartissant à peine 355 délégués entre les quatre rivaux. Si Romney caracole en tête avec un peu plus de 200 délégués au compteur, il est encore très loin du compte. Car pour gagner l’investiture du parti, un candidat doit en récolter 1.144 !

Avec le « Super scrutin » d’aujourd’hui, les militants de dix autres états voteront à leur tour, rajoutant dans la balance quelques 437 délégués. Mais même si un candidat gagnait partout avec un score stalinien, cela ne lui permettrait pas d’atteindre le montant nécessaire.

Une course de longue haleine

L’investiture du parti républicain se complexifie aussi suite aux changements dans les règles électorales. De plus en plus d’états abandonnent le système du  « Winner take all », où le premier dans les urnes rafle l’intégralité des délégués de l’état, au profit d’un scrutin de type « proportionnel ».

Ce changement de méthode est certainement plus représentatif du choix des électeurs mais il prolonge sensiblement la durée des primaires. Par la passé, une fois que le favori avait gagné quelques grands états, il devenait très vite impossible à rattraper.

John McCain - Champion républicain en 2008

En 2008 par exemple, John McCain avait remporté les états poids lourds des primaires (Californie, New  York, Illinois,…) après ce fameux « Tsunami Tuesday », où les républicains de 21 états votaient le même jour!  Avec plusieurs centaines de délégués d’avance, McCain était tout simplement irrattrapable et Romney jetait l’éponge à peine deux jours plus tard.

Du côté démocrate, les primaires de 2008 furent beaucoup plus disputées, avec Hillary Clinton et Barack Obama au coude à coude. Impossible à départager, le duel se prolongea jusqu’au mois de juin, où l’ancien sénateur de l’Illinois a finalement atteint le seuil nécessaire de délégués !

Si ces primaires à rallonge prolongent le suspense et focalisent l’attention médiatique sur les candidats en lice, elles ont également des travers. Une telle campagne coûte une fortune aux candidats et divise le parti à seulement quelques mois de la présidentielle. Si un duel acharné entre républicains devait perdurer jusqu’à l’été, il y a beaucoup de chance que le rescapé soit finalement écrasé par la machine démocrate en novembre.

(Crédit photo: Charles Dharapak/AP)

Romney : champion républicain ?

Si ce « méga scrutin » s’annonce moins décisif que par le passé, il pourrait néanmoins s’avérer riche en renseignements sur l’état de forme des différents candidats. Romney a beau être le grand favori, il est loin de faire l’unanimité dans un parti véritablement coupé en deux. L’aile dure des républicains, composée de militants ultra-conservateurs, lui reproche d’être un candidat trop timoré et trop modéré sur des questions sociales.

L’ancien gouverneur du Massachusetts est aussi critiqué du fait d’être mormon, trop riche, d’accumuler les gaffes et de changer d’idées comme de costumes. Selon un sondage récent du « Wall Street Journal », près de 40% des Américains ont une opinion négative de Romney, contre seulement 28% qui en ont une opinion positive.  Un très mauvais score pour un favori ! Peut-il séduire au niveau national et au-delà de sa base de partisans ? C’est l’une des questions de ce scrutin exposant dix.

Gingrich – Santorum : le duel conservateur

Ce « Super Tuesday » sera peut-être aussi  l’occasion de départager Rick Santorum et Newt Gingrich, deux candidats qui puisent dans le même vivier électoral ultra-conservateur. Santorum a besoin de nouvelles victoires pour confirmer sa crédibilité électorale et son rôle de « candidat alternative à Romney ».

Gingrich a quant à lui besoin d’urgence d’un succès, ailleurs que dans son fief de Géorgie, pour relancer sa campagne qui part complètement à la dérive. Un désaveu dans les urnes pourrait pousser l’ancien président de la Chambre vers la sortie, au bénéfice de Santorum qui récupérerait illico les voix de son rival. Un transfert de voix qui relancerait totalement l’issue de ces primaires à rebondissements.

Ron Paul, la force tranquille

Peu importe ce qu’il advient de ses rivaux, Ron Paul continuera de toute façon les primaires jusqu’ au finish. Remporter l’un ou l’autre état serait un très bon signal pour sa campagne mais de toute façon le texan a peu de chance de l’emporter, du fait de ses idées trop radicales et anti-establishment. Sa stratégie repose plutôt sur une course de fond, où il grappille délégué après délégué. Son but étant d’arriver en position de force lors de la convention nationale du parti, tribune de choix où il pourra diffuser ses idées. Si cette campagne présidentielle est assurément son baroud d’honneur, le doyen de la course a déjà un successeur dans son combat libertarien. Actuellement sénateur du Kentucky, son fils Rand Paul incarne déjà le futur du mouvement. A suivre en 2016…

Romney (se) rassure avant le « Super Tuesday »

Mitt Romney a confirmé son statut de favori des primaires républicaines, en remportant les scrutins en Arizona et au Michigan. Un bon signal pour le candidat, qui s’est vraiment donné du mal pour arracher la victoire dans son état natal.

A moins d’une semaine du « Super Tuesday » du 6 mars, où les militants de dix états voteront simultanément, Romney a remis les pendules à l’heure face à son rival ultra-conservateur Rick Santorum.

En Arizona, le mormon a remporté une victoire nette et sans bavure,  en raflant près de la moitié des suffrages. Seul candidat a réellement faire campagne dans l’ « état du grand canyon », il bénéficiait en plus du soutien de ses coreligionnaires et du populaire sénateur local, John McCain.

Romney peut donc rajouter à son compteur l’ensemble des 29 délégués mis en jeu dans ce scrutin où seule la première place compte, car il utilise le système du « Winner take all ».  A noter qu’un candidat doit récolter la bagatelle de 1.144 délégués avant de remporter l’investiture du parti…

Romney prend un bain de foule

En deuxième position, Rick Santorum confirme son statut d’ « alternative à Romney ». Au détriment de Newt Gingrich, qui continue scrutin après scrutin sa courbe descendante. L’ancien président de la Chambre annonce à grands bruits qu’il va faire un comeback fracassant mardi prochain ! Mais si sa campagne ne rebondit pas très vite elle pourrait s’achever d’ici peu. Au lendemain du Super Tuesday par exemple…

(voir l’article: Gingrich: toujours plus proche de la voie de garage)

L’atypique Ron Paul clôture la marche en obtenant 8,4% des voix, soit le double de son score de 2008. Même s’il est à la traine derrière les favoris, le texan améliore systématiquement ses  résultats et il est déterminé à poursuivre sa campagne jusqu’au bout.

§ Résultats définitifs de l’ Arizona

1° MITT ROMNEY

> 47,3%   /   216.805 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 26,6%   /   122.088 votes de préférence

3° NEWT GINGRICH

>16,2%   /   74.110 votes de préférence

4° RON PAUL

>8,4%   /   38.753 votes de préférence

(Source des résultats: Washington Post)

Si Mitt Romney a remporté une victoire sans ombrage en Arizona, le résultat du scrutin au Michigan est loin d’être aussi idyllique. Certes, le candidat a gagné dans son état natal mais il vraiment dû batailler ferme face la montée en puissance de son rival Santorum. Au final, l’ « enfant du pays » sauve les meubles et évite surtout une défaite qui aurait été très néfaste pour la suite de campagne.

Au niveau des chiffres, à peine 3% séparent le mormon de son rival catholique. Preuve que si Romney marque des points et remporte des états, il est loin de faire l’unanimité dans un camp républicain vraiment très éclaté.

Vu que la primaire dans l’ « état des grands lacs » utilise le système proportionnel,  les 30 délégués mis en jeu seront équitablement partagés entre les deux adversaires. Ce qui fait dire au directeur de campagne de Santorum que le scrutin au Michigan ressemble moins à une victoire de Romney qu’à un match nul…

Ron Paul vole la troisième place à un Gingrich en déroute et fidèle à son habitude double presque son score de 2OO8, où il n’avait obtenu que 6,3%. A ce rythme-là, le doyen de la course pourrait devenir le favori du parti en 2016 voire 2020. Plus sérieusement, il est très probable que son fils Rand Paul, déjà sénateur du Kentucky, prenne un jour la relève dans son combat libertarien…

§ Résultats définitifs du Michigan

1° MITT ROMNEY

41,1%   /   410.517 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 37,9%   /   378.124 votes de préférence

3° RON PAUL

> 11,6%   /   115.956 votes de préférence

4° NEWT GINGRICH 

> 6,5%   /   65.093 votes de préférence

(Source des résultats: Washington Post)

Suite à cette double victoire, Romney calme les ardeurs de Santorum et retrouve du même coup sa position de favori dans les sondages au niveau national. Maintenant qu’il a remporté le scrutin dans son état natal, la pression est retombée et Romney peut se permettre de railler son rival sur sa « stratégie d’encouragement au vote démocrate ».

Si certains « faux républicains » ont reconnu avoir voté pour Santorum, il est impossible de connaitre leur nombre exact. Une seule certitude : l’ « opération Hilarity » qui avait pour objectif de faire trébucher Romney n’a pas fonctionné…
Du coup, le favori reprend à son compte l’analyse des stratèges démocrates: « Oui, je suis bien le candidat le plus dangereux face à Obama… »

(voir l’article: Je suis démocrate donc je vote républicain)

Pour suivre les primaires en Arizona et au Michigan :

Dans l’ « état du grand canyon » il s’agira d’un scrutin de type « Winner take all ». Le candidat qui engrange le plus de voix rafle d’un seul coup les 29 délégués mis en jeu.

Selon la moyenne des sondages établie par « Real Clear Politics », Mitt Romney se profile comme le favori de l’élection. Le mormon peut compter sur le soutien de ses nombreux coreligionnaires qui peuplent cette région. En outre, il bénéficie du soutien du sénateur de l’Arizona, le dernier champion républicain des présidentielles, John McCain.

L’ultra-conservateur Rick Santorum devrait probablement terminer deuxième. Newt Gingrich et Ron Paul ne peuvent pas espérer grand chose de cette élection où de toute façon seule compte la première place …

En ce qui concerne le Michigan, le système proportionnel entrera en vigueur pour répartir les 30 délégués mis en jeu, entre les différents candidats.

Selon les derniers sondages, il est impossible de départager les deux favoris du scrutin dans l’« état des grands lacs ».  L’issue de l’affrontement entre Mitt Romney et Rick Santorum est la grande question du jour…

Et selon toute vraisemblance, Newt Gingrich et Ron Paul devraient encore terminer loin derrière ce duo.

§ Plus d’infos sur la primaire du Michigan dans les articles précédents :

Romney joue son honneur au Michigan      

Je suis démocrate donc je vote républicain

§ Quelques liens pour analyser les résultats en direct :

>> Washington Post

>>New York Times

>> Politico

>> CNN

>> USA Today

Gingrich: toujours plus proche de la voie de garage

Depuis un mois et son unique victoire en Caroline du Sud, Newt Gingrich continue sa longue traversée du désert. Débordé par son rival ultra-conservateur Rick Santorum, le « candidat yo-yo » de ces primaires à rebondissements table toujours sur un énième comeback de plus en plus improbable…

Début janvier, juste avant le lancement des primaires républicaines, le bouillonnant Newt Gingrich dominait les intentions de vote au niveau national. Discret lors des deux premiers scrutins, en Iowa et au New Hampshire, l’ancien président de la Chambre marqua les esprits en remportant l’état de la Caroline du Sud, avec une avance confortable sur Mitt Romney. Le « candidat de l’expérience» s’affirmait alors comme la seule alternative au mormon du Massachusetts.

Mais ce succès ne dura pas longtemps, dès lors que l’équipe de campagne de Romney a commencé son travail de sape. A coups de millions dépensés en publicités négatives, la réputation déjà sulfureuse de Gingrich a vite été mise à jour et sa cote de popularité a chuté aussi vite qu’elle était montée.

Lors des scrutins suivants, en Floride et au Nevada, Romney a triomphé et confirmé du même coup son statut de favori des primaires. Ensuite est venu le tour de Santorum de focaliser l’attention des médias. Et pendant ce temps, Newt Gingrich, le « candidat qui rêve de coloniser la lune » ronge son frein, espérant toujours revenir sur le devant de la scène.

Un mauvais sens du timing

Le plus gros problème de Gingrich, c’est le temps. Sa stratégie électorale repose essentiellement sur les états du sud du pays, qui lui sont en principe favorables. Mais entre le scrutin en Caroline du Sud, qu’il a remporté le 21 janvier dernier, et les autres primaires où il espère avoir du succès,  il y a plus de six semaines d’écart! Soit une éternité en politique…

L’ancien président de la Chambre mise tout sur le « Super Tuesday » du 6 mars, journée cruciale où les militants de dix états attribueront d’un seul coup plus de délégués que tous ceux distribués jusqu’à présent. Ce mardi-là, quatre « états du sud » tiendront des élections: la Virginie, le Tennessee, l’Oklahoma et la Géorgie, véritable bastion électoral de Gingrich.

Si les scrutins se déroulaient fin janvier, Gingrich aurait sans nul doute remporté quelques victoires et serait resté dans la course à l’investiture républicaine. Mais vu la tournure que prennent les événements, il a de plus en plus de chances de rater son coup et de finir tout simplement hors-jeu. S’il ne rebondit pas lors du « Super Tuesday », Gingrich n’aura d’autre choix que de jeter l’éponge.

L’art de la campagne de proximité

Optant pour une stratégie très différente, Rick Santorum s’est concentré sur quelques états de petites tailles, où il a mené une véritable campagne de terrain. S’il a créé la surprise en remportant le caucus de l’Iowa, ce n’est pas sans raison. Très motivé, le candidat a parcouru les 99 comtés de l’état à bord d’un pick-up, en allant à chaque fois à la rencontre de ses habitants ! Une tactique de proximité qui n’est possible que dans un état à taille réduite (à moins de passer vingt ans sur les routes) qui s’est finalement avérée payante.

Fort de ce succès initial en Iowa, qui lui a apporté soutien médiatique et financier, Santorum a ensuite boycotté quelques étapes afin de se concentrer sur les scrutins du 7 février. Ce jour-là, il remporte simultanément les caucus du Colorado et du Minnesota ainsi que le « concours de beauté » du Missouri, auquel Gingrich ne participe même pas.

Rick Santorum - le rival conservateur

Un rival dérangeant

Jusqu’à ce trio de victoires, l’ancien sénateur de Pennsylvanie a habilement fait profil bas. Évitant les coups, il a assisté au « duel Romney-Gingrich », laissant le mormon éroder peu à peu la réputation de l’ancien président de la Chambre.

Jouant sur la même corde religieuse et ultra-conservatrice, Rick Santorum est le véritable adversaire de Newt Gingrich. Ron Paul surfe sur la vague libertarienne et anti-gouvernementale, avec des militants déjà tout acquis à sa cause tandis que les autres candidats  conservateurs (Cain, Bachmann et Perry) ont déjà abandonnés la course.

Résultat : Santorum et Gingrich se partagent le vivier électoral des ultra-conservateurs, des évangélistes et des militants indécis du mouvement Tea Party. Un ensemble hétéroclite d’électeurs mais qui ont en commun d’être tous farouchement hostiles à Barack Obama et qui estiment que Mitt Romney est beaucoup trop modéré pour représenter le parti face à lui.

Le dernier carré républicain: Santorum - Gingrich - Romney - Paul

Gingrich, populaire chez les pandas

Tel Moise, l’ancien président de la Chambre continue sa traversée du désert. A mesure que passe les semaines, il continue son errance et semble de plus en plus boudé par les médias (toute proportion gardée), qui lui préfère Santorum.  Désireux de combler son déficit d’image, Gingrich essaie inexorablement de faire parler de lui. Mais les dernières vidéos qu’il diffuse sont symptomatiques d’une campagne en perte de vitesse.

Dans celle-ci, Gingrich s’offre un break, avec une visite VIP au zoo de San Diego, en Californie. Après avoir donné à manger à un éléphant, l’animal symbole du parti républicain, le candidat nourrira également un panda. Une bien curieuse stratégie électorale…

Le début de la fin

Même si Gingrich assure le contraire, il y a fort à parier que le transfert de voix de ses partisans vers Santorum va continuer. Le 28 février se tiendront deux primaires essentielles pour observer ce phénomène: en Arizona et dans le Michigan, l’état natal de Romney. Si les sondages actuels se vérifient dans les urnes, Gingrich terminera à chaque fois loin derrière Romney et Santorum, se disputant plutôt la troisième place avec Ron Paul. Et même dans les états du sud des États-Unis, il semble perdre du terrain. Encore un signe inquiétant pour sa campagne…

Un autre désaveu cinglant pour le candidat vient de la part de la « National Review », sans doute le magazine le plus conservateur du pays.
Dans un éditorial sans équivoque, son auteur demande à Gingrich de faire un part de côté. C’est à dire abandonner sa campagne pour soutenir celle de Santorum. Une humiliation de plus pour celui qui donnait le ton après sa victoire en Caroline du Sud. Plus personne n’est dupe, la candidature de Gingrich est brulée et il ne sera plus jamais favori dans ces primaires. Même son riche soutien financier, l’empereur des casinos Sheldon Adelson, n’a pas exclu de soutenir à terme un autre candidat…

Avec ce pari risqué de tout miser sur le « Super Tuesday », Gingrich semble avoir raté le coche au bénéfice de Santorum, qui se profile aujourd’hui comme le véritable adversaire de Romney. Gingrich affirme qu’il n’a pas encore tiré toutes ses cartouches et promet que le meilleur reste à venir dans ces primaires à rebondissements. Il répète sans cesse qu’il va bientôt faire un comeback fracassant…comme pour mieux s’en convaincre.

La chute de Newt

Le nouveau duel des primaires : Santorum vs « Rambo-Romney »

Depuis qu’il a acquis le statut d’adversaire principal de Romney, Rick Santorum est à son tour victime d’attaques en règles de la part des supporters du mormon. Mais la diffusion de publicités négatives s’avère parfois à double tranchant…

L’équipe de campagne de l’ancien sénateur de Pennsylvanie devait s’y attendre. Après son triplé de victoires, qui relance complètement la course à l’investiture républicaine, Rick Santorum est devenu la cible de choix des (riches) sponsors de Mitt Romney.  Fidèle à son habitude, le « Super-Pac » du mormon « Restore our future »  a décidé d’appliquer à nouveau la « méthode Gingrich », qui a déjà fait ses preuves en Floride.

Via des achats massifs d’espace publicitaire (déjà plus de 12 millions de dollars dépensés!) ce « comité d’action politique » avait inondé les écrans télévisés de publicités négatives, dans le but de détruire l’image du rival gênant. Et vu le nombre de casseroles trainées par l’ancien président de la Chambre, c’était somme toute assez facile de nuire à sa réputation.

Rick Santorum - le nouveau challenger de Romney

C’est bien connu, le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Tandis que la cote de popularité de Gingrich s’est effondrée, l’outsider Santorum est devenu la nouvelle alternative au « modéré du Massachusetts », le surnom dont est affublé Romney. Mais le porte-drapeau des ultra-conservateurs a cette fois pris les devants, en désamorçant la vague de publicités négatives.

Avec un spot de campagne inédit, il ridiculise la stratégie de Romney qui vise à dénigrer les candidats du même parti. En bon chrétien qu’il est, Santorum tend l’autre joue et souligne le fait que son rival a beau dépenser des millions de dollars, il se trompe de cible…

Santorum : le candidat anti-gay

Dans ce clip tout simplement impensable en Europe, Romney est comparé à Rambo, la bête de guerre, qui tire sur tout ce qui bouge…                 Mais l’utilisation des publicités négatives s’avère parfois délicate et à la fin du spot, le pseudo-sosie de Romney devient lui même la victime de ces attaques. Le jet de boue n’est pas sans rappeler ce que Santorum appelait pudiquement « son problème Google ». En effet, lorsqu’on cherche « Santorum » sur Internet, l’un des premiers liens indiqué par le moteur de recherche est le blog de Dan Savage, un militant pour les droits des homosexuels. ( http://blog.spreadingsantorum.com )

En réponse aux propos homophobes de l’ancien sénateur de Pennsylvanie, qui  a notamment comparé l’homosexualité à la bestialité ou à la pédophilie,  Dan Savage a lancé en 2003 une campagne pour ridiculiser le nom Santorum.  Après avoir lancé un concours sur la toile, il a décidé d’associer Santorum avec un terme scatophile assez explicite (voir ci-dessous) avec pour objectif  « que ses grandes dents blanches tombent hors de sa grande tête bien vide » !

A l’époque, Rick Santorum est seulement sénateur de Pennsylvanie mais à présent il est candidat à l’élection présidentielle. Son nom n’a jamais été autant recherché sur Google, d’où un nombre record de visites sur le blog de Dan Savage !

Pour l’instant le moteur de recherche est resté sourd aux demandes du candidat de supprimer le lien vers ce site mais à terme ce blog pourrait ne plus être référencé.  Dan Savage a néanmoins proposé en 2010 de retirer son site, si Santorum consentait à verser 5 millions de dollars à  « Freedom to Marry », une association qui milite pour la légalisation du mariage gay…  Bref, pour le plus grand plaisir des satires politiques, Santorum n’est pas prêt de régler son problème Google !

Santorum : la nouvelle cible

Comme c’était prévisible, le « Super-Pac » de Romney a lancé les hostilités à l’encontre de Rick Santorum. Dans ces premières publicités négatives, il est surtout accusé d’être un «initié» de Washington doublé d’un politicien dépensier.
Lorsqu’il était sénateur de Pennsylvanie, Santorum a apparemment donné son aval au financement de projets assez farfelus. Notamment le « musée de la théière » ou encore le « pont qui mène vers nulle part »…

Dans le même genre, voici un spot qui compare le bilan économique des deux candidats: Romney le redresseur d’entreprises qui a sauvé les JO de Salt Lake City il y a tout juste dix ans, contre Santorum le sénateur qui n’a fait que creuser la dette…

Barack Obama, le véritable adversaire

Dopé par son triplé de victoires, Santorum commence à sérieusement compliquer la campagne du mormon. Selon la dernière moyenne de sondages établie par RCP, Rick Santorum semble prend le large au niveau national avec une avance de 5,8% (33,8) devant Mitt Romney (28) Newt Gingrich (14) et Ron Paul (12,2).                                                                                                                                                                                 Symboliquement, c’est surtout la première fois depuis le début des primaires que Santorum prend l’avantage sur Romney!

Capitalisant sur cette ascension, l’ancien sénateur de Pennsylvanie se projette déjà comme le champion républicain, futur adversaire d’Obama. Une stratégie jusqu’alors employée par Mitt Romney…


Colorado et Minnesota : le retour du suspense

Pour la première fois depuis le début des primaires, deux états tiennent simultanément des caucus dans le pays. Romney se profile comme le grand favori tandis que Gingrich semble en perte de vitesse. Mais selon le derniers sondages, l’ultra-conservateur Rick Santorum, en embuscade, pourrait bien créer la surprise.

A peine trois jours après le scrutin du Nevada, les regards se tournent vers le Colorado et le Minnesota, deux états de taille moyenne qui organisent leurs caucus aujourd’hui. Surnommé « l’état du centenaire » parce qu’il a rejoint l’Union pile cent ans après la déclaration d’indépendance, le Colorado est un état du Midwest avec une forte tradition républicaine. Si un Obama en grande forme y a battu McCain en 2008 (52,6% contre 45,8%) le combat sera sans aucun doute plus acharné cette année.

A l’inverse, le Minnesota est un véritable bastion démocrate où aucun candidat républicain n’a gagné depuis Nixon en 1972 ! A priori, les habitants de « l’état de l’étoile du nord », soutiendront donc la réélection d’Obama en novembre. Peu courtisé par les candidats républicains, il est difficile de savoir qui remportera le scrutin aujourd’hui.  Avec respectivement 5 et 5,3 millions d’habitants, le Colorado et le Minnesota rapporteront aux candidats jusqu’à 36 et 40 délégués, qui seront déterminés proportionnellement aux résultats obtenus.

Santorum - Gingrich - Romney - Paul

Romney sur sa lancée

Après deux victoires successives, en Floride et au Nevada, Mitt Romney espère poursuivre sa série gagnante afin de décourager ses adversaires. Grand favori des primaires, l’ancien gouverneur du Massachussetts possède le plus d’atouts pour remporter l’investiture du parti. Trésorerie illimitée, meilleur équipe de campagne à pied d’œuvre dans les 50 états, Romney bénéficie en outre de l’expérience des primaires infructueuses de 2008. A l’époque, il avait remporté massivement le Colorado avec un score fleuve de 60%, devant John McCain (19%), Mike Huckabee (13%) et Ron Paul (8%).

Annoncé en tête cette année encore, un sondage PPP lui donne jusqu’à 24 points d’avance sur ses poursuivants ! Si la victoire du favori semble assurée, la deuxième place s’annonce plus disputée, avec Rick Santorum qui ratisse l’état et semble prendre le dessus sur Newt Gingrich.


Minnesota : tout le monde a sa chance

Peu sondé jusqu’à aujourd’hui, l’électorat du Minnesota ne semble pas encore avoir fait son choix. Selon un sondage PPP, les 4 candidats se tiennent à seulement 10 points d’écart. Si Santorum domine légèrement la mêlée (29%), Romney le talonne (27%) devant Gingrich (22%) et Paul (19%). Mais rien n’est encore joué dans ce scrutin avec un électorat extrêmement volatile. Selon le même institut de sondage, le taux d’électeurs indécis au Minnesota atteindrait 37% ! Autant dire que les 4 candidats vont se battre jusqu’au bout et que le suspens est assuré…

En tout cas, l’empreinte de l’ancien gouverneur du Massachusetts semble aujourd’hui moins marquée qu’en 2008, où il avait remporté le scrutin avec 41% devant McCain (23%), Huckabee (20%) et Paul (16%).
Deux anciens candidats de ces primaires mouvementées, peuvent aussi influer sur l’élection. Une fois jeté l’éponge, l’ancien gouverneur du Minnesota, Tim Pawlenty, a décidé de soutenir la candidature du favori mormon. Représentante de l’état au Congrès, Michele Bachmann a finalement démenti les rumeurs de soutien envers Romney. L’égérie du mouvement « Tea Party » ne donnera finalement pas de consigne de vote à ses supporters.

Gingrich à la dérive

Depuis son unique victoire survenue en Caroline du Sud, Newt Gingrich accumule les secondes places et continue sa traversée du désert. Harcelé sans arrêt par des publicités négatives, l’ancien président de la Chambre semble peu à peu perdre pied et continue sa chute dans les sondages.
Annoncé en tête au Colorado et au Minnesota à la mi-janvier, son avance a rapidement  fondu au soleil et le temps qui passe sans victoire lui est défavorable. Même si dans ses discours, il a annoncé qu’il allait se battre pour chacun des 50 états, il a peu de chance de réaliser ce vœu durant le mois de février. Gingrich devra survivre jusqu’au « Super Tuesday » du 6 mars, où participeront enfin des états du sud (Géorgie, Tennessee, Virginie,…) qui lui sont en principe favorables.

Sursaut de Santorum ?

Le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Jusqu’ici relativement épargné par les attaques, Rick Santorum profite de la baisse de régime de Gingrich pour grignoter peu à peu son vivier électoral : les militants du Tea Party, les évangélistes et les ultra-conservateurs.            Surfant tous les deux sur la même vague, l’ancien Sénateur de Pennsylvanie a un beau coup à jouer aujourd’hui. Une seconde place au Colorado et une victoire au Minnesota pourrait sérieusement redistribuer les cartes. A défaut de Gingrich, Santorum deviendra peut-être la nouvelle alternative au « modéré du Massachusetts », le nouveau sobriquet dont est affublé Romney.

Caucus du Nevada : Romney joue à domicile

Auréolé de son écrasante victoire en Floride, Mitt Romney a mis le cap à l’Ouest, vers le  Nevada, où se déroule l’étape suivante de la course à l’investiture républicaine. Si le mois de janvier a été particulièrement chahuté avec le cafouillage en Iowa et la déroute en Caroline du Sud, février s’annonce nettement plus tranquille pour l’ancien gouverneur du Massachusetts.

Son équipe de campagne peut déjà mettre le champagne au frais, aucun rival ne sera en mesure de le battre dans le caucus de l’ « état d’argent ». Les conservateurs Gingrich et Santorum se concentrent déjà sur le scrutin suivant au Colorado et seul Ron Paul espère grappiller quelques délégués au Nevada.

Romney contre son ombre

En définitive, si l’issue du caucus n’entretient pas le suspens, l’étendue du score du favori reste à déterminer. Déjà couronné de succès au Nevada lors des primaires de 2008, Romney avait à l’époque réalisé sa victoire la plus nette en raflant 51% des voix !  Ron Paul avait terminé second, loin derrière avec 13,7%, néanmoins devant le champion républicain de l’époque, John McCain. Selon le dernier sondage du PPP, Romney devrait prendre le large demain avec 25% d’avance sur Gingrich…

Pourquoi Romney va-t-il réitérer son succès de 2008 ? Les raisons sont nombreuses. Tout d’abord, c’est le candidat le mieux organisé parmi les derniers prétendants encore en course. Il a une équipe de campagne efficace, qui est à pied d’œuvre dans les 50 états du pays. Ensuite, il a les plus grandes réserves de trésoreries, avec en cas de besoin sa cassette personnelle de multimillionnaire de la finance. Et enfin, l’électorat particulier du Nevada correspond parfaitement à son profil.

Un état sur mesure

Le Nevada est un état très peu peuplé de l’Ouest américain, avec seulement 2,7 millions d’habitants, mais sa population est particulièrement métissée. Si les citoyens blancs constituent le groupe majoritaire, le nombre d’hispaniques est relativement important (26%), du fait de la proximité avec le Mexique. Selon les chiffres du bureau de recensement américain, les Latinos représentent la première minorité de l’État, loin devant les Afro-américains (8,1 %) et les Asiatiques (7,2%).  Et vu l’accueil réservé par la communauté latino en Floride, c’est plutôt de bonne augure pour Romney.

Mais un autre facteur déterminant entre en jeu dans cette élection. Du fait de sa proximité géographique avec l’Utah, berceau des mormons aux États-Unis,  le « Battle Born state » (deuxième surnom du Nevada), compte une forte présence des coreligionnaires de Romney. Et si les choses se déroulent comme en 2008, il y a fort à parier que tous les mormons républicains votent comme un seul homme pour plébisciter leur meilleur porte-parole. Conclusion : Romney va rafler un maximum de délégués du Nevada tandis que ses rivaux se partageront les autres.

Photo Brian Snyder / Reuters

Stratégie nationale pour Ron Paul

L’équipe de campagne de Ron Paul a clairement opté pour une stratégie sur le long terme, avec pour objectif  de récolter un maximum de délégués, état après état. L’idée étant d’arriver en position de force lors de la convention du parti, qui se déroulera fin août en Floride, afin de pouvoir diffuser ses principes libertariens. Le militant texan a ainsi boycotté la primaire de Floride et son système inégal du « Winner Take All », pour se concentrer sur des états qui utilisent un système proportionnel. Avec son réseau de jeunes militants très motivés, le principe du caucus lui convient parfaitement, car ce sont des leaders d’opinion qui doivent convaincre les électeurs.

État-casino, amis milliardaires

Si « Carson city », la capitale du Nevada, ne fait pas rêver les foules, Las Vegas  bénéficie par contre d’une aura mondiale. A l’origine simple campement de Mormons au beau milieu du désert de Mojave, Las Vegas est devenue grâce aux lois libérales de l’état, la capitale mondiale du jeu et de la débauche.  Véritable temple du vice, la racoleuse « Sin-Sity » génère une source de revenus énorme dont profite une poignée d’investisseurs plus ou moins honnêtes. Parmi eux, le visionnaire Sheldon Adelson, surnommé l’ « empereur des casinos » (très bon reportage à son sujet dans « Les carnets du bourlingueur »).  Si Newt Gingrich n’espère pas grand-chose du scrutin au Nevada, il devrait quand même effectuer  une visite de courtoisie à son richissime soutien, qui a parrainé son « Super-Pac » à hauteur de 10 millions de dollars. C’est toujours agréable d’avoir des amis milliardaires…

Mitt Romney ne dira pas le contraire. Il vient de recevoir hier, à Las Vegas, le soutien officiel de Donald Trump, un autre multimilliardaire, et ancien candidat pressenti des primaires. Opposant farouche du président démocrate, l’homme à la célèbre houppette est un « birther », c’est-à-dire quelqu’un qui alimente la polémique sur le fait que Barack Obama soit réellement né sur le sol américain…

Romney a trouvé un soutien plus riche que lui...

Nevada : prédiction présidentielle

Les électeurs de l’état d’argent se vantent d’avoir du flair dans l’élection présidentielle. Depuis 1912, ils ont à chaque fois voté majoritairement pour le nouveau président, à l’exception de la campagne de 1976, où ils avaient préféré Ford à Carter.
Ainsi en 2000, Bush y a battu Gore, en 2004 Bush y a défait Kerry et en 2008 Obama a pris l’ascendant sur McCain. Très partagé au niveau politique, les deux sénateurs de l’État sont le républicain Dean Heller et le démocrate Harry Reid, chef de file des démocrates au Sénat.                    De plus, c’est à Las Vegas que se tiendra en mai la convention nationale du  « parti libertarien », troisième force politique du pays…

Cap sur le New Hampshire !

Après le caucus très disputé de l’Iowa et la « révélation Santorum », les candidats républicains se retrouvent à présent au New Hampshire, deuxième scrutin des primaires. Dans ce minuscule état de la côte Est, Romney devrait logiquement survoler la mêlée. Mais derrière lui, les prétendants au podium se livrent une bataille acharnée.

A 24 heures de l’ouverture des votes au New Hampshire, les sondages se suivent mais ne ressemblent pas. Si l’ancien gouverneur du Massachusetts est assuré de terminer en tête, il n’est pas facile pour autant de déterminer quel sera le quinté gagnant. Ron Paul devrait logiquement terminer second avec son discours libertarien, dans un état où la devise est « Live free or die ». Mais la troisième place sera assurément la plus disputée avec Huntsman et Santorum, deux candidats qui se suivent de très près dans les sondages…

Jon Huntsman - http://jon2012.com

Invisible en Iowa où il n’a pas daigné faire campagne, Jon Huntsman s’est rattrapé sur le New Hampshire, où il a mis les moyens pour faire parler de lui. Diffusion massive de spots TV (pour plus de 740.000$!) et speechs à répétition, l’ancien gouverneur de l’Utah doit absolument briller dans l’ « état du granite » s’il veut se présenter comme une alternative crédible à Romney.

En progression constante dans les sondages, Rick Santorum, le nouveau champion des valeurs chrétiennes, semble porté par son succès en Iowa. L’héritier de Mike Huckabee veut prouver que sa deuxième place (pratiquement une victoire, à 8 voix d’écart !)  en Iowa n’était pas un accident et que sa campagne connaitra d’autres moments de gloire, ailleurs dans le pays…

En ce qui concerne Perry et Gingrich, les anciens favoris, il faudra sans doute attendre les prochaines primaires, en Caroline du Sud et en Floride (deux états clés) pour juger du sérieux de leur candidature. A l’issue du New Hampshire, Gingrich terminera vraisemblablement en bas de tableau.

Quant à Perry, il ne peut espérer mieux que la dernière place, dans un état qu’il a tout simplement boycotté. Au lendemain du désaveu cinglant en Iowa, il a directement rejoint la Caroline du Sud, reportant de quelques semaines un éventuel abandon. Avec un ambitieux Santorum qui marche sur ses plates-bandes et puise dans son vivier électoral, le texan doit absolument revoir sa stratégie, au risque de disparaitre purement et simplement du paysage républicain.

A ce stade, un seul point commun rassemble l’ensemble des candidats : l’animosité envers Mitt Romney, qui reste plus que jamais le favori à battre dans cette campagne agitée. Dans les deux derniers débats télévisés, le mormon a été critiqué sans arrêt : girouette électorale, milliardaire coupé des réalités, clone d’Obama, trop mou, pas assez conservateur,…                                                                                                                                    Et pendant ce temps-là, les stratèges démocrates se frottent les mains et prennent des notes pour la campagne de novembre.