Gingrich : le candidat en chute libre

Abandonné par son dernier mécène, la campagne de Newt Gingrich va droit dans le mur. Mathématiquement hors course, une seule inconnue subsiste : combien de jours avant qu’il ne jette définitivement l’éponge ?

L’adage est bien connu : quand le bateau coule, les rats quittent le navire. Et si « capitaine Gingrich » se donnait la peine d’ouvrir les yeux, il se rendrait bien compte que sa campagne prend l’eau de toute part. Depuis plusieurs semaines, les mauvaises nouvelles s’enchaînent et plus personne ne croit à ses perpétuelles promesses de « comeback fracassant » !

(Lire les articles précédents sur le même sujet: Le chant du cygne de GingrichGingrich:toujours plus proche de la voie de garage)

Près de trois mois après le début des primaires républicaines, l’homme fort de Géorgie doit se rendre à l’évidence: il n’a plus aucun espoir de succès. Après une trentaine de scrutins, Gingrich n’a remporté que deux états (Caroline du Sud et Géorgie), contre 16 pour Romney et 11 pour Santorum. Et à moins d’un miracle, il ne gagnera plus nulle part.

Complètement largué dans la collecte de délégués, le palmarès de Gingrich  a juste de quoi impressionner Ron Paul, la lanterne rouge des primaires. L’heure de gloire de l’ artisan de la « révolution conservatrice », où les républicains avaient récupéré le contrôle du Congrès en 1994, semble désormais révolue.

Newt Gingrich

Selon la moyenne des sondages établie par « Real Clear Politics« , Gingrich pointe depuis un moment sous la barre des 15% d’intentions de vote, un score nettement insuffisant pour encore espérer remporter l’investiture. D’autant que cet indicateur ne prend pas en compte les mauvais nouvelles des derniers jours…

Hier, la presse américaine faisait écho des difficultés de trésorerie du candidat. Avec un bilan financier dans le rouge, Gingrich effectue de drastiques coupes budgétaires en limitant ses déplacements et en renvoyant un tiers de son équipe, dont son directeur de campagne !

L’empereur des casinos abandonne Gingrich

Les dons des sympathisants ne remplissent plus les caisses depuis longtemps et Gingrich ne devait son salut qu’aux largesses de son mécène, Sheldon Adelson. Afin de soutenir les idées pro-israéliennes du candidat, le milliardaire avait injecté plus de 16,5 millions de dollars via le « Super Pac pro-Gingrich ».

Une broutille pour « l’empereur des casinos » qui est à la tête d’un empire colossal. Selon un article du Huffington Post, qui reprend un calcul de Forbes, cet ultra-riche gagnerait en moyenne 3,3 millions de dollars…de l’heure !

Sheldon Adelson s’est d’ailleurs dit prêt à  investir pas moins de 100 millions de dollars afin d’empêcher un deuxième mandat d’Obama.
Mais l’homme au chéquier illimité s’est lui aussi finalement rendu compte qu’il ne misait pas sur le bon poulain. Dans une vidéo publiée sur le Jewishjournal, le milliardaire vient d’annoncer qu’il retirait son soutien à Gingrich parce que le candidat est « en bout de course »…

Mercredi matin sur MSNBC, son porte-parole (bientôt au chômage) avait beau détailler la stratégie de Gingrich, plus personne n’était dupe.
Mathématiquement hors course, le candidat a pour unique objectif d’empêcher Mitt Romney, d’atteindre le total de 1.144 délégués, seuil nécessaire pour gagner l’investiture.

Dans pareil cas de figure, les compteurs seraient alors remis à zéro pour un second tour, une procédure d’exception dénommée « convention négociée ». Les instances dirigeantes du parti, réunies en convention en Floride, devraient alors désigner le candidat officiel du parti…

Désormais sans perfusion financière, l’ancien président de la Chambre n’a plus aucun espoir dans ces primaires. Techniquement, si toute sa stratégie repose sur la convention négociée, il devra s’accrocher jusque fin août. Bon courage Newt. Moïse a bien erré 40 ans dans le désert.

Sondage de CNN: Gingrich doit il jeter l'éponge?

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Obama sur la route des Oscars

En pleine campagne électorale, Barack Obama a décidé de s’offrir un véritable film promotionnel. Beaucoup plus élaborée que les spots télévisés habituels de 30 secondes, cette vidéo de 17 minutes est entièrement dédiée à la gloire de l’occupant actuel de la Maison Blanche.

Intitulé « The Road We’ve Traveled », ce documentaire d’un nouveau genre revient sur les trois premières années de mandat du président démocrate. S’il faudra attendre le jeudi 15 mars avant de pouvoir le visionner dans son intégralité, le teaser est d’ores et déjà diffusé sur la toile…

Un casting de choc

A la tête d’un trésor de guerre colossal, l’équipe de campagne d’Obama s’est permis le luxe d’engager la crème de la crème pour réaliser cette « superproduction démocrate ».

Pour la bande son : Tom Hanks, qui reste quand même l’un des acteurs américains les plus populaires. Au niveau de la réalisation : David Guggenheim, qui avait déjà concocté par le passé « An Inconvenient truth » (une vérité qui dérange).

C’est d’ailleurs grâce à ce documentaire consacré au réchauffement climatique dont il était le narrateur, qu’ Al Gore, l’ancien Vice-Président de Clinton, a remporté le prix Nobel de la paix en 2007.

Barack Obama, qui a déjà reçu cette distinction en 2009, « Pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples » (sic) vise plutôt sa réélection comme président des États-Unis. Mais gagner à nouveau la course à la Maison Blanche sera loin d’être une sinécure pour le président en exercice qui est au plus mal dans les sondages.

Avec seulement 47% d’opinions favorables,  la cote de popularité d’Obama n’est pas très enviable, à moins de huit mois de l’élection. S’il veut susciter l’engouement comme en 2008, l’ancien sénateur de l’Illinois devra à nouveau séduire les électeurs. Et quoi de mieux pour convaincre l’opinion qu’une belle fresque hollywoodienne?

Un « documentaire publicitaire »

Dans ce film forcément très subjectif, Obama jouera son propre rôle. Celui d’un président au centre du bureau ovale, confronté quotidiennement à des choix difficiles. Une récession économique sans précédent, le secteur automobile au bord de la faillite, la réforme du système des soins de santé,… Et force est de constater que durant ses trois premières années de mandat, les défis à relever n’ont pas manqués.

Autant de crises évoquées par les acteurs clés de son administration, son ancien chef de cabinet Emanuel Rahm, le Vice-Président Joe Biden, ou encore la secrétaire d’État Hillary Clinton.

Obama chef de guerre

Dans un rôle taillé sur mesure pour Denzel Washington, Obama joue également au chef des armées. Avec deux guerres qui n’en finissent pas sur les bras, le président doit limiter les pertes et évacuer les troupes hors des bourbiers irakien et afghan. L’échec de la fermeture de Guantánamo ou la gestion catastrophique de la marée noire en Louisiane seront-t-ils au menu du film? le mystère reste entier. Par contre le climax de cette superproduction est déjà connu: l' »opération Geronimo » qui doit mener à la capture d’Oussama Ben Laden!

S’il n’y a plus vraiment de suspense, l’ennemi public N°1 repose au fond de l’océan depuis mai 2011, la scène filmée en direct depuis la « situation room » plaira certainement aux amateurs de film d’action. Un bon point pour renforcer l’image d’Obama « leader des troupes », lui qui manquait  cruellement d’expérience militaire lorsqu’il était candidat en 2008, face à McCain, le héros du Vietnam!


Politique et Show Business

Depuis toujours, l’exercice de la politique a réclamé des talents d’acteurs. Mais depuis les joutes verbales de l’Antiquité, les médias ont quelques peu évolués. A présent, à l’heure de la campagne 2.0, quelques vidéos bricolés à la va-vite et diffusées sur les postes de télévisions ne suffisent plus.

Avec ce film de promotion,  l’objectif est de montrer qu’Obama a beaucoup plus d’expérience qu’en 2008 et que s’il n’a pas tenu toutes ses promesses c’est à cause de circonstances économiques exceptionnelles. Aujourd’hui, il n’est plus juste un simple candidat à la Maison Blanche mais bien le 44ième président des États-Unis qui brigue un second mandat!

Le film sera diffusé massivement dans les QG de campagne des 50 États afin de mobiliser les partisans démocrates. Il connaitra probablement aussi une diffusion virale sur la toile, où Obama reste le leader incontesté face à des candidats républicains qui ressemblent parfois à des amateurs.

L’ équipe de campagne du président démocrate utilise au maximum les réseaux sociaux depuis les primaires démocrates de 2007, pour propager ses idées et pour récolter des dons. Aujourd’hui, passé maître dans l’art du Storytelling, le président en exercice a « 25 millions d’amis » sur Facebook, est suivi par  13 millions de personnes sur Twitter et a plus de 2.000 vidéos postées sur Youtube! Un réseau colossal pour diffuser ses messages en temps réel et à moindres coûts, qui aura son importance au fur et à mesure que se rapproche l’élection du 6 novembre…

Je suis démocrate donc je vote républicain!

A la veille des primaires du Michigan, certains analystes redoutent qu’une vague de militants démocrates influencent le scrutin. Surnommés les « républicains bleus », ces faux membres du parti pourraient voter massivement pour Santorum, dans l’espoir de voler la victoire à Romney.

Au Michigan, l’électeur est vraiment roi. Durant les primaires, les militants d’un parti sont autorisés à voter pour un candidat du camp adverse!  Un système assez laxiste qui diffère de la plupart des autres états, où celui qui souhaite participer à l’élection doit s’inscrire au préalable sur la liste d’un parti.  Mais alors, comment reconnaitre un vrai républicain d’un démocrate déguisé ? C’est tout simplement impossible, sauf si un sticker « Obama-Biden 2012» trône à l’arrière de son pick-up…

Piraterie politique

Voter tactiquement pour un candidat du parti adverse afin d’influencer le résultat des primaires n’est pas un phénomène nouveau. Au Michigan, ce genre de manœuvres stratégiques est même presque devenu une tradition locale.  Lors des primaires républicaines en 2000 par exemple, les démocrates du coin avaient soutenu massivement John Mc Cain face à Georges W. Bush.

Après dépouillement des votes, le sénateur d’Arizona avait finalement battu son rival texan, avec une avance confortable (50% contre 43%). De nombreux « faux républicains » avaient reconnu avoir participé au scrutin même s’il est impossible de quantifier leur influence. Selon les articles de l’époque, l’équipe de campagne du futur président criait au scandale et estimait que l’influence des votes démocrates dans la primaire du parti républicain relevait de la piraterie politique !

Au final, la victoire de McCain au Michigan n’aura été qu’un petit accident sur le parcours gagnant de Georges W. Bush. En grand favori, le candidat texan a raflé la plupart des autres états du pays (43 sur 50) avant d’affronter Al Gore dans l’élection générale. La fin de l’histoire est connue. Douze ans après son illustre paternel, Bush Junior frotta à son tour ses bottes sur le paillasson du bureau ovale.

Primaires républicaines en 2000 (Bush en rouge – McCain en jaune)

« Opération Hilarity »: l’assaut démocrate

Donné largement vainqueur par les sondages locaux du mois dernier, Mitt Romney doit à présent composer avec Santorum, qui rassemble autour de lui l’aile dure du parti. Si  le champion des valeurs conservatrices a perdu du terrain suite à une vague de publicités négatives et un dernier débat télévisé difficile, il n’en reste pas moins le seul candidat qui puisse faire trébucher le mormon.

Alors que le duel s’annonce très serré, chaque voix a son importance, à l’image des résultats disputés en Iowa et dans le Maine. Les militants démocrates du Michigan l’ont bien compris et leur participation à la primaire républicaine pourrait bien faire la différence. D’où l’attention croissante portée à ces « républicains bleus », un surnom qui provient de la couleur attribuée par convention aux démocrates. A l’approche du scrutin, des consignes de vote commencent à circuler via les réseaux sociaux et notamment sur le blog DailyKos.

L’opération « Hilarity » appelle les militants démocrates de l’état à soutenir massivement Rick Santorum dans les urnes. Officiellement, ces actions ne sont ni soutenues ni découragées par les instances du parti démocrate. Mais si le « vote inter-parti» pose des question au niveau éthique, ce procédé n’en reste pas moins légal, en vertu des lois électorales du Michigan. « Si les votes de démocrates influencent les résultats des primaires républicaines, les républicains ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes » précise Mark Brewer, président du parti démocrate dans l’ « état des grands lacs ».

L'éléphant républicain contre l'âne démocrate...

Santorum : le favori des démocrates

L’ironie de cette stratégie électorale est que les militants démocrates votent pour le candidat qu’ils apprécient sûrement le moins (ou détestent le plus), parmi les quatre républicains encore en lice. Mais ce calcul politique est basé sur un constat: Santorum est plus facile à battre que Romney, dans le cadre de l’élection présidentielle de novembre.

Si les primaires républicaines se jouent toujours très à droite, avec des candidats qui semblent participer au « concours du plus conservateur » , l’élection générale se joue plutôt au centre. Pour gagner une élection nationale, il faut pouvoir séduire les centristes, les indécis et pas seulement les militants purs et durs de son parti. Et à ce jeu-là, Romney le « modéré de la côte-Est » est bien plus dangereux que l’ultra-conservateur Santorum et ses gros sabots.

Si l’ancien sénateur de Pennsylvanie parvient à remporter l’investiture du parti républicain,  il y a fort à parier qu’il se fasse véritablement lyncher face au président démocrate. Beaucoup trop radical, ce catholique intégriste ouvertement homophobe est beaucoup trop extrême pour la majorité des électeurs. Il est facile d’imaginer des spots télévisés reprenant quelques-uns de ses discours fumeux: Santorum qui cite le diable, qui doute du réchauffement climatique, qui compare homosexualité et polygamie, qui refuse l’avortement même en cas de viol ou d’inceste, qui veut en découdre avec l’Iran, …

Bref, si Santorum remporte les primaires républicaines, il risque de très vite casser ses belles dents blanches dans sa croisade pour la Maison Blanche. Tout bénéfice pour la réélection d’Obama.

Romney Vs Santorum

Romney prend le large en Floride

Mitt Romney n’a pas fait mentir les sondages et s’est finalement imposé loin devant son rival direct Newt Gingrich. Avec les délégués de Floride en poche, le millionnaire mormon confirme sa position de favori du parti et se concentre déjà sur le futur affrontement face à Barack Obama.

Romney savoure sa victoire de Floride...

Avec près de 15% d’avance, l’équipe de campagne de Romney peut se féliciter de la solide campagne réalisée dans le « Sunshine state ». La stratégie de diffusion massive de publicités négatives envers Newt Gingrich s’est finalement avérée payante, l’ancien gouverneur du Massachusetts a creusé l’écart face à son rival, pour finalement récolter 46,4% des voix!

L’ancien président de la chambre des représentants frôle la barre des 32%, une seconde place assez terne qui dénote avec sa victoire fracassante en Caroline du Sud. L’ultra chrétien Rick Santorum complète le podium avec 13,4%, peinant toujours à séduire dans d’autres états que l’Iowa, son unique succès qui remonte au début du mois. Le champion libertarien Ron Paul termine comme prévu 4ième du scrutin avec 7%, un score somme toute honorable (le double de son résultat en 2008) pour quelqu’un qui n’a pas daigné faire campagne dans l’état.

Tout bénéfice pour Romney

Avec cette victoire en Floride, Romney a gagné sur tous les tableaux. La primaire utilisant le système du « Winner take all », il a remporté d’un seul coup les 50 délégués de l’état, creusant encore son avance, avec 87 délégués contre seulement 26 pour Gingrich (14 pour Santorum et 4 pour Paul). Au niveau psychologique, il a repris l’ascendant sur son rival direct en assurant une deuxième victoire après celle du New Hampshire, un succès qui rassure ses partisans, une réponse claire aux observateurs qui doutaient de sa position de favori après sa défaite en Caroline du Sud.  Et enfin, il a vengé son échec face à John McCain en 2008, en progressant de 31% à 46% et en raflant 170.000 voix de préférence supplémentaires!

Mitt Romney et son fils John scrutent les résultats - Tampa, Floride (AFP PHOTO/Emmanuel Dunand)

Horizon dégagé

Après un mois de janvier très disputé, avec 3 gagnants différents pour seulement 4 scrutins, février devrait sans doute apporter une certaine stabilité à la campagne de Romney. Avec son équipe à pied d’œuvre sur le terrain, il devrait normalement survoler sans encombre les prochaines étapes des primaires qui se dérouleront au Nevada, au Colorado et au Minnesota. A moins d’une surprise, le temps qui passe joue en sa faveur, il va récolter de plus en plus de délégués et confirmer du même coup son statut de favori. S’il ne commet pas un impair impardonnable dans un débat ou si un nouveau scandale ne fait pas jour, peu de choses peuvent encore barrer la route de l’ancien gouverneur du Massachusetts. Et normalement d’ici au lendemain du « Super Tuesday »  qui se déroulera le 6 mars, Romney devrait être sacré comme le candidat républicain officiel dans la course à la Maison Blanche.

Un front anti-Romney

Mais avec son image de favori, le mormon cristallise aussi les attaques. Si peu de choses peuvent vraiment gêner sa candidature, un risque subsiste cependant: une alliance entre ses rivaux. Dans le cas où Santorum abandonne la course et demande à ses partisans de rallier la cause de Gingrich, cela pourrait sérieusement redistribuer les cartes. Pour l’instant, Romney bénéficie de l’éclatement de l’électorat plus radical du parti, des électeurs qui ne veulent pas de lui mais qui hésitent encore entre Gingrich et Santorum. Si l’ancien sénateur de Pennsylvanie jette l’éponge et rallie le camp des sympathisants de Gingrich, comme Herman Cain et Rick Perry l’ont déjà fait, l’enjeu des primaires serait vraiment relancé…

Un œil sur la Maison Blanche

En attendant la suite des primaires républicaines, Mitt Romney se positionne déjà clairement comme le favori du parti et toise son réel adversaire: Barack Obama. Avec son nouveau spot de campagne, il affirme son ambition de reprendre à son compte le poste du président et de l’envoyer au chômage d’ici la fin de l’année…

 

Ron Paul : la force tranquille contre le « trio hypocrite »

Économie d’échelle ou stratégie délibérée, l’équipe de campagne de Ron Paul s’en prend à ses trois opposants en un seul spot!

Cultivant sa différence dans le carré final, « Docteur Paul » se présente comme le seul véritable libéral. A la différence de ses rivaux, on peut difficilement le qualifier de girouette. En effet, le doyen de la campagne défend la même ligne politique depuis plus de 35 ans…

Peu présent en Floride où il a très peu de chance de créer l’événement, Ron Paul concentre ses efforts, humains et financiers, sur des états stratégiques qui utilisent le système proportionnel dans leurs élections. Dans des états comme le Nevada, le Maine, le Colorado ou la Géorgie chaque candidat gagne un certain nombre de délégués en fonction de son résultat électoral.

A l’inverse, dans le prochain scrutin en Floride où prévaut le système du « Winner take all », seul le gagnant de la primaire remportera tous les délégués de l’état. Peu importe de finir deuxième ou quatrième, il n’y aura pas de miettes à se partager…

L’équipe de campagne de Ron Paul a clairement opté pour une stratégie à long terme. Avec des candidats qui abandonnent en cours de route (Cain, Bachmann, Perry, Huntsman,…) Ron Paul s’est déjà hissé sans effort dans le quatuor de tête. Et pour peu que Santorum jette l’éponge, il serait déjà assuré de terminer sur le podium.

L’objectif du texan est de grappiller un maximum de délégués afin d’arriver en position de force à la convention républicaine, qui se tiendra fin août à Tampa en Floride. Si le docteur Paul a peu de chance de remporter l’investiture à lui seul, il pourrait avoir suffisamment de poids politique pour diffuser ses idées libérales au sein du parti, qui rassemble beaucoup de courants différents. Et pourquoi pas éventuellement, monnayer son soutien ou sa présence sur un ticket présidentiel?

Une autre issue possible:  basculer dans le troisième parti du pays, les indépendants. A l’image de sa campagne de 1988, où en tant que candidat libertarien, il avait terminé troisième derrière le président Bush (senior) et le démocrate Michael Dukakis. Néanmoins ce changement de stratégie est peu probable. Si Ron Paul fait cavalier seul, il attirera à lui des voix essentiellement républicaines… au bénéfice d’ Obama.

Santorum - Romney - Gingrich : une seule vision

Stratégie de campagne « Obama 2012 »

Jim Messina, directeur de campagne pour la réélection d’Obama, développe ses stratégies pour assurer la victoire le 6 novembre 2012.

Par convention, depuis l’élection de 2000, on représente les états favorables aux démocrates en bleu et ceux qui penchent vers les républicains en rouge. En marge de ces « blue states » et « red states », les états ne favorisant aucune formation en particulier sont parfois qualifiés d’états violets (purple states).

Ces états indécis (swing states) reçoivent le plus d’attention des stratèges de campagne qui ne peuvent, pour des questions de ressources, investir massivement dans les 50 états américains.

Même si les résultats varient d’une élection à l’autre, il y a certaines grandes tendances de vote, des traditions de soutien pour tel ou tel parti qui permettent de parler d’un certain déterminisme géographique.

– Les côtes des États-Unis (ouest et nord-est) votent le plus souvent pour les démocrates

– Le centre et le sud du pays restent majoritairement républicains.

A noter que l’évolution démographique modifie la donne: l’électorat blanc du Midwest, vivier républicain par excellence, est en baisse à la différence de l’électorat latino, généralement pro-démocrate, qui augmente un peu partout dans le pays.

En 2012, les états les plus courtisés, surnommés les « battleground states » seront sans doute les suivants:

– A l’ouest: le Nevada, peut être aussi l’Arizona, le Nouveau Mexique et le Colorado

– Au « centre »: l‘Iowa et l’Ohio

– Au sud-est: la Virginie et la Caroline du Nord et aussi la Floride, un état très disputé, souvent décisif pour remporter la présidentielle

La présidentielle se gagne état par état et peu importe la stratégie, au final il faut remporter 270 voix au collège électoral (sur un total de 538 grands électeurs à travers le pays). L’élection est encore loin mais les équipes sont déjà à pied d’œuvre sur le terrain pour enregistrer des électeurs, récolter des fonds et courtiser les nombreux indécis…

Tendances de vote - Moyenne des 4 dernières élections (1996-2008)

>> Carte représentant les tendances de vote sur base des quatre dernières élections, gagnées deux fois par des démocrates (1996 Clinton & 2008 Obama) et deux fois par des républicains (2000-2004 Bush ):

– En rouge: états gagnés par les républicains les quatre fois

– En rose: états gagnés par les républicains trois fois sur quatre

– En violet: états disputés, swing states, battleground states

– En bleu clair: états gagnés par les démocrates trois fois sur quatre

– En bleu foncé: états gagnés par les démocrates les quatre fois