Pour suivre les primaires en Arizona et au Michigan :

Dans l’ « état du grand canyon » il s’agira d’un scrutin de type « Winner take all ». Le candidat qui engrange le plus de voix rafle d’un seul coup les 29 délégués mis en jeu.

Selon la moyenne des sondages établie par « Real Clear Politics », Mitt Romney se profile comme le favori de l’élection. Le mormon peut compter sur le soutien de ses nombreux coreligionnaires qui peuplent cette région. En outre, il bénéficie du soutien du sénateur de l’Arizona, le dernier champion républicain des présidentielles, John McCain.

L’ultra-conservateur Rick Santorum devrait probablement terminer deuxième. Newt Gingrich et Ron Paul ne peuvent pas espérer grand chose de cette élection où de toute façon seule compte la première place …

En ce qui concerne le Michigan, le système proportionnel entrera en vigueur pour répartir les 30 délégués mis en jeu, entre les différents candidats.

Selon les derniers sondages, il est impossible de départager les deux favoris du scrutin dans l’« état des grands lacs ».  L’issue de l’affrontement entre Mitt Romney et Rick Santorum est la grande question du jour…

Et selon toute vraisemblance, Newt Gingrich et Ron Paul devraient encore terminer loin derrière ce duo.

§ Plus d’infos sur la primaire du Michigan dans les articles précédents :

Romney joue son honneur au Michigan      

Je suis démocrate donc je vote républicain

§ Quelques liens pour analyser les résultats en direct :

>> Washington Post

>>New York Times

>> Politico

>> CNN

>> USA Today

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Romney joue son honneur au Michigan

Donné largement favori jusqu’au début du mois, Mitt Romney va finalement devoir batailler ferme pour sauver la mise dans son état natal. Son adversaire principal, Rick Santorum, compte bien lui voler la vedette, en l’humiliant au passage.

Après une brève période d’accalmie, le ballet des primaires reprend ce mardi 28 février avec des suffrages dans deux états : l’Arizona et le Michigan. Si le nombre de délégués en jeu dans les deux scrutins est presque identique, c’est surtout le Michigan qui focalise l’attention médiatique.

Sur les traces de Papa

C’est dans cet état de la région des grands lacs que Mitt Romney a passé sa jeunesse, avant de rejoindre le Massachusetts pour se lancer dans une carrière économique puis politique. Le jeune mormon a parfaitement suivi la voie tracée en son temps par son père. Businessman à succès dans le secteur automobile, George Romney est ensuite devenu gouverneur du Michigan de 1963 à 1969. Avant de se lancer, lui aussi, dans une campagne présidentielle…

Mitt Romney espère que la ressemblance entre son parcours et celui de son illustre paternel s’arrêtera là. Car en 1968, la campagne des primaires de Romney Senior avait fait un flop total. Mais pour sa défense, il faisait face à deux poids lourds du parti républicain : les futurs présidents Nixon et Reagan !

Romney Senior, candidat républicain en 1968

Un duel qui s’annonce très serré

Avec un passé pareil, Mitt Romney devrait en temps normal survoler l’élection, comme c’était le cas en 2008. A l’époque, l’ « enfant de Détroit » avait raflé près des 40% des suffrages, loin devant John Mc Cain et ses autres poursuivants. Mais cette année la primaire du Michigan ne se déroule pas du tout dans les mêmes conditions.

Romney est dans un duel très tendu face à Santorum, qui lui a volé la victoire lors des derniers scrutins. En outre, le vote du Michigan pourrait être influencé par les « Républicains bleus ». Ces militants démocrates qui participent aux primaires du parti adverse ont pour objectif de barrer la route à Romney et pourraient plébisciter massivement le candidat ultra-conservateur. (voir l’article « Je suis démocrate donc je vote républicain » ) Les autres rivaux, Newt Gingrich et Ron Paul, sont quant à eux relégués à des rôles de figuration.

Hasard du calendrier, les suffrages au Michigan et en Arizona serviront de répétition générale avant le « Super Tuesday » du 6 mars. Ce mardi-là, les électeurs de dix états voteront simultanément, distribuant d’un seul coup plus de délégués que tous ceux répartis jusqu’alors. Le candidat qui prendra l’ascendant aujourd’hui se présentera en position de force avant cette journée capitale…

Opération "Stop Mitt" ( http://mittromney.com )

L’enfant de Détroit

A en croire les derniers sondages, l’écart entre Romney et Santorum est inférieur à la marge d’erreur. Conclusion : à quelques heures du scrutin, il est tout simplement impossible de départager les deux favoris. Un suspense qui doit peser lourd sur les épaules du mormon, qui joue gros dans la primaire du Michigan.

S’il remporte l’élection dans son état natal, sa victoire semblera somme toute assez naturelle. Par contre, un échec porterait un coup sérieux à sa campagne qui n’enflamme déjà pas les foules. Comme il l’annonce lui-même dans ce spot où il parcourt l’ « état de l’automobile » au volant d’une berline : « Le Michigan était mon foyer, cette élection est personnelle ».

Millionnaire et collectionneur

Mitt Romney a toujours aimé les belles cylindrées et ce n’est un secret pour personne, il a les moyens de s’offrir ce dont il rêve. Mais sans doute a-t-il écouté les (mauvais) conseils de son conseiller en communication : « Dans le bastion de l’industrie automobile, c’est toujours bien de causer bagnole… ».

Le hic, c’est que lorsque le candidat millionnaire commence à détailler le parc automobile familial, il n’y va pas dans la dentelle. Mustang, Cadillac, Dodge,… toute une série de véhicules bien évidement « made in usa » (posséder une voiture asiatique équivaudrait à se tirer une balle dans le pied) mais des modèles hors de prix pour le commun des mortels. C’est sûr que « Joe le plombier » ( l’Américain moyen) n’a pas toujours les moyens de s’offrir un modèle à 50.000$. Un étalage de richesse qui n’est pas du meilleur gout, dans cet état industriel touché de plein fouet par la crise économique.

Pourtant, Romney sait bien qu’il doit dissimuler son train de vie de golden-boy de la finance, après les nombreuses bourdes de début de campagne.  « J’aime virer les gens », « Moi aussi je suis au chômage« , « Je ne me préoccupe pas des pauvres » , « Les sociétés sont des gens » et son désastreux « Pari à 10.000$ » lancé en direct à Rick Perry dans un débat télévisé», …

Autant de répliques, qui utilisées hors de leur contexte et mises bout à bout dans un spot de campagne, peuvent sérieusement nuire à son image et à sa candidature!

Santorum & Romney au Michigan (Ed Murawinski-New York Daily News)

Je suis démocrate donc je vote républicain!

A la veille des primaires du Michigan, certains analystes redoutent qu’une vague de militants démocrates influencent le scrutin. Surnommés les « républicains bleus », ces faux membres du parti pourraient voter massivement pour Santorum, dans l’espoir de voler la victoire à Romney.

Au Michigan, l’électeur est vraiment roi. Durant les primaires, les militants d’un parti sont autorisés à voter pour un candidat du camp adverse!  Un système assez laxiste qui diffère de la plupart des autres états, où celui qui souhaite participer à l’élection doit s’inscrire au préalable sur la liste d’un parti.  Mais alors, comment reconnaitre un vrai républicain d’un démocrate déguisé ? C’est tout simplement impossible, sauf si un sticker « Obama-Biden 2012» trône à l’arrière de son pick-up…

Piraterie politique

Voter tactiquement pour un candidat du parti adverse afin d’influencer le résultat des primaires n’est pas un phénomène nouveau. Au Michigan, ce genre de manœuvres stratégiques est même presque devenu une tradition locale.  Lors des primaires républicaines en 2000 par exemple, les démocrates du coin avaient soutenu massivement John Mc Cain face à Georges W. Bush.

Après dépouillement des votes, le sénateur d’Arizona avait finalement battu son rival texan, avec une avance confortable (50% contre 43%). De nombreux « faux républicains » avaient reconnu avoir participé au scrutin même s’il est impossible de quantifier leur influence. Selon les articles de l’époque, l’équipe de campagne du futur président criait au scandale et estimait que l’influence des votes démocrates dans la primaire du parti républicain relevait de la piraterie politique !

Au final, la victoire de McCain au Michigan n’aura été qu’un petit accident sur le parcours gagnant de Georges W. Bush. En grand favori, le candidat texan a raflé la plupart des autres états du pays (43 sur 50) avant d’affronter Al Gore dans l’élection générale. La fin de l’histoire est connue. Douze ans après son illustre paternel, Bush Junior frotta à son tour ses bottes sur le paillasson du bureau ovale.

Primaires républicaines en 2000 (Bush en rouge – McCain en jaune)

« Opération Hilarity »: l’assaut démocrate

Donné largement vainqueur par les sondages locaux du mois dernier, Mitt Romney doit à présent composer avec Santorum, qui rassemble autour de lui l’aile dure du parti. Si  le champion des valeurs conservatrices a perdu du terrain suite à une vague de publicités négatives et un dernier débat télévisé difficile, il n’en reste pas moins le seul candidat qui puisse faire trébucher le mormon.

Alors que le duel s’annonce très serré, chaque voix a son importance, à l’image des résultats disputés en Iowa et dans le Maine. Les militants démocrates du Michigan l’ont bien compris et leur participation à la primaire républicaine pourrait bien faire la différence. D’où l’attention croissante portée à ces « républicains bleus », un surnom qui provient de la couleur attribuée par convention aux démocrates. A l’approche du scrutin, des consignes de vote commencent à circuler via les réseaux sociaux et notamment sur le blog DailyKos.

L’opération « Hilarity » appelle les militants démocrates de l’état à soutenir massivement Rick Santorum dans les urnes. Officiellement, ces actions ne sont ni soutenues ni découragées par les instances du parti démocrate. Mais si le « vote inter-parti» pose des question au niveau éthique, ce procédé n’en reste pas moins légal, en vertu des lois électorales du Michigan. « Si les votes de démocrates influencent les résultats des primaires républicaines, les républicains ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes » précise Mark Brewer, président du parti démocrate dans l’ « état des grands lacs ».

L'éléphant républicain contre l'âne démocrate...

Santorum : le favori des démocrates

L’ironie de cette stratégie électorale est que les militants démocrates votent pour le candidat qu’ils apprécient sûrement le moins (ou détestent le plus), parmi les quatre républicains encore en lice. Mais ce calcul politique est basé sur un constat: Santorum est plus facile à battre que Romney, dans le cadre de l’élection présidentielle de novembre.

Si les primaires républicaines se jouent toujours très à droite, avec des candidats qui semblent participer au « concours du plus conservateur » , l’élection générale se joue plutôt au centre. Pour gagner une élection nationale, il faut pouvoir séduire les centristes, les indécis et pas seulement les militants purs et durs de son parti. Et à ce jeu-là, Romney le « modéré de la côte-Est » est bien plus dangereux que l’ultra-conservateur Santorum et ses gros sabots.

Si l’ancien sénateur de Pennsylvanie parvient à remporter l’investiture du parti républicain,  il y a fort à parier qu’il se fasse véritablement lyncher face au président démocrate. Beaucoup trop radical, ce catholique intégriste ouvertement homophobe est beaucoup trop extrême pour la majorité des électeurs. Il est facile d’imaginer des spots télévisés reprenant quelques-uns de ses discours fumeux: Santorum qui cite le diable, qui doute du réchauffement climatique, qui compare homosexualité et polygamie, qui refuse l’avortement même en cas de viol ou d’inceste, qui veut en découdre avec l’Iran, …

Bref, si Santorum remporte les primaires républicaines, il risque de très vite casser ses belles dents blanches dans sa croisade pour la Maison Blanche. Tout bénéfice pour la réélection d’Obama.

Romney Vs Santorum

Gingrich: toujours plus proche de la voie de garage

Depuis un mois et son unique victoire en Caroline du Sud, Newt Gingrich continue sa longue traversée du désert. Débordé par son rival ultra-conservateur Rick Santorum, le « candidat yo-yo » de ces primaires à rebondissements table toujours sur un énième comeback de plus en plus improbable…

Début janvier, juste avant le lancement des primaires républicaines, le bouillonnant Newt Gingrich dominait les intentions de vote au niveau national. Discret lors des deux premiers scrutins, en Iowa et au New Hampshire, l’ancien président de la Chambre marqua les esprits en remportant l’état de la Caroline du Sud, avec une avance confortable sur Mitt Romney. Le « candidat de l’expérience» s’affirmait alors comme la seule alternative au mormon du Massachusetts.

Mais ce succès ne dura pas longtemps, dès lors que l’équipe de campagne de Romney a commencé son travail de sape. A coups de millions dépensés en publicités négatives, la réputation déjà sulfureuse de Gingrich a vite été mise à jour et sa cote de popularité a chuté aussi vite qu’elle était montée.

Lors des scrutins suivants, en Floride et au Nevada, Romney a triomphé et confirmé du même coup son statut de favori des primaires. Ensuite est venu le tour de Santorum de focaliser l’attention des médias. Et pendant ce temps, Newt Gingrich, le « candidat qui rêve de coloniser la lune » ronge son frein, espérant toujours revenir sur le devant de la scène.

Un mauvais sens du timing

Le plus gros problème de Gingrich, c’est le temps. Sa stratégie électorale repose essentiellement sur les états du sud du pays, qui lui sont en principe favorables. Mais entre le scrutin en Caroline du Sud, qu’il a remporté le 21 janvier dernier, et les autres primaires où il espère avoir du succès,  il y a plus de six semaines d’écart! Soit une éternité en politique…

L’ancien président de la Chambre mise tout sur le « Super Tuesday » du 6 mars, journée cruciale où les militants de dix états attribueront d’un seul coup plus de délégués que tous ceux distribués jusqu’à présent. Ce mardi-là, quatre « états du sud » tiendront des élections: la Virginie, le Tennessee, l’Oklahoma et la Géorgie, véritable bastion électoral de Gingrich.

Si les scrutins se déroulaient fin janvier, Gingrich aurait sans nul doute remporté quelques victoires et serait resté dans la course à l’investiture républicaine. Mais vu la tournure que prennent les événements, il a de plus en plus de chances de rater son coup et de finir tout simplement hors-jeu. S’il ne rebondit pas lors du « Super Tuesday », Gingrich n’aura d’autre choix que de jeter l’éponge.

L’art de la campagne de proximité

Optant pour une stratégie très différente, Rick Santorum s’est concentré sur quelques états de petites tailles, où il a mené une véritable campagne de terrain. S’il a créé la surprise en remportant le caucus de l’Iowa, ce n’est pas sans raison. Très motivé, le candidat a parcouru les 99 comtés de l’état à bord d’un pick-up, en allant à chaque fois à la rencontre de ses habitants ! Une tactique de proximité qui n’est possible que dans un état à taille réduite (à moins de passer vingt ans sur les routes) qui s’est finalement avérée payante.

Fort de ce succès initial en Iowa, qui lui a apporté soutien médiatique et financier, Santorum a ensuite boycotté quelques étapes afin de se concentrer sur les scrutins du 7 février. Ce jour-là, il remporte simultanément les caucus du Colorado et du Minnesota ainsi que le « concours de beauté » du Missouri, auquel Gingrich ne participe même pas.

Rick Santorum - le rival conservateur

Un rival dérangeant

Jusqu’à ce trio de victoires, l’ancien sénateur de Pennsylvanie a habilement fait profil bas. Évitant les coups, il a assisté au « duel Romney-Gingrich », laissant le mormon éroder peu à peu la réputation de l’ancien président de la Chambre.

Jouant sur la même corde religieuse et ultra-conservatrice, Rick Santorum est le véritable adversaire de Newt Gingrich. Ron Paul surfe sur la vague libertarienne et anti-gouvernementale, avec des militants déjà tout acquis à sa cause tandis que les autres candidats  conservateurs (Cain, Bachmann et Perry) ont déjà abandonnés la course.

Résultat : Santorum et Gingrich se partagent le vivier électoral des ultra-conservateurs, des évangélistes et des militants indécis du mouvement Tea Party. Un ensemble hétéroclite d’électeurs mais qui ont en commun d’être tous farouchement hostiles à Barack Obama et qui estiment que Mitt Romney est beaucoup trop modéré pour représenter le parti face à lui.

Le dernier carré républicain: Santorum - Gingrich - Romney - Paul

Gingrich, populaire chez les pandas

Tel Moise, l’ancien président de la Chambre continue sa traversée du désert. A mesure que passe les semaines, il continue son errance et semble de plus en plus boudé par les médias (toute proportion gardée), qui lui préfère Santorum.  Désireux de combler son déficit d’image, Gingrich essaie inexorablement de faire parler de lui. Mais les dernières vidéos qu’il diffuse sont symptomatiques d’une campagne en perte de vitesse.

Dans celle-ci, Gingrich s’offre un break, avec une visite VIP au zoo de San Diego, en Californie. Après avoir donné à manger à un éléphant, l’animal symbole du parti républicain, le candidat nourrira également un panda. Une bien curieuse stratégie électorale…

Le début de la fin

Même si Gingrich assure le contraire, il y a fort à parier que le transfert de voix de ses partisans vers Santorum va continuer. Le 28 février se tiendront deux primaires essentielles pour observer ce phénomène: en Arizona et dans le Michigan, l’état natal de Romney. Si les sondages actuels se vérifient dans les urnes, Gingrich terminera à chaque fois loin derrière Romney et Santorum, se disputant plutôt la troisième place avec Ron Paul. Et même dans les états du sud des États-Unis, il semble perdre du terrain. Encore un signe inquiétant pour sa campagne…

Un autre désaveu cinglant pour le candidat vient de la part de la « National Review », sans doute le magazine le plus conservateur du pays.
Dans un éditorial sans équivoque, son auteur demande à Gingrich de faire un part de côté. C’est à dire abandonner sa campagne pour soutenir celle de Santorum. Une humiliation de plus pour celui qui donnait le ton après sa victoire en Caroline du Sud. Plus personne n’est dupe, la candidature de Gingrich est brulée et il ne sera plus jamais favori dans ces primaires. Même son riche soutien financier, l’empereur des casinos Sheldon Adelson, n’a pas exclu de soutenir à terme un autre candidat…

Avec ce pari risqué de tout miser sur le « Super Tuesday », Gingrich semble avoir raté le coche au bénéfice de Santorum, qui se profile aujourd’hui comme le véritable adversaire de Romney. Gingrich affirme qu’il n’a pas encore tiré toutes ses cartouches et promet que le meilleur reste à venir dans ces primaires à rebondissements. Il répète sans cesse qu’il va bientôt faire un comeback fracassant…comme pour mieux s’en convaincre.

La chute de Newt

Les cigales républicaines contre la fourmi Obama

Cartoon de Mike Luckovich / http://cartoonbox.slate.com

Voilà un dessin qui résume bien l’état de la course à l’investiture républicaine…

Tandis que les quatre candidats encore en lice s’affrontent à coups de publicités négatives très couteuses, l’équipe d’Obama collecte son trésor de guerre afin d’assurer sa réélection. Durant le mois de janvier, il a reçu de la part de ses partisans la coquette somme de 29 millions de dollars, soit presque un million par jour!

Selon son staff de campagne: 98% des dons étaient inférieurs ou équivalents à 250$ (le don maximum légal à la campagne directe d’un candidat est plafonné à 2500$ par personne) ce qui prouve qu’Obama est encore très populaire.

Pendant que les cigales républicaines monopolisent l’attention des médias, le président-fourmi prépare tranquillement le terrain…

Le nouveau duel des primaires : Santorum vs « Rambo-Romney »

Depuis qu’il a acquis le statut d’adversaire principal de Romney, Rick Santorum est à son tour victime d’attaques en règles de la part des supporters du mormon. Mais la diffusion de publicités négatives s’avère parfois à double tranchant…

L’équipe de campagne de l’ancien sénateur de Pennsylvanie devait s’y attendre. Après son triplé de victoires, qui relance complètement la course à l’investiture républicaine, Rick Santorum est devenu la cible de choix des (riches) sponsors de Mitt Romney.  Fidèle à son habitude, le « Super-Pac » du mormon « Restore our future »  a décidé d’appliquer à nouveau la « méthode Gingrich », qui a déjà fait ses preuves en Floride.

Via des achats massifs d’espace publicitaire (déjà plus de 12 millions de dollars dépensés!) ce « comité d’action politique » avait inondé les écrans télévisés de publicités négatives, dans le but de détruire l’image du rival gênant. Et vu le nombre de casseroles trainées par l’ancien président de la Chambre, c’était somme toute assez facile de nuire à sa réputation.

Rick Santorum - le nouveau challenger de Romney

C’est bien connu, le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Tandis que la cote de popularité de Gingrich s’est effondrée, l’outsider Santorum est devenu la nouvelle alternative au « modéré du Massachusetts », le surnom dont est affublé Romney. Mais le porte-drapeau des ultra-conservateurs a cette fois pris les devants, en désamorçant la vague de publicités négatives.

Avec un spot de campagne inédit, il ridiculise la stratégie de Romney qui vise à dénigrer les candidats du même parti. En bon chrétien qu’il est, Santorum tend l’autre joue et souligne le fait que son rival a beau dépenser des millions de dollars, il se trompe de cible…

Santorum : le candidat anti-gay

Dans ce clip tout simplement impensable en Europe, Romney est comparé à Rambo, la bête de guerre, qui tire sur tout ce qui bouge…                 Mais l’utilisation des publicités négatives s’avère parfois délicate et à la fin du spot, le pseudo-sosie de Romney devient lui même la victime de ces attaques. Le jet de boue n’est pas sans rappeler ce que Santorum appelait pudiquement « son problème Google ». En effet, lorsqu’on cherche « Santorum » sur Internet, l’un des premiers liens indiqué par le moteur de recherche est le blog de Dan Savage, un militant pour les droits des homosexuels. ( http://blog.spreadingsantorum.com )

En réponse aux propos homophobes de l’ancien sénateur de Pennsylvanie, qui  a notamment comparé l’homosexualité à la bestialité ou à la pédophilie,  Dan Savage a lancé en 2003 une campagne pour ridiculiser le nom Santorum.  Après avoir lancé un concours sur la toile, il a décidé d’associer Santorum avec un terme scatophile assez explicite (voir ci-dessous) avec pour objectif  « que ses grandes dents blanches tombent hors de sa grande tête bien vide » !

A l’époque, Rick Santorum est seulement sénateur de Pennsylvanie mais à présent il est candidat à l’élection présidentielle. Son nom n’a jamais été autant recherché sur Google, d’où un nombre record de visites sur le blog de Dan Savage !

Pour l’instant le moteur de recherche est resté sourd aux demandes du candidat de supprimer le lien vers ce site mais à terme ce blog pourrait ne plus être référencé.  Dan Savage a néanmoins proposé en 2010 de retirer son site, si Santorum consentait à verser 5 millions de dollars à  « Freedom to Marry », une association qui milite pour la légalisation du mariage gay…  Bref, pour le plus grand plaisir des satires politiques, Santorum n’est pas prêt de régler son problème Google !

Santorum : la nouvelle cible

Comme c’était prévisible, le « Super-Pac » de Romney a lancé les hostilités à l’encontre de Rick Santorum. Dans ces premières publicités négatives, il est surtout accusé d’être un «initié» de Washington doublé d’un politicien dépensier.
Lorsqu’il était sénateur de Pennsylvanie, Santorum a apparemment donné son aval au financement de projets assez farfelus. Notamment le « musée de la théière » ou encore le « pont qui mène vers nulle part »…

Dans le même genre, voici un spot qui compare le bilan économique des deux candidats: Romney le redresseur d’entreprises qui a sauvé les JO de Salt Lake City il y a tout juste dix ans, contre Santorum le sénateur qui n’a fait que creuser la dette…

Barack Obama, le véritable adversaire

Dopé par son triplé de victoires, Santorum commence à sérieusement compliquer la campagne du mormon. Selon la dernière moyenne de sondages établie par RCP, Rick Santorum semble prend le large au niveau national avec une avance de 5,8% (33,8) devant Mitt Romney (28) Newt Gingrich (14) et Ron Paul (12,2).                                                                                                                                                                                 Symboliquement, c’est surtout la première fois depuis le début des primaires que Santorum prend l’avantage sur Romney!

Capitalisant sur cette ascension, l’ancien sénateur de Pennsylvanie se projette déjà comme le champion républicain, futur adversaire d’Obama. Une stratégie jusqu’alors employée par Mitt Romney…


Obama 2012 : le retour du roi de la Com’

A neuf mois de l’élection présidentielle, Barack Obama  sort le grand jeu pour tenter de se faire à nouveau aimer des électeurs. Sans aucun doute, l’occupant actuel de la Maison Blanche ne projette pas de déménager de sitôt et il utilise les vieilles recettes pour faire remonter sa cote de popularité.

Au lendemain de son élection comme 44ième président des États-Unis, en novembre 2008, Obama était au sommet de sa gloire. Battant des records de popularité, l’ancien sénateur de l’Illinois était tout simplement intouchable.  Mais depuis lors, le conte de fée a cédé la place à une réalité bien plus terne et il faut bien l’avouer,  l’ « enfant star d’Honolulu » ne fait plus vraiment rêver. L’emballement médiatique est retombé et les pancartes arborant le slogan gagnant  « Yes We Can » prennent la poussière dans les placards des bureaux de campagne.

C’est bien connu, l’exercice du pouvoir use et le fringuant candidat de 2008 n’a plus grand-chose à voir avec sa version de 2012 aux cheveux gris. Le dynamique outsider qui ruait dans les brancards a laissé place au président du compromis, qui vise surtout  à rester en place afin de pouvoir prester un second mandat. Avant d’être élu, Obama jouait au basket, à présent il pratique surtout le golf, parfois même avec ses adversaires républicains du Congrès…

Obama sur le green en compagnie de John Boehner, chef de file des républicains à la Chambre

Obamania  version 2012

L’homme qui enthousiasmait les foules a-t-il disparu à jamais ? Ou fera-t-il à nouveau surface à mesure que se rapproche l’élection ?
A en croire cette toute nouvelle vidéo concoctée par son équipe de campagne, les conseillers marketing du président ont décidé de dépoussiérer à fond l’image du « héros de l’Illinois ». Avec un spot de 4 minutes 30, destiné à une diffusion virale sur la toile, l’idée est de faire revire la « success story » d’Obama, depuis l’annonce officielle de sa candidature. Au fond, Obama aujourd’hui c’est le même qu’en 2008, avec juste 4 ans d’expérience en plus…

Jeune, sportif, décontracté, proche de sa famille, à l’aise en société, décidé, dynamique,… Bref, tous les éléments de la formule gagnante en 2008 se trouvent dans ce spot, véritable concentré de l’image que doit refléter Obama en 2012 !

Évidemment, pas de traces dans cette vidéo des nombreuses promesses non tenues! Seuls comptent ici les succès du président: la réforme de la santé, l’exécution d’Oussama Ben Laden, le sauvetage de l’industrie automobile, le retrait des troupes d’Iraq,…Obama dispensé des primaires

Toujours coincé sous la barre des 50% d’opinions favorables, à l’exception de la période qui a suivi l’exécution de l’ennemi public N°1, Barack Obama sait qu’il doit séduire à nouveau les foules pour assurer sa réélection.  Tandis que l’attention médiatique se tourne essentiellement du côté républicain où les candidats se livrent une lutte sans merci, le président démocrate est dispensé de l’exercice périlleux (et surtout très couteux) des primaires. Son équipe peut donc se consacrer à organiser la campagne sur le terrain, dans les 50 états du pays et aussi tenter de récolter un maximum d’argent. A l’heure actuelle, le président en exercice a déjà accumulé plus de dons financiers que tous ses opposants réunis, d’autant qu’eux le dépensent à un rythme effréné, afin de rester en course dans ces primaires disputées.   ( article sur le sujet prochainement )

L’art de la cool-attitude

Si depuis quelques semaines, les apparitions d’Obama sont plus fréquentes, elles montrent surtout que l’heure de la campagne de réélection a bel et bien sonné. Ainsi dernièrement, à l’occasion de la fête de la science à la Maison Blanche, le « président qui garde une âme d’enfant », s’émerveille devant un canon à marshmallow…

Quelques jours plus tard, le « président proche du peuple » est surpris (par un photographe qui trainait dans le coin!) en train de toper le poing d’un manutentionnaire du Congrès. Très classe.

Discours de l’état de l’Union, Super Bowl, événements internationaux, l’occupant de la Maison Blanche ne rate pas une seule occasion de faire sa promotion. Privilège de la fonction présidentielle, c’est toujours de la publicité gratuite.
Lorsqu’il est face à un bataillon de journalistes, le « président de la répartie » n’en rate pas une : « Obama le Ninja« « Obama le roi lion», « Obama qui calme les bébés« , « Obama qui taquine son pote Sarkozy », … La liste est longue et il y a fort à parier que quelques perles se rajoutent d’ici au mois de novembre.

Plus country que hip-hop

Si Obama le showman est connu du grand public, son côté crooner l’était moins jusqu’à ce discours, où il s’est permis de pousser la chansonnette. La vidéo d' »Obama roi de la soul » a provoqué un buzz sur internet…avec à la clé un pic de vente pour le titre d’Al Green!

Toujours à la page, un conseiller 2.0 d’Obama a récemment diffusé sur internet sa « playlist de campagne » sur le site de streaming musical Spotify . Des titres populaires, qui seront joués lors des différents rassemblements jusqu’en novembre. Soucieux de séduire l’électorat du Midwest, Obama le mélomane se révèle soudain être un grand amateur de musique country…

Michelle, une alliée de poids

Il ne faut jamais l’oublier, Michelle Obama est le premier soutien du président. Et elle semble déterminée à rester 4 ans de plus la première dame des États-Unis.  En ce moment, la First Lady parcourt le pays, pour célébrer le troisième anniversaire de la campagne anti-obésité « Let’s Move » dont elle est le fer de lance. Et avec sa tournée nationale, elle ne manquera pas de visiter quelques états clés de l’élection présidentielle…
Joignant le geste à la parole, la dynamique occupante de la Maison Blanche ne recule devant rien pour « pousser les enfants à se remuer »  et améliorer du même coup l’image du couple présidentiel. Des pompages sur un plateau TV  ou encore une course  en « un sac à patates » suite à un défi lancé par le comédien à succès Jimmy Fallon. Des images peu banales pour une First Lady, reprises instantanément dans les médias…

Des républicains tout sauf cool

Quand la machine Obama se met en marche, elle a beaucoup de chance de gagner la bataille de la « cool attitude » car du côté républicain ce n’est pas la joie. Parmi les quatre candidats encore en lice, Rick Santorum est sans doute le plus à l’aise en société et le « plus en phase » avec son vivier électoral ultra-conservateur. Ron Paul place parfois quelques bons mots entre des coups de gueule mais il n’a jamais l’air totalement à l’aise, flottant toujours dans des costumes trop grands pour lui. Newt Gingrich est quant à lui un candidat qui fait beaucoup rire mais c’est plus le souvent à ses dépens.

Rick Santorum - Le challenger

Mais celui qui fait assurément le plus de de peine c’est Mitt Romney. Grand favori des primaires, c’est aussi le candidat qui se donne le plus de mal pour ressembler à une personne normale.  Il a beau retourner des saucisses sur les BBQ en jouant au voisin sympa, la sauce ne prend pas. En campagne, il porte des jeans en permanence mais il n’arrive pas à endosser le rôle de l’Américain moyen, à  la manière d’un acteur dont on sent qu’il s’efforce sans succès de rentrer dans un rôle. Avec son brushing inamovible et ses costumes hors de prix, le mormon n’arrive pas à se dépêtrer de son image de millionnaire de Wall Street. Et quand il arrive à placer quelques blagues, cela manque toujours cruellement de spontanéité. A ce jeu là, il n’a tout simplement aucune chance face à Obama…

Résultats (toujours partiels) des caucus du Maine

Quelques remarques suite à ce caucus de longue durée :

– Le nombre de participants est extrêmement limité avec seulement 5.585 votants alors que le parti républicain compte plus de 250.000 inscrits dans l’état ! Soit un taux de participation d’à peine 2%…

– Les problèmes d’organisation deviennent décidément la règle dans ces primaires. Les scrutins de certains comptés ont été reportés au 18 février en raison de conditions météorologiques défavorables. Bref, pas de résultats définitifs avant une bonne semaine…

– Mitt Romney reprend l’avantage après une série de trois échecs face à Rick Santorum. Ron Paul, le seul candidat a avoir véritablement fait campagne dans l’état, talonne le mormon avec moins de 200 voix d’écart. Une belle seconde place mais un premier succès qui se fait toujours attendre.  Santorum et Gingrich n’ont pas perdu de temps dans l’état du Maine.

§ Résultats toujours partiels (83,7%) des caucus du Maine (4-11 février)

1° MITT ROMNEY (Michigan/Massachusetts)
>> 39,2%   /   2190 votes de préférence

2° RON PAUL (Texas)
>> 35,7%   /   1996 votes de préférence

3° RICK SANTORUM (Pennsylvanie)
>> 17,7%   /   989 votes de préférence

4° NEWT GINGRICH (Géorgie/Virginie)
>> 6,3%   /   349 votes de préférence

5°Autres
>> 1,1%   /   61 votes de préférence

§ Source des résultats: Washington Post

Urgent: bon parti cherche candidat rassembleur en vue d’élections présidentielles (poste à pourvoir rapidement)

La course à l’investiture républicaine est plus indécise que jamais. Après 7 scrutins, aucun des candidats n’arrive à fédérer le parti. Après le triplé gagnant de Santorum qui rattrape Romney, la campagne des primaires continue avec trois autres échéances en février. Ce sera bientôt au tour des habitants du Maine, de l’Arizona et du Michigan de déterminer quel sera le futur adversaire d’Obama…

Situé à l’extrême Nord-Est du pays, en bordure du Québec, le Maine est la prochaine étape dans ces primaires à rebondissements. Ce samedi 11 févier, les militants républicains de cet état peu peuplé d’1,3 millions d’habitants devront voter pour l’un des quatre candidats encore en lice : Mitt Romney, Newt Gingrich, Rick Santorum ou Ron Paul.

Si l’ « état du pin » a longtemps été ancré dans le camp républicain, il a basculé du côté démocrate depuis le doublé de Clinton en 1992 et 1996. Depuis lors, le Maine a apporté à chaque fois ses suffrages aux candidats démocrates : Al Gore en 2000, John Kerry en 2004 et Barack Obama en 2008. Au niveau politique, l’ état frontalier est également teinté de vert. C’est en effet dans le Maine que le parti écologiste américain (Geen Party USA) compte proportionnellement le plus d’adhérents !

7 scrutins – 3 gagnants

Si l’intérêt du caucus du Maine et ses 24 délégués est en temps normal relativement limité,  il sera cette fois surtout l’occasion de jauger l’état des candidatures, après la razzia de Santorum. Après 7 scrutins, ces primaires s’annoncent vraiment disputées. Romney a triomphé au New Hampshire, en Floride ainsi qu’au Nevada mais Santorum vient d’égaliser en raflant le Colorado et le Minnesota après son succès initial en Iowa (le Missouri ne compte pas vraiment). Gingrich a pour sa part remporté la Caroline du Sud tandis que Ron Paul attend encore son heure de gloire.

Cap sur le Maine

Précédé par l’un de ses fils, déjà en campagne sur le terrain, Mitt Romney débarquera demain à Portland, la ville la peuplée du Maine. Points positifs pour sa candidature : il a le soutien de la plupart des élus locaux et il possède une solide équipe de campagne sur place. De plus, son mandat de gouverneur au Massachusetts, un état voisin, est également un avantage.  En l’absence de sondages récents, Mitt Romney reste donc le grand favori du scrutin. Même s’il lui sera très difficile d’égaler son résultat lors des primaires de 2008, où il avait terminé premier avec 51,7% ( devant McCain 21,4% – Paul 18,2% et Huckabee 5,8%).

Selon le Washington Post, Ron Paul est le candidat le plus présent dans l’ « état du pin ». Si le libertarien continue à dépasser ses résultats de 2008 (comme c’est à chaque fois le cas jusqu’à présent) il pourrait réaliser une bonne performance lors du caucus. Et pourquoi pas un premier succès, histoire de compliquer la course à l’investiture!

No one but Paul!

La confirmation Santorum ?

Depuis son tiercé gagnant, Rick Santorum est sur un nuage. Il vient de recevoir plus d’un million de dollars en une seule journée et son site de campagne est même devenu inaccessible suite à afflux trop massif de visiteurs !
Vu qu’il n’a pas fait campagne dans l’état du Maine, à l’instar de Newt Gingrich, leurs scores respectifs est la grande question de ce caucus. Sans investir d’argent et sans même se rendre sur place, Santorum va-t-il être porté par ses récents succès ?

L’ancien Sénateur de Pennsylvanie va sans doute dépasser son rival Newt Gingrich et pourquoi pas, une fois encore, déjouer les pronostics.            Une chose est sure, Santorum est en pleine confiance. Il vient d’ailleurs de communiquer à ses partisans un message dans lequel il compare sa situation actuelle à celle qu’a connu Reagan. Pour résumer: tout le monde riait de lui au début de sa campagne mais il a finalement remporté l’investiture du parti… avant de devenir le président favori des américains. Excusez du peu !

Break électoral

Après le scrutin du Maine ce samedi, aucun vote n’aura lieu pendant deux semaines. Avec un seul débat prévu le 22 février en Arizona, les candidats auront un peu de temps pour se réorganiser et tenter de récolter un maximum de soutien financier. Car si l’équipe de campagne de Mitt Romney possède de solides réserves de trésorerie, les autres candidats sont à la traîne. A titre d’exemple : Romney a amassé 56 millions de dollars de dons en 2011 alors que Santorum n’ en a récolté « que » 2,2. Et vu les prix des droits de diffusion TV, une campagne nationale ne peut réussir sans argent. (Article à venir sur le sujet)

Arizona et Michigan : avantage pour Romney

Les votes reprendront le 28 février, avec la tenue de primaires simultanées en Arizona et au Michigan. Pour l’instant, selon des sondages qui datent un peu, ces deux états semblent plutôt favorables à Mitt Romney. En Arizona, le mormon pourra bénéficier de la présence de ses coreligionnaires et du soutien de l’ancien gouverneur de l’état John McCain, qui l’avait devancé lors des primaires de 2008 (47% contre 34,5% ). A titre de comparaison, Ron Paul n’avait récolté à l’époque que  4% des voix.

Le favori sur le papier a également de nombreux sympathisants au Michigan, un état dans lequel il est né et dont son père a été un businessman influent avant de devenir gouverneur de 1963 à 1969 ! Victorieux en 2008 avec un score confortable de 39%, Romney espère réitérer ce succès. Bref, l’ancien candidat du Massachusetts est sérieusement avantagé mais cela ajoute une pression supplémentaire au scrutin. Une victoire dans son état natal semblera logique, un échec par contre serait désastreux pour son image de favori du parti.

« Santorum Night Fever »

Dans le film des primaires républicaines, Rick Santorum est le héros qui entretient le suspense en tenant tête au grand favori Mitt Romney. Après une nuit folle, ce fervent catholique a vu ses prières exaucées en remportant simultanément les caucus du Colorado, du Minnesota ainsi que le « concours de beauté » du Missouri.

Rick Santorum est un candidat qui a le sens du timing. Et dans une campagne présidentielle, le timing, c’est capital. Début janvier,  à quelques jours du premier scrutin des primaires, l’ancien Sénateur de Pennsylvanie stagnait en bas des sondages. Mais pourtant au soir du vote, l’outsider a créé la surprise. Contredisant tous les pronostics, le chevalier chrétien a disputé la première place au grand favori. Et finalement, après recomptage des votes, Santorum a officiellement remporté l’Iowa.

Grâce à ce coup d’éclat, sa campagne a décollé et il est arrivé à se maintenir à flot alors que Bachmann, Perry et Huntsman jetaient l’éponge. Propulsé de facto dans le trio de tête, Santorum a joué profil bas pendant que Gingrich était aux prises avec Romney. Et voilà qu’un mois plus tard, c’est encore lui qui vient mettre un terme à la série de succès du millionnaire mormon, avec un triplé gagnant stratégiquement planifié.

Trio gagnant

Suite à un cafouillage politico-juridique ( pour plus d’information lire “La primaire fantôme du Missouri“  )la primaire de Missouri est juste organisée pour la forme, elle ne rapporte rien aux candidats. Romney et Paul s’en désintéressent, Gingrich ne prend même pas la peine de s’inscrire sur les listes électorales tandis que Santorum se retrouve seul à mener une campagne dans l’état. Ses conseillers ont bien compris l’impact marketing : un doublé c’est bien, un triplé c’est encore mieux…                                                                                                                              Avec le Colorado à l’Ouest, le Missouri au centre et le Minnesota tout au Nord, l’ancien sénateur de Pennsylvanie (située sur la côte Est) montre aux électeurs qu’il peut séduire aux quatre coins du pays!

Lobbying au Colorado

Faisant l’impasse sur le Nevada, tout entier dédié à Romney, Santorum était déjà à pied d’œuvre au Colorado. Et il faut croire que son discours a fait mouche dans cet état de tradition républicaine. L’avance confortable du mormon a fondu comme neige au soleil et finalement l’ancien gouverneur du Massachusetts terminera second avec 35%, soit une perte sèche de 25% en comparaison des primaires de 2008! Santorum passe la barre des 40% tandis que Gingrich et Paul sont relégués en bas du tableau avec respectivement 12,8 et 11,8%.

La parfaite famille Santorum

Minnesota : le vote indépendant

Très peu courtisé par les candidats, le choix final de l’état de « l’étoile du nord » promettait d’entretenir le suspense. Mais si le scrutin s’annonçait disputé, Romney pouvait compter sur le soutien de l’ancien gouverneur du Minnesota, Tim Pawlenty. Apparemment cela n’a pas suffi et le mormon arrive très loin de son dernier résultat dans l’état, 41% en 2008.
Peinant à rassembler 17%, Romney termine seulement troisième, pour la première fois dans ces primaires. A l’inverse, Santorum réalise un superbe score de 44,8%, tandis que Ron Paul s’offre la seconde place avec 27,2%. Gingrich, le grand perdant de la soirée, termine bon dernier avec 10,7%.

Gingrich à la dérive

A mesure que les scrutins se succèdent,  la victoire de Gingrich en Caroline du Sud perd de son éclat. Sans grand espoir pour les autres primaires de février (Maine, Arizona et Michigan) l’ancien président de la Chambre continue sa traversée du désert jusqu’au « Super Tuesday » du 6 mars où il espère inverser la vapeur. Le temps qui passe ne joue pas en sa faveur et Santorum risque de le remplacer comme alternative au « modéré du Massachusetts », le sobriquet dont il a affublé Romney.
Mais avec son nouveau statut d’outsider, il y a fort à parier que Santorum subisse un traitement « à la Gingrich », c’est-à-dire un déluge de publicités négatives diffusées par les soutiens de Romney. Et son image irréprochable de  « mari-père-chrétien-candidat idéal » risque d’en prendre un coup.

Ron Paul en croisade

Ron Paul, au finish

Les résultats d’hier sont également une bonne opération pour le texan qui continue à glaner des délégués, état après état. Le libertarien réalise à chaque fois de meilleures prestations que par le passé. Au coude à coude avec Gingrich dans le Colorado, Ron Paul obtient 4% d’électeurs de plus qu’en 2008. Au Minnesota, il rafle même la deuxième place à Romney et améliore au passage son score de 11% ! Avec de nouveaux soutiens célèbres comme Julian Assange ou récemment le réalisateur Oliver Stone, le doyen de la course à l’investiture républicaine séduit plus que jamais dans cette campagne qui sonne comme son baroud d’honneur.

Romney toujours favori

Malgré le tiercé gagnant de Santorum, l’ancien gouverneur du Massachusetts reste toujours le grand favori des primaires. Organisation nationale, trésorerie, soutien des pontes du parti, Romney reste le N°1 sur le papier. Avant l’ouverture des votes, son équipe de campagne avait déjà anticipé la tournure des événements et minimisait l’importance du Minnesota et du Colorado.  « John McCain avait perdu 19 états en 2008 et nous nous attendons à ce que nos rivaux remportent aussi quelques victoires« , a ainsi annoncé son entourage.
A l’heure actuelle,  le mormon est crédité du double d’intentions de vote par rapport à l’ancien Sénateur de Pennsylvanie (34,5% contre 17,8%). Mais cette estimation précède le retour en force de Rick Santorum, qui semble vraiment doué pour faire mentir les sondages.

Romney en campagne (Gerald Herbert - AP)