« Un dîner presque parfait » avec Barack & Michelle

En pleine campagne de réélection, le président démocrate accompagné de la First Lady enchaînent les soirées de gala et de collectes de fonds. Pour inciter aux dons, un concours permet à quelques petits donateurs chanceux de partager un repas avec les occupants de la Maison blanche…

Quel est le point commun entre Cathy, Judy et Regia ? Ces femmes américaines ont toutes les trois gagné un ticket pour diner avec le couple présidentiel. Les deux premières ont emmené leurs maris et la troisième a opté pour son père. Un jeune couple dynamique, une paire de retraités et un duo d’afro-américains. Il ne manquait plus qu’un latino pour que la tablée corresponde parfaitement à l’électorat américain.

Grâce à cet habile montage, les milliers de donateurs moins chanceux peuvent eux aussi avoir l’impression de rencontrer  le président et la First Lady en version décontractée.

Pour le « côté intime », il y a l’histoire du « premier date » entre Barack et Michelle, qui jouait à l’époque la carte culture en l’emmenant au musée.
Mais aussi la confession d’Obama qui relate le pire instant de son premier mandat. Il ne s’agit pas d’une décision concernant la crise financière, l’Opération Geronimo pour capturer ben Laden ou encore la gestion de la marée noire au large de la Louisiane. Mais bien du moment où sa fille Sasha a contracté la méningite et a dû subir une ponction lombaire.

« Le monde s’écroule à ce moment-là » affirme Barack, qui avant d’être un président est avant tout un père et un mari. Un procédé classique d’humanisation du candidat qui fonctionne toujours. Les larmes ne sont pas très loin. La transition de l’émotion vers le politique s’effectue sur le thème de la santé, avec la grande frayeur qu’a connu le jeune couple au moment de l’hospitalisation de leur fils.

Heureusement cela se termine par une happy end car les frais de traitement ont pu être pris en charge grâce à la récente réforme des soins de santé. Aujourd’hui, les compagnies d’assurance ne peuvent plus exclure un patient même s’il a déjà un historique médical.   Une « tranche de vie authentique » qui donne enfin un visage à cette fameuse « Obama-care » tant décriée, qui divise l’opinion publique américaine. Le hasard fait décidément bien les choses.

Si vous voulez tenter votre chance et peut-être partager un repas avec Michelle & Barack, il n’y a qu’une seule chose à faire : un petit don pour la campagne de réélection.

Votre cœur balance plutôt du côté républicain ? Pas de problème, tous les candidats à la présidentielle utilisent ce concept de « souper entre amis » pour motiver les donateurs.

Afin de casser son image de millionnaire qui lui colle à la peau, Mitt Romney et Ann sa douce moitié, ne proposent pas un repas prestige avec du caviar à la louche. Mais plutôt un morceau de pizza ou un burger accompagné de frites à l’image de l’Américain moyen. Le favori républicain cherche aussi un compagnon pour assister à un match de baseball lors de la « journée des patriotes ». Avis aux amateurs.

Cette recette de proximité avec les électeurs semble en tout cas porter ses fruits. L’équipe de campagne de Romney a déjà reçu près de 300.000 dons de sympathisants. La campagne d’Obama a quant à elle dépassé le million en octobre dernier…

Mitt Romney VS Eminem: la meilleure parodie des primaires

Grand favori des primaires républicaines, le candidat millionnaire a déjà accumulé une belle série de répliques maladroites et autres dérapages incontrôlés. Des maladresses de campagne qui font la joie des satires en tous genres…

Depuis une semaine, « »Will The Real Mitt Romney Please Stand Up » (que le vrai Mitt Romney se lève) fait un véritable tabac sur la toile, avec déjà près de trois millions de vues.

Un clip qui s’inspire du hit d’Eminem et qui pose la question de l’identité véritable de Mitt Romney. Un montage au scalpel brillamment réalisé, qui dissèque les travers de celui que ses détracteurs surnomment le « candidat robot »…

Millionnaire malgré lui

Alors qu’il n’a pas encore passé le stade des primaires, la stratégie de communication de Mitt Romney a déjà connu quelques ratés. Dès lors que le mormon sort du cadre des discours préétablis pour se laisser aller à une petite improvisation, la sortie de route n’est jamais loin.            Jusqu’à présent, c’est le plus souvent « à chaud », lors des débats avec ses rivaux républicains ou lors de séances de questions-réponses avec des militants, que le favori a commis le plus d’impairs.

A l’image de son désastreux pari à 10.000$ lancé à Rick Perry. Ou encore ses répliques désormais cultes: « J’aime virer les gens« , « Moi aussi je suis au chômage« , « Je ne me préoccupe pas des pauvres« , « Les compagnies sont aussi des gens« , « Ma femme a quelques Cadillac« ,…

Quel est le vrai visage de Mitt Romney?

Le candidat effaçable

En période électorale, tous les candidats commettent des erreurs. A force d’être constamment sous les feux des projecteurs, c’est inévitable. N’importe quelle personnalité publique qui enchaine des dizaines de discours, connaitra de temps à autre de petits couacs. D’autant plus qu’aujourd’hui chaque petite phrase est enregistrée et chaque dérapage peut être diffusée dans la minute sur Internet!

C’est la politique moderne et le but est d’éviter au maximum de tendre le bâton pour se faire battre. Romney accumule les bourdes mais pour sa défense, son « expert en communication » ne fait guère mieux en matière de réplique. Lors d’une interview sur CNN, Eric Fehrnstrom avait comparé son protégé à un « Etch-a-Sketch« , une ardoise magique effaçable à souhait…   (voir l’article: Romney: le candidat « effaçable« )

Carnassier de la finance

Sans revenir dans le détail sur tous les petits ratés de Romney (ça viendra d’ici novembre), ils sont le plus souvent liés à son image d’ultra-riche, qu’il essaye tant bien que mal de dissimuler. Businessman de talent, Romney a amassé une véritable fortune personnelle dans les années 80 grâce à sa société d’investissement Bain capital. Malheureusement, ce golden-boy de la finance doit quelque peu tempérer sa réussite professionnelle car aujourd’hui les traders de Wall-Street ont plutôt mauvaise presse.

Si sa réussite économique et son expérience de manager d’entreprise seront incontestablement des atouts de poids en novembre face à Obama, l’ancien homme d’affaire doit éviter d’apparaitre comme un requin qui collectionne les billets verts. En période de crise économique, l’électeur apprécie moyennement l’étalage d’un train de vie de rentier millionnaire.

Photo-montage du comité national démocrate

Plus de 2 millions par mois

En janvier dernier, Romney avait refusé de communiquer à la presse sa déclaration fiscale, un exercice auquel se plient traditionnellement les présidentiables.

Finalement, le candidat cède sous la pression des médias et révèle ses revenus pharaoniques: près de 45 millions de dollars pour 2010 et 2011. Pas trop mal pour quelqu’un qui n’a pas d’emploi. Pour figurer dans la fameuse catégorie des  « 1% d’ultras-riches » américains, il faut  bénéficier d’un revenu annuel minimum de 380.000 dollars. Une broutille pour Romney, qui gagne cette somme chaque semaine!

Selon le magazine Forbes, la référence en matière économique, les comptables de Romney ont fait de l’excellent travail. Grâce à des tours de passe-passe économique, le millionnaire bénéficie d’un taux d’imposition de seulement 14%, soit bien moins que la plupart des travailleurs américains. A titre de comparaison, le taux d’imposition d’Obama est de 26%, Santorum 28,5% et Gingrich (qui gagne le plus) passe la barre des 30%.

En outre, la déclaration d’impôts du couple révèle des comptes bancaires dans différents paradis fiscaux: en Suisse, aux Bermudes ainsi qu’aux îles Caïmans. Sans compter la pile de lingots probablement enterrés au fond du jardin de la famille Romney.

Comme il est de coutume chez les mormons, le candidat a également fait des dons conséquents à son église. 4 millions de dollars tout de même. Mais l’homme d’affaires n’a de leçon à recevoir de personne en matière d’investissement. Il y a fort à parier que le 6 novembre prochain ses coreligionnaires le lui rendent au centuple dans les urnes!

"Money-Romney" et ses associés, à l"époque de Bain Capital

Obama 007: Opération « micro brûlant »

La petite phrase échangée entre le président démocrate et son homologue russe lors du sommet à Séoul, soulève une volée de critiques dans le camp républicain. Un nouveau spot inspiré des films de James Bond ridiculise le « président flexible »,

« My name is Obama…Barack Obama« . La réplique ne sort pas du dernier volet des aventures du héros de Ian Fleming, mais bien d’une vidéo financée par le Super-Pac « American Crossroads », un groupe farouchement hostile au président démocrate.

Dans ce clip assez original, le spectateur est plongé dans une ambiance de guerre froide, où les ogives nucléaires défilent sur la place rouge et où la troisième guerre mondiale est aux portes de l’Amérique ! Obama y est présenté comme un agent plus ou moins secret, dont l’unique mission est de remporter l’élection du 6 novembre, afin d’obtenir une flexibilité sans limite qui doit servir d’obscurs intérêts…

De retour en pleine guerre froide...

Si l’objectif final du « président flexible » n’est pas très clair, ses noirs desseins servent les intérêts de la Russie, la rivale éternelle.  L’agent Obama, qui ne serait en réalité que le valet de Poutine, devrait à terme permettre l’avènement d’un nouvel ordre mondial. Bref, un pur moment de cinéma!

Au cas où l’électeur n’aurait pas bien entendu l’échange entre les deux présidents (révélé à cause d’un micro resté allumé) le clip le diffuse quatre fois en moins de 90 secondes : « Après mon élection, je serais plus flexible… ». Obama risque de payer longtemps cette petite indiscrétion.

L’entretien entre les deux chefs d’états concernait différents sujets géopolitiques mais essentiellement le projet de bouclier antimissile européen, éternelle pomme de discorde entre les deux pays.

(Voir articles sur le sujet: Obama pris en « en flagrant délit »Spot anti-Obama « Après mon élection… » )

La petite phrase polémique

Suite à cette gaffe, Mitt Romney a vivement critiqué la politique étrangère de Barack Obama, qu’il ne trouve pas assez ferme. Le favori républicain tente de s’imposer dans ce domaine, où il n’a pourtant aucune expérience par rapport au président en exercice. Un désavantage certain en vue de l’élection de novembre.

Romney relance la guerre froide

Le candidat qui domine les primaires est monté sur ses grands chevaux avant de s’enfoncer dans les sables mouvants, en estimant que la « Russie reste l’ennemi géopolitique N°1 des États-Unis« . Interrogé ensuite par un journaliste, sur la menace que représente des pays comme l’Iran ou la Corée du Nord, le probable futur adversaire d’Obama ne savait plus trop que répondre. En voulant marquer des points suite à la bourde d’Obama, il s’est finalement tiré une balle dans le pied!

En réaction, le président russe Dmitri Medvev (en poste jusqu’au 7 mai) a répondu au candidat « Aujourd’hui nous sommes en 2012 et non pas au milieu des années 1970. Peu importe le parti auquel il appartient, il doit tenir compte des réalités existantes ». Une remarque cinglante qui souligne l’inexpérience de Romney dans le monde de la diplomatie internationale. C’est ce qu’on appelle l’effet Boomerang.

Vladimir Poutine, l’homme fort de Russie


« Obama-ville » : la série qui hante l’Amérique

Pour la première fois, l’équipe de campagne de Rick Santorum délaisse Romney pour s’attaquer directement  au président démocrate. Résultat: un spot post-apocalyptique digne d’un film d’horreur. Âmes sensibles s’abstenir. 

2014. Obama en est à son deuxième mandat à la tête du pays et la situation est plus catastrophique que jamais. Marasme économique, chômage caractérisé, inflation galopante, soins de santé inabordables, explosion du prix de l’essence,…  Bref, la première puissance mondiale s’est écroulée et les  États-Unis ne sont plus qu’un vaste chancre dévasté.

Bienvenue dans Obama-ville, petit hameau perdu où la situation est à l’image du pays: sans espoir. Un paysage de désolation aux murs décrépis où des enfants malnutris courent pieds nus dans les ruines à la recherche d’un quignon de pain,…                                                                                       Tel risque d’être l’avenir des Américains, s’ils ne mettent pas un terme à la présidence d’Obama le 6 novembre prochain!

Cette vidéo au format court d’une minute, n’est que le premier volet d’une mini-série de huit épisodes déclinés sur le même thème de l’Obama- phobie. Ce pilote donne déjà le ton en proposant un condensé de toutes les peurs qui hantent aujourd’hui l’Amérique: chômage, perte des valeurs, montée de l’islam radical, etc. Et afin de bien faire passer le message, John Brabender, le réalisateur, utilise toutes les ficelles des films d’horreur…

« The Atlantic Wire » met d’ailleurs en lumière dans un article, quelques éléments du spot tirés de séries télévisées et des films hollywoodiens. Le corbeau de « Six feet under », un hôpital désert comme dans « Walking dead », les hommes en costume sombre de « Matrix » ou encore la filette de « The Ring »,…

Avec tous ces clins d’œil, le montage ressemble plus au final à un parodie qu’à un véritable spot politique mais en tout cas le clip sort du lot et arrive à faire parler de lui…

Le passage le plus troublant survient à la 40e seconde où le visage de Mahmoud Ahmadinejad, président de la république islamique d’Iran, se transforme une fraction de seconde en Barack Obama. Pile au moment où le narrateur parle des ennemis de l’Amérique. Un rapprochement d’un goût douteux, qui rappelle le principe des publicités subliminales.

Avec la crainte croissante d’un Iran nucléarisé, la peur de l’islam radical, le traumatisme du 11 septembre et encore aujourd’hui une bonne partie de l’électorat qui pense qu’au fond Obama est un musulman caché, l’amalgame est assez facile.

Interrogé par un journaliste de Politico, le porte-parole de Santorum assure pourtant que le but n’était pas que les spectateurs pensent que les deux présidents soient une seule et unique personne. L’explication n’est pas très convaincante, surtout après analyse du choix des portraits: même cadrage, même profil, vêtements identiques…

Une spécialité américaine

Le premier amendement de la Constitution américaine, qui assure une totale liberté d’expression permet aux candidats de dire à peu près ce qu’ils veulent. Avec comme résultat des spots publicitaires hauts en couleurs et parfois violents. Une spécificité de la politique américaine qui ne s’importera pas tout de suite en Europe, où le public est différent et où les techniques de communication sont toujours une génération en retard.

Mais qui sait? La « vieille Europe » rattrape bien souvent sa cousine américaine. Le principe des primaires au sein d’un parti, le modèle des débats télévisés entre candidats et aussi l’art de la politique via les réseaux sociaux a bien traversé l’Atlantique. Difficile aujourd’hui d’imaginer l’équipe de campagne de François Hollande réaliser un spot de ce genre sur Sarkozy, qui brigue lui aussi un deuxième mandat…

Pour l’anecdote, la ville d’Obama existe réellement. C’est une petite bourgade de pêcheurs dans la préfecture de Fukui, au Japon. Lors de la campagne de 2008, les habitants avaient d’ailleurs supporté le sénateur de l’Illinois!

Photomontage anonyme d'Obama-ville

Romney : le candidat « effaçable »

Le grand favori des primaires républicaines traîne depuis longtemps une réputation de « girouette politique ». Mais la récente déclaration de son porte-parole qui l’a comparé à une « ardoise magique » qu’on peut réinitialiser à loisir, ne va certainement  pas arranger les choses…

Depuis quelques jours, le jargon politique américain possède un nouveau terme pour qualifier les candidats qui changent d’opinions : « Etch a sketch ». Si l’appellation est un peu barbare, c’est avant tout la marque déposée d’un jouet pour enfants, connu en Europe comme l’ardoise magique. Très populaire depuis les années 60, le but de ce jeu est de dessiner quelque chose puis de secouer l’appareil afin que l’écran devienne à nouveau vierge. Il est donc possible de « dessiner à l’infini pour un plaisir sans limites », comme l’affirme le slogan publicitaire.

Cartoon de Bob Gorrell

Mais depuis la déclaration d’Eric Fehrnstrom, principal porte-parole de Mitt Romney, le jeu enfantin a pris un sens bien moins innocent.         Dans une apparition sur CNN, il explique que son poulain n’aura aucun mal à faire oublier ses prises de position les plus conservatrices, une fois la période des primaires terminée: « Romney possède un bouton reset pour l’élection générale où tout change. C’est en quelque sorte un etch-a-sketch, vous le secouez et vous recommencez tout à zéro… »

Romney la girouette

Au niveau du suicide politique, il est difficile de faire mieux. Un « expert » en communication qui avoue à l’antenne que son candidat change d’idées comme de chemises, c’est vraiment lui donner la pire publicité possible !

La petite phrase a été reprise en un instant par tous les médias américains et s’est transformée en une arme de campagne pour tous ses rivaux républicains. L’ancien gouverneur du Massachusetts trainait déjà une mauvaise réputation de « robot », qui dit ce que les électeurs veulent entendre mais pas ce qu’il pense et de ‘girouette politique’ (flip-floper). Mais avec cette erreur colossale de communication, sa réputation ne va pas vraiment s’améliorer.

Cartoon de Pat Bagley

La comparaison d’Eric Fehrnstrom est un véritable cadeau pour les adversaires  du mormon. Depuis cet incident, les parodies de « Romney l’ardoise magique » pleuvent sur la toile et il y a fort à parier que l’effet perdure jusqu’en novembre prochain.

Premier à saisir la balle au bond, Rick Santorum fait allusion au « etch a sketch » le jour même dans un discours de campagne. Le rival principal de Romney joue à fond sur les valeurs religieuses et conservatrices et se demande si une fois au pouvoir Romney ne réécrira pas la Constitution…

Avec une campagne en perte de vitesse, Newt Gingrich profite de l’aubaine pour casser un peu de sucre sur le dos de Romney, le « modéré du Massachusetts ». Une animation permet sur son site de secouer Romney à la manière de l’ardoise magique, afin d’obtenir un candidat plus ou moins conservateur!

Dans un spot sans concession, le favori républicain est confronté à son passé de candidat modéré, à l’époque où il faisait campagne pour devenir le gouverneur du Massachusetts. Des images d’archives qui parlent d’elles-mêmes…

L’une des nombreuses parodies qui circulent en ligne…

Sans doute le candidat le plus stable au niveau des valeurs qu’il défend, le libertarien Ron Paul s’en prend à tous ses rivaux d’un seul coup!

Primaires à droite, générale au centre

Si la réflexion du porte-parole de Romney s’avère être une terrible erreur de communication, tous les stratèges de campagne pensent plus ou moins la même chose, il ne faut juste pas en parler ouvertement à l’antenne. Dans le cadre des primaires républicaines, l’élection se joue très à droite et particulièrement cette année. Les prétendants à l’investiture ont tendance à mettre en avant leur côté conservateur afin de séduire l’électorat  le plus radical du parti. Dans cette optique, le « candidat républicain standard » se déclarera hostile à l’avortement, au mariage homosexuel mais en revanche très pieux et puritain.

Une fois qu’il a remporté les primaires de son parti, le « candidat officiel républicain» devra adapter son message politique au cadre de l’élection générale, face au rival démocrate.  S’il veut séduire les électeurs du centre de l’échiquier politique et les indépendants, le candidat devra alors défendre des positions moins tranchées et notamment sur les question sociales.

C’est pourquoi un conservateur dans les primaires peut parfois se transformer en un « conservateur relativement modéré » quelques mois plus tard, durant l’élection générale. Et ce sera sans doute le cas cette année avec Mitt Romney, qui a pour l’instant passé autant de temps à discuter d’avortement que d’économie, un thème qui sera pourtant son cheval de bataille face à Obama.

Une publicité inespérée

L’ancien gouverneur du Massachusetts est reconnu pour ses talents de businessman.  Il a amassé une colossale fortune personnelle grâce aux investissements de sa société Bain Capital. L’homme d’affaires aurait-il racheté en sous main la société qui produit « etch a sketch »?                   C’est l’hypothèse farfelue soulevée par l’humoriste Stephen Colbert.

Depuis la gaffe de son conseiller en communication, le jeu des années 60 fait son grand comeback dans les magasins américains. Depuis une semaine, les ventes du jouet ont augmenté de 3000% et il est même en rupture de stock un peut partout dans le pays. Voilà l’impact que Romney a sur l’économie!

(AP Ohio Art and Melina Mara -The Washington Post)

Spot anti-Obama « Après mon élection… »

Les réactions à la petite phrase échangée entre le président démocrate et son homologue russe Dmitri Medvedev, ne se sont pas fait attendre. En période électorale, les candidats font feu de tout bois et cette réplique lourde de sens inspire déjà des spots publicitaires.

L’échange survenu hier lors d’un sommet à Séoul rassemble tous les éléments d’un film d’espionnage en pleine guerre froide. Conversation secrète entre dirigeants, bouclier antimissile, complicité mystérieuse entre les deux hommes et jusqu’à la réplique « Je transmettrai cette information à Vladimir« (Poutine). Voilà de quoi alimenter les fantasmes des détracteurs de Barack Obama.

 (voir l’article précédent: Obama pris « en flagrant délit »)

« Il nous cache des choses », « Quels sont ses autres secrets? » « Quels sont ses futurs projets? », sur les réseaux sociaux les rumeurs vont bon train. D’autant que le flou qui entoure le programme de deuxième mandat d’Obama permet les extrapolations les plus folles. Sur Twitter,un nouveau sujet a même été lancé (#ObamaAgenda) afin de deviner les vilains petits secrets du président cachotier!

Ce premier spot sur le sujet sera bientôt suivi par d’autres car force est d’avouer que l’administration d’Obama est moins prolifique en matière de scandale que celle de son prédécesseur texan.

Si la Maison Blanche a relativisé l’importance des propos du président en exercice, les candidats républicains par contre s’en donnent à cœur joie. Avec en première ligne le favori Mitt Romney, qui saute sur l’occasion de s’en prendre à son (très probable) futur adversaire de novembre.

Sur CNN, le mormon assimile la réplique d’Obama à un double jeu: un discours fort devant les caméras mais une position très conciliante en privé. « La Russie n’est pas un ami sur la scène internationale et c’est très inquiétant de voir ce président chercher davantage de flexibilité ».

L’ancien gouverneur du Massachusetts joue la carte sensible avec de vieux relents de guerre froide: « Je suis très inquiet, je pense que les Américains ressentiront la même chose. Voilà un président qui nous dit une chose et en fait une autre« .

Obama à la frontière nord-coréenne (© Reuters-Larry Downing)

Romney : carton plein à Porto Rico

Le favori des primaires semble particulièrement plaire à l’électorat latino. Après ses succès en Floride et en Arizona, le mormon vient de réaliser un score fleuve lors du scrutin à Porto Rico.

L’île caribéenne de Porto Rico n’est pas considérée comme un état américain à part entière, néanmoins ses habitants peuvent participer aux primaires du parti républicain. Les militants de ce « territoire non-assimilé » devaient répartir 20 délégués entre les différents candidats mais Mitt Romney n’a pas fait de quartier.  Avec un score presque stalinien, 88% des votes à l’arrêt du dépouillement, l’ancien gouverneur du Massachusetts a empoché l’intégralité des délégués mis en jeu.

Le duel des primaires: Romney Vs Santorum

Largement en tête dans la course aux délégués (il en a plus à lui seul que tous ses rivaux réunis) le mormon continue de marquer des points. «Je ne peux pas vous dire exactement comment le processus va se dérouler mais je parie qu’au final je vais devenir le nominé du parti » assure Romney, pour couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs.

Rick Santorum ne s’était pas attardé dans l’île, préférant concentrer ses efforts électoraux sur l’Illinois, un état nettement plus stratégique qui votera mardi 20 mars. Avec 69 délégués en jeu, l’état dont Obama a été le sénateur est une étape clé sur la longue route des primaires. L’ « état des prairies » est aujourd’hui le siège d’une bataille rangée entre Romney et Santorum, qui se déchirent à coups de spots publicitaires négatifs.

Selon la moyenne de sondages établie par Real Clear Politics, le mormon conserve toujours 6% d’avance sur son rival conservateur…

§ Résultats de la primaire de Porto Rico (20 délégués) :

1° MITT ROMNEY

> 88%   /   95.761 votes de préférence

2° RICK SANTORUM

> 8,5  / 9.235 votes de préférence (soit dix fois moins!)

3° NEWT GINGRICH

> 2,2% / 2.364 votes de préférence

4° RON PAUL

> 1,3%  / 1.412 votes de préférence

(Source des résultats: New York Times)

Le chant du cygne de Gingrich?

Sans doute inspiré par le film promotionnel de Barack Obama, Newt Gingrich a décidé de s’offrir lui aussi un « documentaire de campagne ». L’ancien président de la Chambre a toujours aimé faire son cinéma mais peut être aurait-il dû cette fois s’abstenir d’imiter le président démocrate.

En mauvaise position dans ces primaires républicaines, où il n’a remporté que deux états sur 23, Newt Gingrich essaye par tous les moyens de se remettre en selle. Dernière idée du candidat: un documentaire autobiographique de longue durée, diffusé juste quelques jours avant celui d’Obama.

Délicatement intitulé « Rebuilding the America We Love » (reconstruire l’Amérique que l’on aime), cette vidéo revient sur la vie de Gingrich, depuis son enfance jusqu’à sa décision de devenir candidat à la présidence des États-Unis…

Grâce aux talents de réalisatrice de Callista, sa dernière épouse, cette vidéo poignante révèle des informations cruciales sur l’ancien président de la Chambre. Enfant, il aimait courir dans les champs, jouer avec ses chiens et manger des cookies. Adolescent, il rêvait de devenir gardien de zoo avant de finalement s’intéresser à l’histoire.

Si le sectateur s’accroche jusqu’au bout des 15 minutes, il découvrira des photos inédites du champion de Géorgie et pourra peu à peu suivre l’ascension politique de Newt jusqu’au Congrès. Mais il faut bien avouer qu’à moins d’être passionné par la vie du candidat conservateur, le film souffre de certains longueurs et gagnerait vraiment à être raccourci au montage…

Gingrich, père idéal

Ce pseudo-documentaire alterne entre le diaporama animé, le mélodrame raté et le film publicitaire. Naturellement, il n’y a aucune trace des scandales qui ont jalonné la sulfureuse carrière du candidat mais étonnamment par contre il y a très peu de contenu réellement politique. Gingrich est-il encore candidat à la présidentielle?

Callista, toute pimpante, semble toujours garder l’espoir de devenir un jour First Lady mais ses chances s’amenuisent de jour en jour.
Après sa victoire dans son fief de Géorgie, Gingrich espère revenir aujourd’hui dans la course avec les primaires en Alabama et au Mississippi, où il a  beaucoup de partisans. Mais hormis ses états du sud, il y a très peu d’espoir pour la suite de sa campagne.

Troisième dans la récolte des délégués, loin derrière Romney et Santorum, Gingrich stagne en bas des sondages, au coude à coude avec Ron Paul. Dernier dans la moitié des états lors du Super Tuesday, l’ancien Président de la Chambre s’acharne et renonce à jeter l’éponge. Reste à savoir si ce film de campagne sera le dernier…

Newt Gingrich, l'ancien Président de la Chambre des représentants

Romney joue son honneur au Michigan

Donné largement favori jusqu’au début du mois, Mitt Romney va finalement devoir batailler ferme pour sauver la mise dans son état natal. Son adversaire principal, Rick Santorum, compte bien lui voler la vedette, en l’humiliant au passage.

Après une brève période d’accalmie, le ballet des primaires reprend ce mardi 28 février avec des suffrages dans deux états : l’Arizona et le Michigan. Si le nombre de délégués en jeu dans les deux scrutins est presque identique, c’est surtout le Michigan qui focalise l’attention médiatique.

Sur les traces de Papa

C’est dans cet état de la région des grands lacs que Mitt Romney a passé sa jeunesse, avant de rejoindre le Massachusetts pour se lancer dans une carrière économique puis politique. Le jeune mormon a parfaitement suivi la voie tracée en son temps par son père. Businessman à succès dans le secteur automobile, George Romney est ensuite devenu gouverneur du Michigan de 1963 à 1969. Avant de se lancer, lui aussi, dans une campagne présidentielle…

Mitt Romney espère que la ressemblance entre son parcours et celui de son illustre paternel s’arrêtera là. Car en 1968, la campagne des primaires de Romney Senior avait fait un flop total. Mais pour sa défense, il faisait face à deux poids lourds du parti républicain : les futurs présidents Nixon et Reagan !

Romney Senior, candidat républicain en 1968

Un duel qui s’annonce très serré

Avec un passé pareil, Mitt Romney devrait en temps normal survoler l’élection, comme c’était le cas en 2008. A l’époque, l’ « enfant de Détroit » avait raflé près des 40% des suffrages, loin devant John Mc Cain et ses autres poursuivants. Mais cette année la primaire du Michigan ne se déroule pas du tout dans les mêmes conditions.

Romney est dans un duel très tendu face à Santorum, qui lui a volé la victoire lors des derniers scrutins. En outre, le vote du Michigan pourrait être influencé par les « Républicains bleus ». Ces militants démocrates qui participent aux primaires du parti adverse ont pour objectif de barrer la route à Romney et pourraient plébisciter massivement le candidat ultra-conservateur. (voir l’article « Je suis démocrate donc je vote républicain » ) Les autres rivaux, Newt Gingrich et Ron Paul, sont quant à eux relégués à des rôles de figuration.

Hasard du calendrier, les suffrages au Michigan et en Arizona serviront de répétition générale avant le « Super Tuesday » du 6 mars. Ce mardi-là, les électeurs de dix états voteront simultanément, distribuant d’un seul coup plus de délégués que tous ceux répartis jusqu’alors. Le candidat qui prendra l’ascendant aujourd’hui se présentera en position de force avant cette journée capitale…

Opération "Stop Mitt" ( http://mittromney.com )

L’enfant de Détroit

A en croire les derniers sondages, l’écart entre Romney et Santorum est inférieur à la marge d’erreur. Conclusion : à quelques heures du scrutin, il est tout simplement impossible de départager les deux favoris. Un suspense qui doit peser lourd sur les épaules du mormon, qui joue gros dans la primaire du Michigan.

S’il remporte l’élection dans son état natal, sa victoire semblera somme toute assez naturelle. Par contre, un échec porterait un coup sérieux à sa campagne qui n’enflamme déjà pas les foules. Comme il l’annonce lui-même dans ce spot où il parcourt l’ « état de l’automobile » au volant d’une berline : « Le Michigan était mon foyer, cette élection est personnelle ».

Millionnaire et collectionneur

Mitt Romney a toujours aimé les belles cylindrées et ce n’est un secret pour personne, il a les moyens de s’offrir ce dont il rêve. Mais sans doute a-t-il écouté les (mauvais) conseils de son conseiller en communication : « Dans le bastion de l’industrie automobile, c’est toujours bien de causer bagnole… ».

Le hic, c’est que lorsque le candidat millionnaire commence à détailler le parc automobile familial, il n’y va pas dans la dentelle. Mustang, Cadillac, Dodge,… toute une série de véhicules bien évidement « made in usa » (posséder une voiture asiatique équivaudrait à se tirer une balle dans le pied) mais des modèles hors de prix pour le commun des mortels. C’est sûr que « Joe le plombier » ( l’Américain moyen) n’a pas toujours les moyens de s’offrir un modèle à 50.000$. Un étalage de richesse qui n’est pas du meilleur gout, dans cet état industriel touché de plein fouet par la crise économique.

Pourtant, Romney sait bien qu’il doit dissimuler son train de vie de golden-boy de la finance, après les nombreuses bourdes de début de campagne.  « J’aime virer les gens », « Moi aussi je suis au chômage« , « Je ne me préoccupe pas des pauvres » , « Les sociétés sont des gens » et son désastreux « Pari à 10.000$ » lancé en direct à Rick Perry dans un débat télévisé», …

Autant de répliques, qui utilisées hors de leur contexte et mises bout à bout dans un spot de campagne, peuvent sérieusement nuire à son image et à sa candidature!

Santorum & Romney au Michigan (Ed Murawinski-New York Daily News)

Obama 2012 : le retour du roi de la Com’

A neuf mois de l’élection présidentielle, Barack Obama  sort le grand jeu pour tenter de se faire à nouveau aimer des électeurs. Sans aucun doute, l’occupant actuel de la Maison Blanche ne projette pas de déménager de sitôt et il utilise les vieilles recettes pour faire remonter sa cote de popularité.

Au lendemain de son élection comme 44ième président des États-Unis, en novembre 2008, Obama était au sommet de sa gloire. Battant des records de popularité, l’ancien sénateur de l’Illinois était tout simplement intouchable.  Mais depuis lors, le conte de fée a cédé la place à une réalité bien plus terne et il faut bien l’avouer,  l’ « enfant star d’Honolulu » ne fait plus vraiment rêver. L’emballement médiatique est retombé et les pancartes arborant le slogan gagnant  « Yes We Can » prennent la poussière dans les placards des bureaux de campagne.

C’est bien connu, l’exercice du pouvoir use et le fringuant candidat de 2008 n’a plus grand-chose à voir avec sa version de 2012 aux cheveux gris. Le dynamique outsider qui ruait dans les brancards a laissé place au président du compromis, qui vise surtout  à rester en place afin de pouvoir prester un second mandat. Avant d’être élu, Obama jouait au basket, à présent il pratique surtout le golf, parfois même avec ses adversaires républicains du Congrès…

Obama sur le green en compagnie de John Boehner, chef de file des républicains à la Chambre

Obamania  version 2012

L’homme qui enthousiasmait les foules a-t-il disparu à jamais ? Ou fera-t-il à nouveau surface à mesure que se rapproche l’élection ?
A en croire cette toute nouvelle vidéo concoctée par son équipe de campagne, les conseillers marketing du président ont décidé de dépoussiérer à fond l’image du « héros de l’Illinois ». Avec un spot de 4 minutes 30, destiné à une diffusion virale sur la toile, l’idée est de faire revire la « success story » d’Obama, depuis l’annonce officielle de sa candidature. Au fond, Obama aujourd’hui c’est le même qu’en 2008, avec juste 4 ans d’expérience en plus…

Jeune, sportif, décontracté, proche de sa famille, à l’aise en société, décidé, dynamique,… Bref, tous les éléments de la formule gagnante en 2008 se trouvent dans ce spot, véritable concentré de l’image que doit refléter Obama en 2012 !

Évidemment, pas de traces dans cette vidéo des nombreuses promesses non tenues! Seuls comptent ici les succès du président: la réforme de la santé, l’exécution d’Oussama Ben Laden, le sauvetage de l’industrie automobile, le retrait des troupes d’Iraq,…Obama dispensé des primaires

Toujours coincé sous la barre des 50% d’opinions favorables, à l’exception de la période qui a suivi l’exécution de l’ennemi public N°1, Barack Obama sait qu’il doit séduire à nouveau les foules pour assurer sa réélection.  Tandis que l’attention médiatique se tourne essentiellement du côté républicain où les candidats se livrent une lutte sans merci, le président démocrate est dispensé de l’exercice périlleux (et surtout très couteux) des primaires. Son équipe peut donc se consacrer à organiser la campagne sur le terrain, dans les 50 états du pays et aussi tenter de récolter un maximum d’argent. A l’heure actuelle, le président en exercice a déjà accumulé plus de dons financiers que tous ses opposants réunis, d’autant qu’eux le dépensent à un rythme effréné, afin de rester en course dans ces primaires disputées.   ( article sur le sujet prochainement )

L’art de la cool-attitude

Si depuis quelques semaines, les apparitions d’Obama sont plus fréquentes, elles montrent surtout que l’heure de la campagne de réélection a bel et bien sonné. Ainsi dernièrement, à l’occasion de la fête de la science à la Maison Blanche, le « président qui garde une âme d’enfant », s’émerveille devant un canon à marshmallow…

Quelques jours plus tard, le « président proche du peuple » est surpris (par un photographe qui trainait dans le coin!) en train de toper le poing d’un manutentionnaire du Congrès. Très classe.

Discours de l’état de l’Union, Super Bowl, événements internationaux, l’occupant de la Maison Blanche ne rate pas une seule occasion de faire sa promotion. Privilège de la fonction présidentielle, c’est toujours de la publicité gratuite.
Lorsqu’il est face à un bataillon de journalistes, le « président de la répartie » n’en rate pas une : « Obama le Ninja« « Obama le roi lion», « Obama qui calme les bébés« , « Obama qui taquine son pote Sarkozy », … La liste est longue et il y a fort à parier que quelques perles se rajoutent d’ici au mois de novembre.

Plus country que hip-hop

Si Obama le showman est connu du grand public, son côté crooner l’était moins jusqu’à ce discours, où il s’est permis de pousser la chansonnette. La vidéo d' »Obama roi de la soul » a provoqué un buzz sur internet…avec à la clé un pic de vente pour le titre d’Al Green!

Toujours à la page, un conseiller 2.0 d’Obama a récemment diffusé sur internet sa « playlist de campagne » sur le site de streaming musical Spotify . Des titres populaires, qui seront joués lors des différents rassemblements jusqu’en novembre. Soucieux de séduire l’électorat du Midwest, Obama le mélomane se révèle soudain être un grand amateur de musique country…

Michelle, une alliée de poids

Il ne faut jamais l’oublier, Michelle Obama est le premier soutien du président. Et elle semble déterminée à rester 4 ans de plus la première dame des États-Unis.  En ce moment, la First Lady parcourt le pays, pour célébrer le troisième anniversaire de la campagne anti-obésité « Let’s Move » dont elle est le fer de lance. Et avec sa tournée nationale, elle ne manquera pas de visiter quelques états clés de l’élection présidentielle…
Joignant le geste à la parole, la dynamique occupante de la Maison Blanche ne recule devant rien pour « pousser les enfants à se remuer »  et améliorer du même coup l’image du couple présidentiel. Des pompages sur un plateau TV  ou encore une course  en « un sac à patates » suite à un défi lancé par le comédien à succès Jimmy Fallon. Des images peu banales pour une First Lady, reprises instantanément dans les médias…

Des républicains tout sauf cool

Quand la machine Obama se met en marche, elle a beaucoup de chance de gagner la bataille de la « cool attitude » car du côté républicain ce n’est pas la joie. Parmi les quatre candidats encore en lice, Rick Santorum est sans doute le plus à l’aise en société et le « plus en phase » avec son vivier électoral ultra-conservateur. Ron Paul place parfois quelques bons mots entre des coups de gueule mais il n’a jamais l’air totalement à l’aise, flottant toujours dans des costumes trop grands pour lui. Newt Gingrich est quant à lui un candidat qui fait beaucoup rire mais c’est plus le souvent à ses dépens.

Rick Santorum - Le challenger

Mais celui qui fait assurément le plus de de peine c’est Mitt Romney. Grand favori des primaires, c’est aussi le candidat qui se donne le plus de mal pour ressembler à une personne normale.  Il a beau retourner des saucisses sur les BBQ en jouant au voisin sympa, la sauce ne prend pas. En campagne, il porte des jeans en permanence mais il n’arrive pas à endosser le rôle de l’Américain moyen, à  la manière d’un acteur dont on sent qu’il s’efforce sans succès de rentrer dans un rôle. Avec son brushing inamovible et ses costumes hors de prix, le mormon n’arrive pas à se dépêtrer de son image de millionnaire de Wall Street. Et quand il arrive à placer quelques blagues, cela manque toujours cruellement de spontanéité. A ce jeu là, il n’a tout simplement aucune chance face à Obama…